Projet touristique: Un téléphérique au Morne


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A l'endroit où le téléphérique déposera le visiteur, au sommet de la montagne, sera aménagé un restaurant.

Une compagnie locale projette d'implanter un téléphérique sur un site du Morne. Un projet de Rs 120 millions qui apportera une plus-value à l'industrie du tourisme.

Découvrir la côte ouest en téléphérique, se détendre au sommet du Morne en visitant un musée, en déjeunant, en se baladant ou en louant une chambre d'hôtel pour la nuit, tel est le projet d'Innovative Leisure Co Ltd (ILCL), compagnie dirigée par M. Francis Piat. ILCL, qui prévoit un investissement de Rs 120 millions dans ce projet, a déjà obtenu L'Etat est d'accord de mettre un terrain à la disposition d'ILCL.

Le téléphérique couvrira une distance de 1 100 mètres et atteindra une altitude de 520 mètres. Il comportera deux cabines de 30 places chacune. La durée de trajet sera de trois à quatre minutes dans chaque sens.

Au haut de la montagne, un restaurant, un snack-bar, un musée et cinq gîtes, où les visiteurs pourront passer la nuit, seront aménagés sur le site. Le musée, qui pourrait être réalisé avec le soutien de la France et de l'Unesco, retracera le peuplement des îles de l'océan Indien.

Grâce à des belvédères (viewpoints) installés ça et là, les visiteurs pourront admirer le site, la nature, la flore et la faune, le lagon, la forêt primaire, la trochetia (fleur nationale). Des sentiers seront aménagés pour permettre aux visiteurs de faire une balade de 4 km en pleine nature.

Les travaux de génie civil pour l'installation du téléphérique seront réalisés par General Construction Co Ltd. Les deux premières années, l'opération sera confiée à un Français. Les ingénieurs-conseils seront la firme Sigma Ove Arup & Partners.

"Une fois que le projet aura obtenu l'Environmental Impact Assessment (EIA) Certificate, nous entamerons les démarches pour commencer les travaux au début de l'année prochaine afin qu'il soit prêt pour l'opération en septembre ou octobre de l'année en question", indique M. Francis Piat.

ILCL aura pour partenaire stratégique le groupe français Pomagalski. Ce groupe, qui investira également dans le projet, a réalisé l'étude de faisabilité technique, à la suite de quoi une étude financière a été entreprise. Lorsqu'il a été établi que le projet est viable, il a été soumis au gouvernement en septembre 1996.

Environnement et sécurité Le téléphérique, continue M. Piat, donnera l'occasion aux touristes et au public mauricien de découvrir d'autres facettes du pays. Il indique qu'une étude complète sur la flore et la faune indigène de l'endroit a été réalisée par l'ancien conservateur des forêts, M. Wahab Owadally.

Question sécurité, toutes les dispositions ont été prises, assure le promoteur. "La protection de l'environnement autant que la sécurité des visiteurs, c'est notre souci majeur", dit-il.

Les tour opérateurs ont déjà montré un vif intérêt pour ce projet, selon M. Piat. Il sera "largement diffusé" comme produit additionnel aux touristes l'année prochaine, tant au niveau local qu'international. Le marketing du produit sera effectué à partir d'avril de l'année prochaine.

ILCL compte mettre en place une navette qui partira de Port-Louis et de Curepipe, sept jours sur sept, en passant par les basses Plaines-Wilhems, pour se rendre au Morne. Au total, quatre voyages seront effectués vers le site, à partir de 8 h 30 et pour le retour dans l'après-midi.

Le coût du ticket d'autobus et celui du trajet en téléphérique devrait s'élever à Rs 150 environ pour les enfants et Rs 250 pour les adultes en groupe. Ces prix n'ont toutefois pas encore été fixés. Des facilités sont prévues pour les personnes du troisième âge et les handicapés.

Selon M. Piat, le projet a été conçu il y a trois ans et demi, sur une idée de M. Bertrand Desvaux de Marigny. Il dit n'avoir jamais douté de la viabilité d'un tel projet. Le choix du Morne s'est fait tout seul vu les divers avantages techniques, géographiques et topographiques qu'il offre, "des avantages indiscutables et exceptionnels", précise-t-il.

Firme de réputation internationale, Pomagalski a construit des téléphériques, des télésièges et des télécabines dans une bonne cinquantaine de pays, aux Etats-Unis, en France, au Brésil, en Italie, au Pérou, au Japon, en Iran, en Chine, au Mozambique et même en Alaska. Elle procède actuellement à l'installation de la grande roue de Londres qu'elle a elle-même conçue. Cette roue, qui aura coûté Rs 1,6 milliard, mesure 135 mètres de diamètre.

 

Article paru dans l’édition du samedi 13 novembre 1999 du quotidien mauricien l’Express