Gestion des ordures: Création de déchetteries à travers l'île


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Le ministère des Administrations régionales et de Rodrigues travaille actuellement sur le dossier de création d'un certain nombre de déchetteries à travers l'île, dans le but de faire un tri des déchets collectés et enfouis à Mare-Chicose, actuellement, et qui peuvent être recyclés. Selon Prakash Kowlessur, Programme Coordinator au ministère, 60 % des déchets collectés peuvent être valorisés.

Selon lui, cette idée fait son chemin et l'appel d'offres pour la création de ces sites sera lancé dans le courant de l'année. " Nous allons les créer près de nos stations de transfert. Pour réussir ce projet, il nous faut des terrains et le design. Il nous faut aussi savoir qui assurera la gestion de ces déchetteries ", dit-il.

M. Kowlessur indique que 60% des déchets collectés sont de nature organique et " nous pensons pouvoir valoriser une partie de ces déchets pour en faire du compost et le distribuer à la population. " Il ajoute : " Nous avons déjà obtenu deux terrains, l'un à Cottage et l'autre à St-Martin, pour installer deux unités de compostage. L'appel d'offres de ces deux projets est actuellement en cours de préparation au Central Tender Board (CTB). Ils seront lancés bientôt. "

Ce procédé, estime-t-il, aura plusieurs avantages : la quantité de déchets à être compostée ne sera pas transportée sur une aussi longue distance ; de la place sera libérée dans le centre d'enfouissement de Mare-Chicose, prolongeant ainsi la viabilité de ce site et réduisant l'émission de gaz à effet de serre.

Concernant le recyclage, M. Kowlessur estime que Maurice étant une petite île, il n'y a pas suffisamment d'ordures pour faire tourner des usines de recyclage et les rendre viables. " Nous ne disons pas qu'on ne peut faire ce travail. Nous le faisons déjà, d'ailleurs, pour le papier et le carton et certains types de plastique. Mais, le coût de la collecte revient à très cher ", souligne-t-il. Il y a également le tri à faire, le processing et la fabrication d'objets qui peuvent concurrencer les autres produits " vierges ".

Par ailleurs, il est d'avis qu'il y a un problème de comportement chez les Mauriciens, qui doivent, selon lui, faire preuve d'un changement d'attitude. " Beaucoup de Mauriciens ne font que mettre leurs poubelles dans la rue et leur rôle est terminé. Ils ne sont pas concernés par ce qui passe avec ces ordures après. Il y a eu des campagnes de sensibilisation mais aucun changement d'attitude n'a été noté ", dit-il.

Selon M. Kowlessur, l'Etat dépense environ Rs 600 M annuellement pour le ramassage de quelque 400 000 tonnes d'ordures. " Il ne peut les trier et les transporter vers les usines de recyclage. Si les Mauriciens ne contribuent pas et ne collaborent pas, la gestion des ordures sera un échec ", estime-t-il.

Le Mauricien 4 aout 2003