Système d'alerte aux tsunamis: Quatre experts de l'UNESCO en mission d'évaluation à Maurice


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Une délégation de l'Intergovernemental Oceanographic Commission (IOC) de l'UNESCO, composée de quatre personnes, arrive à Maurice aujourd'hui dans le cadre d'une mission visant à évaluer le niveau de préparation des pays de l'océan Indien en cas d'alerte aux tsunamis. L'objectif sera également d'aider le pays à finaliser son plan d'action et de constater les capacités du National Tsunami Centre, se trouvant à la station météorologique de Vacoas, en matière de réception et de transmission d'informations en cas de menace de raz-de-marée. Le rapport de Maurice, de même que ceux des autres pays, seront étudiés lors de la prochaine réunion de l'Intergovernmental Coordination Group (ICG), prévue en Inde en décembre prochain. Cette réunion, après celle tenue à Perth la semaine dernière, où l'île Maurice a été élue à la vice-présidence, est considérée comme une étape importante dans la mise en place d'un système d'alerte dans l'océan Indien. Il s'agira en effet de désigner le pays qui abritera ce centre qui, selon le calendrier établi, devrait être opérationnel au plus tard fin 2006.

La première réunion de travail de l'IOC-Intergovernmental Group (IOC/ICG), qui a eu lieu à Perth, Australie, la semaine dernière, constitue une nouvelle avancée dans la mise en œuvre d'un système d'alerte aux tsunamis dans l'océan l'Indien - Indian Ocean Tsunami Warning and Mitigation System (IOTWS). Maurice, qui était représenté lors de cette réunion par le Directeur de la station météorologique, Sok Appadoo, assumera la vice-présidence de ce groupe de coordination, constitué au terme des réunions de coordination de Paris et de Grand-Baie au début de cette année et avalisé lors de l'assemblée générale de l'IOC/UNESCO en juin dernier à Paris. La réunion de Perth a aussi permis de jeter les premiers jalons de ce projet de créer un système d'alerte dans la région afin d'éviter les pertes humaines provoquées par le séisme du 26 décembre à Sumatra, où plus de 200 000 personnes avaient trouvé la mort.

Le groupe de coordination a ainsi amorcé une première manche dans la création d'une IOTWS en instituant quatre sous-comités, avec des cahiers de charges précis, et qui seront appelés à travailler en étroite collaboration pour la rédaction du rapport technique de ce projet. Le rapport des experts de ces groupes de travail sera examiné lors de la prochaine réunion du groupe de coordination programmée du 14 au 16 décembre de cette année à Hyderabad, Inde. Lors de cette deuxième réunion, les membres du groupe de coordination devront porter un choix final sur pays qui abritera le centre d'alerte de l'océan Indien. A ce jour, plusieurs pays ont signifié leur intérêt d'abriter ce centre, notamment l'Inde, l'Australie, l'Indonésie, la Thaïlande et le Pakistan.

Le rapport de l'équipe d'experts chargés de diriger des missions d'évaluation dans 17 pays de l'océan Indien en vue de faire un constat de leur capacité à faire face aux tsunamis sera également à l'agenda de cette réunion, de même que les rapports nationaux des pays concernés. C'est dans le cadre de ce programme d'évaluation qu'une délégation d'experts de l'IOC/UNESCO arrive à Maurice aujourd'hui. Cette délégation est composée de représentants de l'IOC, Bernardo Aliago, de la World Meteo Organisation (WMO), Henry Savina, de la ISDR, Chris Hartnady, et d'un expert en tsunami, le Japonais Masahiro Yamamoto. Les mêmes missions ont déjà été dirigées en Australie, Bangladesh, Comores, Inde, Iran, Madagascar et Maldives.

Plusieurs réunions de travail et de visites sont ainsi prévues avec le comité mis en place à Maurice, dirigé par le secrétaire aux Affaires intérieures, Suresh Seebaluck, et tombant sous la tutelle du Bureau du Premier ministre. Ce comité comprend également des représentants de la police, la météo, du ministère de l'Environnement et celui de la Pêche, qui, depuis avril dernier, planchent sur un plan d'action en cas d'alerte aux tsunamis.

"Hazard map" en préparation

Les experts de l'IOC feront ainsi un constat des mesures préconisées par les autorités en cas d'alerte et des installations à la station météorologique de Vacoas, où se trouvera le centre national d'alerte aux tsunamis. Leur mission consistera également d'apporter l'expertise nécessaire aux techniciens locaux pour finaliser certains aspects du plan d'opération sur le plan national en cas d'alerte, mettre en place un programme sensibilisation à l'intention de la population et faire fonctionner le centre de Vacoas de manière optimale.

Selon les derniers tests effectués à la station de Vacoas, Maurice serait déjà en mesure de recevoir et de retransmettre des informations en temps réels dans l'éventualité d'une menace. Le directeur de la station météo indique que le centre national d'alerte peut recevoir des informations "within 15 minutes" en cas de séisme dans les régions à risque. Cependant, l'installation de marégraphes - "tide gauges" - sera également nécessaire pour que la station puisse capter toutes les informations nécessaires dans la zone territoriale du pays (voir plus loin).

Le volet relatif au système d'alerte et les dispositions d'évacuation de la population en cas de menace constitue un axe important dans le plan d'action de Maurice. Le comité en charge de ce dossier a déjà dressé une série de mesures susceptibles d'avertir la population dans un délai minimal en cas de danger. Les autorités ont déjà identifié la télévision, le réseau de télécommunication et les ondes de la radio comme les moyens les plus "fiables" pour alerter le public. Parallèlement, il s'agira d'identifier les zones à risque potentiel. Et c'est la Mauritius Oceanographic Institute qui sera chargée, avec l'aide d'un expert indien, d'élaborer un hazard map qui établira les zones côtières qui pourraient être les plus menacées au cas où les tsunamis s'abattraient sur le pays. L'expertise des experts de l'IOC/UNESCO sera également recherchée à cet effet.


En cas de séisme au nord ouest de l'OI

Sok Appadoo: "Nous pouvons recevoir l'information dans un délai minimal de 15 minutes"

Le directeur de la Météo, Sok Appadoo, qui avait participé à la réunion de L'intergovernemental Coordination Group, responsable de la mise sur pied d'un centre d'alerte dans l'océan Indien, est d'avis que Maurice sera appelé à jouer un rôle de "locomotive" dans ce projet. Dans le sillage de la visite des experts de l'UNESCO chez nous, il ajoute que le pays dispose des équipements nécessaires pour recevoir des informations et de les retransmettre en cas de séisme au nord ouest de l'océan Indien et dans l'éventualité d'une menace de tsunami. "Nous sommes actuellement en mesure de recevoir une information dans un délai de 15 minutes en cas de séisme. Within one hour, nous pouvons savoir également s'il y a une menace de tsunami. Ce qui nous donne un temps de réaction d'au mois quatre heures pour prendre les mesures de précaution nécessaires", a-t-il déclaré à Week-End.

Le responsable de station météorologique de Vacoas indique que le Tsunami National Centre est aujourd'hui équipe de tous les instruments nécessaires pour recevoir des informations en temps réel. La présence des experts étrangers, dit-il, sera une occasion de constater le progrès réalisé et de voir comment améliorer les possibilités du centre de recevoir des informations de façon plus rapide. "Nous avons atteint un stade avancé. Le système informatique nous permet de détecter tout ce qui est inhabituel et surtout d'obtenir et de retransmettre des informations via satellite. Cependant, il y a des améliorations à apporter, notamment pour ce qui est de l'installation de marégraphes au niveau des autres îles", explique.

Valeur du jour, deux marégraphes sont actuellement opérationnels. Selon M. Appadoo, il s'agira d'installer ces instruments à Agalega, Saint Brandon et à l'est de Rodrigues pour pouvoir "réunir toutes les conditions nécessaires" pour la réception des informations régulières sur les variations de la mer.

La station de Vacoas compte par ailleurs mettre sur pied un centre de formation et de recherche d'ici la fin de l'année. Ce projet sera réalisé en collaboration avec la Commission de l'océan Indien et l'Union Européenne. Avec la participation d'experts étrangers, le centre de formation et de recherche dispensera des cours de formation au personnel de la météo, de même qu'aux personnes évoluant dans d'autres secteurs d'activités.

Le Week End 14 aout 2005