Réinsertion des toxicomanes: L'amitié combat la drogue à l'Ile-aux-Aigrettes


Retour: Nouvelles Locales

La Communauté thérapeutique Flamboyant de Solitude, qui lutte pour la réinsertion des toxicomanes, la Mauritian Wildlife Foundation et le Groupe d'entraide de Richelieu, ont organisé une journée de l'Environnement, hier, à l'île-aux-Aigrettes. Cette activité à deux volets vise surtout à changer la perception que la société peut avoir sur les toxicomanes. " Nous voulions à travers cette rencontre que les jeunes aient un autre regard sur les toxicomanes. Cela permet aussi aux jeunes de se faire de nouveaux amis et d'être conscients des ravages de la drogue au sein de la société ", souligne Lindsay Aza, animateur au centre de Solitude.

Un vent léger souffle sur cette partie de l'île. Sur le quai, des jeunes ainsi que les pensionnaires de la Communauté thérapeutique Flamboyant de Solitude, attendent impatiemment l'embarcation qui leur permettra de se rendre sur l'île-aux-Aigrettes. Pour beaucoup d'entre eux, ce genre d'activités est une grande première. Dès l'arrivée sur l'île, Lindsay Aza donne les premières consignes aux jeunes. Ces derniers se préparent, outils à la main, à déboiser une partie de l'île qui est infestée d'acacias.

Les jeunes et les pensionnaires du centre constituent deux petits groupes. Jerry et Sailesh, qui arrivent à la fin de leur temps de réinsertion sociale à Solitude, sont des habitués. Grâce à leurs concours, la petite équipe se met au travail rapidement. Les filles s'occupent à ramasser les feuilles mortes pendant que les garçons coupent les acacias et tentent d'extraire leurs racines.

Les liens se nouent avec les pensionnaires du centre. Jane, Christina et Jennifer en profitent pour leur parler et savoir pourquoi ils se sont retrouvés au centre de Solitude. " Faudré pas ki zot tous la drogue. Enn mauvais zaffer sa. Akoz sa zot riské perdi tout seki zot ena de plus cher au monde ", conseille Jerry promptement. Il explique qu'en septembre prochain, lorsqu'il terminera la première partie de sa réinsertion, il compte relancer son élevage de porcs à Albion. " Etant un drogué, je me suis fais beaucoup de mal, et j'en ai fait surtout à ceux qui m'aimaient. Désormais je ne veux plus les décevoir. Ils ont recommencé à me faire confiance et je me dois d'être à la hauteur. Enn mauvais zafer sa la drogue-la ", explique le jeune homme à des filles qui l'écoutent avec beaucoup d'attention.

Après trois heures d'activités sur le terrain, il est temps d'évaluer la journée. Sous un arbre, les jeunes du Groupe d'entraide de Richelieu partagent leurs sentiments et réflexions. Sharone, Jane, Jennifer pensent que ce genre d'activités apportent beaucoup aux adolescents. " Li dur kan bann-là raconte zot parcours. Li telman fasil jugé kan nou pas konne zot. Avant mo ti éna enn mové perception de bann drogués. Si mo pas ti vinn-là mo pas ti pou remarké ki mo dan erreur. Mo sorti ici grandi ", confie Jennifer. Pour Sharone, les écoles devraient organiser des rencontres avec les ex-toxicomanes pour que les jeunes prennent conscience de l'enfer de la drogue. Avis partagé par Jane : " Certains jeunes ne pensent pas à la gravité de leurs actes et pensent en terme de nissa. De ce fait, si un toxicomane relate sa vie ou son parcours, cela peut inciter les jeunes à mieux prendre conscience des dangers de la drogue. "

Pour Levy, " société trop gagne tendance exagéré ek surtout tir bel conclusion lors bann dimoune ki drogué. Mo irrité kan mo trouve dimoune dir ki sa problème la, pas pou li zot sa pou li sa. Faudé sa arriv zot pou ki pran conscience problème la ".

Tous ces jeunes sont d'avis que les autorités devraient fournir plus d'efforts pour aider les centres qui œuvrent pour la réinsertion des toxicomanes. " Si bann autorités ti met seryé ek encouraz travail bann Ong ki dan la lute contre la drogue, boucou pas ti pou fini mort ". Didier, pour sa part, confie au groupe qu'il s'est fait de nouveaux amis : " Mo finn faire enn quantité camarade azordi. La prochaine fois mo pou faire encore plis camarade. Zot koné azordi mo finn appran enn zafer important. Li finn dir moi ki fodé pas ki mo touss la drogue. "

Cette journée de rencontres et de partage a pris fin par la découverte de l'île, sous la houlette de Ashok Khadun, Island restoration manager.

Le Mauricien 11 aout 2004