Les Nouvelles du 6 mars 2005

Autoroute du sud-est, Vallée de Ferney:les dés sont-ils jetés?

Dans le sud-est de l'île, Dauphins en danger: Opération de sauvetage pour bientôt

Au sein des Collectivités locales, Service de voirie: Pas si déchets que ça !

Mare Chicose, Le PM rencontre les forces vives mercredi

Catastrophes naturelles: Plaidoyer pour l'installation d'un séismographe à Maurice


Retour: Nouvelles Locales

 

Autoroute du sud-est

Vallée de Ferney:les dés sont-ils jetés?

Y a-t-il encore une chance de sauver la Vallée de Ferney des bulldozers? C'est la question qui se pose suite à la site visit effectuée dimanche dernier par le Premier ministre, au cours de laquelle il a déclaré que l'autoroute du sud-est passerait de toute façon par cette vallée. Les yeux de ceux qui s'opposent à cette destruction, notamment l'organisation Nature Watch, sont maintenant tournés vers la mission de la Banque Africaine de Développement qui était au pays au cours de la semaine écoulée, s'appuyant sur le fait que la BAD affirme ne financer que les projets qui ne portent pas atteinte à l'environnement. Mais un des membres de cette mission, M.J. Rwamabuga, nous a déclaré hier que la BAD n'est qu'un partenaire de ce projet et que toute décision revient au gouvernement mauricien. Reste maintenant à savoir ce que contient l'aide-mémoire signé entre les deux parties vendredi après-midi.

Il n'est pas question de revenir en arrière à ce stade. Maurice a des " commitments " vis-à-vis de la Banque Africaine de Développement et l'autoroute du sud-est passera de toute façon par la Vallée de Ferney. C'est en substance la déclaration faite dimanche dernier par le Premier ministre, Paul Bérenger, à l'issue de la visite menée sur les lieux.

Cette déclaration est venue jeter une douche froide sur les espoirs de ceux qui misent toujours sur un changement qui permettrait de revoir le tracé de l'autoroute du sud-est en évitant la Vallée de Ferney, celle-ci abritant un des derniers vestiges de la forêt originelle de Maurice (dont il reste moins de 2%) où l'on trouve non seulement des espèces rares et menacées mais aussi certaines espèces végétales que l'on croyait disparues.

Au terme de cette visite de dimanche dernier, le Premier ministre a également affirmé qu'il " jetterait à la poubelle " la lettre qui lui a été adressée la semaine dernière par le directeur général de la World Conservation Unit. Dans cette correspondance, que nous avons publiée dans ces colonnes dimanche dernier, le directeur de cet organisme, Achim Steiner, exprime l'inquiétude de cet organisme par rapport à ce projet d'autoroute qu'il considère "poorly designed", et ne pouvant qu'être "catastrophique" pour notre biodiversité. Des commentaires qui n'ont manifestement pas plu au Premier ministre qui a qualifié cette émanation des Nations Unies de "syndicat d'écologistes".

Jamais trop tard pour bien faire

Réagissant, l'association Nature Watch, qui a été taxée par le Premier ministre d'avoir "dékouver lamerik lor map" rappelle que si l'on en est là aujourd'hui, c'est parce que le projet a, dès le départ, été émaillé de failles qui sont le fait même des autorités. Ainsi, un rapport du ministère de l'Environnement, en date de juillet 2004 fait ressortir que le ministère de l'Agriculture "did not submit its views despite a reminder issued on 17 August 2000".Conséquence directe ou pas, le rapport EIA sur la base duquel le projet a été avalisé ne faisait aucunement mention des espèces rares ou menacées qu'abrite cette forêt.

"Il n'est jamais trop tard pour bien faire" soutient Alvin Brigemohun, président de Nature Watch. " Si l'on se rend compte maintenant que nous allons commettre une énorme erreur en allant de l'avant avec ce tracé, il est encore temps de faire machine arrière ". Ce à quoi Nature Watch a tenté d'œuvrer, en proposant un tracé alternatif, qui utilise certaines routes déjà existantes et qui s'incurve un peu plus vers le centre de l'île, permettant ainsi d'éviter complètement la Vallée de Ferney.

Mais cette proposition n'a manifestement pas rencontré l'assentiment des autorités, qui estiment que cela en ferait un tout autre projet. Le gouvernement a néanmoins demandé à la Road Development Authority, à la fin de l'année dernière, de proposer un tracé alternatif. Mais celui-ci, qui s'engage moins dans la Vallée de Ferney que le premier, n'a pas semblé non plus satisfaire les autorités, qui ont affirmé qu'il impliquerait des dépenses supplémentaires trop importantes (estimées) à plus de Rs 100 millions. De plus les rapports d'experts indiquent que ce tracé alternatif causerait aussi des dégâts à la faune et à la flore du pourtour de la Vallée, qui seraient toutefois légèrement moins importants que ceux du tracé initial.

Les regards sont maintenant tournés vers deux consultants en environnement qui ont été nommés par le gouvernement pour se prononcer sur l'opportunité de choisir le premier ou le deuxième tracé proposés par la RDA. Ces deux experts ont participé à la visite premier-ministérielle dimanche dernier et devraient en principe soumettre leur rapport le 17 mars prochain.

Nature Watch dit avoir du mal à comprendre la démarche du gouvernement dans la mesure où le comité mis sur pied par ce même gouvernement avait, le 18 janvier dernier, soumis un rapport détaillé qui venait compléter un précédent rapport soumis en décembre et qui faisait clairement ressortir que les deux tracés de la RDA étaient également à être évités. "It would be more appropriate to look into alternative routings which do not cut through forested area. This would save not only the critically endangered species but also the existing biological diversity (...) Furthermore, in view of the recent important findings on the biological diversity of the Ferney forest, it is recommended that the site be converted into a Conservation Management Area for long term protection and restoration", pouvait-on lire dans ce rapport.

Les membres de Nature Watch (qui ont recueilli plus de 4 000 signatures contre les atteintes à la Vallée de Ferney), semblent maintenant placer tous leurs espoirs dans la délégation de la Banque Africaine de Développement qui se trouvait également à Maurice au cours de la semaine écoulée. Cette délégation, qui quitte Maurice aujourd'hui, était composée de trois membres, nommément J. Rwamabuga, (manager de laTransport Division), Yogesh Vyas (directeur de la Sustainable Development and Poverty Reduction Unit) et A. Babalola, Senior Transport Engineer.

La balle dans le camp du gouvernement mauricien

" En se basant sur les assertions de la BAD à l'effet qu'elle ne finance que les projets qui sont respectent l'environnement, nous avons fait valoir aux représentants de cette institution que ce projet d'autoroute du sud-est constitue justement une grave menace écologique et que la BAD n'a pas bénéficié de toutes les données nécessaires quand elle a approuvé le financement de ce projet ", font valoir les membres de Nature Watch. Qui disent attendre maintenant le rapport de la BAD.

De son côté toutefois, J. Rwamabuga, que nous avons pu joindre hier après-midi, fait ressortir qu'il n'y aura pas de rapport officiel en tant que tel. " Nous allons comme d'habitude faire notre rapport de retour de mission à notre management interne, mais il n'est pas prévu de rapport officiel à être soumis à Maurice ", nous dit-il.

Interrogé sur les raisons de cette venue à Maurice, le représentant de la BAD se refuse à confirmer ou infirmer l'information selon laquelle elle aurait été motivée par les protestations et la campagne initiées par Nature Watch. " Nous faisons toujours des missions de supervision, pour voir si tout se passe bien, s'il n'y a pas quelque chose de nouveau. Cela fait partie de nos procédures ", nous déclare M. Rwamabuga.

Dans quel sens sont allées ces consultations ? Le représentant de la BAD se refuse à tout commentaire à ce sujet, estimant qu'il revient au gouvernement mauricien d'en faire. " Nous finançons une partie de ce projet, le gouvernement de Maurice en finance une partie. Le gouvernement est notre partenaire contractuel. Mais nous sommes là pour écouter tout le monde, et c'est ce que nous avons fait au cours de cette mission, où nous avons comme d'habitude pris en compte tous les aspects, technique, social, environnemental du projet ".

La BAD ira-t-elle ou non de l'avant avec le financement du projet ? M. Rwamabuga déclare qu'il ne lui revient pas d'en parler. "Ce projet est en préparation depuis plusieurs années. Il a été approuvé en 2000. Nous sommes maintenant en 2005. Pour nous cette mission s'inscrit dans la continuité d'un projet où il est assez normal que l'on rencontre des aspects nouveaux. Cela dit, la BAD est un partenaire dans ce projet. C'est un projet de Maurice, donc il revient au gouvernement mauricien de prendre les décisions qu'il jugera bonnes et il nous revient de respecter ce qui est décidé par le gouvernement dans le respect de tous les paramètres étudiés. Nous avons eu des discussions avec le gouvernement qui se sont conclues, vendredi après-midi, sur la signature d'un aide-mémoire. Il revient maintenant au gouvernement de Maurice d'en parler s'il le désire ", conclut M. Rwamabuga.

Reste à savoir justement si le gouvernement rendra public cet " aide-mémoire " sur lequel il ne nous a pas été possible d'obtenir de commentaire à ce stade.

Selon le PM-Une décision finale à la lumière du rapport du consultant américain

Le rapport du consultant américain, sera rendu public dès qu'il aura été soumis dans quelques jours et une décision finale sera alors prise quant au tracé de l'autoroute du sud-est. C'est ce que Paul Bérenger a annoncé hier à la suite d'une question qui lui a été posée par la presse sur ce projet

Le Premier ministre a annoncé que les trois représentants de la Banque Africaine de Développement qui était à Maurice sont repartis hier matin après l'avoir rencontré ainsi que tous ceux concernés par la construction de l'autoroute du sud-est. Maurice, a-t-il dit, est un des rares pays à avoir, après que des représentations ont été faites, recouru à un appel de candidatures internationales pour obtenir les meilleurs experts internationaux pour jeter un dernier coup d'œil sur ce projet d'autoroute. Les Américains sont venus et ils vont soumettre leur rapport dans quelques jours, a déclaré Paul Bérenger.

Il a également dit que la BAD a félicité Maurice pour ce recours et a dit ne pas connaître beaucoup de pays au monde qui "at this late hour "décident d'obtenir un dernier coup d'œil sur un projet en cours. La BAD, a-t-il aussi ajouté est une banque est non une organisation écologique mais elle fait très attention à ce que les projets qu'elle finance soient "environment friendly" Si la BAD a décidé de financer le projet d'autoroute du sud-est, c'est qu'elle est satisfaite que toutes les procédures concernant la protection de l'environnement ont été prises.

"Je me sens un peu coupable après avoir réalisé que j'étais un des rares, moins d'une centaine, à avoir pu apprécier la beauté de la vallée de Ferney, de ne pas pouvoir faire partager cette appréciation au grand public" a encore dit le chef du gouvernement qui a qualifié cette situation de "profondément injuste". Aussi, il a dit que le projet sera revu pour que des "viewpoints" et des aires de stationnement "environment friendly" soient aménagés afin que le plus grand nombre de Mauriciens puisse visiter et apprécier la beauté de la vallée de Ferney.

Le Premier ministre a également révélé que beaucoup d'arbres avaient été abattus sur ce site pour faire de la place à la chasse. 

 

Dans le sud-est de l'île

Dauphins en danger: Opération de sauvetage pour bientôt

Les Organisations non-gouvernementales (ONG) et les autorités gouvernementales concernées comptent mener une action conjointe en vue de mettre hors de danger les dauphins se trouvant actuellement dans la zone côtière du sud est de l'île, après la découverte de plusieurs cadavres de ces mammifères en début de semaine. Cependant, pour éviter de compromettre cette opération de sauvetage, les parties concernées ont décidé de ne pas divulguer le jour et la date de son déroulement. Aurélien Nahaboo, Technical Manager à la Marine Conservation Management Society (MCMC), organisation assure la liaison entre les différents partenaires impliqués dans ce plan d'action, est d'avis que la trentaine de dauphins encore vivants peut encore être sauvée. La dernière hypothèse émise par rapport à leur mort pourrait être le "stress", phénomène commun chez les mammifères marins. Mais ce qui est certain, c'est que ceux qui ont été retrouvés sans vie, indique-t-on, avaient "l'estomac vide."

La découverte de plusieurs cadavres de dauphins sur nos plages et dans le lagon reste encore une énigme pour les spécialistes qui, depuis cette semaine, tentent de concerter leurs actions pour venir en aide à ceux qui pourraient connaître le même sort dans les jours à venir. Les nombreuses hypothèses émises jusqu'ici n'ont pu confirmer les causes de leur mort, même si certains pensent que les algues toxiques, la pollution marine ou encore les algues toxiques pourraient en être l'origine. La dernière hypothèse émise, selon le technical Manager de la MCMS pourrait être une forme de stress dont souffrent des mammifères marins de cette même famille de dauphins. Communément connus comme les marsouins à Maurice, ces dauphins étaient, à hier, toujours dans les zones côtières du sud est de l'île. Certains ont été aperçus dans les zones allant de Bois-des-Amourettes à Mahébourg.

L'opération de suivi mise en place depuis cette découverte a permis de dénombrer une trentaine de dauphins qui seraient toujours dans les parages du sud est de l'île. La Marine Conservation Management Consortium, groupe de ONG et de départements de l'Etat mis sur pied en la circonstance, s'est ainsi réunie hier en début d'après-midi pour établir un plan d'action, susceptible d'aider ceux encore en vie de regagner le large. "Nous avons effectivement tenu une réunion cet après-midi (hier) pour voir comment nous pouvons définir un plan d'action pour leur venir en aide. Je confirme également que les ONG et les autorités gouvernementales, notamment les fisheries, le ministère de l'Environnement et la National Coast Guard (travaillent ensemble dans ce projet. Mais nous éviterons de divulguer le plan d'action que nous avons mis en place et surtout le jours et l'heure où nous allons passer à l'action. C'est pour éviter de compromettre nos plans que nous avons choisi de ne pas le dévoiler, car comme il y a beaucoup de gens qui s'intéressent à ce problème, cela pourrait attirer des badauds et éventuellement perturber l'opération", a-t-il expliqué.

Selon les informations disponibles au ministère de la Pêche révèle, le premier dauphin mort a été retrouvé à Mahébourg et le même phénomène s'est produit durant ces dix derniers jours. Les carcasses ont été retrouvées dans le lagon ou sur le rivage et, dans certains cas, dans un état de décomposition avancé. Ils ont également été transportés au centre d'enfouissement de Mare Chicose.


Au sein des Collectivités locales

Service de voirie: Pas si déchets que ça !

Ca ne sent pas très bon dans les collectivités locales. Les pratiques hors normes quant à l'allocation et le renouvellement des contrats des opérateurs privés pour assurer la collecte des déchets et le nettoyage des rues à travers l'île perdureraient au vu et au su des autorités. Dans certains cas, les contrats ayant expiré depuis trois ans sont renouvelés sur une base mensuelle avec la bénédiction du Central Tender Board (CTB) et du ministère des Administrations régionales. Et personne ne s'en offusque, alors que des millions de roupies sont dépensés annuellement pour un service, certes essentiel, mais qui est loin d'être à la satisfaction des citadins. Ce qui est sûr, c'est que cela rapporte gros. Des contrats avoisinent les Rs 60 millions par an dans certaines villes. Et un "inhome service" autonome, selon les études réalisées, pourrait permettre à une municipalité d'économiser entre Rs 20 et Rs 30 millions en trois ans.

Les prestations ne sont souvent pas à la hauteur. Les doléances ne manquent pas: amoncellement de déchets, manque de régularité dans le service de ramassage, refus de ramasser les ordures autres que ménagers… Les lacunes dans les services de voirie, assurés par les collectivités locales par le biais d'un "inhome service" et d'opérateurs privés, sont telles que les citadins, sans doute résignés, ont fini par s'y faire. Mais aussi les conseillers municipaux ou ceux des conseils des districts si l'on se tient à la façon dont ce dossier a jusqu'ici été traité. Les problèmes enregistrés à Quatre-Bornes, particulièrement à Belle-Rose, où les déchets entassés depuis décembre s'y trouvaient toujours à février, sont l'illustration d'une situation qui s'est généralisée dans le pays.

La mairie impute la faute au concessionnaire du service qui n'aurait pas respecté son contrat jusqu'au bout et à un responsable du département concerné qui leur aurait "induit en erreur" tout juste avant de prendre sa retraite. Dans certains banlieux de Port-Louis, d'autres raisons sont avancées. Mais le problème reste le même. Les collectivités locales sont dépassées par ce dossier qui, faute de "financement et de volonté politique", n'arrive toujours pas à disposer d'un service de voirie autonome et efficace.

"Oui, c'est un énorme problème. Et ca coûte !", répondent les principaux concernés. Depuis qu'ils savent que la situation va de mal en pis, ils n'hésitent plus à parler, pour peu qu'on préserve leur anonymat. Ils s'étonnent du laxisme qui prévaut dans l'allocation des contrats qui, une fois arrivé à terme, sont aujourd'hui renouvelés systématiquement sur une base mensuelle. Cette pratique est courante dans presque toutes les collectivités locales.

Les informations recueillies confirment en effet que pas moins de six collectivités locales s'offrent depuis des mois les services d'opérateurs privés sur une base mensuelle, en sus de leur service interne. La décision du gouvernement d'octroyer des contrats pour le nettoyage et la collecte de déchets sur trois ans au lieu d'une année est la principale pierre d'achoppement. "Cest peut-être une bonne décision, mais nous n'avons pas les moyens de nous offrir des services qui vont nettement au-dessus de notre budget. Les prix ont doublé et dans certains cas triplé", fait comprendre un conseiller municipal.

Au Conseil de district de Rivière-Noire, la situation est beaucoup plus grave. Depuis juillet 2002, le contrat de Securiclean et de Maxiclean, qui était sur une année, est arrivé à terme. Mais ils continuent à assurer le service sur une base mensuelle en attendant un nouvel exercice d'appel d'offres. Cette situation perdure depuis presque trois ans, sans que le conseil n'ait trouvé une solution.

Solutions

"Il y a eu des appels d'offre. Les propositions étant trop élevées, elles ont été annulées", explique-t-on. Les dernières offres reçues avoisinaient les Rs 60 millions, alors que le Conseil de district dépense environ Rs 30 millions par an pour ce service actuellement. Face à cette situation, le conseil de district de l'ouest s'est basé sur les termes de l'ancien contrat pour revoir à la hausse le montant à être payé mensuellement: 8% l'année dernière et 7% cette année. Une étude du Mauritius Standard Bureau (MAB) avait, pour sa part, estimé que cette hausse devrait tourner autour des Rs 5%, alors que les opérateurs privés avaient réclamé 20%.

A Curepipe, Port-Louis, Quatre-Bornes ou Pamplemousses-Rivière du Rempart, le même problème est évoqué. Les "tenders" ont été annulés à cause des offres jugées trop élevées. Le Central Tender Board (CTB) confirme le problème. "Nous sommes au courant de cette situation. Le service coûte trop cher !", soutient M. K Dosieah, Acting Deputy Secretary, qui assure la suppléance en l'absence de l'Acting Secretary, M. R. Thakoor.

Le renouvellement de ces contrats sur une base mensuelle est-il légal ? "Cela dépend !", fait comprendre M. K Dosieah, qui ajoute que les collectivités locales se trouvent dans une situation difficile depuis l'amendement du Local Governement Act, préconisant que tout contrat dépassant les Rs 1 million pour les "goods and services" doivent obtenir l'approbation du CTB. "Cela s'applique également pour l'extension d'un contrat. Le problème, d'une part, c'est que les municipalités n'ont pas les moyens pour payer le prix proposé par les prestataires et de l'autre, ils sont obligés de pourvoir un service de voirie régulier", souligne-t-il.

Du côté des municipalités on abonde dans le même sens: "Auparavant, on pouvait allouer les contrats. Maintenant, il faut passer par le CTB et les procédures administratives, comme vous le savez, sont longues, surtout avec le scheme mis en place par le ministère des Administrations régionales. Une des nouvelles mesures était que les contrats devraient être alloués sur une période de trois ans, au lieu d'un an comme c'était le cas dans le passé. Donc, nous n'avons pas vraiment le choix. En attendant que les offres soient évaluées et approuvées, le travail doit continuer. Le nettoyage des quartiers et de la ville est une question non seulement sensible, mais essentielle. Une semaine de retard peut causer d'énormes problèmes."

Une des solutions évoquées au niveau des collectivités locales est de réduire le "scope of works" des opérateurs en vue de diminuer les charges. "C'est une possibilité qui existe", soutient un membre du Comité des finances au Conseil de district de Rivière-Noire, qui a déjà abordé la question au cours de ses deux dernières réunions. Cette mesure devrait en effet permettre aux soumissionnaires de proposer des offres à la hauteur de leurs moyens, disent-ils.

Autonomie

Du gouvernement, l'idée que les collectivités locales disposent de leur propre service de voirie a fait son chemin depuis ces dernières semaines. "L'idéal c'est que chaque municipalité dispose d'un inhome service comme c'est le cas à Vacoas-Phoenix", soutient le ministre Roopun. La municipalité de Port-Louis et celle de Quatre-Bornes se sont déjà penchées que la question. M. Khemloliva, maire de Quatre-Bornes, explique que depuis le début de l'année le service municipal qui a pris le relais à un opérateur privé dans la région de Belle-Rose. "Nous essayons de développer un projet qui nous permettrait d'avoir un service autonome et efficace. Une partie du travail est faite par des opérateurs privés, mais nous avons fait un pas en avant en mettant en mettant en place notre propre service pour couvrir la région de Belle-Rose", dit-il.

Par contre, la municipalité de Port-Louis voit plus large. Le montant des offres soumises pour assurer la collecte des ordures et le nettoyage d'une partie de la ville "comme une douche froide." Près Rs 45 sont proposées par les opérateurs privés. "Le prix est insoutenable", déclare un conseiller municipal, "de plus, la qualité du service privé n'est plus le même." La marie de Port-Louis pense ainsi développer un "inhome service" pour desservir toute la ville. Selon les premières indications, un service municipal autonome devrait permettre à la ville d'économiser entre Rs 20 et Rs 30 millions sur trois ans.

Contrairement aux municipalités, les conseils de district ne disposent à ce jour d'aucun "inhome service", ne serait-ce que pour couvrir une partie des zones délimitées. Ce projet, pour certains, n'est pas envisageable à cause des implications financières, alors que pour d'autres, il aurait dû être initié depuis des années. "Chaque année, nous dépensons des millions pour payer les opérateurs privés et parfois, la qualité du service laisse à désirer. Comment expliquer qu'en quinze ans d'existence, nous n'avons toujours pas notre propre service de voirie ne serait-ce que pour desservir une partie du district de Rivière-Noire ?", s'interroge un conseiller municipal.

Une question qui amène à réfléchir sur la politique gouvernementale en matière de gestion des déchets et la volonté des collectivités locales de pourvoir leur propre service. Et surtout sur les fonds publics qui vont dans les déchets…

 

Mare Chicose

Le PM rencontre les forces vives mercredi

Le Premier ministre a confirmé, dans une déclaration faite à Week-End, hier après midi qu'il rencontrera les forces vives de Mare Chicose, mercredi prochain, à 16 h 30. Le vice Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, Motee Ramdass et le Parliamentary Private Secretary Rajesh Bhowon, tous trois élus de la circonscription ainsi que d'autres ministres et officiels participeront à cette réunion.

La situation à Mare Chicose avait été un des thèmes évoqués à la conférence de presse du Premier ministre plus tôt dans la matinée d'hier. Paul Bérenger a fait l'historique du "landfill site" de Mare Chicose pour dire qu'il s'agit "d'un héritage du gouvernement travailliste qui avait décidé qu'il y aurait un seul centre pour tout le pays, en plus pas assorti d'une unité de traitement de "laetchae" mal conçu et qui n'est pas fonctionnel, ce qui fait qu'il y a des camions de ce liquide nauséabond, résidu des ordures, qui traversent tous les jours le pays de Mare Chicose à St Martin et Roche Bois, les deux localités qui sont pourvues d'unité de traitement de "laetchae".

Maurice est le seul pays au monde où il n'y a qu'un seul centre d'enfouissement et ou toutes les saletés du pays sont acheminées à un seul endroit et que le "laetchae" sort de ce seul centre pour aller ailleurs. Paul Bérenger a dit que le gouvernement exerce une vigilance permanente sur Mare Chicose depuis son installation et qu'il y a une équipe d'officiels qui se réunit tous les deux mois sous sa présidence; la dernière réunion de ce comité a eu lieu le 14 février et le prochain a été fixé au 14 avril. Il a également précisé qu'il s'est toujours mis à la disposition des habitants, et qu'il se propose de les rencontrer dans le courant de la semaine prochaine.

Au sujet de la dernière réunion du 14 février dernier, le Premier ministre a dit que la Special Squad a informé le comité qu'il y a eu 11 visites des lieux, 9 de routine et 4 additionnelles après les complaintes des habitants. Le principal problème, a dit Paul Bérenger, c'est la mauvaise odeur surtout lorsqu'il y a de la pluie. Le fait d'avoir un seul centre d'enfouissement fait peser un lourd fardeau sur les épaules des habitants de Mare Chicose, a commenté le chef du gouvernement qui a dit que tout a été entrepris depuis 2000 pour alléger leurs difficultés, réaménagement du village hall, réfection de la route, éclairage jusqu'à la grande route, infrastructures sportives. Tout ce qui était possible de faire a été fait par le gouvernement et le conseil de district et Stam, la firme qui gère le centre d'enfouissement.

Après avoir déclaré que les autorités continueront à soulager les difficultés des habitants de Mare Chicose, le Premier ministre a également dit que les habitants ont été examinés par des médecins et que la caravane de la santé est restée sur les lieux pendant des jours entiers et s'y rend à intervalles réguliers, y compris dans les autres villages avoisinants. Tous les spécialistes ont affirmé qu'il n'y a aucun impact sur la santé des habitants, a-t-il affirmé, tout en assurant que les personnes qui habitent cette région continueront à être suivies médicalement.

S'il n'y a aucun impact sur la santé, il n'y a pas de doute, a renchéri Paul Bérenger, qu'il y a une incidence psychologique sur l'état d'esprit des habitants d'où la sympathie qu'il exprime en tant que Premier ministre et son engagement à améliorer les conditions dans lesquelles ils vivent.

Venant au fond du problème, le Premier ministre a dit que le gouvernement attend deux rapports d'experts avant de prendre une décision finale sur mare Chicose. Il s'agit de savoir s'il y a aura un seul ou un principal centre dans le même endroit ou d'autres ailleurs. Le consultant Carl Bro a déjà soumis un "draft feasibility study" le 20 décembre dernier suscitant des réactions et des commentaires de divers ministères concernés.

Cet exercice étant terminé et ayant déjà été remis à Carl Bro, le rapport final de cet organisme devrait être bientôt prêt et sa soumission prévue pour la semaine prochaine. Il sera porté aussitôt devant le conseil des ministres. On saura alors, a dit Paul Bérenger, s'il faut rester à mare Chicose, s'il faut aller à la Chaumière ou ailleurs ou si on doit aménager un incinérateur. Le rapport sera rendu public et les habitants de Mare Chicose en seront les premiers informés, a aussi annoncé le chef du gouvernement.

Le second rapport porte sur un Environment Impact Assessment concernant un éventuel accompagnement financier pour les habitants et leur relogement ailleurs qu'à Mare Chicose. Cet exercice fait l'objet d'un appel d'offres et le Centre Tender Board a demandé qu'il le soit étant donné que tous les critères techniques n'avaient pas été satisfaits. Un nouvel appel d'offres devra donc être initié. Tout en respectant l'indépendance du CTB, le gouvernement, a dit Paul Bérenger, a demandé à cet organisme de faire diligence afin que le rapport soit prêt le plus vite possible. C'est à la lumière de ses deux rapports qu'une décision finale sera prise.

Il n'y a pas de "delaying tactics", a insisté le Premier ministre en précisant que les habitants, qu'il a rencontrés en de nombreuses occasions depuis 2000, savent que les rapports techniques ont pris plus de temps que prévu.


Mare-Chicose

Les villageois demandent au Premier ministre de les reloger

Les habitants de Mare Chicose ont une nouvelle fois manifesté, samedi matin, leur exaspération face à la lenteur du gouvernement de trouver une solution à leurs problèmes de pollutions. Enfants, jeunes, adultes et personnes âgées sont descendus aux abords du landfill de Mare-Chicose situé à quelques mètres de leurs maisons, qui abrite l'unique site d'enfouissement technique du pays, pour démontrer leur ras-le-bol.

"Nou là zordi parski okenn decision pa finn pran pou qui bann habitan Mare Chicose rest dan ene l'environnmen vivable. Gouvernmen bizin décide enn fois si li pou ferm landfill, ou si li reloz nou ayer couma premier minis ti dir", déclare M. Mahendrana Boyjnath, habitant de la région, soutenu par la centaine de manifestants. A l'entrée même du village, on est frappé par l'odeur émanant du site d'enfouissement. Et les manifestants, qui ont bloqué la route menant au centre d'enfouissement de déchets à plus d'une dizaine de camions ce samedi, indiquent que l'odeur nauséabonde n'est pas leur unique problème. Odeur nauséabonde, pollution sonore, rivière polluée par l'eau usée… font partie des maux auxquels doivent faire face quotidiennement les 83 familles de Mare Chicose, et ce depuis l'aménagement du Centre d'enfouissement technique en 1997. Ces trois dernières années, les problèmes ont perdurés.

"La vi ici infernal. Tou kalité polition ena. Bann camions par centaine défilé tou lé zour. Perna ler. Ena non selman l'odeur mé oci tapaz. Kouma nou zenfan pou appran", déplorent les habitants de Mare Chicose. Les habitants de ce petit village situé à proximité de Cluny, estiment que leurs conditions de vie a atteint un seuil critique et qu'il est impératif au gouvernement de prendre une décision ferme dans l'intérêt des habitants de Mare Chicose quant à cette situation qui n'a que trop duré. "Dépi trois ans nou pé milité aupré bann otorite, narien pa finn fer ! Bann dépité pa pran cont. Premier minis ti dir dan so dernier réunion ar nou ki li pou rann public rapport Carl Bro au pli tar le 15 désam. Ziska zordi nanien pa tandé", déclarent les habitants de Mare Chicose. Soulignant qu'ils ne sont pas contre les développements qui doivent être effectués au centre d'enfouissement de déchets, et faisant ressortir qu'ils sont tous prêts à coopérer avec le gouvernement, les habitants de Mare Chicose demandent au Premier ministre de rendre public le rapport Carl Bro.

"Nou pou contribué au dévelopmen de l'environnmen du pays, et nou conscient qui Mare Chicose c'est un projet à long terme qui pou bénéficié à tou le pays. Mé gouvernmen bizin conne fer so monitoring et compran ki c'est pas avec bann solutions temporaires, telle plantation vétiver ou servi bagasse pou abat l'odeur, qui na pa finn marché, qui pou réglé problem bann habitants", explique M. Boyjnath. Les habitants de Mare-Chicose devaient cesser d'obstruer la route après avoir obtenu confirmation, hier après-midi, d'un surintendant de Police, que leurs doléances seront entendues en début de cette semaine, lundi, par le Premier-ministre. Ils profiteront de cette rencontre pour demander au Premier ministre de les reloger, car il s'agit d'une solution pratique et bénéfique pour tous les habitants de Mare Chicose, et également pour le développement environnemental de Maurice, vu que Maurice ne compte pas d'autres sites pour l'enfouissement des déchets. Cependant, si le gouvernement ne trouve pas de solution à leurs problèmes, les manifestants de Mare-Chicose affirment qu'ils trouveront d'autres façons de faire entendre leur colère.

 

Catastrophes naturelles

Plaidoyer pour l'installation d'un séismographe à Maurice

Croire qu'à l'île Maurice on serait à l'abri des tremblements de terre est un avis que ne partage pas M. Gona Soopramania, ex-chief technician de la station météorologique nationale. Depuis le tragique tsunami provoqué par le tremblement de terre sous-marin au large de Sumatra et qui a dévasté les pays du sud-est asiatique le 26 décembre dernier, M. Soopramania n'a cessé de faire des recherches et croit nécessaire de rappeler que depuis l'an 1507, plusieurs petites secousses sismiques, heureusement sans grandes conséquences en terme de pertes de vies humaines, ont été enregistrées à Maurice. Mais, maintenant que la communauté internationale a pris conscience de l'ampleur des catastrophes naturelles, le temps serait peut-être venu, dit-il, pour les autorités mauriciennes de s'équiper d'un séismographe pouvant détecter à temps des secousses plus fortes. Un tel équipement, rappelle d'ailleurs M. Soopramania, existait dans le pays du temps où la station météorologique se situait au Jardin de Pamplemousses…

Les constats de l'ex-chief technician de la météo nationale ne semblent pas tout à fait dépourvus de pertinence quand on prend connaissance des faits historiques répertoriés à Maurice se rapportant aux secousses sismiques. Dans son petit livret intitulé "Shilling, Geography of Mauritius for Beginners", paru en 1925 et qui avait reçu, à l'époque, le sceau du Council of Education pour être utilisé dans les écoles primaires, M. R. Dupuy, un ancien maître d'école, affirmait que des tremblements de terres d'intensité légère survenaient occasionnellement à Maurice. Ainsi, on en avait relevé en 1704, 1751, 1786, 1863 et 1854. Dans ses "Notes of Mauritius", Adrien d'Epinay se permettait même, lui, d'affirmer que la première secousse tellurique réellement ressentie à Maurice était survenue le 4 août 1786 quand notre île était encore inhabitée…

Selon R. Dupuy, le 6 janvier 1863, le choc d'un tremblement de terre effraya toute l'île Maurice, entre 20h55 et 21h00. Le bruit et le mouvement semblaient provenir du Sud-Sud-Ouest et se diriger vers le Nord-Ouest. Toujours selon les témoignages recueillis à l'époque, l'événement déclencha une grande alerte dans le village de Chamarel, dans le sud-ouest du pays. Quelques maisons furent secouées et leurs résidents durent en sortir précipitamment. Mais, à Port-Louis également, où le choc ne dura pas plus de quatre secondes, il y eut un mouvement de panique parmi les habitants.

Selon M. Soopramania, la terre trembla de nouveau à Maurice l'année suivante et les effets se firent encore mieux ressentir. L'édition du journal Le Mauricien du 18 mai 1854 publia effectivement ce qui suit: "On nous écrit de Flacq, sous la date d'avant-hier le 16 mai; on a ressenti hier (15 mai) un faible tremblement de terre sur la propriété de Rivière Profonde, Trois îlots. Mme. D et M. M (deux des propriétaires) sont sortis vivement de la maison. La charpente craquait et les vitres jouaient fortement dans leurs rainures. Un économe qui se trouvait dans le moulin est sorti précipitamment car tous les membres du moulin battaient une danse infernale. La propriété est entourée de montagnes comme vous le savez. Vous pouvez annoncer ce fait comme certain. Le même jour, 15 mai, vers onze heures du matin, le même tremblement de terre s'est fait sentir dans l'intérieur de l'île, à environ trois lieux de la ville. Deux secousses, faibles, mais très sensibles, ont pu être remarquées."

Un choc ressenti dans toutes les îles

Toujours selon M. Soopramania, c'est à M. Alfred Walter, directeur de l'Observatoire (l'ancêtre de la station de météorologie nationale) de 1911 à 1926, que l'on doit la plus abondante littérature au sujet des tremblements de terre à Maurice. Dans son "Chronological Table of Events in Mauritius (1507-1916)", sorti des presses en 1917, A. Walter fait état de deux secousses qui s'étaient manifestées le 25 août 1860, au Grand Port, et le 6 janvier 1863. Mais bien avant la sortie de son "Chronological Table" de 1916, soit dans le Mauritius Almanach de 1913, Alfred Walter évoquait un phénomène qui eut lieu le 11 mai 1912. Ce jour-là, rapporta-t-il "a severe shork was felt at nearly all the small islands which form the dependencies of Mauritius in the South Indian Ocean." À l'époque, la dernière évaluation de l'activité sismique dans l'océan Indien dont disposait le directeur de l'Observatoire mauricien couvrait la période allant de 1899 à 1907. Rien que dans la région englobant les Seychelles, St Brandon et Ceylan (Sri Lanka), pas moins de 23 séismes avaient été relevés. Mais, l'île Maurice se trouvant à la limite sud de la région concernée et étant donné que les épicentres de ces séismes étaient assez loin (soit auprès du Mid-Indian Ocean Ridge), les secousses dans l'île ne pouvaient être détectées que par un séismographe, ce dont disposait notre pays à l'époque contrairement à aujourd'hui.

L'énigme de Mare Gravier (1985)

Juste après la publication du "Chronological Table of Events in Mauritius" de 1916, soit le 25 juillet 1917, vers 04h45, le séismographe de Pamplemousses enregistra encore une faible secousse. Selon Alfred Walter, "the movement was sufficient to cause a distinct rattling of loose shutters at the Observatory while at Long Mountain, Port-Louis and Moka the movement was sufficient to awaken many persons from sleep." Le journal Le Radical rapporta, lui, que dès la veille, vers 10h00, il sembla qu'il y eut une première secousse sismique. M. Walter confirma que le séismographe de Pamplemousses avait effectivement enregistré un très léger et rapide mouvement d'un millimètre. Toutefois, à son avis, ce mouvement était trop faible pour être catalogué comme secousse sismique, laquelle généralement atteint 10,15 à 20 millimètres.

Le doute du directeur de l'Observatoire mauricien avait poussé le journal Le Radical à conclure en ces termes au sujet de la secousse du 25 juillet: "s'il n'est pas dû aux activités du volcan de La Réunion (La Fournaise), le phénomène doit rester une énigme pour nous jusqu'à plus amples renseignements."

En fait, relève M. Soopramania, "depuis les Chronological Table de 1916 d'Alfred Walter, aucun rapport de ce genre n'a été publié et, malgré le fait que, plusieurs fois, de nombreuses personnes rapportent avoir ressenti des secousses à Maurice, l'origine de ces secousses continue à demeurer effectivement une énigme." Selon M. Soopramania, en août 1985, un habitant de Mare Gravier, à Beau-Bassin, s'était plaint à l'effet que les murs de sa maison avaient été complètement fissurés suite à ce qu'il avait perçu comme étant un tremblement de terre. Mais une enquête des services météorologiques n'avait rien pu établir parce qu'il manquait d'abord un séismographe qui aurait pu détecter si, effectivement, la terre avait tremblé dans notre île.


L'histoire des séismographe
Un séismographe est un instrument sensible qui détecte les vagues sismiques que produisent les tremblements de terre et les essais nucléaires. Cette détection est possible même si les épicentres de ces tremblements de terre et de ces explosions nucléaires se situent à l'autre bout de la planète.
L'ancien Observatoire de Pamplemousses utilisait un séismographe dénommé "Le Milne". En fait, cet appareil détenait ce nom de John Milne, lequel, en 1880, fut le premier sismologue et géologue qui mit au point un premier séismographe à pendule horizontale moderne.
Par contre, c'est le scientifique chinois Chan Heng, qui mit au point en l'an 132 ce qui est considéré comme le premier séismoscope. Appelé la Fiole du Dragon, cet instrument mesurait déjà l'intensité des tremblements de terre.
Neuf années après John Milne, Von Rebleur Paschwitz avait découvert qu'une pendule horizontale qui se trouvait à Posdam, en Allemagne, pouvait enregistrer l'intensité des vagues produites par un tremblement de terre survenant aussi loin qu'à… Tokyo, au Japon.
Il faut, selon M. Soopramania, au moins trois séismographes pour pouvoir mieux localiser les secousses sismiques dans l'océan Indien. Le choix des sites pour leur installation pourrait être Les Seychelles, La Réunion, Rodrigues ou bien Diego Garcia. Toutefois, selon lui, l'enceinte de l'Université de Maurice serait encore un des meilleurs choix possibles, les étudiants en science physique de cette institution pouvant très bien s'en occuper, évitant ainsi la nécessité d'employer un fonctionnaire à grands frais à cet effet.

Le Week End 6 mars 2005