Projet de quinze chalets sur 25 arpents à Agaléga


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Un projet de quinze chalets en toits de chaume, mis au point par le groupe Ireland Blyth (IBL), au coût de Rs 150M, verra le jour à l'île du Nord, Agalega, sur un site de 25 arpents, affirment des sources bien informées à l'hôtel du gouvernement. Ce projet permettrait d'embaucher une cinquantaine de personnes, dont des Agaléens. Une fois tous les permis obtenus, IBL aura un délai de quinze mois pour débuter les travaux qui devront être achevés après trois ans. Un certificat d'Environment Impact Assessment (EIA) a également été octroyé à la Outer Islands Development Corporation (OIDC) le 15 décembre dernier, pour le réaménagement de la piste d'atterrissage.

" Quinze chalets verront le jour à Agalega. Ce projet comprend la mise en place d'un centre de pêche, d'une boat house, d'une game room et d'autres facilités sportives. Cinquante emplois y seront créés ", affirme une source à l'hôtel du gouvernement. Chez IBL, on précise qu'il y aura également un complexe résidentiel, deux marinas, un incinérateur, une unité de dessalement, entre autres.

" Le document d'EIA est, quant à lui, prêt et nous n'attendons qu'une lettre des autorités indiquant précisément le site de 25 arpents identifié pour le complexe hôtelier et celui de 87 arpents pour le landscaping ", affirment François de Gersigny et Suren Ramphul, directeur d'IBL et responsable des projets respectivement. Du côté du gouvernement, l'on exige que ces 87 arpents soient réhabilités et " accessibles au public ". Le bail initial s'étend sur une période de 20 ans et renouvelable sur dix années consécutives, indique-t-on.

Historique

Prenant en compte la nécessité d'un certificat d'EIA, afin de ne pas provoquer de déséquilibre de l'environnement, les promoteurs reconnaissent que " certains écologistes sont contre le projet d'hôtel à Agalega. Il faut toutefois demander aux Agaléens ce qu'ils veulent ", affirment MM. de Gersigny et Ramphul. " Bien entendu, si on veut le développement, il y aura un prix à payer - l'île perdra un peu de sa tranquillité ", ajoutent-ils. Nos interlocuteurs sont cependant confiants que les choses évolueraient vite après l'obtention du certificat d'EIA.

Faisant l'historique du projet hôtelier, ils rappellent qu'IBL, qui gère deux bateaux, à savoir le Mauritius Pride et le Trochetia, assurent la liaison avec Agalega deux fois l'an, soit aux mois d'avril et de septembre. " Dans un souci d'aide sociale, nous nous arrêtons souvent à Agalega pour y débarquer des vivres et d'autres produits : cette pratique date de plusieurs années. C'est ainsi que nous avons connu les îlois d'Agalega et l'idée d'y construire un hôtel a fait son chemin ", déclarent François de Gersigny et Suren Ramphul. Ils soutiennent que leur demande a été formulée en 2001, suivie d'une série de négociations.

Effectivement, le projet - Agalega Island Integrated Resort Project - pour la mise en place d'un complexe hôtelier s'étendant sur une superficie de 700 arpents à Agalega, découle d'un comité - portant sur des projets hôteliers, dont ceux de Bel-Ombre et de St-Félix - présidé par Paul Bérenger, alors vice-Premier ministre et ministre des Finances, avec la participation des ministres Bodha, Bhagwan et Michel. " C'est Nando Bodha qui coordonnait le tout avec les autres parties concernées, dont le ministère des Terres ", soulignent MM. de Gersigny et Ramphul.

Plusieurs réunions de travail ont été tenues avec les techniciens concernés. Le directeur à l'Environnement, accompagné d'autres techniciens, a effectué une visite dans l'île et a exprimé la nécessité d'agrandir le port. En 2001, le comité technique institué et placé sous l'égide du ministère du Tourisme et des Loisirs s'est penché sur les autres aspects du projet qui nécessitent l'implication d'autres instances décisionnelles, dont le ministère des Terres et celui de la Marine.

Social

Ce comité établit aussi l'importance de considérer la dimension sociale, dont la possibilité d'embauche des Agaléens. En sus de l'octroi de 25 arpents pour le développement d'un complexe hôtelier, le comité technique recommande le réaménagement du front de mer de l'île du Nord sur une distance de 400 mètres. Le promoteur est appelé à verser Rs 25M dans un fonds pour des projets sociaux et une somme de Rs 3M, remboursable à l'achèvement du projet, au ministère du Logement et des Terres.

MM. de Gersigny et Ramphul indiquent que la piste d'atterrissage sera agrandie pour y accueillir un avion de dix-neuf places. Celui-ci, au coût de Rs 100M, sera appelé à desservir les autres îles de la région. " Une demande de permis a déjà été déposée au département de l'Aviation Civile. L'avion desservira Agalega deux fois par semaine et la durée du vol sera de deux heures et quinze minutes au lieu de trois heures (à bord du Dornier). En sus de dix-neuf passagers, il transportera 2,3 tonnes de fret ", déclarent-ils. Dans ce contexte, un certificat d'EIA émis le 15 décembre dernier a été octroyé à l'OIDC pour réaménager la piste d'atterrissage. C'est la firme GIBB (Mauritius) Ltd. qui a décroché le contrat pour entreprendre une étude de faisabilité du projet, dont les travaux devraient débuter en 2005.

D'ici là, en l'absence d'un port convenable à Agalega, les promoteurs disent être confrontés à un " énorme problème " pour le débarquement de gros équipements et de matériaux de construction. " Il est difficile et coûteux de construire un port à Agalega. Actuellement, il n'y a qu'une jetée avec tous les risques que cela comporte ", affirment MM. de Gersigny et Ramphul. Dans les milieux du gouvernement, l'on souligne qu'en 2002, la firme SIGMA a entrepris une étude de faisabilité dans ce sens pour le compte d'IBL. Un contrat de consultancy est alloué à GIBB (Mauritius) Ltd. pour la construction d'un éventuel port à Agalega. " Il facilitera le transport des cargos, le déplacement des habitants, l'accostage des bateaux ", souligne-t-on.

Le Mauricien 17 janvier 2004