Adressée au président de la république

Pétition internationale contre le projet d'incinérateur à La Chaumière

"Le projet d'incinérateur représente une menace toxique pour la santé publique, l'environnement, l'économie locale et le développement des énergies renouvelables que le gouvernement de Maurice ne peut ignorer." Ce sont les commentaires d'une quarantaine de personnes faisant partie du International POPs Elimination Network (IPEN), organisation internationale, qui ont adressé une pétition au président de la république la semaine dernière pour inviter le gouvernement à abandonner ce projet consistant à incinérer 300 000 tonnes de déchets pour produire de l'électricité.

Les "leaders" des différentes organisations non-gouvernementales et de la société civile dans leurs pays respectifs s'étaient réunis en Inde la semaine dernière dans le cadre d'une réunion internationale sur les questions de sécurité relativement aux produits chimiques organisée par l'IPEN.

S'appuyant sur la Convention de Stockholm, dont la république de Maurice est signataire, les membres de cette organisation brossent un tableau relativement sombre sur l'impact que ce projet d'incinérateur aura sur le pays. Ils estiment que la mise en œuvre de ce projet, dont les promoteurs sont Gamma et Covanta, ne fera que compromettre la possibilité de développer une politique de zéro déchet à Maurice.

"The stakes are high for the people of La Chaumière and the entire Mauritius. If carried out, the huge financial investment required to construct, operate and maintain the plant may completely ruin any future effort to implement recycling and other components of Zero Waste resource management, which is far most sustainaible than burning discards. The plant will have profound effect on the fragile island environment with the release of dioxins and other unintentional POPs (UPOPs) into the air, soil and water and the lack of secure facility for the byproduct ash, which is highly hazardous", est-il indiqué dans la pétition.

En tant que signataire de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POPs), soulignent les dirigeants de l'ONG, Maurice a l'obligation de réduire "at a minimum reduce the total releases derived from anthropogenic sources of each of the chemicals with the goal of their continuing minimization and, where feasible, ultimate elimination". "The convention furthers calls for the promotion and use of substitute or modified materials, products and processes to prevent the formation and release of chemicals. This implies that other strategies to handle waste may help better fulfill the Government's obligations under the Convention. Parties to the Convention are further required to comply with the Best available techniques/best environmental practices requirements for new facilities falling under source categories of unintentional by products POPs", ajoutent-ils.

Plus loin, les membres de l'IPEN soutiennent que les enjeux liés à ce projet d'incinérateur sont importants pour les populations dans la région de La Chaumière et de l'île Maurice en entier, estimant qu'elles ont droit à un "clean and safe environment." Ils concluent leur message dans la lettre en ces termes : "We urge the Governement of Mauritius so switch to socially just, climate-friendly and sustainaible solutions to the country's waste and energy problems."

Pour rappel, le gouvernement est toujours en négociation avec le promoteur du projet d'incinérateur en vue d'arriver à un accord sur le prix que l'État aura à payer pour qu'il traite les déchets du pays et le prix de l'électricité qui sera relayé sur le réseau du Central Electricity Board (CEB). Ce projet, également contesté par les membres de la société civile qui se sont regroupés au sein de la Plate forme antipollution (PAP), contestent actuellement le permis d'Environment Impact Assessment (EIA) octroyé à Gamma-Covanta l'année dernière. Les investissements estimés dans ce projet sont de l'ordre de Rs 5 milliards.

 

Menaces sur la santé et l'environnement

Ampoules économiques, mais potentiellement dangereuses…

Existe-t-il une stratégie pour éliminer les milliers d'ampoules récupérées par le Central Electricity Board (CEB) contre l'achat à prix réduit des ampoules économiques ? Pas si sûr. Répondant à une question parlementaire du député Joe Lesjongard, le ministre des Utilités publiques, Abu Kasenally, a tout simplement indiqué que les arrangements nécessaires avaient été faits pour se débarrasser de ces ampoules. Le même discours est prononcé au Central Electricity Board (CEB). Au-delà des bienfaits de cette initiative, le procédé à adopter pour la destruction et l'élimination des ampoules à incandescence (classiques) n'a pas semblé jusqu'ici interpeller les décideurs. Les risques liés à l'environnement existent. Le danger est encore plus réel en ce qui concerne les ampoules "économiques" parce qu'elles contiennent du mercure, une matière hautement toxique et dangereuse. C'est là où le bât blesse. Car rien n'a été fait jusqu'ici pour sensibiliser la population concernant les dangers écologiques et sanitaires liés à ces ampoules dites économiques une fois inutilisables ou considérées comme un déchet.

"Nous en sommes conscients. Nous avons pris les dispositions nécessaires pour le disposal des ampoules que nous récupérons tous les jours", faisait-on comprendre au CEB en fin de semaine. À ce jour, les informations sont relativement floues concernant le procédé qui sera utilisé pour la destruction et l'élimination de ces ampoules à incandescence. Tout porte à croire, selon nos informations, qu'elles pourraient être enfouies au centre de Mare Chicose. Pour l'ancien ministre des Administrations régionales et député du MSM Joe Lesjongard, le problème reste entier. "Je ne suis pas contre le remplacement des ampoules, mais cette mesure doit être accompagnée d'une disposal policy à cause des risques liés à l'environnement", déclare-t-il.

Le député MSM a vu juste. Les risques existent et sont réels si l'on tient en compte l'importante quantité d'ampoules qui seront récupérées par le CEB qui, en contrepartie, fixe pour objectif d'en mettre un million sur le marché à un prix très accessible. À ce jour, 65 000 lampes fluorescentes compactes (LFC) - ou ampoules économiques - ont été vendues aux abonnés du CEB, indique un communiqué émanant des services d'information du bureau du Premier ministre. Le communiqué ne précise cependant pas le nombre d'ampoules qui ont été récupérées à ce jour.

Cette initiative du CEB vise à aider le pays à réduire la consommation d'énergie des foyers."Chaque famille peut économiser environ Rs 20 mensuellement sur sa facture d'électricité", fait ressortir le communiqué, qui ajoute également qu'elle permettrait le pays de réduire sa dépendance sur les énergies fossiles. La distribution des ampoules économiques à un prix réduit est une mesure qui a connu pas mal de succès dans de nombreux pays à cause de leur faible consommation d'énergie.

C'est justement là où le point soulevé par le député Lesjongard gagne en pertinence. Car ce sont des dizaines de milliers d'ampoules que le CEB récupérera et détruira, laissant ainsi imaginer les dégâts que cela pourrait générer. D'où l'importance de la mise en œuvre d'une politique d'élimination de ces types de déchets. Donc, comment le CEB compte-t-il aborder cette première question ?

L'aspect qui devrait tous nous interpeller dans cette campagne d'energy saving porte en fait sur la stratégie du CEB pour informer et sensibiliser la population par rapport aux dangers des lampes fluorescentes. Au-delà des avantages que procurent les lampes économiques - elles consomment entre 4 et 5 fois moins d'énergie et contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre produites par des centrales électriques à combustibles fossiles -, il est primordial que le consommateur soit informé de la manière dont l'utiliser et s'en débarrasser une fois qu'elle aura terminé son cycle de vie où qu'elle s'est brisée accidentellement (voir plus loin les précautions à prendre).

65 000 lampes déjà distribuées

Or, comme le précise le CEB, 65 000 ampoules dites économiques ont été distribuées à travers le pays, sans qu'aucune campagne d'information n'ait été conduite pour sensibiliser le public au sujet des précautions à observer. Manquement ou oubli ? Qu'importe, puisqu'il semble également que la question d'élimination de ces lampes n'a pas jusqu'ici interpellé les décideurs. Donc, comment se départir des ampoules à part de les jeter dans nos poubelles et, connaissant les mauvaises habitudes de certains, de les jeter dans la nature ? Le CEB compte-t-il mettre en place un système de collecte pour éviter que ces ampoules une fois transformées en déchets soient traitées et éliminées selon les normes sanitaires et environnementales ?

D'après les recherches effectuées et les pratiques adoptées dans les pays soucieux de leur environnement et de la santé des populations, des programmes de recyclages ont été mis en œuvre pour se départir de ce type de déchets. Le CEB y a-t-il pensé ?

Il est réconfortant de constater que le CEB a retenu les services d'un consultant pour l'aider à avoir accès aux Carbon Credits (fonds de la Banque mondiale) mis à la disposition de projets innovateurs et favorisant la réduction des gaz à effet de serre sous le Clean Development Mechanism (CDM) du Protocole de Kyoto. Mais le pays, qui aspire à devenir une "île durable", atteindrait plus rapidement ses objectifs si les décideurs, dans l'empressement, arrivaient à renoncer aux raccourcis ou décisions hâtives et de voir, enfin, plus large avant d'entreprendre une action. Quelque que soit le cycle de vie d'une lampe économique (4 ou 5 ans), c'est tout de même un million de lampes que le pays aura sous ses bras dans cinq ans. Et aussi 350 000 foyers qui en seront concernés.

Il n'est donc jamais trop tard pour réfléchir comment se débarrasser de ces lampes lorsqu'elles seront usées. L'incinération et l'enfouissement sont à déconseiller !


Les précautions d'usage

Les produits contenant du mercure ne devraient pas être jetés dans les poubelles et le mercure liquide ne devrait jamais être versé dans le drain. Un rejet de mercure selon la quantité contenue dans les produits ménagers, comme les lampes fluorescentes compactes (LFC ou ampoules économiques), peut se poser comme un risque de danger pour la santé. Il est donc nécessaire de faire le nettoyage et l'élimination de façon adéquate au cas où la lampe se briserait. Le plus grand risque pour la santé serait de se couper avec un éclat de verre. Cela dit, les LFC doivent être manipulées avec soin et éliminées de façon sécuritaire.

Ces risques peuvent être minimisés en suivant ces instructions de base préconisées par les agences internationales :

Lorsqu'une LFC se casse sur une surface dure :

Ouvrez les fenêtres (si possible) pour aérer la pièce quelques minutes.

Portez des gants de caoutchouc et ramassez ou balayez les débris avec un papier rigide ou du carton, puis mettez-les dans un sac en plastique bien fermé.

Essuyez la surface avec un "essuie tout" humide et mettez-le aussi dans le sac en plastique.

Mettez le sac au rebut selon les options d'élimination des déchets offertes dans votre localité, tel qu'indiqué ci-dessus.

Lorsqu'une LFC se casse sur un tapis :

Ouvrez les fenêtres (si possible) pour aérer la pièce quelques minutes.

Portez des gants de caoutchouc et ramassez le plus de débris possible avec un papier rigide ou du carton.

À l'aide de ruban gommé (comme du ruban adhésif en toile), ramassez tous les petits morceaux de verre ou les particules fines et, si nécessaire, passez l'aspirateur et jetez immédiatement le sac d'aspirateur avec les débris et le ruban gommé dans un sac en plastique bien fermé.

Mettez le sac au rebut selon les options d'élimination des déchets offertes dans votre localité, tel qu'indiqué ci-dessus.


Pourquoi acheter des lampes économiques ?

Pour économiser l'énergie ! Les lampes fluorescentes compactes, ou LFC, ne consomment que le quart de l'énergie dépensée par les ampoules à incandescence ordinaires. Une LFC de 15 watts répand une lumière d'une grande qualité comparable à celle d'une ampoule à incandescence de 60 watts. Les ampoules à incandescence ont un rendement de seulement 5 à 10%, ce qui veut dire qu'une grande partie de l'énergie qu'elles consomment est transformée en énergie thermique plutôt qu'en énergie lumineuse. Par contre, la technologie de l'éclairage fluorescent convertit plus efficacement l'énergie en lumière.

 

Le Week End 7 septembre 2008