Projet controversé: Autoroute du sud-est: réunion cruciale mardi, Environnement - Bilan 2004


Nouvelles Locales

Le projet controversé d'aménagement de la South Eastern Highway Project devrait connaître un tournant décisif avec la réunion convoquée mardi prochain par le Premier ministre "avec toutes les parties concernées". Si, jusqu'ici, c'est surtout la menace environnementale qui avait été mise en avant, on note cette fois un glissement significatif vers l'évocation de questions de sécurité liées au tracé. L'ONG Nature Watch continue en tout cas, elle, à faire valoir sa farouche volonté de préserver la Vallée de Ferney de toute destruction dans le cadre de ce projet, et a organisé hier une site visit du tracé alternatif qu'elle propose. Mais les implications sont multiples. "Le Conseil des Ministres a pris note que le Premier ministre présidera une réunion, le 21 décembre, avec toutes les parties concernées afin d'examiner les aspects liés à la sécurité et à l'environnement en ce qui concerne le South Eastern Highway Project". Cette annonce laconique faite à l'issue de la réunion de vendredi dernier annonce en fait un tournant par rapport à la contestation qui ne cesse de monter autour de l'aménagement de l'autoroute du sud-est. Elle introduit en effet l'aspect sécurité comme un élément majeur des questions pouvant être posées autour de ce projet, alors que jusqu'ici c'est surtout le volet environnemental qui avait primé. Du coup, les choses semblent prendre une ampleur plus décisive. Pour comprendre l'enjeu, il importe de rappeler que le South Eastern Highway Project est un important projet de plus de Rs 700 millions qui vise à relier Plaine Magnien et Bel Air par une autoroute qui débouche à Kewal Nagar, en passant par la Vallée de Ferney et à travers un tunnel long de 600 mètres creusé dans la montagne. Or, lorsque le tracé est finalement rendu public au mois de juin dernier, un constat fait notamment par les membres du Mauritius Wildlife Fund (MWF) vient tirer la sonnette d'alarme: la Vallée de Ferney abrite une des dernières forêts endémiques de Maurice (dont il ne reste que 2%), et comprend des espèces végétales rares, en voie d'extinction, voire uniques au monde, de même que la moitié de la population mondiale d'une espèce animale menacée, les crécerelles. Faire passer une autoroute à travers cette vallée serait donc, au point de vue environnemental, un véritable crime. Le tracé alternatif sous observation Alerté, le Premier ministre décide, en août dernier, de mettre sur pied un Monitoring Committee présidé par le secrétaire permanent du ministère de l'Environnement, M. S. Seebaluck. Plusieurs sessions de travail auront lieu, réunissant aussi bien les représentants des diverses autorités impliquées que les ONG et écologistes concernés. Le problème se corse lorsque, dans le cours de ses travaux, ce comité apprend que des recherches plus approfondies dans la Vallée de Ferney ont permis de découvrir trois espèces végétales que l'on croyait disparues depuis près de 140 ans. Dès lors, les diverses mitigation measures initialement proposées (transplantation des espèces rares, petits détours du tracé originel pour éviter certains spécimens) semblent se révéler insuffisantes. Soumis au conseil des ministres vendredi dernier, le rapport Seebaluck fait un constat détaillé de la situation et met le gouvernement en présence des options possibles à partir de là. L'un d'entre elles, selon nos renseignements, étant de modifier le tracé initial. Parallèlement, une ONG nouvellement constituée, Nature Watch, regroupant des jeunes concernés par l'environnement, monte au créneau et vient proposer, la semaine dernière, un tracé alternatif qui permettrait d'éviter complètement la Vallée de Ferney. Et donc de préserver la biodiversité unique qu'elle abrite. Hier, cette ONG, présidée par Alvin Brigemohun, a organisé une visite guidée de ce tracé. Ce en présence de représentants du MWF (notamment sa présidente, Michèle Lionnet), de M. Sadruddin Deeljore, Divisional Manager de la Road Development Authority (RDA), de M. Ramrekha, Environment Officer au ministère de l'Environnement, de M. Balloo des Forestry Services, de Vincent Florens de l'Université de Maurice, de Mario Allet de la National Parks and Conservation Services (NPCS) et de Mme Claudia Baider du MSIRI. Passant un peu plus à l'intérieur du pays, ce tracé alternatif proposé par Nature Watch relie Riche en Eau à Montagne Blanche/Melrose, en utilisant une route qui existe déjà à 80%. Une route construite il y a une vingtaine d'années par la DWC, qui est aujourd'hui quasiment oubliée, et qu'il suffirait de réhabiliter, en y adjoignant les 20% de route à construire. À partir de Melrose, on peut choisir de rallier Kewal Nagar, ce qui implique une route de quelque 9 km, puis de poursuivre le tracé de la RDA jusqu'à Bel Air. Ou alors de prendre la route déjà existante vers Bel Etang, qui peut devenir un échangeur donnant accès au centre de l'île, vers Quartier Militaire et Centre de Flacq. Ce tracé a l'avantage, selon les membres de Nature Watch, d'être sur un terrain plat, avec un point culminant à 140 mètres seulement, alors que le tracé de la RDA implique de monter à 400 mètres pour rejoindre le tunnel à être creusé dans la montagne. Avec tout ce que cela implique en termes de coûts et de complications éventuelles. Sur le terrain hier, malgré un temps pluvieux, on peut en effet découvrir une route qui passe soit à travers des champs de cannes soit à travers des forêts qui, en termes écologiques, sont considérées comme très dégradées vu qu'elles abritent principalement des espèces dites "envahissantes" comme les ravenalas, mais qui offrent un paysage très agréable, avec de belles vues sur des collines et autres reliefs déclinant toute la palette des verts. De quoi, effectivement, plaire à ces touristes pour lesquels on dit vouloir développer cette autoroute du sud-est, afin de les amener plus rapidement de l'aéroport dans le sud vers les hôtels de la côte est. Dans la pratique toutefois, certains ingénieurs présents laissent entendre certaines interrogations sur le "gradient" qui mène jusqu'à ce passage à 140 mètres de haut entre les montagnes Table à Perrot et La Selle, de même que sur la présence d'un certain nombre de petits cours d'eau tout au long de ce tracé. "Il faut bien sûr à partir de là faire une étude plus détaillée, mais nous avons essayé à travers cette visite de montrer qu'il y a des tracés alternatifs possibles, et qu'il revient aux autorités concernées de les considérer pour que le développement, qui est nécessaire, soit véritablement intégré et ne se fasse pas au détriment de l'environnement et de l'écologie", fait ressortir John Lam, secrétaire de Nature Watch. L'aspect économique en question Au niveau de la RDA, on se montre pour l'instant avare de commentaires. Mais des sources proches de cette instance font ressortir que les travaux pour l'aménagement de l'autoroute du sud-est ont déjà commencé depuis juin dernier. Et qu'il s'agit là d'un projet qui s'inscrit dans "une vision globale". À ce stade, on ne pourrait donc pas parler de "tracé alternatif", car ce ne serait plus du tout le même projet. Tout changement de cet ordre impliquerait l'arrêt des travaux déjà entrepris, et de nouvelles études de faisabilité en vue de ce qui deviendrait un nouveau projet. L'aspect économique est ici largement mis en avant. Selon nos renseignements, la firme chinoise Beijing Chang Cheng Construction Corporation, qui a obtenu le contrat de construction, montrerait depuis quelques jours des signes d'impatience face aux demandes qui lui auraient été faites de temporiser ses travaux, et aurait adressé plusieurs lettres à la RDA pour lui demander de quoi il en retourne. À noter que les premiers travaux sont déjà visibles aux abords de l'aéroport SSR, sur la route menant vers Mahébourg, alors qu'il était prévu que l'entrée des bulldozers dans la Vallée de Ferney se fasse au début de janvier 2005. Selon d'autres renseignements, tout arrêt des travaux impliquerait le paiement, à cette compagnie, d'une compensation qui pourrait avoisiner les Rs 150 à Rs 200 millions. C'est dire que les considérations écologiques à elles seules auraient peut-être eu du mal à peser suffisamment lourd dans la balance. Sauf qu'au cours de ces derniers jours, une nouvelle donne est venue s'imposer avec persistance: à savoir des questions sur la sécurité de cette route telle que dessinée par la RDA. Il ressort en effet de façon de plus en plus insistante que cette route comprendrait des virages très serrés, et surtout une sortie de tunnel extrêmement dangereuse pour les véhicules l'empruntant ainsi que pour leurs occupants. Le Premier ministre aurait d'ailleurs demandé, vendredi dernier, la soumission d'un nouveau rapport détaillé au directeur de la RDA, M. Moreea. Alors que dans ces milieux on fait ressortir que cette autoroute et ce tunnel, un ouvrage unique à Maurice, ont été conçus par des professionnels reconnus, à savoir la firme indienne Consulting Engineering Services. La réunion de mardi prochain sera en tout cas décisive pour déterminer l'avenir de l'autoroute du sud-est, et celui de la Vallée de Ferney     Environnement - Bilan 2004   Bhagwan: "L'action dans la continuité…" Le ministre de l'environnement, Rajesh Bhagwan, jette un regard de satisfaction sur les actions entreprises pendant l'année en vue de mettre à exécution la stratégie mise en place depuis septembre 2005. "L'année 2004 a été marquée par l'action dans la continuité…", analyse-t-il, dans le magazine-bilan, intitulé les "acquis durables". Lors de son point de presse, jeudi matin, il a ajouté que les actions "décisives", exigées par les principes du développement durable, ont donné raison au gouvernement. "Ti bizin sorti dépi sa léthargie là et agir avec rapidité: nou finn agir !" Les grandes satisfactions 2004 portent ainsi sur les retombées de la décision d'interdire l'extraction de sable il y a trois ans, l'amélioration de la qualité de l'air après la réduction du soufre dans le diesel et l'introduction de l'essence sans plomb, la nouvelle approche citoyenne par rapport à la protection de l'environnement et la "reconquête" du paysage mauricien en matière d'embellissement. L'année 2004 n'aura sans doute pas été jalonnée que de belles réalisations ou de retombées positives. Cela, le ministre de l'Environnement le concède en ces termes: "Cela ne veut pas dire que nous sommes satisfaits sur toute la ligne par rapport à ce qui s'est passé pendant l'année. Pareil kouma nou finn kone des moments de grande satisfaction, nou finn kone aussi bann moments kot nu moins satisfait", confie-t-il. Les épisodes tels que les cas d'intoxication dans les écoles à Rose-Belle ou à Grande-Rivière Nord-Ouest ou les manifestations de pêcheurs et autres forces vives contre les projets de développement hôtelier font le ministre dire que, "li pas ti toujours facile resoudre bann conflits dans bann situation pareille." "Tout cela démonré ki nou ti bizin toujours approfondi nou connaissances dans tous bann domaines et maîtrise bann technologies appropriées pou faire face à tous bann problèmes ki pe lève la tête, et aussi multiplier bann interactions entre société civile et l'ensemble des services de l'Etat", ajoute-t-il. Cependant, le ministre reste convaincu que cette année a été celle des réalisations grâce à des actions ayant permis de renverser des tendances et de développer des "acquis durables." Malgré le retard accumulé en matière de gestion environnementale, il estime que c'est la volonté politique qui a permis au pays de franchir un nouveau pallier dans ce domaine. "Nou fine pran bann actions décisives, kouma li exigé par bann principes de développement durable, c'est-à-dire nou finn pran compte bann besoins générations futures. Et azordi nou pé récolter bann fruits de sa bann décisions là, surtout dans quatre secteurs", fait-il ressortir. Les motifs de satisfaction cités par le ministre portent ainsi que des secteurs qui, à un moment, étaient sérieusement menacés, et qui ont fait l'objet de décisions radicales. L'arrêt de l'extraction de sable en 2001 et les résultats observés dans les lagons affectés par ces activités restent au centre des satisfactions. Selon l'exercice de suivi assuré par l'Environnement et les Fishries, l'écosystème marin a graduellement repris vie dans certaines zones de l'île. "Bann ecological surveys démontré clairement ki bann premiers signes de régénération du lagon…", souligne-t-il. Les derniers résultats obtenus des tests réalisés sur la qualité de l'air témoignent également de la justesse de la décision du gouvernement de revoir le taux de souffre dans le diesel et d'introduire l'essence sans plomb. "Le laboratoire du ministère a continuellement effectué des analyses sur la qualité de l'air et d'après les résultats, la qualité de l'air ambiant finn définitivement amélioré", indique-t-il. Deux autres aspects retenus par le ministre et représentant des sources de satisfaction pour le ministère de l'Environnement, la responsabilisation de la société et la refonte du paysage local. "L'enthousiasme ki tous bann Mauriciens pé démontré de plus en plus pou participe activement pou améliore zot l'environnement représente enn grand satisfaction et enn grand encouragement pou nou. Li enn preuve ki nou campagne permanente d'éducation, de sensibilisation et de conscientisation pé amène bann Mauriciens change zot mauvais l'habitude et zot mentalité envers zot l'environnement, zot voisin, zot âys. Zordi dans quatre coins de Maurice, transformation nou paysage li bien visible à travers bann projets ki ministère l'Environnement finn exécuté", a-t-il soutenu en citant le projet intégré de Grand-Baie, la rénovation du Saquare Khadafi et le jardin de Plaine Verte, la construction du Sir Seewoosagur Ramgoolam Memorial Park ou encore la création d'espace de détente et de promenade, notamment à Priest Peak ou à la Montagne des Signaux. Pour Rajesh Bhagwan, les actions de son ministère ne s'arrêteront pas là. Il s'agira de poursuivre le plan déjà établi et de poursuivre la consolidation et la modernisation d'un cadre légal et institutionnel en vue de renforcer les capacités du ministère. Les besoins de formation des officiers, ainsi que ceux du Environemental Impact Assessment Department, et le renforcement de son effectif dans le secteur manuel et administratif, dit-il, devrait permettre à son ministère de poursuivre sur cette lancée. Le ministre a par ailleurs soutenu que la tenue de la conférence des Nations unies sur les petits Etats insulaires en développement à Maurice, en janvier prochain, sera un "événement historique", qui devrait permettre aux pays concernés de nouvelles stratégies de développement durable et de faire face aux enjeux internationaux que ce soit sur le plan social, économique ou environnemental. Economie développement   Intégrer l'environnement dans les politiques nationales "Les préoccupations environnementales doivent faire partie intégrante du développement durable au même titre que les dimensions économiques et sociales", souligne le projet de coutribution élaboré, dans la perspective du Sommet de Ouagadougou, par certains ministres francophones. L'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie (IEPF) est là pour répondre à ce défi. La Francophonie, qui n'est pas un organisme de financement du développement, agit plutôt pour le renforcement des capacités humaines et institutionnelles, ainsi que pour l'échange d'expériences, la diffusion de l'information et la mobilisation de l'expertise francophone au profit de toute la communauté, rappelle Habib Benessahraoui, directeur exécutif de l'Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie (IEPF). Créé en 1988, l'IEPF est un organe subsidiaire de l'Agence intergouvernementale de la Francophonie, basé à Québec (Canada). Les interventions spécifiques de l'IEPF ont pour vocation une meilleure gestion et utilisation des ressources énergétiques via l'intégration de l'environnement dans les politiques nationales. Ces actions ont également pour but la mise en œuvre des grandes conventions internationales sur la biodiversité, les changements climatiques et la désertification dans les pays de l'espace francophone. Dans cette optique, l'IEPF a par exemple appuyé l'initiative du gouvernement camerounais qui souhaitait parvenir à une gestion rationnelle et durable de la forêt tropicale en Afrique centrale. Il a ainsi organisé un atelier régional de formation sur les modalités de gestion forestière liée à l'environnement et contribué à l'installation de réseaux d'échange en vue de faciliter les choix et d'aider aux bonnes décisions. Plus largement, la Francophonie méne des actions pour former les décideurs et les cadres environnementalistes aux outils de gestion rationnelle des ressources naturelles et des écosystèmes. Une étude sur la gestion des déchets et des décharges d'ordures ménagères La gestion des déchets ménagers, est, en Afrique encore plus qu'ailleurs, un véritable casse-tète et une menace permanente pour l'environnement, origine possible de pollution des eaux notamment. L'IEPF, en collaboration avec le Centre wallon de biologie industrielle (CWBI), a donc conduit une étude sur la gestion des déchets et des décharges d'ordures ménagères dans les pays en développement. Dans une première phase, une évaluation a été réalisée ciblant les villes secondaires dans plusieurs pays d'Afrique et des Caraïbes. On a pu ainsi répertorier les décharges existantes et déterminer les critères de choix des techniques de gestion et d'aménagement. Ensuite, la deuxième phase a débouché sur la publication d'un Atlas des décharges (1) qui fournit les localisations et les caractéristiques de toutes les décharges inventoriées. En 2003, l'atlas recensait 102 décharges situées au Burkina Faso, au Sénégal, en Tunisie, au Congo, au Cameroun, au Rwanda, à Haïti et à Cuba. L'objectif de cet atlas est de garder en mémoire la position des décharges les plus importantes des grandes villes concernées et de conseiller un type de gestion adapté à la climatologie et l'hydrologie du site en question. Pour les spécialistes de l'IEPF, la connaissance des décharges, mêmes anciennes, permet d'être attentif à la fois à leurs impacts sur l'environnement et ainsi, de ne pas affecter ces sites à certaines activités incompatibles (habitation, forage de puits...). Un guide pratique a aussi été édité à l'adresse des acteurs politiques et scientifiques des pays en développement. Il fait la synthèse des connaissances dans le domaine de la gestion des décharges, afin de faciliter les bons choix quand il s'agit d'opter pour telle ou telle technique selon le contexte géographique ou socio-économique. L'étude conjointe de l'IEPF et du CWBI a permis l'implantation d'une décharge-pilote d'ordures ménagères sur le site de Saaba, une commune rurale située à une dizaine de kilomètres de Ouagadougou (Burkina Faso). Le projet a mis en œuvre une gestion de décharge de type fossilisée, et a été géré par l'Association Action Défi Victoire, qui regroupe des femmes de la commune. Reconnaître le droit à un environnement équilibré et sain En marge des préparatifs du Xe Sommet de la Francophonie, les participants au colloque de Ouagadougou ("Développement durable: leçons et perspectives",1-4 juin 2004) ont d'ailleurs voulu inviter les Etats membres à introduire, dans leur droit national, le droit de chacun à un environnement équilibré et sain. Ils souhaitent que ce droit soit inscrit dans la constitution ou dans une loi, une façon pour les Etats de concrétiser leur attachement au développement durable en l'intégrant dans toutes les politiques publiques. Ces universitaires, experts et chercheurs attendent donc que la Francophonie apporte son soutien et son expertise tant au projet démocratique qu'au développement durable, indissociables. Sur le même registre, les ministres africains francophones, participant à la session extraordinaire du Forum ministériel mondial sur l'environnement tenue à Jeju, en Corée, fin mars 2004, ont également élaboré un projet de contribution dans la perspective du Xe sommet francophone. Dans lequel, rappelant que "les préoccupotions environnementales doivent faire partie intégrante du processus de développement durable au même titre que les dimensions économiques et sociales", ils s'engagent à la fois "à intégrer les préoccupations environnementales et de développement durable dans les politiques et stratégies de développement de nos pays" et "à mettre en œuvre les processus garantissant une participation de la société civile et des collectivités locales, afin d'assurer l'adéquation entre les orientations stratégiques et leur mise en oeuvre au niveau local". (1) Atlas consultable à l'adresse suivante: www.ulg.ac.be/cwbi/index.htm Pollution   Elevage porcin: les stations de traitement sous surveillance Le gouvernement portera une attention particulière au fonctionnement des stations de traitement mis sur pied suite aux problèmes environnementaux occasionnés par les élevages porcins à Saint-Martin et Bassin Requin. Le dernier "monitoring report" du ministère de l'Environnement fait état de certains manquements au niveau de ces stations de traitement qui, selon ses recommandations, devraient appliquer de nouvelles mesures en vue d'assurer un "proper functioning" en ce qui concerne le traitement des effluents et autres rejets provenant de ces fermes. Le rapport communique également les résultats des examens effectués sur la qualité de l'eau dans la région de Belle-Mare. "There was no indication of contamination", est-il observé. Les problèmes d'environnement liés aux activités d'élevage porcin à Saint-Martin et dans l'est de l'île portent principalement sur la pollution de l'eau et des sols. Depuis ces trois dernières années, les autorités ont effectué un "close monitoring" de la situation dans les régions concernées et une des premières conclusions des études conduites était l'absence d'une approche professionnelle en ce qui concerne le traitement des rejets des fermes en opération. L'étude la plus récente, effectuée avec l'aide du Secrétariat du Commonwealth en mai 2004, avait d'ailleurs confirmé que l'ensemble du flux de composés représentait un risque potentiel pour l'environnement, particulièrement pour la nappe souterraine. L'étude avait confirmé que "pig rearing was contributing to ground water pollution at St-Martin." En juin 2003, le gouvernement avait commandité une étude similaire à Bassin Requin pour déterminer "if pig farming activities were polluting the water table in that region." L'étude devait également établir si ces activités n'étaient pas préjudiciables aux eaux de surface et du lagon de Belle-Mare. Des échantillons devaient ainsi être prélevés sur trois sites différents, notamment à partir de trois bore holes, du lac naturel de Bassin Requin et du lagon de Belle-Mare. Les analyses avaient été effectuées par le National Environmental Laboratory (NEL), le laboratoire de la CWA, celui de la Waste Water Authority, et l'Albion Fisheries Research Center for lagoonal water. Une des principales conclusions rapportée dans le monitoring report est le taux élevé de nitrate dans les eaux souterraines. Toutefois, selon les analyses du NEL, l'excès du taux de nitrate pourrait également trouver son origine dans les activités des agriculteurs dans la région. "There is however no indication of serious contamination of the water by organic or faecal matter. The possibility of contamination is very probable dur to the permeable structure of the soil", peut-on noter dans le rapport, alors qu'au sujet du lagon, il est souligné que "the results showed that all the parameters analysed were within the Guidelines for Coastal Water Quality Requirements." Les experts n'écartent, cependant, pas la possibilité que la nappe phréatique puisse être contaminée à l'avenir en raison du niveau de perméabilité du sol et des autres facteurs pouvant entraîner le mouvement de bactéries dans le sol. D'où la nécessité d'assurer un suivi permanent sur l'évolution de la qualité de l'eau dans cette région. Car, selon les analyses effectuées, la qualité des effluents provenant de la station de traitement serait loin d'être conforme aux Standards for Effluent Discharge on land. "The main reason behind this is that the treatment plant is not treating the wastewater to the exact leval. The high organic load, which is inadequately treated by the present treatment plant, may constitute a potential source for the nearby water bodies, if this trend is maintained", fait remarquer le rapport. Les experts ont, ainsi, fait une série de recommandations au gouvernement en vue d'assurer un meilleur fonctionnement des stations de traitement. Au niveau du gouvernement, on laisse comprendre que la maîtrise de l'impact environnemental des activités d'élevage est primordiale pour leur durabilité. D'où la nécessité de mettre en place des mesures pour concilier les activités d'élevage et la protection de l'environnement. Un comité de suivi a ainsi été mis sur pied sous la présidence du NEL pour assurer le suivi de ces deux stations de traitement.    

Le Week End 19 decembre 2004