Recherche climatologique Deux nouvelles bouées Argo pour Maurice

 

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Après le premier mouillage en juin 2003, Maurice placera cette année deux nouvelles bouées Argo dans l'océan Indien, dans le cadre de la coopération avec les services météorologiques britanniques. Les bouées Argo sont programmées pour descendre jusqu'à 2 000 m de profondeur, avant d'y dériver sur plusieurs kilomètres et de remonter vers la surface pour transmettre vers un satellite, et de là vers un centre de réception, les données recueillies sur les courants, la température et la salinité de la mer. Le réseau mondial Argo, auquel contribuent plusieurs pays, comprendra 3 000 bouées au total, offrant aux scientifiques un outil de recherche sans précédent sur l'évolution des océans. Pour Mamade Beebeejaun, responsable du projet Argo aux services météo de Maurice, le mouillage prochain de ces deux bouées - à des endroits bientôt identifiés - confirme la confiance qu'a obtenue notre pays dans ce projet mondial.

A ce jour, 1 234 bouées Argo ont été placées dans tous les océans. D'après le programme du projet Argo, 95 nouvelles bouées devraient être placées dans l'océan Indien cette année, par l'Australie, la France, l'Inde, le Japon et le Royaume-Uni. Les services météorologiques britanniques ont une nouvelle fois fait confiance à Maurice pour placer des bouées dans l'océan et accompagner le projet, en nous confiant deux bouées supplémentaires, indique Mamade Beebeejaun.

En juin 2003, un bateau de la National Coast Guard, le Guardian, avait mouillé une première bouée Argo dans la zone économique exclusive de Maurice, à l'ouest de Saint-Brandon. Cette première bouée était déjà un don britannique et les responsables du projet ici souhaitaient alors que ce genre de collaboration s'étende à d'autres pays amis, afin que Maurice puisse mieux collaborer à ce réseau mondial, dont les données sont aussi très importantes pour les chercheurs locaux et pour les prévisions météorologiques régionales, notamment au sujet des cyclones. La zone de naissance et d'évolution d'une partie des cyclones de la région n'est pas encore couverte par le réseau Argo.

Lancé en l'an 2000, le programme Argo (array of real-time geostrophic oceanography) implique la participation de plusieurs pays industrialisés pour placer, d'ici quelques années, 3 000 bouées au total dans les océans. Ce réseau offrira ainsi automatiquement des mesures régulières des courants, de la température et de la salinité des océans, de la surface jusqu'à une profondeur de 2 000 mètres. De quoi mieux connaître la situation dans ces paramètres, presque en temps réel, et de quoi mieux comprendre l'interaction complexe entre l'atmosphère et les océans - d'autant plus nécessaire avec le changement climatique.

Cyclones

Cette interaction a une influence directe sur le climat et sur les phénomènes naturels et par extension, sur les populations et l'économie , comme le démontre, à très grande échelle, le phénomène El Nino. Pour Maurice, le phénomène régional le plus marquant, et qui dépend de ces phénomènes, est le développement de cyclones.

Ce projet est destiné à être lié au projet Jason (satellite de mesure du niveau des océans), ainsi nommé en référence au héros de la mythologie grecque, envoyé en mission pour ramener la Toison d'Or. En plus d'être un acronyme, le nom Argo traduit aussi sa complémentarité avec le projet Jason - les deux servant à l'étude des couches supérieures de l'océan -, en référence au nom du navire de Jason et de ses compagnons, les Argonautes. Le réseau mondial de bouées Argo fait partie du Global Climate Observing System/Global Ocean Observing System (GCOS/GOOS), de la Climate Variability and Predictability Experiment (CLIVAR) et de la Global Ocean Data Assimilation Experiment (GODAE).

Chaque bouée automatique Argo (un long cylindre vertical, dont la taille varie de 2 mètres à environ 20 mètres) peut descendre lentement jusqu'à environ 2 000 mètres de profondeur et y reste pendant quelque temps en dérivant au gré des courants. Cette partie de la mission permet donc d'enregistrer la force et la direction de ces courants. Puis la bouée remonte à la surface en enregistrant des données (salinité, température de l'eau, etc.) à différentes profondeurs. Gardées en mémoire, ces données sont transmises par la bouée vers les centres d'analyse en étant relayées par satellite.

Chaque bouée reste ainsi en surface pendant une heure pour transmettre ses données, avant de replonger pour un nouveau cycle d'analyses. Une bouée Argo est destinée à assurer 36 cycles (plongée, dérive, remontée) par an, avec une durée de vie d'environ quatre ans par bouée. Le coût d'une bouée est d'environ US $ 30 000 et le coût global de l'utilisation du réseau Argo est estimé à US $ 20 millions par an.

Le Mauricien 17 mai 2004