Lancement de la charte de l'environnement de l'AHRIM: Bodha veut transformer le sud de Maurice en un " itinéraire du tourisme "


 

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L'Association des hôteliers et restaurateurs de l'Ile Maurice (AHRIM) a lancé sa charte de l'environnement, hier, à l'hôtel Labourdonnais Waterfront, en présence de plusieurs ministres du gouvernement, de diplomates et de ses membres. L'occasion pour Nando Bodha, le ministre du Tourisme et des Loisirs, d'annoncer un ambitieux projet de développement éco-touristique pour tout le sud de Maurice, entre Chamarel et Mahébourg en passant par Bel-Ombre.

" Tout le sud de Maurice deviendra un itinéraire de tourisme avec des chalets de luxe, pour aller plus loin que le concept d'hôtellerie de plage ", a lancé Nando Bodha aux membres de l'AHRIM et aux autres personnalités présentes, hier au Labourdonnais Waterfront. M. Bodha a cité Chamarel, Bel-Ombre où des projets éco-touristiques devraient voir le jour, ou encore Mahébourg et sa région, où le ministère de tutelle veut élaborer un parcours touristique axé sur l'histoire. M. Bodha a ainsi souhaité que Maurice, qui est déjà renommée comme une destination de plage, devienne également une destination " verte ".

M. Bodha a également fait un plaidoyer en faveur du reboisement, en regrettant le déboisement massif de Maurice, notamment, a-t-il précisé, sur les berges des rivières. " La peur que certains Mauriciens éprouvent par rapport aux nouveaux projets hôteliers n'est pas justifiée ", a-t-il cependant laissé entendre, " car nous sommes plus que prudents ". Il a rappelé qu'il y aura une douzaine de nouveaux hôtels dans les cinq prochaines années, principalement dans le Sud et le Sud-Ouest, à Bel-Ombre, Saint-Félix, Les Salines-Rivière-Noire ou encore Albion. " Ce seront des projets intégrés ", a insisté le ministre du Tourisme et des Loisirs. Il a également rappelé l'aménagement des stations balnéaires, les projets d'embellissement de plages publiques, ou encore de l'autoroute (ce dernier projet en collaboration avec le ministère de l'Environnement).

La charte de l'environnement, élaborée par la commission environnement de l'AHRIM, a nécessité dix-huit mois de travail. Elle est composée de quinze points et appelle les opérateurs du tourisme à les respecter tous. Du contrôle de l'énergie et de la consommation d'eau, en passant par la création d'espaces verts, la collecte et le recyclage d'ordures ou encore le traitement des eaux usées, la charte doit normalement permettre, selon l'AHRIM, de " sauver la couche d'ozone " ou encore de " protéger les ressources côtières, la faune et la flore des îlots ". Bref, l'AHRIM, avec sa charte, ambitionne de " construire un meilleur avenir pour le tourisme " à Maurice.

Seuil de tolérance

Rajesh Bhagwan, le ministre de l'Environnement, a tenu à préciser, pour sa part, que les ressources naturelles " ne sont pas éternelles " et qu'elles seraient " en danger si elles étaient trop utilisées ". Le ministre a parlé du " danger " qui pèse sur les lagons, le récif corallien, les plages et a parlé d'un " seuil de tolérance qui doit être respecté ", surtout sur les zones côtières.

Pour Gilles Attias, directeur du Sofitel Impérial et président de la commission environnement de l'AHRIM, la charte a été accueillie avec " enthousiasme " parmi les hôteliers. M. Attias a évoqué l'aspect paradisiaque de Maurice, tout en ayant l'honnêteté de reconnaître l'impact négatif de l'industrie hôtelière sur cet environnement. Pour le directeur du Sofitel Impérial, la charte permettra aux hôteliers de " donner le meilleur d'eux-mêmes " et d'exprimer leur " passion pour leur métier et pour la nature ".

De son côté, Chris Najbicz, le président de l'AHRIM, a insisté sur le fait que la charte de l'environnement est destinée à tous les opérateurs de l'industrie touristique de Maurice et de Rodrigues. Il a tenu à faire ressortir que, selon lui, l'industrie touristique " investit massivement dans l'environnement " et elle est la seule, à Maurice, à payer une taxe " verte ", prélevée sur le chiffre d'affaires des établissements. Pour le président de l'AHRIM, les hôteliers vont même jusqu'à " modeler (" fashion ") " leur environnement au niveau du paysagisme, de l'architecture des établissements, etc.

Chris Najbicz a profité de l'occasion pour rappeler que les îlots du Nord (île Plate et îlot Gabriel), cédés par l'Etat à l'AHRIM, seront réhabilités de façon à retrouver leur état naturel d'origine. En contrepartie l'accès à ces îlots, aujourd'hui ouverts au public mais dans un état de dégradation important, sera contrôlé et payant.

La cérémonie entourant le lancement de la charte de l'environnement a duré près de deux heures, hier. Elle s'est terminée par la projection d'un clip résumant ce que l'AHRIM veut faire avec cette charte. Une projection qui n'a cependant pas fait l'unanimité parmi les invités présents au Labourdonnais Waterfront. Des représentants d'ONG écologistes et même des diplomates ne se sont pas cachés pour dire, parfois même avec une certaine véhémence, leur déception par rapport au choix des images présentées dans le clip et, au-delà de ce choix, de l'esprit qui anime réellement les hôteliers en ce qui concerne l'écologie.

Le Mauricien 9 juillet 2002