Les ONG mauriciennes dénoncent


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Dans le cadre du Sommet de la terre sur le développement durable, un séminaire a été organisé le jeudi 29 août à Flic-en-Flac sur le thème "The future of our mother earth and its people" par Ledikasyon Pu Travayer, en collaboration avec le mouvement des Planteurs du Nord et des Amis de Chamarel. À la suite de cette journée de réflexion sur plusieurs thèmes, dont le réchauffement climatique par Karim Jaufeerally, la mondialisation et ses enjeux d'inégalités sociales face au développement durable par Lindsey Collen et son impact sur Maurice par Ashok Subron, deux lettres ouvertes ont été envoyées respectivement à l'ambassadeur des États-Unis à Maurice et le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth. Les participants ont également exprimé leur solidarité avec les membres des ONG arrêtés à Johannesburg.

La lettre ouverte adressée à l'ambassadeur américain est le fait de 18 signataires exprimant leur protestation énergique contre le refus de George W. Bush de ratifier le protocole de Kyoto sur le réchauffement de la planète. Celle envoyée à sir Anerood Jugnauth est signée de 21 membres des ONG mauriciennes dont Yves Pitchen, Pushpa Lallah, Parmessur Bheekharry, Sanjay Sembhoo et Marousia Bouvery. Les signataires dénoncent "the patently non-sustainable nature of the policies of the Government of Mauritius", en relevant spécifiquement le deal Illovo qui implique la destruction des terres agricoles et l'abandon de nos ressources en terre aux spéculateurs fonciers. Ceci n'est pas du développement durable, soutiennent-ils, mais la destruction de l'héritage naturel de notre pays. Ils demandent la création d'un nouvel organisme œuvrant pour une utilisation optimale des terres et le développement d'industries agroalimentaires aptes à approvisionner la population. Dans le même ordre d'idées, ils estiment que le Integrated Resorts Scheme (IRS) provoquera plus d'inégalités sociales dans notre pays, où les pauvres serviront de domestiques aux propriétaires des luxueuses maisons qui seront construites selon ce plan.

Le deuxième point porte sur la fermeture de la base militaire de Diego Garcia tout en demandant à l'UNESCO de décréter l'archipel des Chagos comme un World Heritage Site. Ensuite, ils contestent la privatisation des plages et même des îlots, selon le Beach Authority Act, et la "déproclamation" d'un certain nombre de plages publiques qui accentuera le phénomène de destruction de nos ressources naturelles. Ils s'opposent également à l'utilisation des terres agricoles pour la Cybercité et réclament l'annulation de tout nouveau projet hôtelier. Ils demandent que Maurice devienne un pays libre de tout organisme génétiquement modifié (OGM) et qu'il s'assure de la sécurité alimentaire. Ils lancent un appel au gouvernement de ne pas renoncer aux droits humains de base comme l'accès à l'eau, au logement, à l'éducation, à la santé, à la retraite et à la libre circulation. Les ONG mauriciennes veulent aussi que le gouvernement désapprouve le refus américain de signer le protocole de Kyoto. Le dixième péché capital contre le développement durable reproché au gouvernement mauricien concerne les tentatives internationales pour limiter le choix démocratique de notre pays, à travers le FMI, la Banque mondiale, l'AGOA et le WTO. Les ONG insistent pour que notre pays refuse ces obligations.


Le Week End 8 septembre 2002