Premières Assises du Tourisme, L'ambitieux pari: "Faire de Maurice la meilleure destination insulaire mondiale"


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Donner à l'industrie touristique locale les moyens de son ambition pour faire de Maurice la meilleure destination insulaire mondiale. Tel est le pari pris au terme des Premières Assises du Tourisme, qui se sont tenues jeudi et vendredi derniers au Centre de Conférences Swami Vivekananda, Pailles.

Une rencontre appelée pour dégager un consensus quant à la nouvelle orientation à donner à ce secteur économique appelé par les autorités à jouer un rôle moteur dans le développement national, alors que les deux autres piliers de l'économie - sucre et textile - s'essoufflent et que les nouveaux créneaux prendront du temps pour s'affirmer.

Le tourisme, l'an dernier, a rapporté au pays des revenus bruts de l'ordre de Rs 25,6 milliards. Ce secteur emploie, à ce jour, quelque 72 000 salariés (15% de la population active), avec des salaires mensuels moyens de Rs 10 000. Il a permis des investissements de Rs 11,5 milliards en quatre ans (2001/2005) et projette de nouveaux investissements de Rs 16 milliards pour les prochains trois ans. Le tourisme saura-t-il, sinon résoudre, du moins atténuer la crise qui se précise de plus en plus ?

Fort des récents résultats encourageants dans ce secteur après les dernières années de stagnation, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, semble, en tout cas, le penser. Il l'a dit à l'ouverture de la rencontre, jeudi. Désormais optimiste quant à une croissance annuelle de plus de 10%, il se dit confiant que le pays pourra atteindre, à terme, l'objectif visé de 2 millions d'arrivées annuellement.


Xavier Duval: "Nous maîtrisons mieux les attentes de tout le monde"
Lors de l'ouverture des Assises du Tourisme, le ministre de tutelle, Xavier-Luc Duval a parlé du caractère "crucial et décisif" de cette conférence, visant le partage d'idées, de connaissances et du savoir-faire… pour un meilleur partage des opportunités que Maurice devrait saisir. Lors de la clôture, vendredi dernier, il s'est déclaré satisfait et a fait ressortir que les objectifs visés ont été atteints. "Cet exercice ambitieux que nous avons entrepris pour la première fois nous aura permis pendant ces deux jours de faire une revue extensive de la situation actuelle de notre industrie. Nous avons tous appris quelque chose pendant ces 48 heures et nous maîtrisons mieux les attentes de tout le monde", a déclaré le ministre. Il a ainsi promis que des actions vont suivre les recommandations, dans la mesure du possible. Le ministre a proposé la mise sur pied d'un comité pour faire le suivi de ces Assises.
À travers cette conférence, les grandes lignes du tourisme de demain ont été établies, estime Xavier Duval. Lors de son discours, le ministre a souhaité que dorénavant le dialogue soit continuel et plus fréquent entre les différentes parties. Pour la progression du secteur touristique, les participants aux ateliers qui se sont tenus ces deux jours ont émis plusieurs propositions qui devraient, dans la mesure du possible, être pris en considération. Parmi les principales propositions formulées, le ministre a souligné la question de branding. "Il s'agit d'une affaire nationale qui requiert un effort national", a souligné XLD, ajoutant que tous les secteurs ont une part à jouer concernant l'établissement d'un branding pour Maurice.
Par rapport à la libéralisation de l'accès aérien, XLD a assuré qu'il a pris note de l'institution rapide d'une Air Access Policy Unit, soulignant qu'il veillera également qu'il y ait plus de professionnalisme au niveau des dessertes aériennes. Il a annoncé que des actions seront prises afin d'augmenter le taux d'arrivées touristiques durant la basse saison. Concernant le coût de la destination mauricienne et la perception que celle-ci devient de plus en plus chère - une des préoccupations majeures des professionnels du domaine -, Xavier Duval a indiqué que le pays mise sur le rapport qualité/prix, mais devrait faire attention à ne pas "outprice itself of the market".
Un projet social pour l'industrie touristique
Le ministre du Tourisme a aussi parlé de la sécurité des touristes à Maurice. S'appuyant sur les chiffres présentés par la police concernant les agressions sur les touristes, il a indiqué que le nombre enregistré en décembre 2005 et janvier 2006 est en baisse. Xavier Duval a fait ressortir qu'outre un inspecteur de police attaché en permanence à la Tourism Authority pour assurer la liaison avec les stations de police et les autorités concernées, le gouvernement viendra prochainement avec un projet social pour l'industrie touristique. Selon le ministre, ce projet concernera la sécurité, la santé et l'environnement. Il n'a pas manqué de faire référence au Chikungunya. Selon lui, malgré la soixantaine de cas répertoriés, la maladie reste sous contrôle à Maurice, suite aux décisions rapides et précises qui ont été prises. Le ministre a mentionné la mise sur pied d'un "Comité de crise" pour gérer la communication autour de ce genre de situation.
Pour conclure, le ministre a émis l'idée que les parties concernées de l'industrie touristique se regroupent en association pour faciliter le dialogue, et demandé une continuation de l'effort national pour insuffler une nouvelle dynamique dans le tourisme.


Recommandations annoncées par Xavier Duval
- Mise sur pied d'une "Cellule de Crise" pour une communication plus efficace.
- Instauration d'un projet de signalisation sur l'ensemble de l'île.
- Semaine du Patrimoine en août.
- Santé: Installation de caméras infrarouges à l'aéroport pour détecter les signes de fièvre chez les passagers.
- Création d'un prix du "Meilleur Vendeur" de la destination Île Maurice.
- Nouvelle structuration de l'école hôtelière.
- L'inclusion du tourisme dans le programme scolaire.


Brèves des assises
Le ministre seychellois se désiste
Si MM. Jean-Jacques Rebenirina et Mohamed Badoui, respectivement ministres malgache et comorien du Tourisme ont assisté à ces 1ères Assises du Tourisme, en revanche, leur homologue seychellois qui devait intervenir à l'ouverture de la réunion a dû se désister à la dernière minute en raison du décès de sa mère.
Vendre Maurice autrement
À l'ère de la mondialisation, il n'est plus possible de se contenter du cliché classique "sea, sun and sand" pour vendre la destination Maurice. Toutes les facettes de son identité propre doivent être promues. C'est, en substance, le message qu'a voulu transmettre à son auditoire M. Wally Olins, président de Safron Brand Consultants du Royaume Uni lors de son exposé sur le thème "Branding and Globalisation".
Des étudiants en grand nombre
Outre les nombreux professionnels du secteur, les étudiants, notamment ceux de l'École Hôtelière étaient tout aussi nombreux pour suivre le déroulement de ces assises. D'autres invités à ces assises ont profité de l'occasion de la distribution gratuite de publications et autres cartes touristiques pour constituer de la documentation pour leurs enfants. Sacré CPE va…
De l'électricité dans l'air
Des interruptions intermittentes d'électricité dans la matinée de vendredi ont beaucoup perturbé le bon déroulement des travaux des différents ateliers qui se faisaient en simultané. À un certain moment, les participants devaient , même, être invités à quitter les salles de conférences pour attendre dans l'atrium le bon rétablissement de la fourniture électrique. Il est heureux que cette mesure de sécurité n'a créé aucune panique chez les participants. Il semblerait que ce soit une vis d'origine dans l'installation de l'équipement électrique du centre de conférences qui est à l'origine de ce dysfonctionnement.


Pour atteindre l'objectif visé de 2 millions d'arrivées

Le PM appelle à une action concertée de tous les partenaires

Lors de son discours inaugural des Assises du Tourisme, jeudi, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam a appelé à un effort concerté de l'ensemble des acteurs de ce secteur économique en vue d'atteindre l'objectif visé des autorités de 2 millions d'arrivées touristiques à partir de 2015.

Dans son intervention, le chef du gouvernement, qui a pris pour référence le taux de croissance encourageant de l'ordre de 5,9% pour l'ensemble de 2005, après les dernières années de stagnation, s'est voulu optimiste quant à une croissance annuelle, dorénavant, de plus de 10%.

Faire de l'industrie touristique le principal moteur de croissance de l'économie mauricienne susceptible à la fois de créer des richesses et de générer des emplois: c'est ce à quoi ambitionne le gouvernement, a laissé entendre le Dr Ramgoolam, à un moment où les deux autres principaux piliers de l'économie - le sucre et le textile - battent de l'aile.

Dans le cadre de ce nouveau dynamisme que les autorités entendent insuffler au secteur touristique, le chef du gouvernement devait souhaiter qu'il débouche sur des prestations à valeur ajoutée et l'établissement de liens avec d'autres secteurs d'activités, en accord avec le souhait gouvernemental de "démocratiser l'économie".

Navin Ramgoolam a souhaité que le développement de l'industrie touristique "profite au plus grand nombre et pas seulement à un groupe restreint". "Ceux qui disposent des droits d'exploitation des sites les plus magnifiques du pays doivent aussi veiller au développement et à l'amélioration des régions où ils opèrent", devait-il dire.

Modernisation et consolidation des infrastructures; préservation et embellissement de l'environnement et sanctions plus sévères aux contrevenants; renforcement de la sécurité de nos visiteurs; amélioration de l'accueil à l'aéroport; meilleure utilisation des fonds additionnels à la promotion; développement de l'éco-tourisme, du tourisme médical et du tourisme culturel; amélioration de la formation du personnel; renforcement des contrôles sanitaires pour être au maximum à l'abri des épidémies: tels sont, d'autre part, les mesures à être entreprises à moyen terme, selon le Premier ministre.


M. Francesco Frangialli, secrétaire général de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT):

"Ne pas attendre la difficulté pour se remettre en question"

Adaptabilité, flexibilité, inventivité, qualité, sécurité et durabilité: tels sont, selon M. Francesco Frangialli, secrétaire général de l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) les clés du succès dans la compétition accrue qui s'annonce entre destinations.

Dans son discours à la clôture des travaux, M. Frangialli devait expliquer que les succès passés, "aussi remarquables soient-ils", ne garantissent pas nécessairement l'absence de problèmes à l'avenir. "Il ne faut pas attendre la difficulté pour se remettre en question", a, ainsi estimé le haut responsable de l'OMT.

M. Frangialli devait aussi, implicitement, mettre en garde contre une croissance "purement quantitative" condamnée, selon lui, à l'essoufflement et à la génération ,subséquente, de phénomènes de saturation des infrastructures si ce n'est de dégradation du produit. Il se dit, néanmoins, confiant en la capacité des responsables politiques et économiques de Maurice de "gérer brillamment l'avenir".

De manière plus générale, même si, selon le secrétaire général de l'OMT, il faut se méfier des moustiques "qui prolifèrent à la Réunion", ce sont "les oiseaux qui nous préoccupent". "Préparons-nous à ce qui pourrait être les conséquences sans doute dramatiques d'une mutation du virus de la grippe aviaire, le rendant transmissible à l'homme et apte à être véhiculé par lui", devait-il dire, tout en rappelant que cela n'est pas encore le cas.

Francesco Frangialli estime, néanmoins, que nous vivons "un étrange paradoxe". Il évoque, à cet effet, la "période troublée" des quatre dernières années (NDLR: notamment marquée par la guerre en Irak, les séquelles de l'attentat du 11 septembre 2001, le tsunami dévastateur en Asie du sud-est, les ravages du SRAS, et les attentats terroristes) qui, tout en illustrant la vulnérabilité du secteur touristique a démontré son élasticité.

"L'expérience acquise avec ces situations d'urgence prouve qu'après chaque difficulté, le secteur touristique est capable d'un redressement vigoureux et rapide. Je ne vois aucune raison, de penser qu'il pourrait en être autrement à l'avenir".


Patrice Hardy, président de l'AHRIM:

"La création d'emplois, plus importante contribution du tourisme"

Selon Patrice Hardy, président de l'Association des Hôteliers et Restaurateurs de l'île Maurice (AHRIM), avec les 72 100 personnes qu'elle emploie directement ou indirectement à ce jour, soit 15% de la population active, l'industrie touristique mauricienne, mieux que tous les autres secteurs économiques, offre, dans la présente conjoncture, la meilleure perspective de création d'emplois.

Lors de son intervention à la clôture des travaux, vendredi, M. Hardy a aussi révélé que le salaire mensuel moyen au sein de cette industrie s'élève à Rs 10 000. Aussi, pour le président de l'AHRIM, l'emploi "est bien la contribution la plus importante de notre industrie et va de pair avec l'amélioration du niveau et de la qualité de la vie de nos compatriotes".

Préservation de l'exode rural par le maintien des activités économiques en régions rurales; génération d'un marché supplémentaire de produits locaux; incitation à une montée en gamme de certains services; embellissement et préservation de l'environnement dans certaines régions; plus grande ouverture sur le monde: autant d'autres contributions, selon Patrice Hardy, du tourisme à la communauté.

Mais ces assises auront surtout été l'occasion d'un constat de la fragilité et de la vulnérabilité de ce secteur, a insisté le président de l'AHRIM. "Nous n'avons pas le droit, un seul instant, de prendre pour acquis ce que nous avons réalisé. Le tourisme est volatil. Le Chikungunya et d'autres épidémies sont là pour nous le rappeler".

Au-delà de ces facteurs exogènes hors de notre contrôle, M. Hardy ne devait pas manquer d'insister sur la nécessité de se prémunir contre nos propres faiblesses, le tourisme mauricien évoluant, a-t-il rappelé, "sans filet de protection". Aussi, pour lui, il y a nécessité de préserver et de consolider notre image de marque, construite ces 35 dernières années.

Appel, dans cette optique, à une "transformation profonde" des attitudes et des comportements. "Il s'agit d'une prise de conscience forte au niveau de toute la nation de l'importance de notre industrie et de son extrême fragilité", a dit le président de l'AHRIM. Il faut, selon lui, tout mettre en œuvre pour pérenniser notre culture de l'hospitalité. "L'île Maurice doit devenir ce que nous appelons de nos vœux: la Best Island Destination".

De son côté, l'AHRIM s'engage à "réinvestir" dans toute démarche visant à assurer cette pérennité de notre image. Elle s'engage aussi à parfaire la formation de tous les opérateurs du tourisme, particulièrement ceux du secteur informel - marchands de plage, organisateurs de randonnées, organisateurs de balades en mer, notamment.

D'autre part, les souhaits de l'association touchent, notamment, à la création d'un Air Access Policy Unit "neutre et professionnel", en vue d'une régularisation de la politique aérienne "dans le dialogue"; à la promotion d'une politique tarifaire "plus compétitive"; à l'élaboration d'une politique commune de marketing; à une augmentation "considérable" du budget promotionnel de l'État et à l'amélioration de sa gestion et au développement des normes de qualité et des standards de sécurité; et, finalement, à l'octroi à l'Ecole Hôtelière des moyens financiers, humains et structurels nécessaires.


Marché français

"Maurice possède tous les atouts pour répondre aux attentes du marché de demain"

Avec 220 421 arrivées en 2005, soit 28,8% du nombre total, la France, premier marché touristique émetteur de Maurice, se porte bien. Néanmoins, pour maintenir cette tendance, voire l'améliorer, la MTPA et Als & Cachou ont mis en place un nouveau concept de communication. Outre des campagnes publicitaires agressives auprès des professionnels, de la presse et du grand public, la MTPA et Als & Cachou mettront sur pied un projet événementiel à la mi-mars pour la promotion de Maurice comme destination durant la basse saison.

Lors de son intervention jeudi après-midi au cours d'un atelier de travail consacré aux opportunités de développement du marché français, Thierry Passemard, directeur général de l'agence Als & Cachou et responsable de communication de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) en France, a souligné que "Maurice est une valeur refuge pour le touriste français". Selon lui, les opportunités existent, mais il devient important d'"éviter la banalisation de la destination et d'enrichir la vision de marque de Maurice d'une dimension plus culturelle et encore plus authentique".

Pour atteindre son objectif, la stratégie mauricienne devrait être axée autour des trois valeurs fondamentales: l'exotisme, la sécurité et le rêve, que recherche le touriste français. À travers une présentation en deux parties relative au marché du tourisme en France et comment faire d'une destination une véritable marque, Thierry Passemard a souligné que "Maurice possède tous les atouts pour répondre aux attentes du marché français de demain".

Il a aussi décliné le plan de communication de la MTPA pour 2006. Ainsi, outre des campagnes publicitaires agressives auprès des professionnels, de la presse spécialisée et du grand public, le plan d'action qui a été dégagé pour 2006 comprend également un projet événementiel pour la promotion de Maurice comme destination durant la basse saison. Ce projet de grande envergure est prévu pour la mi-mars à Place Vendôme, Paris. Il s'agira d'une grande première pour la promotion de notre île, avec notamment une exposition photographique. Une rencontre entre les acteurs du tourisme mauricien, les principaux tours opérateurs et les agents de voyages, est aussi prévue. La MTPA et Als & Cachou comptent également assurer une campagne d'affichage dans Paris en simultané, alors qu'une campagne radio d'une durée de deux semaines sera lancée sur Europe 1 en avril 2006. À travers cette campagne radio, les promoteurs espèrent toucher plus de 200 000 auditeurs quotidiennement.

Lors de cet atelier de travail, le directeur de la MTPA, Karl Mootoosamy, qui agissait en tant que modérateur, a aussi fait ressortir que la formation des agents de vente est également au programme de la MTPA, ainsi que la création d'une banque de données sur les promoteurs de Maurice (notamment à travers une brochure distribuée aux touristes français). Ces initiatives visent à renforcer l'image et la présence de Maurice sur le marché français.


Pourtant deuxième marché émetteur

La Réunion: un potentiel encore sous-exploité

Quand bien même deuxième marché émetteur de l'industrie touristique mauricienne après la France métropolitaine, l'île de la Réunion, avec ses 99 036 visiteurs l'an dernier, demeure, de l'avis unanime des intervenants à l'atelier de travail de vendredi, un marché sous-exploité. Raison principale pour beaucoup: le coût jugé "trop élevé" du billet. À 274 euros, la connexion avion Réunion/Maurice est considérée "la plus chère au monde…"

Si l'on s'en tient aux chiffres et explications fournis par les uns et les autres, il en ressort que ce sont surtout les Réunionnais de souche qui s'estiment "victimes" de cette situation.

Cette catégorie de visiteurs ne représenterait qu'un peu plus de 25 000 des 99,036 touristes venant de la Réunion ayant visité l'île l'an dernier. Le gros du contingent étant constitué de Français d'origine métropolitaine résidant à l'île sœur ou de passage à la Réunion.

Selon une étude du Comité du Tourisme de la Réunion (CTR) réalisé en 2003, les attraits du shopping à Maurice demeurent, de loin, ce qui attire le plus le Réunionnais à choisir de visiter Maurice. Ce qui a fait dire à l'un des intervenants, sous la forme de la boutade, que depuis que la fièvre de Bollywood a gagné la Réunion, nombre de nos voisins se bousculent pour venir s'habiller à la Shah Rukh Khan à Maurice…

Mais de l'avis de MM. Denis Simon, représentant de la MTPA à la Réunion et Sébastien Cron, étudiant-chercheur à l'Université de Bordeaux, le réservoir de touristes choisissant de visiter la Réunion et venant essentiellement de la France métropolitaine (430 000 en 2004) est aussi largement sous-exploité.

Au-delà du coût du transport aérien, il semble, dans ce cas, que les raisons soient le manque de vols durant les périodes de haute affluence (vacances scolaires, week-ends étendus…) de même que l'inaccessibilité d'informations sur la destination Maurice dans les agences de tourisme sur place.

Non exploité à son maximum, le marché réunionnais - le seul de la région avec une clientèle potentielle disposant d'une devise forte (l'euro) - commence ainsi à être d'un certain intérêt à d'autres. Afrique du Sud, mais aussi Malaisie, Thaïlande, Inde, etc.

À ce propos, M. Simon a été on ne peut plus précis: "Il y a nécessité de proposer à la clientèle de la Réunion un package clair et suffisamment alléchant pour pas que celle-ci, à la faveur notamment de l'accroissement de son pouvoir d'achat, ne soit tentée d'aller chercher plus loin…" Nous voilà, donc, tous prévenus…


Afin d'assurer la promotion touristique de leur île

Les Rodriguais souhaitent avoir leur propre campagne publicitaire

Avec sa spécificité propre et des caractéristiques uniques dans la région, Rodrigues souhaite avoir sa propre campagne publicitaire. Cela afin d'optimiser et relancer son secteur touristique. C'est ce qui ressort de l'atelier de travail de jeudi dernier dans le cadre des Assises du Tourisme, sur le thème "Plan de Relance". Les intervenants lors de cet exercice ont mis l'accent sur les gros efforts qui devraient être entrepris pour la promotion de l'île.

"Dans les campagnes publicitaires, Rodrigues est souvent oubliée sinon considérée comme faisant partie de Maurice et pas comme une île en soi", constatent les Rodriguais. Ils estiment que malgré les frais élevés que cela devrait encourir, il est important que Rodrigues bénéficie de sa propre campagne publicitaire. Car avec son artisanat, son paysage particulier et ses loisirs, la petite île possède des caractéristiques uniques dans la région. À travers des campagnes publicitaires typiques, ces caractéristiques doivent être mises en valeur pour une meilleure promotion de l'île auprès des touristes.

Conscients des gros efforts qui devraient être entrepris pour promouvoir Rodrigues, les intervenants ont établi une liste de propositions, dont la révision du prix des billets d'avion, un meilleur partenariat avec la MTPA et l'accent sur les produits duty free.

Le Chef commissaire de Rodrigues, Serge Clair, a souligné "la volonté des Rodriguais de développer l'agriculture, l'élevage, la pêche, l'école hôtelière et les PME". Il a également mentionné que "les gîtes et chambres d'hôte devront être davantage aux normes", afin de faire progresser le tourisme à Rodrigues.

Outre une promotion plus agressive sur la Réunion et Maurice, les Rodriguais comptent aussi sur une plus grande participation aux salons internationaux, avec l'accent sur la spécificité de l'île visant à l'épanouissement touristique de Rodrigues.

Le Week End 12 fevrier 2006