Santé publique et Chikungunya: Vigilance malgré la tendance à la baisse des cas


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Les autorités médicales, qui avaient exprimé des appréhensions suite aux récentes pluies accompagnant le passage de la tempête tropicale Diwa, affichent une certaine sérénité en cette fin de semaine. Deux raisons sont avancées: d'abord les observations du directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Dr Lee Jong-Wook, sur l'état de la situation sur le terrain et ensuite la tendance à la baisse du nombre de nouveau cas de chikungunya enregistrés au cours de ces derniers jours.

" La situation est sous contrôle et le plus dur est derrière nous. Mais il n'est pas question de relâcher les efforts consentis pour lutter contre le chikungunya. La vigilance est de mise car l'objectif déclaré du gouvernement est l'éradication de ce virus à Maurice avant la fin de la saison pluviale ", souligne-t-on du côté du ministère de la Santé. À la fin de la semaine, les derniers chiffres n'étaient pas disponibles même si en début de semaine, le nombre de cas était de quelque 1 500.

D'autre part, pour ce qui est du cas de Sanjeet Emrith, porteur du virus du chikungunya et qui est décédé d'une méningo-encéphalite, le ministère de la Santé attend encore les analyses des prélèvements et d'une partie du cerveau de la victime. Cette analyse de confirmation a été confiée à un laboratoire en Suisse. Les contacts établis en fin de semaine indiquent que l'exercice de Tissue Culture des prélèvements en laboratoire est toujours en cours.


Campagne de nettoyage

Les compagnies privés se mobilisent

Plusieurs compagnies ont pris les devants face au chikungunya, afin d'apporter leur contribution, que ce soit au niveau de la communauté ou sur le lieu même du travail. La société Gamma a commencé hier une opération de nettoyage à Albion, alors que le groupe Taylor Smith a débuté un travail de sensibilisation au niveau de ses employés. Du côté de la municipalité de Quatre-Bornes, plusieurs mesures préventives ont été adoptées.

Si Diwa était venu jouer au trouble-fête la semaine dernière, l'opération de grand nettoyage organisée par la compagnie Gamma a commencé hier dans la région d'Albion et continuera aujourd'hui. Une centaine d'employés de la compagnie sont sur le terrain pour cette opération, travaillent jusqu'à 17 h. Les détritus seront ensuite acheminés vers le dépotoir de SODIA. Différentes parties d'Albion sont touchées par ce grand nettoyage: Camp créole, Canot, Morcellement Raffray, etc. Le travail s'effectue, entre autres, avec la collaboration des Forces Vives, du Village Council et des habitants. "En tant qu'entreprise citoyenne responsable, nous voulons ainsi participer pleinement à l'effort de solidarité et de mobilisation nationale contre le chikungunya, car cela nous concerne tous", a expliqué Tommy Ah Teck, Managing Director de Gamma.

Du côté de la municipalité de Quatre-Bornes, une vaste campagne de ramassage d'ordures métalliques, de pneus usagés et d'autres objets encombrants a débuté depuis fin 2005. Quant aux 400 terrains vagues répertoriés, qui constituent des gîtes potentiels pour les moustiques, le Conseil a lancé un appel demandant aux propriétaires de les nettoyer et les clôturer. Sur 297 notices, 205 ont répondu positivement. Parmi les mesures préventives adoptées contre le chikungunya, figure la mise sur pied d'une cellule de crise, qui procède à la vérification quotidienne des travaux effectués, tels que le nettoyage des terrains vagues, le fogging, le larviciding et autre nettoyage de drains.

Chez Taylor Smith, c'est une véritable opération de sensibilisation qui a débuté, d'une part pour conscientiser les employés, mais également pour les protéger sur leur lieu de travail. Mme Heba Capdevila-Jangeerkhan, directrice de communication de la compagnie, a expliqué que c'est la manière de cette société d'apporter sa contribution à ce qui se fait déjà sur le plan social, et que tout un chacun a cette responsabilité envers le pays. "En sensibilisant nos employés, qui iront à leur tour sensibiliser leurs familles, c'est beaucoup de personnes que nous ciblons", a précisé cette dernière. Outre les campagnes de sensibilisation au bureau, qui se font à travers diverses présentations, assurées par un personnel formé, des diffuseurs de produits anti-moustiques ont été installés partout dans les bureaux, pour protéger les employés sur leur lieu de travail.

Taylor Smith a aussi fait l'acquisition d'une fogging machine, qui sera utilisée à tour de rôle dans les compagnies qui constituent le groupe. Quant aux membres du personnel qui sont le plus exposés aux moustiques, à savoir les jardiniers, la compagnie leur offre gratuitement des produits répulsifs.


Santé

Combattre les moustiques, une question de vie ou de mort

Les autorités et la population mauricienne peuvent, plus ou moins, être relativement soulagées: selon le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (l'O.m.s), le Dr Lee Jong-Wooh, la propagation du Chikungunya n'a pas atteint une proportion telle à Maurice au point où l'on puisse parler ici d'épidémie. Dans le contexte de la guerre économique sans merci que se livrent les pays du globe pour leur survie, la déclaration du no.1 de l'O.m.s ne peut qu'envoyer un bon message au monde entier sur l'état sanitaire de notre pays en rassurant les touristes que l'île Maurice est une destination, pour le moment, sans danger.

Toutefois, et cela semble avoir été maintenant compris par nos dirigeants, mais reste encore à être bien comprise par l'ensemble de population, la garde ne doit pas être baissée pour autant. L'île Maurice fait, hélas, partie de ces pays, qui de par leurs situations géographiques tropicales, doivent mener sans arrêt la guerre aux moustiques. Particulièrement ceux vecteurs de malaria et autres formes de paludisme. La décision du Conseil des ministres, jeudi dernier, d'importer à travers la State Trading Corporation, 5000 litres d'huile de citronnelle et 1000 litres d'huile de Neem de l'Inde va dans le bon sens en ce qu'elle vient s'ajouter aux autres méthodes de combats modernes déjà utilisés contre ces bestioles (diffuseurs, serpentins et crèmes entre autres). Il n'en demeure, pour autant, pas moins vrai que les citoyens de la République de Maurice devront, dorénavant - en plus des cyclones - réapprendre à vivre avec un fléau qui pourrait se manifester chaque année en périodes de grosses pluies. C'est tout un mode de vie qu'il faudra changer, y compris sur la façon de construire les maisons.

Les leçons de l'Histoire

L'Histoire est effectivement là pour nous enseigner que, pour s'être contenté de mesures de précautions limitées - parfois avec la bénédiction complice des scientifiques pourtant avertis eux-mêmes - notre pays a, dans le passé, payé chèrement en terme de vies humaines. Il s'agit, dès lors, de ne pas trop se contenter de satisfecit des experts, fussent-ils de l'O.m.s.

Un de nos confrères rappelait, avec raison, récemment, que le jeune ministre de la Santé, M. Satish Faugoo, aurait intérêt à lire le magnifique ouvrage rédigé en 1918 par Daniel Elie Anderson, intitulé "The Epidemics of Mauritius" afin de bien saisir les causes historiques des maladies paludiques à Maurice. Il faut souscrire à cet appel à la lecture et également l'étendre à tous les décideurs de notre société y compris les responsables de nos collectivités locales et de nos organisations non-gouvernementales.

En fait, Week-End souhaiterait, lui, que tout un chacun prenne connaissance de deux autres ouvrages tout aussi éclairants dans le domaine de la prévention sanitaire. Ces ouvrages, disponibles aux Archives nationales, sont respectivement

"1819,1854,1856, Épidémies de choléra et conflit médical Anglo-Français au sujet de la contagion", publié par Me. Raymond d'Unienville, le 21 octobre 2000 sous l'égide de la Société de l'Histoire de l'île Maurice et, surtout, le "Report on the prevention of Malaria in Mauritius" par Ronald Ross (publié en 1908).

Ces œuvres, fruits de soigneuses recherches patiemment compilées et imprimées ont certes pour but de transmettre la connaissance de faits historiques, mais elles sont là surtout pour servir de mise en garde aux générations futures. On y retrouve deux constantes: la négligence de certains hommes dits "professionnels" et l'incapacité des décideurs, en plus haut lieu, à mettre en place des systèmes d'élimination de foyers d'infection afin de prémunir la population contre les dangers de maladies. Raymond d'Unienville se fait un devoir de rappeler que, à l'occasion du choléra de 1856, une commission d'enquête présidée par l'honorable Henry Koenig blâma les "officiels", à commencer par le Secrétaire Colonial Dowland, pour le manque de rigueur avec lequel les lois de la quarantaine avaient été appliquées. En raison d'une bataille de clochers entre ceux qui croyaient que le choléra était une maladie contagieuse et d'autres non, les épidémies de choléra de 1819,1854 et 1856 firent des dizaines de milliers de morts, dont parmi, le premier maire de Port-Louis, Louis Léchelle.

Ce que Ronald Ross apprit du paysan malgache

Le docteur britannique Ronald Ross, Prix Nobel en 1902 et dont les recherches sur la transmission du paludisme par les moustiques permirent de trouver le remède médical à la malaria, vint à Maurice et fit un rapport sur les mesures à appliquer pour vaincre cette maladie. Un passage du rapport de Ross (page 180) est particulièrement intéressant et mérite d'être reproduit: "Dr. Keisler, Major Fowler and I made a careful search for Anopheline larvae, and found that the principal breeding-places are uncanalised lengths of the three streams: the Pouce, La Paix and Trichinopoli, which traverse the town proper". À l'époque, la population portlouisienne était la plus effectée par la maladie paludique, mais, en réalité, tout le pays entier était menacé. Mais Ronald Ross avait foi en la capacité de l'île Maurice de pouvoir devenir un health- sanatorium tout comme l'Angleterre et le Panama où la malaria avait été totalement éliminée. Entre autres mesures plus immédiates, il recommanda le drainage complet de l'île, la reforestation du plateau - central, le nettoyage des bords des rivières, la délocalisation des camps et des villages du voisinage des rivières et des marécages, le nettoyage minutieux des villes et des villages, l'installation de moustiquaires autour de chaque lit dans les foyers, la fixation de filets en fer (wire-nets) aux portes et fenêtres, la mise à feu continue, à la tombée de la nuit, des bois et sous- bois se trouvant à proximité des habitations de façon à causer autant de fumée que possible afin d'exterminer les moustiques, l'abattage de tous les arbres susceptibles de retenir de l'eau, l'aspersion des bords de rivières avec du pétrole pour tuer les larves et l'administration de quinine à chaque citoyen.

Un autre passage du livre de Ross raconte comment nos ancêtres les Malgaches venus de force dans l'île éloignaient les moustiques par des moyens de fumigation simple sans attendre les bras croisés que quelques autorités débarquent avec des Fogging Machines. "The conical hut with an opening at the apex, and a fire of green sticks and leaves on the centre of the floor, is not an absolute necessity where these diptera do not exist. But the Malagasy cooks his food and sleeps in that smoky hut (as I saw him do in 1889 in Madagascar, the Comoro Islands and Mauritius) in ordre that he may not be bitten by the mosquitoes. Even though their eyes have to suffer, men, women and children all crowd under the smoky tent as soon as the sun sets, and rarely come out before dawn. I have myself whilst in the Riviera, and even in Paris, secured a few hours'sleep in the summer by lighting on either side of my bed a special preparation of charcoal, wood-dust and gunpowder, which produced a quantity of smoke sufficient to dull the mosquitoes and yet not dense enough to convenience the sleeper; on other occasions I have used strong essence made out of aromatic herbs, with good results", écrivit Ronald Ross. Et ce scientifique appliqua les mêmes méthodes pour vaincre le Dengue, maladie qui, par coïncidence, refaisait aussi son apparition dans les pays de l'océan Indien.

L'appel de Robert Edward Hart

Il est bien entendu que nous ne suggérons pas qu'on revienne aux méthodes des fois primitives de nos ancêtres les Malgaches, mais, les écrits de Ronald Ross nous indiquent qu'il faudrait, peut-être, au moins, revoir la conception de nos maisons. L'installation de moustiquaires en forme de rideau de fils de fer resserrés aux portes et fenêtres permettant à celles-ci de rester ouvertes le soir en tant de grande chaleur afin de faciliter la ventilation est, on en conviendra, pas une si mauvaise idée. Mais, Ronald Ross alla même plus loin en faisant ressortir que "des maladies sévères requièrent des mesures sévères et, si nécessaire, une dette nationale ou coloniale doit être encourue quitte à être récupérée ensuite par le biais d'une taxe additionnelle durant les années prospères".

Pour être honnête, il faut reconnaître qu'actuellement l'Etat Mauricien fait des efforts appréciables pour combattre le moustique vecteur du Chikungunya. Mais, il faut que chaque citoyen également y mette du sien. L'histoire est là pour nous rappeler que la guerre contre les moustiques est une guerre de plus de 100 ans à Maurice. À tel point que, lors d'une campagne anti-malaria en 1943, le poète national Robert Edward Hart, en fit "une question de vie ou de mort".

"C'est là une entreprise de haute civilisation, de vrai patriotisme et d'urgente philanthropie, une entreprise à laquelle chaque Mauricien, quel qu'il soit, doit contribuer de tout son pouvoir. Car il n'est pas d'ennemi plus redoutable que le minuscule moustique, et si on savait combien de peuples il a décimés, combien de terres il a rendues inhabitables, on apprendrait utilement à le voir tel qu'il est et à lui déclarer une guerre à mort", affirma Robert Edward Hart.


Il existerait douze types de moustiques à l'île Maurice
Selon un inventaire réalisé au siècle dernier, il existait à l'île Maurice pas moins de onze espèces de moustiques. Le redoutable Aedes Albopictus, moustique vecteur du chikungunya, introduit dans l'océan Indien depuis l'année dernière, en serait donc un douzième. L'Aedes Albopictus et l'anophèle, vecteur de la malaria (plus ou moins éradiquée), sont les deux types qui auront fait le plus de dégâts.
À partir de l'inventaire fait au siècle dernier par M. d'Emmerez de Charmoy et M. Daruty de Grandpré, les espèces de moustiques qu'on retrouve à Maurice seraient les suivants:
Très commun, le Stegomyia notrcripta est un moustique qui préfère l'ombre des bois. Il pique généralement le jour et prolifère dans les tubes, les boites de conserve vides, les gouttières, les trous d'arbres et des roches. Il fut découvert dans le pays en 1805.
Le Stegommyia fasciata vit surtout au bord de la mer et est plus rare à l'intérieur du pays.
Le Culex fatigans, trouvé par l'entomolgue Wiedmann en 1828, vit dans toutes les parties du pays.
Le Culex tigripes, découvert par D'Emmerez et Daruty en 1900, est une des espèces les plus communes à Maurice. Ce moustique, parmi les plus gros, ne pique pas fréquemment l'homme et ses larves se dévorent entre elles.
Le Culex annulioris, étudié par Theobald en 1901, est très rare et, à l'époque, un seul spécimen avait été découvert par un colonel britannique dénommé Peterkin.
En 1902, le major Fowler fit la découverte d'un autre type, le Nyssorhynchus maculipalpis, dans le bassin de Trou Fanfaron, à Port-Louis. D'autres spécimens de ce moustique rare à Maurice furent aussi capturés des années plus tard à Clairfond.
Le Culex arboricolis, découvert par d'Emmerez de Charmoy en 1908 dans des trous d'arbres à Vacoas, est lui aussi très rare.
La même année, le major Fowler identifia deux autres espèces à Trou Fanfaron qui furent baptisées respectivement Culex ronaldi et Culex fowleri. Ce sont des espèces rares.
L'anophèle, le Pyretophorus costalis (identifié par Loew en 1866), est un type de moustique très répandu dans l'ouest de l'Afrique. Il avait été le principal vecteur de la malaria à Maurice. À l'époque où l'étude avait été menée par une équipe de chercheurs, l'anophèle proliférait particulièrement dans les régions côtières, mais également à l'intérieur du pays. Des chercheurs en avaient trouvé en grande quantité dans des régions marécageuses de Clairfond, à Vavoas, (soit à quelque 1 350 pieds au-dessus du niveau de la mer). Ces moustiques furent d'ailleurs à l'origine d'une épidémie dans cette région vacoassienne. Quelques larves furent aussi recueillies à Curepipe. Sur 73 larves examinées, 10 à 13,7% se révélèrent effectivement infectées par la malaria. L'anophèle prolifère principalement dans de l'eau stagnante dans des bassins ou coulant lentement entre les hautes herbes. On en trouvait également sous des varangues, dans des maisons sombres et les terrains vagues.
Un autre type de moustique, le Myzorhynchus mauritianus, fut découvert par d'Emmerez de Charmoy et Daruty au début de l'année 1900. Ce type est très répandu dans le pays, particulièrement sur le haut-plateau de Curepipe. Au moment de leur découverte, les deux entomologues ne purent pas affirmer avec certitude que ce moustique ne transmettait pas la malaria. Toujours est-t-il que sur 54 spécimens soumis à un examen poussé, seulement un contenait des zygotes, mais des expériences furent faites sur des patients souffrant déjà de malaria et elles ne furent pas concluantes.


Efforts de solidarité

Chikungunya: La MCB se jette dans la lutte

Indépendamment des efforts déployés par le gouvernement pour éliminer les risques de propagation du virus du chikungunya dans l'île, des initiatives et des efforts sont constatés venant de groupes du secteur privé et des forces vives. Ainsi, au cours de la semaine écoulée, la Mauritius Commercial Bank (MCB) a pris la décision de participer à l'effort de solidarité nationale dans la lutte pour éradiquer le chikungunya. Sur le plan national, la MCB a alloué une somme de Rs 3 millions en guise de contribution à la campagne. Cette annonce a été faite, jeudi, par Thérèse Pilot, Head of Communication and Public Relations de la MCB.

Des consultations sont à prévoir entre la MCB et le ministère de la Santé en vue de définir les modalités de cette participation sur le plan national. En attendant de franchir cette étape, la MCB s'est engagée dans une série d'initiatives sur le terrain avec la commande d'une importante quantité de vaporisateurs (Fogging Machines) à être distribués aux municipalités, conseils de districts et à la Rodrigues Regional Assembly en vue d'insuffler un nouvel élan à la campagne de démoustication. La distribution de ces équipements sera accompagnée de produits de démoustication.

D'autre part, le programme de la MCB s'occupera des groupes qui sont considérés comme étant les plus vulnérables, avec une attention particulière aux orphelinats, " Homes " et hospices pour les personnes âgées de même que pour des écoles. Maddy Enouf, responsable de l'Education Scheme de la MCB, a annoncé une distribution de produits anti-moustiques dans les 12 écoles maternelles de Roche-Bois, de Nicolay Government School école ZEP sous ce projet de même que l'école primaire de Camp Levieux. Suite à une demande des responsables de Terre de Paix, la MCB a apporté sa contribution à la lutte contre le chikungunya. Ainsi, plus de 800 sticks et 800 tubes de crème ont été remis aux parents des enfants.

"Notre opération auprès des 12 écoles maternelles de Riche-Bois dans le sillage de la lutte contre le virus du chikungunya entre logiquement dans le cadre de notre plan - Ensemble construisons ton avenir - qui est un des grands axes du MCB Education Centre ", a soutenu Maddy Enouf. Rappelons que le MCB Education Centre touche une trentaine d'écoles maternelles, une vingtaine d'écoles primaires à Port-Louis et ses faubourgs, de même que Pointe-aux-Sables, Petite-Rivière, Bambous, camp-Levieux et des régions entre Tamarin et Baie-du-Cap.

De leur côté, Alain Law Min, Chief Manager, et Marc Desmarais, Head of Human Resources à la MCB ont fait état des mesures prises pour lutter contre le chikungunya à la banque. Ils ont parlé de travaux en cours pour l'installation de diffuseurs de produits anti-moustiques pour protéger les membres du personnel et les clients et de la distribution de dépliants d'explication et de prévention.

Par ailleurs, les établissements du Sud-Ouest de l'île, notamment l'Indian Resort, Berjaya, Les Pavillons, Paradis/Dinarobin, se sont associés avec le conseil de district de Rivière-Noire, le ministère de la Santé et les habitants des villages concernés pour mener l'Opération Chikuniator sur le terrain depuis jeudi dernier. L'opération, qui comprend une étape de déblayage et de nettoyage et une de Spraying/Fogging, touchera les villages de Le Morne, Cotteau Raffin, La Gaulette, Case Noyale, Chamarel et Petite Rivière Noire.

Un programme de travail détaillé au niveau de chaque village a été établi et l'Opération Chikuniator, sponsorisé par la Fondation Espoir et Développement (FED) du groupe Beachcomber, devra prendre mercredi prochain. Chaque établissement hôtelier contribue en main-d'œuvre et en équipements pour la démoustication de cette importante zone touristique.

D'autre part, les forces vives de Flic-en-Flac et d'Albion, bénéficiant de soutien logistique des opérateurs économiques de la région, notamment l'hôtel La-Pirogue, la sucrerie de Médine, Securiclean, Top-Turf et le groupe Gamma Civic poursuivent le travail de déblayage et de démoustication après les grosses pluies de Diwa.


Visite du directeur général de l'OMS

Le Dr Lee Jong-Wook: "Le Chikungunya n'est pas une réelle menace"

Face au Chikungunya, le directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) demande d'être moins alarmiste, et de se méfier plutôt de la grippe aviaire, qui représente un réel danger de mort: "Le Chikungunya n'est pas une réelle menace". Néanmoins, le Dr Lee Jong-Wook a suggéré, tout comme l'ont fait les experts de l'OMS précédemment, que chaque Mauricien apporte sa contribution personnelle pour éradiquer la maladie. Les maladies chroniques, dont souffre une grande partie de la population mauricienne, et qui constituent un taux de mortalité assez conséquent, ont aussi été sévèrement critiquées par le Dr Lee Jong-Wook.

Si comme l'a fait ressortir Satish Faugoo, la visite du Dr Lee Jong-Wook s'instaure dans le cadre du lancement d'un rapport sur les maladies chroniques, le directeur général de l'OMS a surtout été mis l'accent sur le Chikungunya. Il a expliqué que maintenant que tout le monde sait ce qu'est la maladie, comment elle se transmet et comment s'en protéger, le gros travail demeure l'effort individuel de chacun. "Le gouvernement a mis en place les dispositions nécessaires, les experts de l'OMS ont également étudié la situation. Chaque individu doit maintenant faire ce qu'il faut", a-t-il précisé.

Concernant la grippe aviaire, le Dr Lee Jong-Wook prône la surveillance accrue. Comme il l'a souligné, bien que toutes les précautions puissent être prises, il y a certains aspects, tels que le déplacement des oiseaux, qui ne peuvent être contrôlés. De ce fait, le plus tôt la maladie est identifiée, le mieux elle pourra être surveillée. Il a aussi rappelé qu'à Maurice, ce sont les maladies chroniques, communément appelées maladies non-transmissibles, à savoir le diabète, l'hypertension ou encore le cancer, qui constituent une plus grande menace mortelle pour la population.

Ayant constaté la situation de visu, le directeur général de l'OMS a indiqué qu'il fera le nécessaire pour rétablir l'image de Maurice par rapport au Chikungunya. Selon lui, la situation ici n'est pas alarmante, contrairement à ce qu'a fait ressortir la presse étrangère.

Pierre Formenty, qui fait partie de l'équipe d'experts de l'OMS, a lui aussi expliqué qu'il n'y a pas lieu de s'alarmer face au Chikungunya. S'appuyant sur le nombre de morts à l'île de la Réunion, il a expliqué qu'on ne peut le relier à la maladie, car la plupart des victimes étaient âgées et présentaient d'autres troubles.

Le Dr Lee Jong-Wook est originaire de Séoul. Il occupe ce poste à l'OMS depuis 2003, et c'est sa première visite officielle dans la région. Pendant son séjour, le Dr Lee Jong-Wook a eu l'occasion de visiter le Centre Cardiaque de Pamplemousses, l'Institut de Santé, ainsi que d'autres hôpitaux. Le directeur général de l'OMS a également visité le sanctuaire d'oiseaux de Terre Rouge. Il a évoqué le besoin de protéger Maurice de la grippe aviaire avant que cette maladie ne devienne une pandémie.

Le Week End 12 mars 2006