Sur la côte nord Bain Bœuf transformé en cimetière d'algues et Convoitise des terres de l'Etat aux fins touristiques

 

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La région de Bain Bœuf, juste après la plage publique en allant vers Cap Malheureux, se retrouve depuis environ un mois affectée par un curieux phénomène: au fil des semaines, des quantités considérables d'algues sont venues recouvrir les plages de quelques petites criques autrefois agréables. Ces algues en putréfaction répandent une odeur fétide et causent aux riverains des désagréments auxquels les autorités semblent rester sourdes. Une affaire qui pourrait découler d'une pollution dont il convient de se soucier au plus vite. Avant qu'elle ne puisse devenir une catastrophe nationale.

À quelques pas de la plage publique de Bain Bœuf et de la plage située en face de l'hôtel Coin de Mire, un certain nombre de touristes et de Mauriciens choisissaient parfois d'installer serviettes et parasols dans l'une des deux petites criques qui bordent des campements privés, en allant vers Cap Malheureux. Mais depuis environ un mois, ces deux plages sont devenues complètement infréquentables. Pour ne pas dire inexistantes. Leur sable blanc a en effet été complètement recouvert par d'épaisses couches d'algues inlassablement rejetées par la mer. Qui, à force de s'accumuler, ont fini par créer une sorte de revêtement vallonné. Un revêtement qui, en pourrissant au soleil, dégage une odeur putride. Pire: les riverains se plaignent de problèmes respiratoires, de sensations de brûlure ou d'allergies au niveau de la peau, voire de décoloration de bibelots en argent…

"Nous avons tenté à plusieurs reprises de contacter les autorités concernées, mais en vain. Au niveau du ministère de l'Environnement, on nous passe d'une personne à l'autre sans que nous arrivions à trouver un interlocuteur qui daigne nous écouter et prendre en compte le problème. Et au niveau de la Beach Authority, on nous répond que cet organisme ne s'occupe que des plages publiques", s'insurge un habitant de la région.

La situation ayant atteint un niveau intolérable, une unité de la National Coast Guard de Grand-Baie a finalement été mandée sur les lieux, vendredi dernier. Dans un rapport établi par la suite, cette unité dit avoir effectivement pu constater la présence, dans le lagon de Bain Bœuf, d'une concentration d'algues mortes atteignant une épaisseur de trois à quatre pouces, dégageant "a foul smell". D'où la décision de référer l'affaire au ministère de l'Environnement. Dont nous n'avons pu obtenir de déclaration à ce sujet.

La pollution en question

Selon les experts contactés, cette situation pourrait résulter d'un phénomène connu sous l'appellation d'eutrophication. Un terme qui désigne l'enrichissement artificiel d'une eau en matières nutritives d'origine industrielle, qui perturbe l'équilibre biologique par diminution de l'oxygène dissous. En clair, certains estiment que la mer de Bain Bœuf pourrait être en train de nous donner les signes de ce qui se produit quand un surplus de nitrates et de phosphates y est déversé, venant de sources qu'il reste à déterminer (fertilisants et insecticides qui finissent par rejoindre la mer, déversement d'effluents non traités). "Nous sommes en train de polluer notre environnement de façon incontrôlée. Et c'est là un signe de ce que nous allons finir par récolter à plus grande échelle si cela continue. Car la mer est un organisme vivant extrêmement sensible qui va, d'une façon ou d'une autre, nous rendre la pollution que nous lui infligeons. Pour l'heure, il faudrait déjà enlever toutes ces algues mortes. Mais au-delà, il faut impérativement aller à la source du problème, qui nous concerne tous", estime un biologiste habitant la région.

De quoi en retourne-t-il exactement ? Seule une expertise précise et complète pourra sans doute nous renseigner à ce sujet. Suffit-il de dire qu'une telle démarche s'avère d'autant plus urgente dans un pays qui non seulement se soucie de la préservation de son environnement et de la santé de ses habitants, mais qui prétend de surcroît vendre mer et plage comme atout touristique…


Convoitise des terres de l'Etat aux fins touristiques

Les dessous de la polémique autour de l'île aux Bénitiers

L'ancien gouvernement MSM-MMM-PMSD, qui comprenait également à l'époque le ministre Anil Baichoo, qui n'avait pas encore démissionné et lancé son Mouvement socialiste démocrate (MSD), avait-il l'intention d'évincer la Société Nubheebuccus de l'île aux Bénitiers qu'elle occupait depuis 1927 et dont le bail avait été renouvelé le er juillet 1990 pour jusqu'en 2010, afin de faire de la place à d'autres promoteurs hôteliers ? C'est ce qu'avait affirmé l'actuel Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la campagne des élections générales - sans toutefois jamais citer le nom du groupe qu'il visait avant de prendre l'engagement qu'il allait retourner l'île aux Nubheebuccus - pour, selon Navin Ramgoolam, "corriger une injustice". L'actuel Premier ministre a effectivement honoré sa parole envers la famille Nubheebuccus peu avant les élections municipales s'attirant des accusations de clientélisme, lesquelles accusations valent d'ailleurs à l'ancien ministre Anil Gayan des démêlées avec la justice pour une déclaration faite à une radio. Le leader de l'opposition, M. Paul Bérenger, entièrement soutenu par ses partenaires Pravind Jugnauth (leader du MSM) et Maurice Allet (PMSD) a, lui, annoncé qu'il contestera en justice le retour de ce bail aux Nubheebuccus parce que, à son avis, ce sont les intérêts du public qui seront lésés puisque la société chercherait à interdire l'accès de l'île aux Mauriciens. De son côté, lors d'un débat public avec le ministre James Burty David sur une radio, l'ancien ministre de l'Environnement, M. Rajesh Bhagwan a lui insisté que la famille Nubheebuccus était en train de frapper à toutes les portes, à Maurice comme à l'étranger, pour concrétiser son projet d'hôtel sur l'île ce alors que, toujours selon M. Bhagwan, la société Nubheebuccus ne détient seulement qu'un bail agricole qui ne lui donne nullement droit d'y envisager quelque développement industriel. C'est aussi la position que soutient l'ancien ministre de l'Agriculture, M. Nando Bodha.

Week-End revient en profondeur aujourd'hui, sur toute cette polémique entourant l'île aux Bénitiers et qui a empoisonné les deux dernières campagnes électorales et municipales en donnant à toutes les parties impliquées la chance de faire connaître leurs points de vue…

La séquence des événements selon la famille Nubheebuccus

Selon le couple Yousouf et Myriam Maudarbocus, qui dirige les affaires de la famille Nubheebuccus, c'est à partir de 1998 que décision avait été prise de transformer concrètement l'île, jusque-là essentiellement agricole, en un centre touristique et de loisirs selon une approche à trois phases; (i) l'aménagement de villas pouvant accueillir des touristes (ii) un village mauricien donnant libre accès aux membres du public et (iii) un coin de conservation de l'écosystème et de la biodiversité.

Vers la fin donc de 1998, le propriétaire du bail, la Société Nubheebuccus et le groupe Food and Allied, dirigé par M. Michel de Spéville, dégagea un accord en vue d'un projet de développement hôtelier sur l'île. Les ministres et les officiels directement concernés par ce projet de développement furent informés par conséquent. En décembre 2000, le vice-Premier ministre, M. Paul Bérenger et le ministre des Finances, M. Pravind Jugnauth, nouvellement installés au pouvoir, furent dûment informés également.

Le 5 juin 2001, un Conceptual Project Overview du projet bien élaboré fut présenté au Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth, au ministre du Tourisme, alors M. Nando Bodha, et au ministre du Logement et des terres, M. Mookeshwar Choonee. Dix jours plus tard, le 15 juin 2001, le Conseil des ministres, examina un Cabinet mémorandum (référence CAB (2001) 487) ayant trait au projet de développement sur l'île aux Bénitiers et y donna, en principe, son accord.

Aucun commentaire défavorable des techniciens

À la suite de cette décision du Conseil des ministres, un comité technique composé de vingt-deux techniciens était mis sur pied pour étudier le projet et faire des recommandations. Le 18 juillet 2001, à la lumière de ces recommandations, le comité technique apporta effectivement certaines modifications, dont parmi, l'élimination d'un projet d'aménagement d'un parcours de golf et de construction de bungalows sur l'eau et la délocalisation de certains sites. Le 26 juillet de la même année, une lettre du ministère du Tourisme informa la SNLC que "le gouvernement a agréé en principe au développement de l'île aux Bénitiers selon un three pronged approach suivant; la construction d'un tourist resort, des provisions pour des facilités de loisirs et de récréation pour le public et la conservation de l'écosystème et de la biodiversité".

Toujours le couple Maudarbocus, deux jours plus tard, la Société Nubheebuccus conjointement avec le groupe FAIL soumit au Board of investment (BOI) et au ministère du Tourisme un projet hôtelier complet donnant tous les détails requis (études financières, plans conceptuels, détails techniques, détails sur les facilités offertes au public, preuves de finances entre autres). Le projet, qui selon le couple Maudarbocus, répondait totalement aux exigences formulées par le gouvernement, réservait 15 arpents à l'usage du public avec des kiosques, des facilités de toilettes et de barbecues à être construites et maintenus aux frais des promoteurs du projet, c'est-à-dire, SNLC et le groupe FAIL. Le 22 octobre suivant, à l'invitation du Board of investment, alors dirigé par feu Germain Comarmond, lequel selon Mme Myriam Maudarbocus, appuyait totalement et de façon désintéressée le projet, une présentation de celui-ci fut faite à plus de quinze hauts officiers du board, des ministères concernés et des corps para étatiques dont le CEB et la CWA. Ces officiers, selon Mme Maudarbocus, ne firent aucuns commentaires défavorables.

Pour toute réponse le bail est résilié…

Le 30 novembre, le gouvernement demanda aux promoteurs, SNLC et FAIL Group, de présenter une maquette de leur projet sur l'île. Selon Mme Mardabacus, une telle maquette prenant du temps pour être conçue, les promoteurs mirent les bouchées doubles pour y parvenir et elle put quand même être effectivement présentée au Premier ministre, au vice-Premier ministre, à six autres ministres, dix secrétaires permanents et plusieurs hauts officiels de ces ministères et au Board of investment le 29 janvier 2002 dans le Lunch Room de l'Assemblée nationale. Toutefois, après un très long délai, soit huit mois, le 5 septembre 2002, les promoteurs reçurent une lettre leur réclamant de déposer un projet revisé basé sur une synthèse de guidelines et conditions, lesquels guidelines et conditions, selon Mme Maudarbocus rendaient non faisable tout projet d'hôtel de luxe sur l'île. Néanmoins, selon Mme Maudarbocus, malgré sa déconvenue, le 26 novembre 2002, la Société Nubheebuccus adressa une lettre au ministère des Terres et du logement lui informant qu'elle acceptait de se soumettre in toto (dans son intégralité) à la synthèse de guidelines et conditions imposées.

Pour toute réponse, SNLC reçut deux lettres du ministère des terres et du logement, le 27 janvier 2003. La première informa la société que "le gouvernement ne souhaite plus aller de l'avant avec des négociations ayant trait au projet de développement d'hôtel" sur l'île aux Bénitiers sans, toutefois, donner quelque raison de cette décision. La seconde lettre fit d'abord référence au bail alloué à la société Nubheebaccus et commençant le 1 juillet 1990 pour prendre fin le 30 juin 2010 pour, ensuite, informer que "le gouvernement a décidé de terminer le bail avec une advance notice de trois mois". Le 13 mars 2003, le ministre du Tourisme informa la société Nubheebuccus qu'un site alternatif lui sera proposé à St. Félix pour un développement hôtelier. Mais, le 28 avril suivant, la société Nubheebuccus reçut une autre lettre du ministère du Tourisme annonçant cette fois que, "l'offre pour un site alternatif pour le développement d'un hôtel à St. Félix n'était plus valide".

Le groupe Naïade manifeste aussi son intérêt

Deux documents, en fait, deux correspondances adressées au ministre du Tourisme, M. Nadcoomar Bodha, respectivement le 7 mai 2001 et le 22 juin 2001, confirme que le groupe hôtelier Naïade Resorts, dont le Managing Director est M. Patrice Hardy, avait des visées sur l'île aux Bénitiers. Dans la première correspondance, M. Patrice Hardy se réfère "à notre conversation téléphonique de vendredi dernier" et dit souhaiter confirmer que Naïade Resorts "va soumettre à votre ministère, à votre demande, un projet touristique pour le développement de l'île-aux -Bénitiers sur la côte ouest de Maurice". M. Hardy promet dans sa correspondance que le dit projet sera soumis d'ici la fin du mois de mai 2001 et donne l'assurance que le projet comportera aussi un aspect environnemental et communautaire. Il termine en remerciant le ministre Bodha et ces collègues "pour avoir donné l'occasion à Naïade Resorts de présenter un tel projet et dit espérer que celui-ci sera sélectionné".

La deuxième correspondance adressée au ministre Bodha et toujours signée de M. Patrice Hardy, en date du 22 juin 2001, débute en faisant référence "à nos diverses réunions qui ont fait suite à la décision du Conseil des ministres, le vendredi 13 avril dernier, de ne pas émettre de licence EIA pour notre projet "Follies" sur l'île aux Deux Cocos". "Vous m'aviez informé qu'un comité comprenant vous-même, vos collègues, le ministre des Terres et le ministre de l'Environnement avait été mis sur pied par le Conseil des ministres ce même jour pour trouver une solution à ce problème. De mon côté, je vous ai fait part de notre position à ce sujet, à savoir, que nous avions un projet 6 étoiles de 72 suites prêt à être construit sur une île et nous avons discuté de la possibilité de bouger ce projet sur l'île aux Bénitiers. Peu de temps après, vous m'avez rappelé après le Conseil des ministres du vendredi 4 mai, pour m'informer que le Conseil demandait formellement à notre société de présenter un projet de développement pour l'île aux Bénitiers. Ce projet devait nécessairement comprendre trois volets, à savoir (i) un développement hôtelier et touristique (ii) un volet communautaire et (iii) un volet environnemental. J'ai aujourd'hui le plaisir de vous faire parvenir un dossier concernant ce projet. Je sollicite par la même occasion un rendez-vous; mon assistante de direction rappellera votre secrétaire dans ce sens dès aujourd'hui pour le dit projet. Enfin, je vous rappelle que pour faire suite à votre question lors de notre rencontre du 24 mai dernier, notre société n'aurait pas d'inconvénient à faire participer les actuels propriétaires du bail dans ce projet. Nous pensons que le gouvernement pourrait avoir un rôle de facilitateur à ce sujet", écrivit M. Patrice Hardy.

Interrogé quant à l'intérêt que son groupe avait manifesté pour l'île aux Bénitiers, M. Patrice Hardy, par l'intermédiaire de son responsable de relations publiques, M. Richard Ramasawmy, a affirmé "avoir tout fait dans la transparence". "C'est vrai, a -t-il déclaré, que Naïade Resorts avait un projet sur cette île, mais ce projet n'était nullement une contrepartie à la non-approbation par le gouvernement du projet Folies sur l'île aux Deux Cocos".

Le Managing director de Naïade Resorts affirme également avoir eu des pourparlers avec Mme. Myriam Maudarbocus afin de dégager avec SNLC un accord pour exploiter ensemble le potentiel de l'île aux Bénitiers, mais celle-ci a ensuite fait savoir qu'un tel arrangement l'a mettrait mal à l'aise parce qu'elle avait déjà donné sa parole au groupe FAil de Michel de Spéville. (Ndlr; Mme Maudarbocus a reconnu que les choses s'étaient ainsi déroulé, mais elle trouve troublante le fait que le ministre du tourisme ait pu demander (requested) le Managing director de Naïade Resorts le 4 mai 2001 de soumettre un projet touristiques pour le développement de l'île aux Bénitiers, projet qui a été effectivement déposé le 22 juin de la même année, alors que le gouvernement était au courant depuis décembre 2000 que les propriétaires du bail sur l'île, SNCL et le groupe FAIL) avaient un projet semblable et que des discussions officielles avaient lieu autour de ce projet.

L'explication de l'ancien ministre Bodha

L'ancien ministre du Tourisme du gouvernement sortant MSM-MMM-Pmsd, M. Nando Bodha, interrogé par Week-End, a soutenu qu'entre 2001 et cette année, l'ancien gouvernement a été en présence de plusieurs projets hôteliers et touristiques dont au moins trois concernaient uniquement l'île aux Bénitiers. Selon l'ancien ministre, le gouvernement a fait appeler tous ceux qui ont présenté ces projets pour les écouter. C'est ainsi qu'un comité dirigé le Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth et ensuite par son successeur, M. Paul Bérenger, a été mis sur pied incluant d'autres ministres et des techniciens examiner chaque projet et faire des recommandations. Parmi se trouvaient celui de SNLC-FAIL Group, mais également celui du groupe Naïade. M. Bodha a nié qu'il y ait eu quelque contre-partie proposée à Naïade pour la non-approbation du projet "Follies" d'autant que la preuve est que Naïade n'est pas allé de l'avant avec son projet sur l'île aux Bénitiers.

Pour l'ancien ministre, c'est clair que la société Nubheebuccus ne détenait qu'un bail agricole sur cette île et qu'elle était en train de faire de la spéculation pour essayer de transformer ce bail agricole en bail industriel. Alors que Mme. Myriam Maudarbocus c'est SNCL et Fail Group qui avaient dés le départ proposé un développement en trois phases avec une partie réservée au public, l'ancien ministre Bodha soutient lui que c'est le gouvernement qui les a contraints de permettre l'accès au public à toute l'île après qu'un Master Plan eut été dresser par le ministère pour tout le secteur touristique. Selon M. Bodha, les promoteurs s'étaient opposés à ce que les membres du public puissent accéder à la partie de l'île aux Bénitiers où il était prévu de construire un hôtel 5 étoiles et des bungalows pied dans l'eau. Toujours selon M. Bodha, un des promoteurs avaient répliqué à ce sujet lors des discussions "qu'il ne serait pas possible pour un touriste qui aurait payé très cher un bungalow pied dans l'eau de tolérer qu'une autre personne vienne s'y installer devant". Or, M. Bodha affirme que le gouvernement ne peut pas, constitutionnellement, empêcher à un citoyen de circuler là où il veut dans son propre pays. Toujours selon M. Bodha, c'est en tenant compte de tous ces problèmes que l'ancien gouvernement avait, finalement, décidé de résilier le bail des Nabheebaccus pour transformer l'île aux Bénitiers en un One Day Recreational Center, c'est-à-dire de l'ouvrir au public pour des sorties durant une journée.


Le projet hôtelier gelé
Le groupe FAIL s'étant retiré en raison des difficultés que faisait le gouvernement, mais également après avoir accepté une offre alternative que lui avait fait le même gouvernement à St. Félix, la Société Nubheebuccus a décidé, maintenant, de geler son projet de développement hôtelier sur l'île aux Bénitiers.
Le projet prévoyait la construction de 97 villas disposées en forme de croissants et situées à dix mètres face à la plage sur les parties ouest, nord et nord-est de l'île. Un restaurant principal doté d'un bar et d'une piscine devait se trouver sur la plage ouest bénéficiant ainsi des couchées de soleil magnifiques. Un deuxième restaurant qui devait s'appeler "Asian Japaneese Fusion" devait se situer, lui, dans un jardin de style japonais aménagé entre les villas des invités. La partie est de l'île devait abriter un Spa, une salle de gym qui aurait profiter de la vue sur le lagon qui fait face aux montagnes de la Rivière Noire. Au milieu de l'île devaient être aménagés des courts de tennis, une salle de Sqash et des activités de loisirs pour les enfants. Le centre de l'île devait aussi réserver de la place pour une pépinière.
Touours selon le plan de développement, les autres facilités offertes incluaient le village du personnel de l'île qui devait être construite comme un village Mauricien type. Ce village, doté de tous les services, y compris un centre de santé et d'un petit restaurant mauricien devait lui faire face à la montagne du Morne. Ce village, qui devait être accessible tant aux résidents de l'hôtel qu'au membre du public venus en pique-nique pour une journée devait aussi avoir un petit marché de produits artisanaux, des toilettes et des coins pour barbecues.
Selon Mme Myriam Maudarbocus, le projet hôtelier auquel l'ancien gouvernement a fait obstacle aurait lui permis au public d'apporter ses propres grillades sur l'île et de les préparer eux-mêmes. Toujours selon Mme Maudarbocus, cette disposition aurait mis un terme à des pratiques qui avaient cours bien avant que l'ancien gouvernement ne résilié le bail de SNLC et qui autorisent des organisateurs professionnels de pique-nique opérant à leurs propres comptes ou, sous couvert, pour le compte de certains hôtels de la région de réclamer des sommes exorbitantes, soient jusqu'à 800 roupies par personne pour le transport et des barbecues sur l'île.

Le Week End 9 octobre 2005