L'AHRIM appréhende des années difficiles


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Dans son rapport annuel 2000-2001, l'Association des Hôteliers et Restaurateurs de Maurice (AHRIM) passe en revue l'année écoulée, évoquant entre autres la faiblesse de l'euro, l'inadéquation du système actuel de compilation des statistiques ou encore le manque de dynamisme sur le marché italien. L'AHRIM fait également une projection du nombre d'hôtels à Maurice, dans cinq ans

L'AHRIM note, tout d'abord, que la croissance des arrivées touristiques pour cette année est " sluggish ", alors qu'en tenant compte de l'accroissement du parc hôtelier, elle aurait besoin d'au moins 690 000 touristes. Selon Tommy Wong, cadre chez Sun International et président de la commission économique de l'association, la faiblesse de l'euro a affecté les marchés traditionnels. " Il y aura des années difficiles et la peur d'une récession est présente ", note-t-il, dans un rapport plus que jamais d'actualité, après la vague d'attentats sur les Etats-Unis.

L'AHRIM affirme attendre aussi beaucoup de la politique d'accès aérien. L'association note, avec satisfaction, l'ouverture de nouvelles lignes aériennes (dont Dubaï, prochainement) et le lancement du nouveau vol direct sur Milan, en juillet dernier. " Mais l'image de Maurice en Italie doit être complètement revue et cela de façon urgente, tout comme le nombre de places dans les avions sur cette destination ", insiste l'AHRIM.

Dans cette optique, il faudrait, selon l'association, " re-engineer " la promotion du produit touristique mauricien à l'étranger, surtout sur les marchés traditionnels. " Alors qu'il y a de plus en plus de destinations exotiques, Maurice doit renforcer son image de rêve ", note Christopher Najbicz, président de l'AHRIM et directeur de l'hôtel Labourdonnais Watefront. M. Najbicz a été reconduit à la présidence de l'association, à l'issue de l'assemblée générale qui a eu lieu jeudi dernier. L'association souhaite maintenant la nomination d'un directeur pour l'antenne de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), à Paris.

Pour l'AHRIM, il faut également revoir la méthode actuelle de compilation des statistiques du tourisme, à Maurice, le système actuel étant " démodé et archaïque ". Les statistiques ne sont pour l'instant disponibles que sur une base mensuelle et au moins quinze jours après la fin de chaque mois ; l'associaiton souhaite qu'elles soient disponibles sur une base hebdomadaire (comme aux Seychelles ou à Singapour) afin de permettre aux professionnels du tourisme d'effectuer un planning plus efficace pour le marketing, les ventes ou les opérations stratégiques.

Main d'œuvre étrangère

Dans le secteur de la restauration, l'AHRIM souhaite des actions urgentes afin de permettre aux restaurants de jouer un rôle " plus efficace ". " Il faut légiférer sur les opérations des restaurants, les inclure dans le scheme du Small and Medium Industries Development Organisation (SMIDO), créer des food courts pour les marchands ambulants et revaloriser la cuisine traditionnelle ", insiste Ramesh Moonshiram, vice-président de l'AHRIM, président de la commission restauration et directeur du Domaine Les Pailles.

L'association se prononce également en faveur de l'importation de main d'oeuvre étrangère qualifiée, pour l'industrie touristique. " L'interaction entre professionnels locaux et étrangers permet au tourisme mauricien d'être un secteur économique vivant et dynamique ", estime-t-elle.

L'AHRIM se félicite aussi de ses " interactions " avec la MTPA et accueille favorablement les travaux à l'aéroport, ou encore le projet gouvernemental de développement intégré des villages et zones touristiques. L'association est représentée dans un certain nombre de comités sur l'aménagement des zones côtières, des plages, des îlots ou encore des parcs marins.

L'AHRIM rappelle en outre qu'elle est active au niveau de la formation, de la sensibilisation à l'environnement, de la sécurité sur les plages ou encore dans la lutte contre le sida et contre le travail des mineurs. Elle participe également au Tourism Employees Welfare Fund.

Enfin, l'association a effectué une projection de l'évolution du nombre d'hôtels à Maurice pour les années à venir. Selon elle, ce nombre devrait passer de 98 pour cette année à 113 en 2005. Le nombre de chambres passerait, lui, de 9 048 en 2001 à 11 300 en 2005. En tenant compte d'un taux d'occupation moyen de 70%, le nombre de touristes passerait ainsi de 690 000 (estimation espérée pour 2001) à 855 000 en 2005. Le nombre d'emplois directs, lui, était de 18 571 (37 000 emplois indirects) en 2000. Dans le rapport, l'AHRIM effectue également une étude comparative du tourisme entre Maurice et Singapour.

Le Mauricien

19 septembre 2001