Aménagement du littoral Landing ministériel à St. Félix et Bel Ombre


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C'était presque un mini cabinet ministériel qui était sur le terrain hier matin dès 9h30 pour visualiser en réel ce que proposent les plans de réaménagement pour St. Félix et Bel Ombre avec leurs sept projets d'hôtels en perspective. En effet, ils étaient neuf ministres, y compris M. Paul Bérenger, à demander et à écouter les explications des officiers responsables des autorités concernées. La visite a commencé sur le site de 21 arpents situé à Pomponnette, proposé comme plage publique dans le "Tourist and Leisure Development Plan" de St. Félix. Et là, s'il y avait à apporter la preuve sur la disparité entre un plan, tout minutieusement préparé qu'il ait été et ce que la nature propose, la tournée ministérielle a eu du bon. Cette portion de plage, magnifique et sauvage, représente tout ce que le sud du pays offre comme patrimoine paysager mais est bien loin de ce qu'on peut espérer d'une plage publique en terme d'activités de loisirs. D'ailleurs, le panneau déconseillant de nager à cet endroit et situé non loin de là est assez éloquent en soi… Et le verdict de M. Paul Bérenger va dans le même sens : "Je n'y crois pas trop, à cette première plage publique. On peut l'aménager si on veut mais quelle sera sa popularité ?" Il y a donc de l'espoir que le bon sens va prévaloir quand la décision finale sera prise en ce qui concerne cette partie du plan et que la nature suivra son cours, sans les pavages d'un aménagement quasi urbain…

Le deuxième site découvert par les ministres est celui qui accueillera un hôtel sur 17 arpents, juste avant les Villas de Pointe aux Roches. La route sera déviée dès ce point pour faire de la place aux deux projets d'hôtel prévus pour St. Félix. L'aménagement d'une deuxième plage publique figure également sur le plan. En fait, il s'agit de l'agrandissement d'une plage existante très utilisée par les habitants de la région et, selon les dernières modifications apportées au réalignement de la route en raison du coût, devrait rester comme telle. Or, s'il y a une décision qui s'est presque dégagée hier de cette visite, c'est que la déviation de la route est nécessaire à cet endroit pour faire de la place au public et pour des raisons de sécurité. C'est ce qu'a déclaré M. Bérenger à Week-End : "C'est ce qui me trouble le plus car, à l'état actuel, il est dangereux pour le public d'utiliser cette plage, avec la route au milieu de l'espace à piqueniquer. De plus, il n'y a aucune aménité. Mais cela coûtera très cher, soit Rs 30 millions de plus, pour continuer le réalignement de la route jusque-là. A moins que les considérations de sécurité pour le public pèsent lourd…" Quant au projet global de réaménagement de St. Félix, M. Bérenger concède qu'il y a des arguments pour et contre et que toute décision devra être prise en tenant compte de tous ces paramètres. Si plusieurs ministres, comme celui des Sports ou encore des droits de la Femme ou bien de la Sécurité Sociale, faisaient partie de ce "landing" hier, c'est en raison des projets annexes tels des centres communautaires pour les femmes ou des services loisirs/sports. A ce jour, il n'y a aucun obstacle pour que Bel Ombre puisse être pourvu de toutes ces aménités en même temps que la construction de cinq hôtels sur quatre sites, plus un parcours de golf. L'ancien bâtiment d'où partait le sucre vers Port-Louis pourra même être converti en un musée, a proposé M. Bérenger qui souligne que le feu vert total est déjà donné pour Bel Ombre. D'ailleurs, l'un des promoteurs a déjà soumis son projet au ministère de l'Environnement pour le permis EIA. Pour St. Félix, la topographie et le climat se prêtent moins à l'aménagement d'infrastructures sportives en plein air : un centre omnisports serait proposé. Autre suggestion émise par le ministre du Tourisme, M. Nando Bodha, pour contourner les difficultés financières pour les projets à St. Félix comme pour les Rs30 millions supplémentaires à trouver pour les travaux de réalignement de la route : faire une caisse commune des projets en chantier pour le développement social. Comme chaque promoteur doit mettre Rs25 millions dans l'escarcelle, ceux qui se posent déjà à Les Salines, à Rivière Noire, pourront être mis à contribution.

Il y a deux semaines, le centre social de Chemin Grenier vibrait de l'opposition ferme, à coups d'arguments socioécologiques, contre le développement hôtelier à St. Félix. Une manifestation est même prévue pour dimanche prochain. Il y a deux jours, le centre social de Chemin Grenier vibrait de l'adhésion énergique, à coups d'arguments socioéconomiques, en faveur du plan d'aménagement touristique de St. Félix. Tant du côté des promoteurs que des habitants de la région, on vit donc dans l'attente d'une décision ferme et finale du gouvernement. Alors que le concept de la plage sauvage revient au centre des décisions de développement de plusieurs pays qui vivent de l'économie du tourisme, Maurice sacrifiera-t-elle ses dernières plages sauvages ? Réponse dans deux semaines…

Le week end 13 juillet 2003