L'Express du 07/07/09 (lark: blague, farce)

Balaclava marine lark

by Nicholas Rainer

 

As it is so often the case with impossibly idyllic spots, Balaclava has become a victim of its own beauty. A few years ago, only one hotel straddled the bay. The rest of the shoreline was a necklace of verdant luxuriance; the perfect backdrop for its cerulean waters. Not anymore though. No, not anymore. Balaclava now resembles the sort of holiday hotspot one sees in tourist brochures of the Dominican Republic or Cancun in Mexico. The bay has been garrotted by a quasi- uninterrupted string of hotels, all of them massive structures which make no effort to blend into their natural surroundings.

Cranes linger menacingly in the background. This is not meant to be a diatribe against development.

Mauritius is a world- renowned tourist destination and, as such, needs the adequate infrastructure to welcome visitors. End of story? Not quite. The enduring tendency to treat development in its narrowest sense, without taking into consideration even the most basic tenets of Integrated Coastal Zone Management, will prove to be highly destructive in the long- term. But what politician cares about the long- term when his career is defined by winning electoral bouts that are disputed every five years? What differentiates Balaclava from other places, such as Flic- en- Flac and Le Morne, which have also become overrun by hotels? Why does it deserve to be treated with more deference than other similarly crowded hotspots? The answer is rather straightforward: it shelters a marine park in its midst. This is a privilege not a bane. It is meant to be a haven for marine creatures, a sanctuary where they can thrive in safety.

Yet with this marine park status come certain responsibilities, such as having a buffer zone to protect the park from the vagaries of development.

In Balaclava’s case however, hotels have been built a few metres from the protected spot. Promoters and authorities, in their infinite wisdom, seem to have confused amusement and marine parks.

I see no other alternative than to rescind its marine park status. The country’s other marine park, Blue- Bay, which is also on the Ramsar list of wetlands of international importance, also has its fair share of problems. Policing is patchy at best and there have been multiple reports of spearfishing in its waters. The Ramsar committee shall soon be informed of this unacceptable state of affairs.

The authorities seem to believe that simply erecting a signboard proclaiming the site’s lofty status suffices to secure its longevity.

How deluded they are. Yet for all its shortcomings, Blue- Bay has been spared from the sort of superstructures that blight Balaclava.

Development and environmental conservation are not mutually exclusive. With the help of thorough planning and political will, they can in fact feed off on each other. This makes economic sense because tourists are increasingly looking towards ethical forms of tourism. This also means that you have to choose between short- term gain and long- term sustainability.

Sometimes less really is more. Unfortunately in Balaclava’s case, it’s too late to make the right choice.

 

 

FONCIER
La MSPA : « L’immobilier permet de
recouvrer les investissements
dans le secteur sucre »

 

Alain BARBÉ

 

LES sucriers accentuent leurs investissements dans l’immobilier. Pour de multiples raisons : recouvrement des investissements, diversification des activités et optimisation des avoirs.

Ainsi, aprés les investissements du groupe CIEL ( dont fait partie Deep- River Beau- Champ) dans Anahita, Médine dans Tamarina et le groupe Espitalier Noël Ltd dans les Villas Valriche, voilà que Mon Trésor ( maintenant Omnicane ) et Flacq United Estates Ltd ( FUEL) envisagent de se lancer dans des projets immobiliers et d’ Integrated resorts scheme ( IRS).

Jacques d’Unienville, Chief Executive Officer d’ Omnicane et président de la Mauritius Sugar Producers Association ( MSPA), estime que les investissements dans l’immobilier aideront les sucriers à récupérer les gros investissements notamment dans les centrales thermiques, raffineries et distilleries de même que le voluntary retirement scheme , l’irrigation et la mécanisation.

« Pour l’instant, nous avons mis au frigo nos projets dans l’immobilier en raison de la crise internationale. Nous continuons à travailler sur ce projet et une fois la crise internationale passée, nous irons de l’avant » , dit- il.

Jacques d’Unienville est convaincu que l’immobilier reste un secteur d’avenir.

« Il y a des terres qui se prêtent moins bien à la culture de la canne. Certes, nous consolidons le secteur sucre mais il y a de la place pour d’autres développements. Nous nous sommes positionnés dans l’industrie canniére avec des projets autour de la canne » , explique- t- il.

A Jean Li Yuen Fong, directeur de la MSPA, d’ajouter que les membres de cette association sont avant tout des producteurs sucriers et agricoles. Ces derniers exploitent leur patrimoine agricole afin d’honorer leurs engagements en matiére d’approvisionnement des pays européens en sucre blanc. « Cela reste leur priorité. Mais le pays connaît d’autres développements économiques.D’où l’investissement dans le foncier et l’immobilier qui se fait sur une trés faible partie de leurs terres. Cette évolution cadre bien avec le développement économique du pays » , souligne notre interlocuteur.

Développement résidentiel et commercial

FUEL, qui posséde quelque 2000 hectares de terres considérées peu favorables à la production sucriére, compte aussi investir dans l’immobilier. Dans ce contexte, FUEL Properties Ltd ( FPL) a été incorporée dans le but de conceptualiser et de réaliser des projets de développement dans ce secteur. Elle aura pour mission d’examiner le potentiel de développement des terres et la façon dont elles peuvent être utilisées au mieux.

Selon Jan Bergman, General Manager de FPL et de la compagnie JBB Properties de Cape Town, les terres de FUEL offrent une variété d’opportunités de développement résidentiel et commercial. Des négociations sont en cours sur les différentes options qu’offrent les régions de Trianon et Beau- Rivage. FPL étudie, par ailleurs, les opportunités de développement résidentiel et commercial à Providence, Quartier Militaire et aux environs de Plaine- des- Roches. Elle travaille également sur un projet résidentiel « upmarket » à Piton, qui devrait se faire à la mi- juillet.

Médine envisage, pour sa part, une nouvelle phase de construction de villas à Tamarina. De plus, des investissements dans un projet de développement commercial, résidentiel et de complexe de loisirs dans la région Ouest de l’île est aussi à l’étude.

« Les activités sucre restent mais on tend vers la diversification. Ceci car le sucre passe par une phase relativement nébuleuse. Les usines ne font pas que le sucre aujourd’hui. Les sucriers recherchent d’autres alternatives pour optimiser leurs avoirs » , précise Jacques Forget, administrateur de Médine.

« Il y a la baisse du prix du sucre de 36 %. Le Protocole sucre arrive à terme en 2015. Les sucriers brassent le plus large possible » , ajoute- t- il.

Le groupe ENL Ltd , qui a initié les IRS Villas Valriche à Bel- Ombre, s’est présentement engagé dans La Balise Marina à Riviére- Noire et dans un autre projet IRS colossal à Savinia, situé dans le Sud. Il est en partenariat avec un important groupe étranger pour un développement intégré commercesbureaux- résidences dans la région de Réduit– Bagatelle.

L'Express 03 juil 09

 

L'Express 21 juin 2009

BON SENS
Maurice- Ecologie

Malenn OODIAH

 

 

Notre planéte Terre est en danger de mort. Le film Home de Yann Arthus- Bertrand projeté dans 130 pays le 5 juin est venu confirmer l’existence de cette menace. Aux récentes élections européennes, le mouvement écologique, dont la liste Europe- Ecologie animée par Daniel Cohn- Bendit en France, a fait une percée. La conscience et le mouvement écologistes se développent dans tous les pays du monde. Quid de Maurice ? S’il y a un domaine où la dimension globale a toujours été d’actualité, c’est bien l’environnement, avec comme principe corollaire, « Think Global Act Local » . Depuis la catastrophe de Tchernobyl, on sait que la pollution ne s’arrête pas aux frontiéres. C’est établi que la déforestation de la forêt amazonienne, poumon de la Terre, contribue au réchauffement climatique, qui, s’il n’est pas contenu, aura des effets désastreux pour tous les pays de la planéte.

Aprés le refus de l’administration Bush d’adhérer au Protocole de Kyoto, la politique de Barack Obama en matiére d’environnement est source d’espoir et permet de penser qu’il y aura de réelles avancées lors du sommet de Copenhague en décembre 2009.

Partout dans le monde, de la Chine à l’Inde en passant par des pays de l’Amérique latine, la conscience et le mouvement écologistes se développent, s’amplifient et s’intensifient. Si la solution doit être globale, ce sont les actions locales qui vont y contribuer.

La naissance d’une conscience et d’un mouvement écologistes à Maurice remonte à 20 ans, avec l’ONG SPACE animée par Nalini Burn, avec ses combats sur la route de Bassin- Blanc, Mare- Chicose et la plate- forme SOS Plages. Il y a eu aussi Friends of the Environnement . Depuis, la conscience a traversé plusieurs étapes faites d’inévitables contradictions et manquements, mais aussi de réelles avancées. Pêle- mêle, il y a eu une conception naturaliste avec comme seule préoccupation les espéces menacées, une position intégriste incapable de penser les rapports complexes développementenvironnement pourtant déjà conceptualisés dans le fameux rapport Bruntland de 1972, une confusion tantôt entre environnement et embellissement, des tentatives de banalisation, voire de récupération du concept de développement durable car « politically correct » . Ceci étant, il y a de réelles avancées sur tous les fronts, même s’il faut se rendre à l’évidence que nous n’avons pas su ou pu nous donner les moyens de nos ambitions. Et nous le voyons aujourd’hui avec le projet Maurice Ile Durable ( MID).

Lancé en juin 2008, MID est un projet stratégique s’inscrivant dans une économie de la responsabilisation de tous les acteurs du développement. Il faut tout mettre en oeuvre pour rattraper le retard pris dans la mise en oeuvre de cette nouvelle philosophie du développement : « Croître, développer et vivre autrement » , pour reprendre la formule du professeur Joël de Rosnay.

Quelle est la place de l’écologie chez nos grands partis politiques ? En analysant les prises de position des partis politiques depuis septembre 2008, on a la nette impression qu’ils n’arrivent pas à saisir le poids de la dimension écologique dans la crise systémique que nous traversons.

Leurs prises de position, ou plutôt l’absence de prise position, dans le débat sur l’incinération de déchets montre pêle- mêle tantôt un amalgame dangereux, tantôt une indifférence irresponsable, quand ce n’est pas tout simplement ce que de nombreux citoyens considérent comme étant de la lâcheté. A l’exception des courants animés par Jack Bizlall et Ashok Subron, le mouvement syndical, de même que les associations de consommateurs ne semblent pas eux non plus avoir intégré la nouveauté de la crise pour repenser leur revendications et stratégies de lutte. On est dans une crise de représentativité de certaines inquiétudes et angoisses de la société civile. Les ONG sont en train de prendre le relais… Les temps forts de la lutte écologiste de ces dix derniéres années concernent la Vallée de Ferney – sauvegarde d’une partie de la forêt endémique – et de l’Ile des Deux Cocos – sauvegarde du parc marin de Blue- Bay. De nouvelles ONG, Nature Watch et Eco- Sud, ont vu le jour pour mener ces combats. Depuis peu, il y a Mission Verte, qui entend inscrire son action dans la durée de maniére concréte avec une dimension sociale au bénéfice des démunis et des PME. Il y a aussi une sensibilité altermondialiste animée par la philosophie de la décroissance.

Rezistans ek Alternativ explique bien sa position dans le texte « Green capitalism or eco- socialism » . L’eco- développement interpelle aussi de nombreux citoyens et forces vives. Comme partout ailleurs, on trouve plusieurs courants et sensibilités traversés par des contradictions. Peut- on s’attendre à la constitution d’un front, voire d’un mouvement Maurice- Ecologie ? En attendant, quelles sont les perspectives ? Faire pression sur les partis qui aspirent à diriger le pays pour qu’ils déclinent concrétement dans leurs projets de société et leur programme, leur vision du développement durable.

Proposer des alternatives concrétes dans plusieurs domaines, conformément à la philosophie du développement au niveau local, régional et national.

OEuvrer pour dégager, avec toutes les difficultés que cela comporte, une plateforme minimaliste regroupant toutes les sensibilités, si possible, afin de mettre à l’agenda national la dimension écologique du développement.

Engager le débat sur le document « Green Capitalism or Eco- socialism » pour imaginer un modéle de développement qui puisse réconcilier un systéme socio- économique performant avec toutes les exigences et contraintes de la crise de la mondialisation à la satisfaction du plus grand nombre.

L’avancée sur le front du développement durable a un réel potentiel pour que se développent une conscience et une identité eco- citoyenne comme anti- dote à l’instrumentalisation de l’ethno- politique, véritable poison pour notre devenir à tous.