Crise mondiale

Publication d'une Charte sur la Sécurité alimentaire

Un front commun pour la sécurité alimentaire regroupant le Mouvement Pour l'Autosuffisance Alimentaire, la Mauritius Planters' Association Co-operative Society, les Amis de Rodrigues, le parti Lalit ainsi que des syndicats et des associations identifie les mesures à prendre en vue d'assurer une certaine sécurité au niveau de cinq catégories de produits alimentaires - nourriture de base, lait, œufs, poulet et viande, poissons et légumes et fruits.

Dans cette charte, le front constate que la sécurité alimentaire est un facteur essentiel pour la survie de tout peuple. Il explique que le prix du sucre ira en diminuant et sera instable en raison de l'absence d'un marché et d'un prix garantis. Le front soutient encore que la population, en général, n'a pas accès aux terres pour s'adonner à la culture ou à l'élevage.

Il réclame, conséquemment, du gouvernement une révision de l'utilisation, de la propriété et du contrôle des terres agricoles en général dans le pays en vue d'assurer la sécurité alimentaire. "Dans un premier temps, le gouvernement doit introduire une législation pour que les interlignes soient utilisées en vue de la plantation de produits alimentaires durant quatre mois, chaque année, sur l'ensemble de 100 000 arpents de terres sous canne des établissements et des 90 000 arpents de terres sous canne des petits planteurs".

Le front demande que ceux qui ne veulent pas d'eux-mêmes s'adonner à la culture louent ces terres à ceux qui désirent planter des produits tels la pomme de terre, la pomme d'amour, le haricot, les oignons, l'arouille-violet, le blé et le maïs. Il demande en outre que les établissements sucriers soient contraints de fournir aux laboureurs et aux artisans licenciés un arpent de terre à être cultivée en coopérative.

Autre demande : que des jardins communautaires soient créés à l'intention de ceux qui désirent s'adonner au travail de la terre, particulièrement les habitants des appartements de la NHDC, des cités ouvrières et autres résidents vivant à l'étroit et ne disposant pas de terres. "Le gouvernement doit veiller à ce que des intermédiaires n'accaparent toute la plus-value et que les producteurs aient accès aux crédits et au marketing coopératif".

Demande aussi pour que des fonds soient débloqués en vue de permettre la construction de bateaux capables d'aller sur les bancs pour que des pêcheurs de Maurice y ramènent des poissons. Le front réclame aussi du gouvernement qu'il se fasse entendre par les instances internationales pour dénoncer le "blocage" de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) qui, dit-il, veut empêcher les gouvernements des pays du tiers-monde de protéger leur agriculture "d'autant que l'Europe et les Etats-Unis subventionnent les leurs".

 

Le Week End 13 juillet 2008

 

 

Énergie et environnement

Les projets MID prennent forme

Se tourner davantage vers les énergies renouvelables pour produire de l'énergie, inviter les petits producteurs à vendre de l'électricité au CEB, proposer des ampoules économiques à Rs 15 aux abonnés du CEB ou doubler le nombre de chauffe-eau solaires par foyer : ce sont autant de projets qui commencent à prendre forme dans le cadre du projet Maurice île durable (MID). Un fond de Rs 1,3 milliard est déjà disponible à travers le MID Fund, créé par le ministère des Finances, pour mener à bien ce projet.

L'énergie sera définitivement au centre du projet MID, surtout avec la crise énergétique qui secoue déjà de nombreux pays et qui, selon le ministre Anbu Kasenally, est déjà aux portes de l'île Maurice. Intervenant lors du lancement de ce projet dans le courant de la semaine, le ministre a dit que la priorité sera de produire de l'électricité à partir de nouvelles sources renouvelables, de réduire le gaspillage et notre dépendance des produits pétroliers.

Comme indiqué plus haut, plusieurs projets dits "propres" seront lancés. Il faut savoir que 20% de la consommation en électricité sont produits à partir des énergies renouvelables. Cela n'est pas suffisant, estiment les autorités. Une des initiatives innovantes sera d'inviter les Mauriciens à produire de l'électricité à partir de l'énergie solaire ou des éoliennes qu'ils seront, par la suite, en mesure de vendre au CEB. Le gouvernement a déjà pris la décision d'enlever la taxe sur les équipements photovoltaïques et solaires ainsi que sur leurs pièces de rechange pour faciliter cette nouvelle entreprise.

Toujours pour ce qui est de l'énergie solaire, l'objectif est également de doubler le nombre de foyers utilisant un chauffe-eau solaire. Le gouvernement financera à hauteur de Rs 10 000 les particuliers souhaitant faire l'acquisition d'un chauffe-eau solaire. Un plan de financement a été mis en place à la Banque de développement de Maurice pour soutenir ce projet.

Le CEB ne se croisera pas les bras entretemps. À part la mise en opération d'un parc éolien d'une capacité de 25 MW, il compte développer des projets d'hydroélectricité et encourager le public à remplacer ses ampoules traditionnelles par des ampoules économiques. Un million d'ampoules, apprenons-nous, seront vendues à Rs 15 l'unité. Le CEB pense pouvoir tirer les bénéfices de cette action aux heures où la consommation est au plus haut niveau.

C'est dans la même optique que le pays tentera une nouvelle aventure avec le système d'heure d'été. Les montres, réveils et horloges seront donc avancés de soixante minutes à partir du 26 octobre de cette année. L'heure d'été a pour objectif principal de réduire la consommation d'électricité en matière d'éclairage en soirée.

Le MID Fund, faut-il rappeler, sera financé par le gouvernement à travers les "taxes vertes" imposées entre autres sur les vignettes automobiles (Road Taxe) et un levy de 15 sous imposé sur les produits pétroliers, dont le charbon, l'essence, le GPL et le diesel.

 

 

Le Week End 13 juillet 2008