Les machines en action à l'orée de la Vallée de Ferney !


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Le 28 juillet dernier, le Premier ministre donnait l'assurance formelle à Nature Watch que tout serait fait pour trouver une alternative au tracé retenu par le précédent gouvernement pour l'autoroute du sud-est. Forte de cette assurance, l'association écologiste devait décider de dissoudre le Front Commun pour la Sauvegarde de la Vallée de Ferney et de surseoir à l'action entrée en cour suprême. Or, une descente des lieux effectuée vendredi a permis à ses membres de se rendre compte que les travaux se poursuivent toujours dans le même sens, et ont atteint les deux extrémités de la Vallée. Stupeur et révolte sont au rendez-vous. Et motivent la décision d'entreprendre une procédure d'urgence en cour dès demain.

"Nous sommes choqués": c'est, au nom de Nature Watch, la déclaration que nous a faite hier le vice-président de l'association, Yan Hookoomsing. Le soulagement et la satisfaction affichés il y a un mois à peine auront donc été de courte durée. C'est en effet le 28 juillet dernier que le Premier ministre avait personnellement invité et reçu le président et le secrétaire de Nature Watch, Alvin Brigemohun et John Lam, pour discuter du dossier de l'autoroute du sud-est. Prenant à contre-pied une déclaration faite le week-end précédent par le ministre des Infrastructures publiques, Rashid Beebeejaun, Navin Ramgoolam avait réaffirmé l'engagement, pris en juin dernier, de faire stopper immédiatement la menace qui pesait sur la Vallée de Ferney sitôt qu'il serait au pouvoir. Allant ainsi dans le sens des demandes faites par le Front Commun pour la Sauvegarde de la Vallée de Ferney, qui s'élevait contre le tracé de cette autoroute qui entraînerait la destruction d'une des dernières forêts endémiques de Maurice.

De la rencontre du 28 juillet dernier, les représentants de Nature Watch sortent donc satisfaits, déclarant que le Premier ministre leur a réaffirmé sa volonté de sauver la Vallée de Ferney. Et si aucune décision finale n'est prise à cette occasion, l'association se sent forte de l'assurance donnée par Navin Ramgoolam à l'effet que l'Environment Monitoring Committee (EMC) serait réactivé pour réétudier les diverses alternatives permettant de créer cette autoroute sans passer à travers la vallée. Un EMC auquel le Premier ministre invite même les représentants de Nature Watch à participer.

Forte de ces assurances renouvelées, Nature Watch décide, dès le lendemain, de surseoir à la présentation de son affidavit dans le cadre du procès qu'elle avait logé en mai dernier contre le gouvernement pour faire stopper ce projet. Et procède, quelques jours plus tard, à la dissolution du Front Commun mis sur pied avec Eco-Sud et la Mahebourg Welfare Citizens Organisation, au grand dam du président de cette association, George Ah Yan.

Promesses sans crédit ?

Mais les semaines passent, et rien ne vient. Ni confirmation écrite des engagements verbaux pris par le Premier ministre, ni invitation formelle à participer aux travaux de l'EMC. Du terrain, d'autres bruits émergent. Et une descente des lieux effectuée vendredi après-midi permet aux membres de Nature Watch de constater de visu ce qu'ils commençaient à subodorer: les travailleurs engagés par la Beijing Chang Cheng Construction Corporation (BCCCC) sont toujours à l'œuvre sur le tracé initial de la route, au point où les travaux, qui progressent des deux côtés, ont atteint l'entrée et la sortie de la vallée.

"Il est maintenant évident que ce n'est plus qu'une question de semaines avant que les machines n'entrent pour de bon dans la vallée. Et l'on ne voit pas comment on peut faire croire qu'on veut trouver une route alternative alors qu'on laisse se poursuivre les travaux sur le tracé initial jusqu'à atteindre presque la lisière de la vallée", s'insurge Yan Hookoomsing. "Nous avons le sentiment d'avoir été totalement menés en bateau par le gouvernement ! De deux choses l'une: soit les consignes que le Premier ministre donne au ministre des Infrastructures publiques ne sont pas respectées, soit on ne peut accorder aucun crédit aux promesses que fait Navin Ramgoolam", fait ressortir le vice-président de Nature Watch. Qui estime que l'on s'achemine ainsi vers un désastre aussi bien écologique que social." Dans notre dernier courrier adressé au PM, nous avions fait clairement ressortir que Nature Watch était pour l'option d'un autre tracé plus proche de la route côtière, comme la MCWO avait mis en avant, car il est urgent de désenclaver les villages du sud-est. Comment peut-on refuser cela et parler de changer la vie des gens en cent jours ? Cela devient un changement pour le pire ", déclare Yan Hookoomsing.

Nature Watch ne compte en tout cas pas rester les bras croisés: elle fait d'ores et déjà connaître l'intention de ses avocats de loger, dès demain, une procédure d'urgence en cour pour demander au juge de reprendre la demande d'injonction qu'elle avait logée en mai dernier pour demander l'arrêt immédiat des travaux…

Le week end 28 aout 2005

 

 

 

Face à la poursuite des travaux

Vallée de Ferney: une chaîne humaine envisagée

L'aménagement de l'autoroute du sud-est se poursuit à 99% selon le tracé initial, y compris sur le tronçon passant à travers la Vallée de Ferney. C'est la certitude acquise cette semaine par Nature Watch et la Mahebourg Citizens Welfare Organisation (MCWO), suite à une rencontre avec le Secretary for Home Affairs, Suresh Seebaluck. Face à ce qui est considéré comme une "trahison" par rapport aux assurances données il y a un mois par le Premier ministre, Nature Watch a décidé de réactiver sa demande d'injonction pour l'arrêt des travaux, demande qui sera prise le 6 septembre par la juge Matadeen. Alors que la MCWO parle de la constitution d'une chaîne humaine face aux bulldozers.

Dimanche dernier, nous faisions état dans ces colonnes de la poursuite des travaux d'aménagement de l'autoroute du sud-est, travaux qui ont quasiment atteint l'entrée et la sortie de la Vallée de Ferney. Une constatation qui a stupéfié et révolté les membres de l'association Nature Watch, qui avaient dissous le Front Commun initialement mis sur pied pour lutter contre la destruction de la flore unique de cette vallée, forts de l'assurance qui leur avait été personnellement donnée par le Premier ministre le 28 juillet dernier. À l'effet qu'une alternative serait trouvée pour épargner la Vallée de Ferney.

Ayant exprimé le sentiment que le gouvernement était en train de les mener en bateau sur cette question, les membres de Nature Watch furent convoqués à une nouvelle réunion au bureau du Premier ministre mercredi dernier, 31 août. Or, ils ne furent pas cette fois reçus par Navin Ramgoolam, mais par le président du comité mis sur pied sur cette question, Suresh Seebaluck (Secretary for Home Affairs).

De cette réunion, les membres de Nature Watch, comme ceux de la Mahebourg Citizens Welfare Organisation, ressortent non avec des assurances renouvelées à l'effet que la Vallée de Ferney ne sera pas touchée, mais avec la conviction qu'au contraire, les travaux vont bel et bien se poursuivre, à 99%, selon le tracé initial. Une fois de plus, c'est l'importance de la compensation à être versée au contracteur chinois Beijing Chang Cheng Construction Corporation en cas d'arrêt des travaux qui est mise en avant pour justifier la décision d'aller de l'avant. Avec toutefois l'assurance que "toutes les précautions nécessaires seront prises pour minimiser l'impact sur la forêt".

Réunions de conscientisation dans le sud-est

Face à cette situation, Nature Watch est donc plus que jamais décidée à aller de l'avant avec la réactivation de sa demande d'injonction pour l'arrêt des travaux. Cette demande, qui avait été initialement logée en mai dernier, puis laissée en suspens au vu des développements jugés positifs dans l'attitude du gouvernement, a donc été logée de nouveau en début de semaine par les avocats de l'association écologiste. L'affaire devrait être prise le mardi 6 septembre par la juge Nalini Matadeen.

De son côté, la MCWO ne compte pas rester les bras croisés. Son président, George Ah Yan, parle même de l'éventualité de constituer une chaîne humaine pour faire échec aux bulldozers. Dans l'immédiat, il compte initier une série de meetings de conscientisation à travers la région sud-est qui, selon cette association, sera non pas bénéficiaire mais victime de ce développement. La MCWO est en effet d'avis que le tracé actuel, non content de représenter une catastrophe écologique, constitue aussi une catastrophe sociale pour les habitants de la région, qui s'en retrouveront encore plus marginalisés. Alors que les deux tracés alternatifs proposés par cette association, se rapprochant de l'actuelle route côtière, auraient eu pour double avantage de sauver la forêt de la Vallée de Ferney et de désenclaver les villages du sud-est.

Mais est-il encore temps alors que, de l'aveu même des autorités, les travaux d'aménagement devraient entrer dans la vallée d'ici deux semaines ? Début de réponse en cour dans deux jours…

Le Week End 4 septembre 2005

 

 

Ferney

Le GM confirme: l'autoroute passera dans la vallée

Le comité Seebaluck mis en place par le gouvernement pour se pencher sur la question du tracé controversé de l'autoroute du sud-est l'a confirmé sans détours cette semaine: cette autoroute passera bel et bien dans la Vallée de Ferney, avec une seule petite modification qui vise à éviter le cœur même de la forêt. Un développement qui suscite plus que jamais la colère de ceux qui s'étaient jusqu'ici opposés à ce tracé. Ainsi, Nature Watch a réactivé sa demande d'injonction et attend maintenant que l'affaire soit prise le 27 septembre. Alors que la MCWO menée par George Ah Yan compte mener une contestation plus active sur le terrain. Avec une série de meetings qui débute demain et qui culminera sur une manif sur le site jeudi.

Il n'y a maintenant plus de doute possible: après maints atermoiements, déclarations d'intentions et provisoires assurances, le gouvernement a fini, cette semaine, par le confirmer: les travaux d'aménagement de l'autoroute du sud-est vont bel et bien se poursuivre selon le tracé initial qui implique de passer à travers la Vallée de Ferney. Avec toutefois une petite modification qui vise à éviter le cœur même de la forêt.

Considérant que cela constitue une volte-face du Premier ministre par rapport aux assurances qu'il avait personnellement données il y a quelques semaines, et que cela ne préservera pas la Vallée de la destruction de la forêt endémique qui fut décriée dès le départ, l'association Nature Watch a décidé de s'en remettre de nouveau à la cour pour tenter de faire obstacle à cette réalisation. Mentionnée devant la juge Nalini Matadeen mardi dernier, la demande d'injonction de Nature Watch pour un arrêt immédiat des travaux a été renvoyée au 27 septembre. En attendant toutefois, les travaux se poursuivent, comme ils se sont poursuivis au cours de ces dernières semaines au point d'arriver à la lisière de la vallée.

C'est partant de ce constat d'urgence que la Mahebourg Citizens Welfare Organisation (MCWO) menée par George Ah Yan a décidé, elle, de mener une action plus directe sur le terrain. Une série de meetings de mobilisation dans les villages du sud-est débute ainsi demain après-midi à Mahebourg (près du marché), se poursuit mardi à Bambous Virieux et mercredi à Vieux Grand-Port. Le tout pour aboutir, le jeudi 15 septembre, entre 10h et 13h, à une manifestation sur le site où les machines sont actuellement en action.

"Le président du comité gouvernemental, M. Seebaluck, nous a proposé mercredi dernier de soumettre un package de demandes au profit des habitants du sud-est. Mais ce n'est pas pour cela que nous nous battons. Un terrain de foot par-ci et un jardin d'enfants par là ne changeront rien au fond de l'affaire", s'insurge George Ah Yan. "Nous sommes contre ce projet parce qu'il détruira la forêt unique de la Vallée de Ferney, et parce qu'il se fera au détriment des habitants du sud-est. L'autoroute passera à une dizaine de kilomètres de nos villages, sans aucun raccordement prévu. Nous maintenons, nous, que le gouvernement devrait mener une étude technique sérieuse et en profondeur des options 4 et 5 que nous avons proposées, qui ont l'avantage d'éviter complètement la vallée, de ne pas nécessiter de construction de tunnel, et d'ouvrir nos villages", insiste le président de la MCWO. Qui laisse entendre que d'autres actions pourraient être prises pour contrer l'avancée des bulldozers. "Car la demande d'injonction risque d'arriver trop tard et de tomber d'elle-même si, le 27 septembre, les machines ont déjà pénétré dans la forêt", conclut George Ah Yan.

Le Week End 11 septembre 2005