Plages publiques: Pointe-aux-Sables ravagée par l'érosion


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Même si elle ne figure pas sur la liste des treize "serious erosional sites" identifiés par le ministère de l'Environnement (voir ci-contre), la plage publique de Pointe-aux-Sables devrait bénéficier d'un traitement d'urgence. En effet, le raz de marée provoqué par le passage du cyclone Gafilo a exacerbé les problèmes d'érosion : les filaos plantés sur la plage ne tiennent qu'à une racine, les assises en béton aménagées autour des troncs sont aujourd'hui suspendues entre ciel et terre et la petite paillote accuse un angle de soixante-dix degrés. Les habitants en sont dépités. Interrogé, le ministère de l'Environnement rassure : une fois l'aval des Bois et Forêts obtenu, les filaos seront enlevés. Il en va de même pour les structures de béton se trouvant sur la plage.

"Voilà une preuve de plus que le filao ne retient pas le sable", constate Ananda Rajoo, conseiller au ministère de l'Environnement. Cette donne avait été mise en exergue dans l'étude sur les régions côtières, commanditée par le ministère de l'Environnement. Le rapport BAIRD, soumis au ministère il y a peu, avant recommandé de replacer ces arbres par d'autres espèces afin d'empêcher l'érosion sur les plages. Autre principe rappelé dans cette étude : rien ne doit être planté dans la "zone dynamique", soit jusqu'à sept mètres au-dessus du "high water mark". De même, aucune "hard structure" ne doit être érigée "within thirty metres from high-water mark", est-il rappelé.

C'est une partie du problème de Pointe-aux-Sables. Les filaos plantés dans le sable et cerclés de béton ainsi que le mur de soutènement érigé sur un côté de la plage auraient, explique-t-on, amplifié l'érosion de cette plage, considérée, jusque-là comme normal. Pourtant, les habitants de cette région sont formels : le dénivellement du sable a commencé bien avant le raz de marée de mars dernier. Ce phénomène météorologique n'aura fait que parachever le travail. En avril dernier, alertées par la police de Pointe-aux-Sables, les autorités de l'Environnement se sont rendues sur les lieux pour constater l'ampleur des dégâts. Aujourd'hui, elles attendent l'aval des Bois et Forêts pour enlever les arbres avant que ceux-ci ne s'abattent sur quelqu'un. De même, la Beach Authority sera sollicitée pour enlever toutes les structures en béton sur cette plage. Toutefois, l'érosion n'est pas responsable de tous les maux de cette plage. Le petit jardin d'enfant aménagé à l'ombre des arbres est également en souffrance : un grillage arraché ou piétiné par endroit, des supports de balançoires… sans balançoires, un tourniquet qui n'est plus qu'un vieux souvenir - il ne reste plus que le socle… À qui la faute ? Aux "grands" enfants qui ont fait mauvais usage de cette aire de jeux ou aux administrateurs de la plage qui n'ont pas assuré l'entretien du jardin. Qu'importe les cas de figure, cette petite plage très fréquentée par les habitants de l'endroit mérite, il est sûr, un bien meilleur sort…


"Serious erosional sites"-13 plages identifiées
Le rapport BAIRD a identifié treize plages comme des "serious erosional sites". Le ministère de l'Environnement a décidé de s'attaquer en premier lieu au problème de Flic-en-Flac, l'une des plages publiques les plus fréquentées de l'île. Les procédures d'appels d'offre ont déjà été lancés par le ministère de l'Environnement, pour un reprofilage de la plage, jusqu'à Wolmar. Ce qui permettra, par la suite, de prendre des mesures pour contenir l'érosion. Les autres régions identifiées sont : Belle-Mare/Palmar, Riambel/Pomponette, Le Morne, Rivière des Galets, Grand-Baie, Baie-du-Cap, Petit Sable/Quatre Sœurs, Petit Sable/Bambous Virieux. À noter par ailleurs qu'en vertu de l'Environment Protection Act amendée en 2002, un Integrated Coastal Zone Management (ICZM) Committee a été institué sous la présidence du directeur de l'Environnement. L'objectif : réunir, dans une même instance, toutes les autorités concernées - il y en aurait vingt-cinq - par l'administration du littoral pour une gestion plus efficace de ce secteur.

Le Mauricien 16 mai 2004