Production alimentaire

La culture du blé à l'essai à Réduit

Un projet pilote visant à déterminer la possibilité de produire du blé à Maurice est en cours à la station agricole de Réduit. L'Agricultural Research and Extension Unit (AREU) qui est chargé de ce projet mis en chantier avec le soutien du Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) et du National Plant Protection Office procède au test de 49 variétés de blé de printemps importées du Mexique en vue de d'identifier lesquelles sont les mieux adaptées au pays en fonction de leur rendement, du climat et de la résistance aux virus.

La semence s'est faite au mois d'avril dernier sur une superficie de 1500 mètres carrés à raison de 200 plantes par mètre carré. M. Yousouf Cadersa, scientifique de l'AREU responsable de l'étude en cours indique que les variétés actuellement à l'essai n'ont été affectées d'aucun virus. Au terme de 115 jours, leur rendement est de cinq tonnes à l'hectare. En fonction de leurs variétés, la durée totale du cycle végétatif du blé est de 120 à 150 jours suivant les conditions de culture.

Le blé récolté fera, maintenant, l'objet de tests d'évaluation de leurs propriétés physiques et chimiques avec le concours des Moulins de la Concorde (LMLC) qui estimera leurs qualités meunières; c'est à dire, leur aptitude à la mouture. Il s'agira aussi de déterminer leurs qualités boulangères. Les variétés les mieux adaptées seront, ainsi, identifiées en vue de l'étape suivante qui sera, éventuellement, la culture du blé, elle-même, sur une plus grande échaelle en vue d'évaluer le coût d'évaluation et d'exploitation.

L'objectif derrière ce projet du ministère de l'Agro-industrie est de déterminer l'éventuelle alimentation du marché local de blé cultivé sur place susceptible de servir à la production de farine dans le but de réduire les importations. La consommation annuelle de farine à Maurice est de 100,000 tonnes pour un montant d'importation de Rs 1,9 milliards. L'Etat débourse annuellement quelque Rs 700 millions sous forme de subventions sur la farine.

 

Le Week End 7 septembre 2008

 

 

 

 

Sécurité alimentaire: Maurice joue à fond le joker régional

Le dossier de la sécurité alimentaire a été un des principaux dossiers évoqués de manière systématique par Maurice lors de la mission effectuée par la commissaire européenne à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel. L'objectif du gouvernement, qui multiplie les initiatives diplomatiques après la lettre au commissaire européen au Développement, Louis Michel, est d'amener la Commission Européenne à revoir les critères d'éligibilité au fonds spécial d'un milliard d'euros au titre de la sécurité alimentaire. Maurice joue à fond le joker régional alors que Mariann Fischer Boel trouve que la carte de la vulnérabilité insulaire n'est pas à négliger.

"Avec les fonds prévus dans le dernier budget d'un montant de Rs 1 milliard consacrés à la Food Security, nous faisons la démonstration de notre Seriousness of Purpose sur cette épineuse question. De ce fait, nous sommes en mesure d'encadrer des efforts en vue d'accroître la production alimentaire sur le plan local. Il est également évident que ces seuls efforts ne sont pas suffisants d'où la décision du gouvernement de déployer des efforts pour que Maurice puisse accéder au fonds spécial d'un milliard d'euros de l'Union Européenne", a fait ressortir le ministre des Finances, Rama Sithanen.

" A ce stade, il apparaît que Maurice n'est pas éligible. Mais lors des échanges, nous nous sommes appesantis sur notre situation de Net Food Importer, de Net Fuel Importer et de Small Island Vulnerable State pour convaincre la Commission Européenne de la pertinence de notre démarche. La demande de Maurice à ce guichet européen porte sur un montant de 20 millions d'euros", ajoute Rama Sithanen.

L'une des cartes maîtresses jouées par Maurice sur le plan de la sécurité alimentaire a trait à la dimension régionale. De ce fait, Maurice accueillera à la fin de ce mois une conférence régionale avec la participation des ministres de Madagascar, du Mozambique et de la Tanzanie en vue de dégager un consensus sur les projets dans le domaine de la sécurité alimentaire. "La Commission Européenne a déjà mis à la disposition de la COMESA une enveloppe financière d'au moins 78 millions d'euros pour démarrer un programme de sécurité alimentaire au niveau de la région. La réunion convoquée par Maurice à la fin du mois permettra d'identifier une liste de projets spécifiques aussi bien que les infrastructures nécessaires à cet effet", a-t-il poursuivi. Il a annoncé que d'autres consultations au niveau des ministres des Finances des pays de la région sont prévues en marge de la prochaine assemblée annuelle conjointe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).

"Les pays de la région ont besoin de créer un environnement propice en vue d'attirer les investisseurs. A cet effet, nous sollicitons le concours et la coopération des bailleurs de fonds et des agences internationales pour que nous puissions disposer de ces infrastructures au niveau de la région", a conclu le ministre des Finances.

Le Week End 7 septembre 2008