Vallée de Ferney: Le Front Commun rappelle Ramgoolam à ses promesses


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Au cours de la récente campagne électorale, Navin Ramgoolam avait déclaré publiquement son intention de sauver la Vallée de Ferney en mettant un frein au projet d'autoroute du sud-est s'il était élu Premier ministre. Ceci étant fait, le Front Commun pour sauver la Vallée de Ferney, qui regroupe Nature Watch, Eco Sud et la Mahebourg Citizens Welfare Organisation (MCWO), le rappelle aujourd'hui à cette promesse à travers une lettre et un dossier qui ont été déposés à son bureau vendredi dernier. "S'il y a des erreurs à racheter, c'est le moment ou jamais", déclare le président de Nature Watch, Alvin Brigemohun, par rapport à ce projet qui fut, à l'origine, l'oeuvre du précédent gouvernement travailliste.

Réunissant la presse vendredi dernier, les principaux animateurs du Front Commun, nommément Alvin Brigemohun de Nature Watch, Doris Sénèque d'Eco Sud et Georges Ah Yan de la MCWO, ont fait ressortir la poursuite de leur engagement pour la sauvegarde de la Vallée de Ferney. Outre les actions déjà entrées en Cour pour faire stopper la construction de l'autoroute du sud-est selon le tracé initial, affaires qui seront à nouveau appelées les 12 et 13 juillet prochain, le Front Commun a donc décidé de solliciter directement le nouveau Premier ministre, Navin Ramgoolam.

Dans une lettre en date du 8 juillet et signée par Alvin Brigemohun, président de NatureWatch et membre du comité de coordination du Front Commun pour la Sauvegarde de la Vallée de Ferney, le Front commence par féliciter le Premier ministre pour sa récente victoire électorale, et par lui souhaiter bonne chance pour faire face aux grands défis qui l'attendent

Parmi ces défis figure, selon le Front Commun, la nécessité de préserver "the rapidly diminishing natural heritage of our country". Une des plus importantes menaces à cet effet concernant le South Eastern Highway Project et les dangers qu'il représente pour des éléments uniques de notre faune et flore.

Le Front rappelle à cet effet la lettre envoyée le 23 février dernier au précédent Premier ministre par le Pr Achim Steiner, directeur général de la World Conservation Union (IUCN), l'organisme mondial chargé d'assurer la surveillance et le contrôle des espèces menacées à travers la planète. Le Pr Steiner y écrivait:

"Given the tiny amount of good quality tropical forest remaining on Mauritius, this development can only be viewed as catastrophic to the native biodiversity that Mauritius has provided global leadership on conserving. […] We consider that the current planned road is incompatible with the conservation values that Mauritius has been at the forefront of promoting. Mauritius has more threatened species per unit area than any country in the world, but is often cited for its many well-documented success stories. We are therefore hopeful that both the Government and the African Development Bank will take the necessary steps to rectify the errors that have led to this poorly-designed project."

Le Front Commun souligne que la réaction de Paul Bérenger à cette correspondance fut d'affirmer en public et devant la presse qu'il comptait la mettre directement à la poubelle. Cela à peine deux mois après avoir accueilli la conférence internationale des nations Unies sur le Développement Durable des Petits Etats Insulaires en Développement (SIDS).

Chiens de garde mais aussi partenaires

Le Front Commun dit, en conséquence, avoir été réconforté par la prise de position publique adoptée par Navin Ramgoolam lors d'une conférence de presse le 7 mai, exprimant sa totale opposition à ce projet d'autoroute et au désastre que cela causerait à la Vallée de Ferney. "It was truly great that you made it absolutely clear that you would be cancelling the SEHP immediately after taking power. We now hope that your decision will be implemented as soon as possible. Court proceedings to stop the project are not making any real progress and the threat is looming as large as ever over Ferney Valley", écrit le Front Commun.

Il rappelle encore que la Vallée de Ferney abrite l'une des dernières forêts indigènes de qualité de l'île, sachant qu'il ne nous reste que 1.6% de la forêt originelle de l'île, et que les derniers spécimens vivants de plusieurs spécimens en danger se trouvent dans la vallée. Au total, 116 208 plantes et arbres devront être abattus pour aménager cette autoroute.

"In the name of the environmental stewardship that has been entrusted by law to each Mauritian citizen and democratic speech, we voice our concerns in the hope that they will be listened to much better by you than by your predecessor".

Le Front conclut en disant être prêt à rencontrer le Premier ministre à n'importe quel moment pour tout complément d'unformation ou discussion sur le dossier détaillé qu'il a adjoint à sa lettre.

Interrogé sur sa réaction quant à la nomination comme ministre de l'Environnement d'Anil Baichoo, directement concerné par la conduite du dossier de l'autoroute du sud-est en tant que ministre des Infrastructures publiques sous le précédent gouvernement, Alvin Brigemohun devait déclarer en son nom personnel: "Je n'ai pas accueilli la nouvelle avec beaucoup de bonheur. C'est un peu choquant. Nous sommes également conscients qu'il s'agit au départ d'un projet du gouvernement travailliste, même si le grand fautif au niveau des lacunes enregistrées dans ce projet est le ministre de l'Agriculture, Pravind Jugnauth. Mais nous voulons dire que s'il y a des erreurs à racheter, c'est le moment ou jamais".

Georges Ah Yan, Doris Sénèque et Alvin Brigemohun ont ainsi tenu à souligner qu'ils ne sont pas contre le projet d'autoroute en soi, qui est nécessaire, mais en faveur de son réalignement selon un tracé qui n'affecterait pas la Vallée de Ferney. "Au-delà de ce seul projet, nous voulons agir aussi bien comme des partenaires que comme des chiens de garde, car c'est le progrès de notre pays que nous avons à coeur", concluent-ils.

Réponse premier-ministérielle attendue…

Le Week End 10 juillet 2005