Industrie touristique La baisse des arrivées inquiète l'AHRIM


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La faible progression des arrivées touristiques pour le premier semestre inquiète l'Association des Hôteliers et Restaurateurs de l'île Maurice (AHRIM). En effet, ce taux de progression a affiché un modeste 1,7%, en particulier pour le premier trimestre. Selon les hôteliers, les mois d'avril et de mai n'ont pas été extraordinaires en terme de remplissage alors que le mois de juin, traditionnellement, est l'un des plus mauvais mois de l'année. La baisse des arrivées est très conséquente pour l'Autriche, l'Italie, l'Espagne, la Suisse, l'Afrique du Sud et La Réunion. Les marchés français et belges, quant à eux, stagnent. Une stagnation qui, pour la France, premier marché émetteur du tourisme mauricien, est presque synonyme de baisse.

"D'après les indications que nous avons, rien ne permet de penser qu'il y aura plus de touristes pour les prochains mois. Pire, tout laisse croire que la situation va se détériorer", observe Sen Ramsamy, directeur de l'AHRIM. Car dans le même temps, le parc hôtelier s'accroît et il est prévu que le nombre de chambres augmente de 5%, entre 2000 et 2001. Ainsi, au 31 décembre 2001, il y aura 9 136 chambres disponibles, à Maurice (18 709 lits et 3,3 millions de nuitées). Le taux d'occupation des chambres, lui, est à la baisse et passe de 72% en 1999 à 70% en 2000. Pour l'AHRIM, 2% de baisse dans le taux d'occupation, "c'est énorme". "Nous avons perdu environ 100 000 nuitées en un an, ce qui, pour l'industrie hôtelière, représente un important manque à gagner", explique M. Ramsamy. De plus, le marché européen, principal fournisseur du tourisme mauricien, se trouve dans une situation économique particulière, avec la baisse de l'euro.

Pourtant, les hôteliers persistent dans leur politique d'expansion du parc hôtelier. Ainsi, sept projets hôteliers ont été présentés au gouvernement, rien que pour le littoral sud-ouest et sud. La politique du gouvernement, de son côté, est de favoriser le développement hôtelier, dans une optique de croissance et de création d'emplois. "Mais ce n'est pas parce que le tourisme se développe que tout le monde va courir chez nous", inisiste Sen Ramsamy. Faut-il donc arrêter le développement hôtelier ou alors rectifier nos stratégies, se demande le directeur de l'AHRIM. "Il nous faut renouveler nos intiatives sur les marchés", précise M. Ramsamy.

Pour le directeur de l'AHRIM, il s'agirait en quelque sorte, de "sauver" l'année en essayant d'attirer un maximum de touristes durant le deuxième semestre et de cibler un taux de progression dans les arrivées plus près de 10% que de 2%. Pour y arriver, l'AHRIM propose d'intervenir sur les facteurs endogènes comme l'accès aérien ou le marketing.

Ainsi, il faudrait, surtout augmenter le nombre de sièges-avions sur les marchés les plus porteurs. "Pourquoi ne pas boost des marchés comme le Royaume-Uni ou l'Allemagne et essayer d'attirer 100 000 touristes, dans l'un de ces deux marchés", propose M. Ramsamy. En 2000, l'Allemagne a fourni 52 800 touristes (17% de progression par rapport à 1999) et le Royaume-Uni a fourni 74 000 touristes (27% de plus).

De son côté, le groupe hôtelier Sun International est monté au créneau cette semaine pour proposer une ouverture vers de nouveaux marchés. Sun propose de s'orienter vers les marchés qui paient en dollars, notamment le Moyen-Orient. Dans cette optique, Air Mauritius et le gouvernement négocient actuellement un accord aérien pour desservir les émirats du golfe persique et notamment Dubayy. Sen Ramsamy propose la mise en place d'un organisme régulateur pour façonner l'avenir de l'accès aérien.

Le Mauricien, 7 juin 2001