Les Nouvelles du 13 mars 2005

Aujourd'hui à Mahebourg: Le public invité à une marche pour sauver la Vallée de Ferney

Opération de sauvetage, mardi dernier: Les dauphins hors de danger…

Réunion de coordination sur le Tsunami à Maurice du 14 au 16 avril: Son organisation discutée dès la semaine prochaine

 


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Aujourd'hui à Mahebourg

Le public invité à une marche pour sauver la Vallée de Ferney

Il faut à tout prix que tous les Mauriciens concernés par l'enjeu national que constitue la sauvegarde de la Vallée de Ferney se fassent entendre en participant à une "marche pacifique citoyenne" qui se tiendra ce dimanche, 13 mars, à Mahebourg. C'est l'appel lancé par l'association Nature Watch, qui vient d'être rejointe dans son combat par deux autres entités, nommément la Mahebourg Citizens Welfare Organisation (MCWO) et l'association Eco-Sud. Qui militent désormais au sein d'un Front Commun pour la modification du tracé de l'autoroute du sud-est afin qu'elle évite la Vallée de Ferney, écrin d'une biodiversité unique.

Au cours d'une conférence de presse donnée jeudi dernier, Georges Ah Yan et M. Raghoo du MCWO ont fait valoir qu'il existe encore une autre route alternative possible, à côté de celle précédemment proposée par Nature Watch. Cette ancienne route aujourd'hui oubliée, sauf des anciens habitants de la localité comme M. Raghoo qui la connaissent aussi sous le nom de Chemin Français, permet de rallier Ferney à Kewal Nagar en passant par terrain plat, donc sans avoir à construire tunnel et ponts comme le prévoient les deux tracés contestés de la RDA, et en épargnant la Vallée de Ferney. Ce tracé permettrait de surcroit la reconstruction du pont de Ferney. "Depuis des années, les habitants de la région font valoir aux autorités le cauchemar que représente ce pont, qui est inondé à chaque grosse averse et qui coupe tout accès entre les villages de la côte et Mahebourg. L'autoroute, dans son tracé actuel, pénétrera dans la Vallée de Ferney avant d'atteindre le pont de Ferney, qui ne sera donc pas réhabilité", déclare Georges Ah Yan, qui s'insurge face à la non prise en considération de ce problème qui paralyse régulièrement la région depuis des années. Et face au fait que les habitants de la région n'aient jamais été consultés par rapport à ce projet d'autoroute.

Potentiel touristique de la Vallée

"L'entêtement des autorités à bâtir, à quelques centaines de mètres de l'ancienne route reliant Ferney à Kewal Nagar, une nouvelle route qui reliera exactement les mêmes points, témoigne de l'indifférence manifeste de ces autorités quant aux réalités de la région", font de leur côté ressortir Alvin Brigemohun et Yan Hookoomsing de Nature Watch. Faire passer l'autoroute sur des routes déjà existantes permettrait de transformer la Vallée en réserve naturelle et de générer ainsi des revenus touristiques durables pour les villages du sud-est, font-ils également valoir. Propos appuyés par Georges Ah Yan, qui affirme que les habitants du sud-est ont finalement pu voir à quel point le combat d'Eco-Sud pour la préservation du parc marin de Blue Bay avait porté ses fruits sur le plan économique pour les habitants de la région, en attirant de nombreux visiteurs, tant locaux qu'étrangers.

"La préservation de la biodiversité unique au monde de la Vallée de Ferney serait plus en phase avec les discours officiels sur l'écotourisme, en renforçant l'attrait touristique d'une région qui compte déjà le parc marin de Blue Bay, la réserve naturelle de l'Ile aux Aigrettes, des complexes hôteliers d'écotourisme comme Le Domaine du Chasseur et de l'Ylang Ylang, en sus de tout un parcours historique potentiel, regroupant le Musée Hollandais, le Musée de Mahebourg, les lieux du débarquement hollandais et de la bataille navale de 1810", font ressortir les membres de Nature Watch.

"La Vallée de Ferney vaut la peine qu'on se batte pour la préserver. Il ne faut pas baisser les bras. Il faut réagir maintenant. Il faut que les Mauriciens bougent et se fassent entendre", déclarent de leur côté Camille Sénèque et Valérie Orange d'Eco Sud.

Les Mauriciens sont donc invités à venir participer, ce dimanche 13 mars, à une marche qui démarrera à 9h30 près du Musée de Mahebourg pour aboutir au Mahebourg Waterfront. Une façon de dire non à la destruction de la forêt unique de la Vallée de Ferney.


Opération de sauvetage, mardi dernier

Les dauphins hors de danger…

Le Marine Conservation Management Consortium a de quoi être satisfaite. L'opération conjointe ONG-gouvernement menée Mardi dernier a permis aux dauphins, retrouvés dans la zone côtière du sud est de l'île, de regagner le large. "Ils sont hors de danger", ont fait ressortir les principaux dirigeants de cette action, vendredi lors d'un point de presse.

Cette opération s'est déroulée avec la participation des organisations non-gouvernementales, des pêcheurs de la région et les départements concernés du gouvernement, dont le ministère de l'Environnement, les Fisheries et la National Coast Guard (NCG). C'est vers 11h, mardi matin, que le plan mis en place a été lancé. Pendant près de deux heures et demi, la vingtaine de bateaux et participants sont parvenus à coordonner leurs actions pour diriger les mammifères vers la passe. "La plus grande satisfaction a été de voir les dauphins changer de comportement une fois qu'ils étaient en dehors de la passe. Il était évident qu'ils se sentaient mieux dans ces eaux. C'était très beau à voir", raconte Iain Watt, directeur du MCMC.

Jean-Michel Langlois, coordonnateur de cette opération, indique pour sa part, d'autres motifs de satisfaction. "Nous avons senti une motivation nationale pour sauver ces dauphins. Sans la participation de tous ces partenaires nous n'aurions pas pu réaliser cette opération", dit-il avant que Katherine Langlois, directrice de Forever Blue n'ajoute: "je pense que nous devrions utiliser cette synergie pour développer un programme de travail pour l'avenir. Il ne faut pas que ce partenariat soit rangé aux oubliettes."

Cependant, les ONG n'ont pu jusqu'ici confirmer aucune des hypothèses mises en avant pour expliquer les causes de la mort de ces dauphins, dont les cadavres ont été retrouvés dans le lagon et sur la plage de la zone côtière du sud-est de l'île. Toujours est-il que des prélèvements effectués sur les cadavres ont été acheminés vers un laboratoire en Angleterre en vue d'être analysés.

Le gouvernement, avons-nous appris, poursuit également son enquête pour savoir s'il y aurait eu une quelconque activité navale dans la région de l'océan indien. Les experts n'écartent pas l'hypothèse que les dauphins auraient pu être victimes du système sonar utilisé par les navires. Les premiers dauphins ont été repérés dans les parages de l'île Marianne il y a deux semaines. À part ceux qui sont décédés, une trentaine de ces mammifères marins sont restés dans le lagon de Vieux-Grand-Port et de Bois-des-Amourettes.

Le MCMC a également évoqué la possibilité de développer un programme d'information et de sensibilisation en vue de protéger les dauphins se trouvant dans différentes zones du littoral de l'île. Ils comptent ainsi se pencher sur un projet dans ce sens à l'intention du public, des tours opérateurs et autres propriétaires de bateaux. Hormis ceux cités plus haut, Christophe Naiken, président de la MSDA-Sud, Yves Robert, représentants de la MMSC, et Aurélien Nahaboo, Technical Manager à la MCMC avaient participé à cette conférence de presse.


Réunion de coordination sur le Tsunami à Maurice du 14 au 16 avril

Son organisation discutée dès la semaine prochaine

"Très excitant et très élogieux pour le pays" que Maurice ait été choisie pour accueillir la réunion de coordination sur l'introduction d'un système d'alerte contre les tsunamis du 14 au 16 avril prochain. C'est le sentiment exprimé par le Premier ministre, Paul Bérenger qui évoquait la question avec Week-End, hier et qui soulignait le fait que des pays comme l'Inde, la France, l'Australie et le Mozambique ont soutenu le choix de Maurice et que le pays est appelé à jouer un rôle clé avec l'Inde et la France dans le cadre de la réunion de ce Indian Ocean Tsunami Warning System.

Le Premier ministre a, par ailleurs, dit avoir parlé hier même avec l'ambassadeur mauricien à Paris, le Dr Dilmahomed pour discuter du niveau de représentations des délégués à cette réunion qui, à son tour, évoquera toute la question avec le directeur général adjoint qui est aussi le Executive Secretary du Indian Ocean Coordination Committee. Quoi qu'il en soit, ce sont quelque 200 délégués de 27 pays qui sont attendus à Maurice pour cette importante conférence.

Paul Bérenger a également annoncé que le gouvernement se penchera dès la semaine prochaine sur l'organisation de cette conférence qui se déroulera en pleins débats budgétaires mais que le pays saura relever ce défi aussi bien qu'il l'a fait pour la conférence des SIDS.

C'est à une réunion d'experts des 27 pays concernés par l'introduction d'un système d'alerte contre les tsunamis de l'océan indien tenue la semaine dernière à Paris sous l'égide de l'Unesco que Maurice a été choisie pour cette réunion de coordination. Le pays était représenté par son ambassadeur le Dr Dilmahomed, du directeur des services météorologiques, Sok Appadu ainsi que des officiels du ministère de l'Environnement et du Mauritius Oceanography Institute.

Il faut aussi savoir que, comme le soulignait le Mauricien jeudi, que c'est dès le 1 er avril prochain que les pays de la zone pourront recevoir des données en provenance des stations existantes à Hawaï et au Japon.

Le Week End 13 mars 2005