Le groupe FAIL abandonne son projet à l'Ile-aux-Bénitiers


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Le groupe Food and Allied a pratiquement fait une croix sur son projet de villas de luxe sur l'île-aux-Bénitiers. Les paramètres fixés par l'Etat ne lui conviennent pas.

Les conditions imposées pour l'utilisation de l'îlot sont jugées trop contraignantes par le groupe FAIL.

Le projet du groupe Food and Allied (FAIL) de développer un complexe hôtelier de grand luxe sur l'île-aux-Bénitiers est pratiquement mort-né. La direction du groupe a presque déjà fait une croix dessus, même si aucune décision n'a été officiellement prise et annoncée.

L'abandon du projet s'explique par le fait que la superficie de l'île dont dispose le groupe FAIL ne convient pas à l'ampleur du projet qu'il souhaitait y réaliser. Cette surface, un tiers de la superficie de l'île environ, obligerait le groupe à redimensionner son projet, ce qui remettrait en question son équilibre économique et financier de même que sa viabilité.

Zone de conservation

"Les paramètres fixés par les autorités ne cadrent pas avec le projet que nous avions conçu", confirme-t-on au quartier général du groupe FAIL. A moins que l'Etat ne revoie ses conditions, le projet n'ira donc pas de l'avant.

C'est en février de cette année que le groupe FAIL a officiellement présenté son projet au gouvernement. Il s'agissait de construire sur l'île-aux-Bénitiers un village de 97 villas haut de gamme avec piscine individuelle.

L'investissement prévu était de Rs 1 milliard. La viabilité financière du projet repose sur le caractère exclusif de villas individuelles séparées sur un îlot qui auraient ciblé une clientèle ayant les moyens d'en payer le prix.

L'agencement linéaire des villas est une des questions qui a posé problème dès le début. Les autorités trouvaient que l'espace entre les villas était trop important, ce qui les amenait à empiéter sur un site déjà identifié comme zone de conservation et où les oiseaux viennent se nourrir.

Le gouvernement avait prévu de consacrer un tiers de l'île à un développement hôtelier et un tiers à la conservation - le reste devait être transformé en une zone de récréation pour le grand public.

Une réduction du nombre de villas n'est pas envisageable pour le groupe FAIL car le montant des investissements requis et les coûts fixes qu'implique un projet de cette envergure nécessitent un certain nombre de villas afin être rentables.

Réduire l'espacement entre les villas ou en modifier l'alignement remettrait en question le cachet exclusif du complexe réduisant du même coup la valeur que la clientèle serait disposée à payer et la viabilité financière du projet.

L'abandon du projet du groupe FAIL relancera à coup sur les convoitises dans les milieux de l'hôtellerie pour récupérer le site de l'île-aux-Bénitiers.

L'Express 6 novembre 2002