La tension monte chez les extracteurs de sable


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Une enquête menée actuellement par le ministère des Coopératives, en collaboration avec le Bureau central des statistiques (CSO), inquiète les extracteurs de sable, qu'ils soient propriétaires de bateau ou simples employés. Au cours d'une première réunion tenue dimanche à Mahébourg, l'Association of Sand Carrier Co-operatives demande une extension du délai pour l'arrêt définitif des activités d'extraction et conseille à ses membres de ne pas répondre au questionnaire distribué actuellement par des officiers du ministère des Coopératives.

Une étude intitulée "Socio-economic study of persons engaged in sand mining activity" conçue par le Bureau central des statistiques (CSO) a été récemment distribuée par des officiers du ministère des Coopératives aux différentes coopératives d'extraction de sable. Ce recensement statistique doit permettre de faire un état des lieux de la profession, établir une liste nominale de professionnels et faire le point sur leurs attentes en matière de compensation et de redéploiement. Les représentants des extracteurs n'analysent cependant pas le questionnaire de manière aussi bienveillante, estimant que les 52 questions et les réponses qui y sont proposées ne prennent pas suffisamment leur réalité en compte. C'est du moins ce qui ressort d'une réunion organisée par l'Association of Sand Carrier Co-operatives qui a réuni environ 500 professionnels du secteur au Hamilton College, à Mahébourg, dimanche dernier.

Fin d'extraction en juin

Précisant que ce document n'a pas de valeur légale, un des conseillers juridiques de l'association, Rama Valayden, recommande aux extracteurs de ne pas répondre à ce questionnaire, d'exiger une extension du délai d'opération au delà du mois de juin, date prévue pour l'arrêt définitif de l'activité, notamment pour permettre des négociations en matière de compensation. Le leader du MR estime que le gouvernement est en train de traiter l'arrêt de l'extraction "à la va-vite", tentant de faire arrêter l'activité avant de négocier les conditions de cet arrêt.

Interrogé par le Mauricien, le directeur du Bureau central des statistiques, M. Bundhoo rappelle l'objectif de l'étude en ces termes: "Cette enquête vise à étudier les possibilités de redéploiement des professionnels du secteur. Certains disent qu'elle n'évoque pas la question des compensations, mais c'est faux. Par ailleurs chaque question reste ouverte à toute autre proposition de réponse, et comporte toujours une rubrique "other response", où la personne interrogée peut exprimer les demandes particulières". Des officiers du ministère des Coopératives aideront les personnes sondées à y répondre, à la manière de tout recensement auprès de la population.

Par rapport au mot d'ordre du mouvement des extracteurs qui dit de ne pas remplir ce questionnaire, le directeur du CSO répond: "L'enquête se déroule sur une base volontaire. Ils ont le droit de ne pas y répondre, mais si trop peu de gens répondent, comment pourrons-nous faire un état des lieux et évaluer leurs besoins?"

Un porte-parole du ministère des Finances explique par ailleurs que cette enquête est nécessaire pour préparer le prochain budget. Un délai de quinze jours a été fixé à cette fin pour l'envoi des réponses.

Un "Sand Carriers' welfare fund"?

L'ambiance était chaude à la réunion des extracteurs de sable de dimanche, où environ 500 personnes ont fait le déplacement. Le président de l'association, Judex Saint-Mart, souligne le manque de communication argumentant sur le fait que les raisons pour lesquelles les extracteurs doivent arrêter leur activité n'ont jamais été données. Un extracteur de Pointe-Lascar rappelle que la reconversion et la compensation ne concerne pas seulement les professionnels en exercice du secteur, mais aussi leurs familles et l'équilibre social et économique de plusieurs régions, où l'emploi se fait généralement rare. Ils remarquent l'absence de crédits à taux préférentiels et estiment qu'il existe de nombreuses possibilités de reconversion qui n'ont pas été évoquées dans le questionnaire.

L'avocat Rama Valayden s'interroge sur certaines contradictions: "Zot dir ki sa décision arrête tir disab basée lor enn l'etid lor l'environnement. Enn lot coté, Geopotes pe tir des tonnes et des tonnes de sable. Ena aussi en entreprise ki pe tir corail pu fer la chaux et sa, personne na pas fer mention". Le conseiller légal de l'association a encore ajouté que si les extracteurs arrêtent leur activité comme prévu, ils ne seront pas en position de négocier leur compensation et les conditions de leur reconversion avec le gouvernement. Outre l'extension du délai, il conseille de demander une étude environnementale correcte et d'appeler à la création d'un Sand Carriers'welfare fund, sur le même principe que le Fishermen welfare fund.

 

Source: le Mauricien du 14 Mars 2001