POLLUTION Les plages autour de Port-Louis sont des nids à microbes


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Les baigneurs et les consommateurs de poisson, provenant de la région avoisinant la capitale, risquent des infections et des maladies virales.

Les examens médicaux effectués sur les pêcheurs travaillant dans les régions
incriminées se sont avérés heureusement négatifs.

Les autorités ont joué à l'autruche pendant ces dix dernières années. Il a fallu attendre les conclusions du comité Forget sur le niveau de pollution aux larges de Port-Louis pour qu'elles reconnaissent enfin que les plages sont de véritables nids à microbes.

Ce n'est pas pour autant qu'elles ont pris le taureau par les cornes. Le ministère de l'Environnement n'a fait que déconseiller, par le biais d'un communiqué de presse, de faire trempette dans le périmètre de l'estuaire de Terre-Rouge jusqu'à la plage publique de Pointe-aux-Sables en passant par Baie-du-Tombeau et la plage de Sable-Noir, à Cité-Vallijee.

Or, l'Hôtel du gouvernement sait, depuis belle lurette, que des risques de contamination dans cette région sont bien réels car c'est dans ce corridor que la majeure partie de nos eaux usées non traitées est déversée.

Pollution industrielle

Les grands pôles de pollution de Port-Louis sont à Grande-Rivière-Nord-Ouest qui charrie l'eau des canalisations ainsi qu'à Baie-du-Tombeau, Bain-des-Dames et Pointe- Moyenne (entre Albion et Flic-en-Flac) où sont installés des canaux (long sea outfall). Le tout-à-l'égout est évacué dans l'océan par ces tuyaux.

Plusieurs rapports rédigés par des scientifiques locaux et étrangers mettent en exergue les risques d'infection gastro-intestinale, d'hépatites ou d'autres maladies virales ou d'origine bactérienne par des baignades ou la consommation des poissons.

A la lecture des différents rapports, il est établi qu'environ 98 % de la pollution dans cette région est d'ordre industriel. Un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement de 1990 mentionne les différents types de déchets déversés, à l'époque, dans l'océan. La centrale thermique de Saint-Louis, une distillerie, des usines textiles et de produits alimentaires déversaient leurs déchets non traités dans les rivières.

Un récent rapport d'un expert local fait état d'une concentration anormalement élevée de matières toxiques dans la Grande-Rivière-Nord-Ouest. Elle serait provoquée par le déversement de déchets émanant d'usines de batteries automobiles, de détergents et de peintures dans la rivière.

Mais le grand risque de contamination proviendrait de la présence de matière fécale dans l'eau autour de Port-Louis. Des analyses effectuées l'année dernière avaient démontré un taux anormalement élevée d'e-coli à Pointe-aux-Sables.

Le récent Master Plan sur le tout-à-l'égout fait d'ailleurs mention de ce risque : "There is faecal contamination of popular bathing beaches particularly in the Port-Louis and Grand-Baie areas, with concomitant risk to health from viral bacterial and other pathogens as well as aesthetic nuisances."

Depuis la publication du rapport du comité Forget en décembre dernier, le ministère de l'Environnement effectue des analyses régulières dans ces régions. Avec la mise en service de la station d'épuration de Montagne-Jacquot, les autorités espèrent contrer la pollution galopante des eaux.

Aussitôt que la station d'épuration sera opérationnelle, les lagons de Pointe-aux-Sables et de Baie-du-Tombeau subiront des travaux de rénovation.

Entre-temps, les pêcheurs travaillant dans cette région ont subi des examens médicaux et des échantillons de leurs prises ont été envoyés pour être analysés. Les résultats se sont heureusement avérés négatifs.

Au niveau du ministère de la Santé, on souligne qu'il n'y a pas lieu de faire subir des examens médicaux aux habitants des localités de cette partie du littoral car aucun cas d'infection n'a officiellement été détecté jusqu'ici.

 

L'Express 19 aout 2001