ENVIRONNEMENT: L’hôtel Pearl Beach dégage la plage


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L'Express: Actualité Locales
Samedi 17 janvier 2004
No - 14940

ENVIRONNEMENT
L’hôtel Pearl Beach dégage la plage
Cet hôtel de Flic-en-Flac, construit il y a 25 ans, a empiété sur la plage. Son restaurant est en partie responsable de l’érosion du littoral. Plutôt que de le démolir, ses propriétaires ont décidé de raser entièrement l’établissement pour bâtir un nouvel hôtel.

L’hôtel Pearl Beach a les pieds dans l’eau, au sens littéral du terme. Il est construit sur la plage même de Flic-en-Flac. Nuisance pour l’environnement, il a été ainsi sommé par les autorités de «reculer». Même si c’est seulement le restaurant qui empiète sur la plage, les propriétaires ont décidé de démolir toute l’infrastructure. Ils reconstruiront l’hôtel à une quinzaine de mètres à l’intérieur. Un lot de terre d’environ 1 600 pieds carrés leur a été offert en dédommagement.

Pearl Beach, construit il y a 25 ans, est l’exemple même du mal que des aménagements sur la plage peuvent faire à l’environnement. Dégâts que les décideurs n’ont pas évalués dans le passé quand un permis avait été accordé aux exploitants de l’établissement pour la construction de son restaurant. Aujourd’hui, les experts sont unanimes. Le Sunset Restaurant est en grande partie responsable de l’érosion du littoral.

La démolition de cet hôtel fait partie d’un plan d’ensemble pour enrayer l’érosion de la plage publique de Flic-en-Flac. La première phase a été l’installation de gabions sur des centaines de mètres. Mais l’érosion n’a pu être contenue.

L’autre mesure prise est la « plantation » de coraux. Des centaines de blocs de béton de 200 kilos chacun sont en ce moment déposées dans le lagon. Ce sont sur ces blocs que des coraux vivants seront implantés. « Si vous regardez le lagon de Flic-en -Flac, explique Gaj Pyndiah, géologue de la Beach Authority, vous verrez que la partie du lagon située entre le four à chaux et l’hôtel Pearl Beach ne contient pas de coraux, alors que la partie située avant le four à chaux, se trouvant entre le Pearl Beach et l’hôtel La Pirogue, est remplie de coraux. Ces coraux réduisent considérablement la force des vagues et c’est pour cette raison que vous n’avez pas de problème d’érosion de la plage entre le Pearl Beach et La Pirogue.»

Le géologue explique qu’après avoir heurté les murs de l’hôtel, les vagues retournent avec violence vers la mer. Les murs sont donc en partie responsables de l’érosion. « Quand on fera «reculer» l’hôtel de 15 mètres, les vagues auront plus d’espace pour aller mourir avant de revenir vers le lagon», précise-t-il.

La Beach Authority effectue également des travaux de comblement sur la partie érodée de la plage de Flic-en-Flac. Presque 200 tonnes de coraux y seront déversées, puis recouvertes de sable. Des précautions motivées entre autres par le fait que Flic-en-Flac est une des plages publiques les plus fréquentées du pays. N

Un nouvel hôtel d’un coût de Rs 200 millions

Il faudra aux propriétaires du Pearl Beach entre Rs 200 et Rs 250 millions pour construire le nouvel hôtel. L’architecture fait actuellement l’objet de négociations entre ses propriétaires, deux Mauriciens établis en Grande-Bretagne, et les autorités.

La reconstruction durera au moins un an. Le nouvel établissement se dressera sur une partie de la plage publique de Flic-en-Flac qui a été « disproclaimed », c’est-à-dire retranché du domaine public.

Construit bout par bout à partir d’un « campement » par Clément Cathan, l’hôtel dispose aujourd’hui de 86 chambres et a un taux d’occupation moyen de 80 %. Il emploie une centaine de personnes et accueille un bon pourcentage de Mauriciens.

Par Raj JUGERNAUTH
L'Express