Croissance automobile et Trafic routier: Les signes de saturation !


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Maurice a franchi un nouveau seuil la rapprochant un peu plus du point de saturation en matière de densité routière. La croissance presque incontrôlable du parc automobile au cours de ces dix dernières années, fait qu'à ce jour, le pays compte quelque 300 000 véhicules circulant sur nos routes, dont la longueur totale est - aussi paradoxale que cela puisse paraître - restée à 2 000 kilomètres en dix ans. Ce qui fait que l'île Maurice a fait déjà partie des pays confrontés à une densité routière surélevée, avec 85 véhicules pour chaque kilomètre de route. De plus, le cap de 100 véhicules pour 1 000 habitants a également été franchi. Le ratio est d'un véhicule (voiture ou véhicule utilitaire) pour 10 personnes (1: 10). En tenant en compte les motocyclettes, cyclomoteurs et les voitures ou véhicules utilitaires, un Mauricien sur quatre dispose d'un véhicule motorisé à Maurice. Ces statistiques viennent confirmer, par ailleurs, la dégradation de la circulation routière, particulièrement à Port-Louis. Car la dernière étude réalisée sur la congestion routière indique que près d'un tiers des 300 000 véhicules enregistrés à Maurice se rend ou transite à Port-Louis quotidiennement.

Les consultants du cabinet Luxeconsult (Mtius) Ltd, qui ont réalisé une énième étude sur la congestion routière l'année dernière, et ceux de Halcrow Fox, qui avaient soumis un rapport sur le mode alternatif de transport à Maurice, ne pouvaient jouer aux alarmistes en prédisant une situation chaotique en matière de trafic routier si des mesures urgentes n'étaient pas prises. Les statistiques routières du jour viennent en effet confirmer que le pays se rapproche chaque jour de la zone rouge, celle connue comme le point de saturation en terme de densité routière. L'accroissement du parc automobile fait qu'aujourd'hui le pays compte 85 véhicules pour chaque kilomètre de route en excluant les 130 000 motocyclettes ou cyclomoteurs recensés.

La flotte du pays au complet représente 300 000 véhicules, toutes catégories confondues. Selon les chiffres du Central Statistics Office (CSO), le nombre total de véhicules enregistrés durant le premier semestre est de 297 992. Les statisticiens confirment néanmoins que plus de 2 000 véhicules additionnels ont été enregistrés pendant les mois de juillet et d'août. À ce rythme, le nombre total de véhicules à la fin de l'année devrait tourner autour des 308 000 à 310 000. Ce qui représenterait une hausse 60%, soit près de 120 000 véhicules supplémentaires, en dix ans. Le parc automobile était chiffré à 190 867 en 1995.

Durant le premier semestre, 8 746 véhicules additionnels ont été mis sur les routes, dont 5 443 sont neufs, 2 569 des véhicules de seconde main importés et 734 réhabilités et réenregistrés. Pendant cette même période, 2 539 ont été retirés des routes. Ce qui explique une hausse de 6 571 à juin 2005, par rapport à décembre 2004.

La croissance des voitures et véhicules utilitaires est plus significative par rapport aux autres types de véhicules. Le nombre de véhicules est passé de 118 009 à décembre 2004 à 122 063 à juin 2005, alors que pour les "deux roues", le taux d'augmentation est resté presque le même comparativement aux années précédentes, variant entre 1,4% et 1,5%. Cette catégorie de véhicules représente 44% du parc automobile, contre 40% pour les véhicules de maître.

Au vu de l'évolution démographique et la croissance économique, les experts indiquent ainsi que Maurice devrait atteindre le seuil de saturation beaucoup plus tôt que prévu. La situation serait déjà alarmante en terme de densité routière et la quantité de véhicules sur nos routes par rapport à la population. Ils prédisent un scénario catastrophe d'ici 2015 en se basant sur la tendance notée durant ces vingt dernières années. En effet, le pays enregistre 100 000 véhicules additionnels chaque dix ans. De 1985 à 2005, le nombre de véhicules a triplé, passant de 100 000 à plus de 300 000. Parallèlement, le réseau routier n'a pas connu l'expansion espérée.

Pertes de Rs 1,2 milliard par an

Les répercussions sur le trafic routier seront encore plus désastreuses si l'on tient compte de la tendance prononcée pour l'utilisation de la voiture particulière et l'incapacité des gouvernants de mettre en avant un mode alternatif de transport. L'industrie du transport public accuse en moyenne une baisse de 4% chaque année dans le nombre d'usagers du transport en commun. Cela n'étonne guère que la flotte de cette industrie est restée presque statique et vieillissante. En dix ans, cette industrie n'a enregistré que 131 véhicules supplémentaires, passant de 2 362 à 2 493. Soit une moyenne de 13 autobus par an.

L'épineux problème de congestion routière à Port-Louis pourrait, selon les experts, devenir insurmontable, avec la tendance des politiques de favoriser plutôt des mesures palliatives que concrètes. Les derniers chiffres révélés dans l'Origin-Destination Survey de Luxeconsult (Mtius) confortent la vision chaotique du trafic à Port-Louis dans cinq ans. Les 92 000 véhicules passant par Port-Louis ou qui pénètrent la capitale chaque jour représentent presqu'un tiers du nombre total de véhicules à Maurice.

Le gouvernement actuel, qui avait annoncé qu'il fera de la congestion routière sa priorité, a annoncé des mesures, vendredi: ouverture de l'autopont à la troisième voie le matin, synchronisation des feux de signalisation et mise en opération de la gare de Coromandel (voir plus loin). Du déjà entendu, dirions-nous, pour ne pas dire du réchauffé. Les mesures à compte-gouttes de l'ancien gouvernement ou d'Anil Baichoo, ancien ministre des Infrastructures publiques et du Transport, aujourd'hui ministre de l'Environnement, n'ont engendré que des résultats éphémères, des gaspillages de ressources et des pertes de temps et d'argent. De plus, le pays perd chaque année plus de Rs 1 milliard à cause de la congestion routière. Il est à se demander si la recherche d'une circulation fluide relèverait plus du mythe que de la réalité. Ou serait-ce une question de décision politique et de volonté ?


Facts and figures
61 cas accidents par jour
Le nombre d'accidents de la route a enregistré une hausse de 4% durant le premier semestre de cette année comparativement à celui de 2004. Il est passé de 10 580 à 11 007, dont 9 959 cas n'ont fait aucun blessé. Une moyenne de 61 cas accidents est rapportée quotidiennement. Le nombre total de véhicules impliqués dans des accidents est de 21 415. Ils sont en moyenne 118 à être concernés dans des cas d'accidents par jour. Par contre, le nombre de morts sur nos routes a baissé par rapport à l'année dernière: 56 contre 72.
Les cyclistes et motocyclistes plus vulnérables
Les motocyclistes et cyclistes représentent le plus de grand nombre de victimes blessés dans des accidents de la route. Cette tendance a été maintenue durant ce premier semestre avec un total de 408 blessés, dont 92 cyclistes. Par contre, le nombre de piétons victimes d'accidents a baissé, passant de 359 à 295 par rapport à l'année dernière. Dans la catégorie des véhicules, les voitures sont celles qui sont le plus souvent impliquées dans des accidents avec des blessés.
88 cas de hit and run en 6 mois
Le nombre de cas de hit and run est également à la hausse, passant de 64 durant le premier semestre de 2004 à 88 cette année. Ce délit est plus fréquent dans des cas ou deux véhicules sont impliqués dans un accident. 47 cas de ce genre ont été recensés de janvier à juin de cette année. Par ailleurs, 39 piétons été victimes de hit and run. Les autobus et mini vans sont également impliqués de façon régulière dans des accidents avec des blessés. De janvier à juin de cette année, 110 autobus, 210 mini vans et 51 camions ont fait des blessés dans des cas d'accident.
Les véhicules neufs ont la cote
Les voitures et véhicules utilitaires neufs ont repris du poil de la bête sur le marché automobile depuis le début de l'année. Après s'être contentés de moins de 50% des parts du marché au cours de ces quatre dernières années avec l'entrée des véhicules d'occasion - reconditioned vehicles -, les concessionnaires des véhicules neufs ont remonté la pente en s'appropriant 51% des ventes contre 49% pour les voitures d'occasion importées. L'année dernière, les voitures d'occasion importées occupaient 58% du marché contre 42% pour les véhicules neufs. La demande pour les véhicules utilitaires neufs a connu une hausse de 20% par rapport à l'année dernière - 554 contre 662. Celle pour les voitures d'occasion a connu une baisse de 30%, le nombre de voitures vendues étant passé de 2 971 à 2 099, en comparant les chiffres du premier semestre de 2004 à celui de 2005.
Décongestion routière-Premières mesures du GM
Le ministère des Infrastructures publiques et du Transport compte mettre en application trois nouvelles mesures figurant dans ses projets à court terme pour combattre le problème de congestion routière à Port-Louis. Le conseil des ministres a donné son aval pour que ces nouvelles mesures soient effectives à partir de ce mois. Comme annoncé dans ces mêmes colonnes, une nouvelle gare, située dans la zone industrielle de Coromandel, sera opérationnelle bientôt.
Ce projet vise à réduire le nombre d'autobus se dirigeant vers Port-Louis aux heures de pointe. Les arrêts des autobus entre Grande Rivière Nord-Ouest et à la gare Victoria étant considérés comme une source de ralentissement de la circulation, les autorités estiment que cette nouvelle gare devrait éviter une cinquantaine d'autobus de faire ce trajet aux heures de pointe. Les feux de signalisation à hauteur de la zone industrielle de Coromandel sont déjà opérationnels, alors que les travaux pour l'aménagement des toilettes publiques sont en cours.
Du côté de l'autoroute de Pailles, les autorités routières envisagent d'orienter le trafic sur la troisième voie le matin vers l'autopont donnant accès à Belle Village, et aussi la possibilité de rallier la rue Mgr Leen pour entrer à l'intérieur de Port-Louis. Elles envisagent également de mettre en place un nouveau plan en vue d'assurer une meilleure synchronisation des feux de signalisation aux principales entrées de Port-Louis.


Autoroute

La fast lane du matin contestée

La fast lane autorisée par la police chaque matin sur l'autoroute à partir de Montagne Ory jusqu'à Bell Village en vue de décongestionner l'entrée dans la capitale est contestée devant le tribunal de Moka. Me Siv Pottaya, qui défend un usager de la route dans une affaire d'accident, a présenté une motion estimant que cette disposition prise par la police n'est pas légale vu que les règlements relatifs n'ont jamais fait l'objet de publication dans la Gazette du Gouvernement. La magistrate Mme Sarita Bissoonauth a fixé au 26 septembre les débats sur cette motion de la défense.

Les faits sont les suivants: le 1er octobre 2002, Nicolas Harel est au volant de sa voiture qui remonte l'autoroute de Port-Louis vers Réduit. Il est 7h40 du matin. La voiture se trouve dans la voie rapide en direction de Montagne Ory. Tout à coup, le conducteur se trouve en face d'un camion de la police se dirigeant en sens inverse. Pris de court, le chauffeur est dans l'incapacité d'engager la moindre manúuvre et sa voiture heurte de plein fouet le véhicule de la force policière.

Procès verbal est dressé contre Nicolas Harel pour "driving without due care and attention". La décision de le traduire devant le tribunal de Moka est entérinée. À l'appel de l'affaire, vendredi matin, l'avocat de la défense se met à contre-interroger les principaux témoins de la poursuite. Les officiers de police assignés dans le box des témoins soutiennent que cette décision de transformer la troisième voie de l'autoroute vers Réduit en fast lane vers Port-Louis aux heures de pointe le matin n'a fait l'objet que d'un simple communiqué dans la presse et à la radio.

Me Pottaya s'appesantit sur l'aspect illégal de cette décision vu qu'aucun règlement officiel n'a été publié dans la Gazette du Gouvernement. Devant l'absence de confirmation de cet élement d'information, l'avocat dépose une motion contestant la légalité de la pratique de la fast lane vers Port-Louis chaque matin et l'annulation du procès contre Nicolas Harel suite à l'accident de la route du 2 octobre 2002. Le ruling de la magistrate, Bissoonauth prévu pour après le 26 septembre, aura des répercussions sur la gestion du trafic à ce point névralgique de l'entrée sud de la capitale.

Au cours de la semaine-Convoi spécial pour le compte du CEB

Des dispositions spéciales ont été prises pour le trafic routier dans la nuit pour les cinq jours à venir sur le trajet entre le Quai D et la centrale thermique de Saint-Louis. En effet, la Mechanical Transport Co. Ltd. s'est vu confier la mission de transporter trois moteurs de 250 tonnes chacun et trois générateurs de 55 tonnes l'unité. Les spécialistes de la route s'accordent à dire que cette opération constitue une véritable première vu le poids des équipements attendus au port ce week-end.

Ainsi, pour les besoins de ce convoi spécial, la compagnie a dû louer un équipement spécifique avec un payload de 312 tonnes d'une firme de Dubayy. L'équipement est arrivé à Maurice depuis la mi-août et devra retourner à Dubayy une fois les opérations terminées. La circulation sera déviée dans cette partie de la capitale à partir de 22h, et ce jusqu'à 3h le lendemain matin, à partir du lundi 5 septembre. Cet exercice sera répété chaque soir jusqu'à vendredi prochain.

En prélude, la circulation sera déviée ce week-end à la rue Brabant à hauteur de la rue Odette Ernest en raison des travaux de démantèlement du footbridge pour permettre aux moteurs du CEB de traverser. Le footbridge sera remis en place le prochain week-end. Sur le trajet du Quai D - rond-point du Quai D - Place d'Armes - rue John Kennedy - rue Lord Kitchener - rue Souillac - Rue Brabant - Old Moka Road - centrale thermique Saint-Louis, des panneaux de signalisation temporaires seront installés pour faciliter les chauffeurs au sujet des déviations. La police demande aux automobilistes et autres usagers de suivre les directives des policiers sur la route.

Le Week End 4 septembre 2005