Comblage d'une partie de la mer à Mahébourg


 

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Manif de pêcheurs/forces vives, hier, devant le La Croix-du-Sud

Les pêcheurs de Cité-La-Chaux et des représentants des Forces-vives de la région ont manifesté, hier, à proximité de l'hôtel La Croix-du-Sud, pour réclamer l'arrêt des fouilles en cours sur une partie de la plage dans le cadre de la rénovation de cet établissement hôtelier. Les manifestants ont exprimé leur colère, avançant que le chantier progresse bien que la Cour ait été saisie de cette affaire.

Une centaine de manifestants, comprenant pêcheurs et représentants des Forces-vives, ont protesté devant l'établissement hôtelier La Croix-du-Sud, où les travaux de rénovation sont en cours depuis quelques mois. Les pêcheurs, par l'intermédiaire de leur homme de loi, ont déposé une motion en Cour suprême le 30 août dernier réclamant l'arrêt des travaux. Les manifestants ont fait part de leur amertume quant au fait que bien que la Cour ait été saisie de cette affaire, les travaux de comblage d'une partie de la mer progressent toujours. « Nou dans enn pays kot la loi juste pou enn catégorie dimounn. Nou pé respecté procédure, mais aukenn décision pas pé prend par l'autorité ", a soutenu Emmanuel Lamarque, un des manifestants.

Des pêcheurs de Cité-La-Chaux, qui affirment avoir toujours pêché dans cette partie du lagon du Sud, soutiennent que ces travaux auront des répercussions néfastes dans le lagon et détruiront tout l'écosystème marin de cette région. « Zot finn dire arrête tire disable pou laisse le lagon réhabilité et zordi zot pé coule béton dans la mer ", a dénoncé Jacques Arcante, un des pêcheurs qui affirme avoir passé plus d'une vingtaine d'années à gagner sa vie en pêchant dans cette partie du lagon de Mahébourg.

Les protestataires allèguent également que les constructeurs procèdent à ces travaux sans autorisation et que le lagon sera, en fin de compte, comblé sur plus de 20 000 m2, soit la superficie d'un terrain de football. « Nou pé procède d'après la loi et nou certain ki zot pé comblé la mer et zot péna permis ", affirment-ils, avant d'ajouter que « la mer est en train d'être comblée pour faire des appartements pieds dans l'eau ".

Les manifestants ont tenu à faire ressortir qu'ils ne sont pas contre les projets de développement en cours dans leur région, mais contre le fait que « la construction gagne lor la plage ek la mer ". Ils considèrent que « c'est une situation grave qui concerne tous les Mauriciens ". « Kot et kouma zot finn gagne permis pou construire lors la plage ek dans la mer ? Pou éna la chambre l'hôtel-là ; Mauricien pas pou kapav kosté et pou éna problème. Zot pas pé respecté la loi ", a soutenu Emmanuel Lamarque.

Rappelons que, ces deux derniers mois, les pêcheurs ont déjà organisé quatre manifestations à proximité de l'hôtel La Croix-du-Sud. Le mois dernier, ils avaient rencontré le ministre de la Pêche, Sylvio Michel, pour faire part de leurs appréhensions. « Nou finn dire ministre ki c'est là ki nou mette bateau, ki nou rode la bouette, et ki zot pé mette banne appartements-là ", avait alors déclaré au Mauricien, Jacques Arcante, pêcheur.

Plusieurs pêcheurs ont déclaré au Mauricien, hier, qu'ils souhaitaient que cet établissement hôtelier interrompe ses fouilles sur la plage. Les pêcheurs s'interrogent sur le Environment Impact Assessment (EIA) octroyé pour cette construction. « Pou bizin donne explication lors-là ", affirment-ils.

Nos interlocuteurs ont également affirmé qu'ils ne veulent point de négociations : ils avancent que « dans certaines parties de l'île, des pêcheurs ont accepté de l'argent de groupes hôteliers pour cesser leurs manifs et ont retiré leurs plaintes ". Ils notent, cependant, que les chantiers ont alors progressé sans difficulté. Dans leur cas, nous ont-ils affirmé hier, « nous voulons être très clairs : nous ne voulons pas d'argent et nous réclamons que les travaux dans le lagon cessent une bonne fois ". Une autre manifestation est prévue le 15 septembre prochain.

Le mauricien 7 septembre 2002