À CUREPIPE Prise de position

Le ministre de l'Environnement s'engage pour le tri des déchets

Le ministre de l'Environnement et de la NDU, Lormus Bundhoo, a fait hier un vibrant plaidoyer pour le tri des déchets, allant même jusqu'à suggérer aux municipalités et aux conseils de districts d'introduire une obligation légale auprès des promoteurs immobiliers sous leur juridiction d'inclure dans leurs projets respectifs un espace pour ce mode de ramassage d'ordures. C'était lors du lancement officiel du tri d'ordures à Curepipe.

" Dan triaz ena lavantaz ! " C'est le slogan que le ministre Bundhoo a proposé, à la fin de son discours de circonstance, pour encourager les Mauriciens à trier leurs déchets à la source. Il intervenait à la salle du Conseil de la municipalité de Curepipe, lors d'une cérémonie marquant le lancement officiel du tri d'ordures dans la ville. Le maire Michaël Sik Yuen, l'adjoint Allan Wright, le Chief Executive, Krishnanan Isram, le président de la Commission Environnement, Ajay Kumar Fagoonee, entre autres invités, étaient présents.

Au début de son discours, M. Bundhoo a énuméré les inconvénients du présent système de ramassage d'ordures, dont cette odeur nauséabonde dans le sillage des camions à ordures à travers villes et villages et les risques de contamination de nos nappes d'eau souterraine.

Le ministre a, dans ce contexte, déploré que des compagnies ayant la responsabilité de transporter des déchets jusqu'aux stations de transfert ne respectent pas certaines normes. " Ena loder parski bann kamion-la na pa bien ferme et pourtan zot travers la vil ", a-t-il affirmé.

Ainsi, le ministre de l'Environnement a préconisé le tri des déchets comme solution acceptable au plan environnemental. " Si pa fer tri salte, so konsekans pou sitan grav ki pa kapav imazine ! ", a-t-il laissé entendre. Et de rappeler que les Mauriciens génèrent quelque 400 000 tonnes de déchets par an, et que l'Etat dépense une importante somme dans ce contexte.

Le ministre s'est dit plus en faveur du tri de déchets ; outre les quelque 70% de nos ordures qui sont " organiques ", les 23% autres sont du papier, et 8% du plastique, plus particulièrement des bouteilles en plastique PET, indique-t-il. " Nous utilisons 65 à 70 millions de bouteilles en plastique à Maurice ", a-t-il affirmé.

D'où l'appel que Lormus Bundhoo a lancé : " Il est grand temps de changer nos mauvaises habitudes et de prendre conscience des inconvénients du présent système et d'adopter le tri ; tri-la bizin koumans dan lakaz mem ", a-t-il insisté en parlant du Green School Project que son ministère a étendu cette année à toutes les institutions éducatives de Maurice.

Par ailleurs, " fode ki minisipalite ek District Council donn incentive pou ki ena enn tri masif dese ". Selon le ministre, il s'agit de " faire obligation aux nouveaux promoteurs immobiliers d'avoir un espace pour le tri des déchets et un moratoire aux anciens pour qu'ils puissent se plier aux nouvelles lois ".

Dans son discours, le maire Sik Yuen a rappelé pour sa part que des séries de quatre poubelles seront installées à la gare Jan Palach (Sud), devant le Collège Royal de Curepipe, au Trou-aux-Cerfs, à rue Teste-de-Buch, sur la route Royale à hauteur de Cité-Pitôt, dans la cour de l'Hôtel de Ville et à la place des taxis et camions à Curepipe Road. La poubelle bleue contiendra les cannettes et autres récipients en aluminium (can), la jaune les papiers et autres cartons (paper), la verte les sacs et autres bouteilles en plastique (plastic) et enfin, l'orange les déchets en général (general trash). Chacune de ces poubelles porte le slogan " Keep Curepipe Green and Clean ".

Le maire a annoncé que ces poubelles seront également installées sur les parkings de certains libre-services de la ville. " Maintenant, il nous faut sensibiliser le public à la manière d'utiliser ces poubelles ", a-t-il poursuivi, avant d'énumérer les projets de la municipalité.

Le président de la Commission Environnement, Ajay Kumar Fagoonee, a lui plaidé pour un environnement propre et sain.

Le CE de la Ville, Krishnanan Isram, était le maître de cérémonie.

Les invités se sont par la suite rendus à la gare Jan Palach Sud où, dans un geste symbolique signifiant le lancement du projet, le ministre a jeté une bouteille en plastique dans la poubelle prévue à cet effet.


 

Plaidoyer pour l'Agenda 21

" Tout développement durable doit impérativement inclure les principes de l'Agenda 21, afin de ne pas compromettre la chance des générations futures ", a plaidé vendredi dernier au cinéma Star, au Caudan, le ministre de l'Environnement, Lormus Bundhoo, lors de la première du film écologique de Yann Arthus-Bertrand et de Luc Besson, Home.

L'Agenda 21 (ou Action 21) est un plan d'action pour le XXIe siècle adopté par 173 chefs d'État lors du Sommet de la Terre, à Rio, en 1992. Avec ses 40 chapitres, ce plan d'action décrit les secteurs où le développement durable doit s'appliquer dans le cadre des collectivités territoriales. Il formule des recommandations dans des domaines aussi variés que la pauvreté, la santé, le logement, la pollution de l'air, la gestion des mers, des forêts et des montagnes, la désertification, la gestion des ressources en eau et de l'assainissement, la gestion de l'agriculture, et la gestion des déchets.

En parallèle à ce plan d'action, une déclaration sur l'environnement et le développement a été adoptée. Elle énumère 27 principes à suivre pour mettre en œuvre l'Agenda 21.

" Notre objectif premier est de rechercher un équilibre entre nos besoins économiques, environnementaux et sociaux. C'est cela le développement durable ", a expliqué Lormus Bundhoo. Il a rappelé que c'est dans ce contexte que le gouvernement a mis en œuvre le projet Maurice-Île-Durable.

Rappelons qu'il y a quelques années, le ministère de l'Environnement avait fait une tentative pour inciter les collectivités locales à élaborer chacune leur Agenda 21. Mais le projet n'a pas abouti.

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ENVIRONNEMENT Green World Initiative

 

EIA : Public Hearing Committee réclamé

L'avis de la population doit être considéré lors des exercices d'Environmental Impact Assessment (EIA) en vue d'une licence aux promoteurs de projets constituant une éventuelle menace à l'environnement. C'est ce que soutiennent les membres du mouvement Green World Initiative, dans le cadre de la Journée mondiale de L'Environnement célébrée vendredi dernier.

Les membres de ce mouvement réclament de ce fait qu'une disposition soit incluse dans l'Environment Protection Act de 2002, en vue d'établir un Public Hearing Committee. L'on propose que ce dernier vienne remplacer l'actuel Hearing Committee, l'objectif étant que le public prenne part aux discussions autour de certains projets, " comme tel est le cas en Inde ".

" Le public a le droit de donner ses points de vue car souvent des projets font l'objet de vives contestations après que le permis EIA a été octroyé ", affirme Baby Joson, président de Green World Initiative. " Il faudrait par exemple, ne pas permettre au Permanent Secretary du ministère de l'Environnement de présider le Public Hearing Committee ", suggère Baby Joson.

Par ailleurs, le mouvement réclame que le directeur, son adjoint, et les officiers des ministères et des corps para-étatiques ne soient pas inclus dans l'étape décisionnelle de l'octroi de la licence EIA et que ces derniers forment plutôt partie d'un Environment Decisional Committee, composé de quinze membres. Autre suggestion de Green World Initiative : que ce comité soit présidé d'emblée par un ancien juge, disposant du soutien de certains spécialistes et de membres de la société civile locale.

 

Évoquant le projet d'incinérateur à La Chaumière, le Mouvement Green World Initiative parle " d'incohérence et de contradiction flagrante " au

sein du gouvernement. " D'une part, il y a le ministère du Tourisme qui veut promouvoir une Ile Maurice Verte afin d'attirer deux millions de touristes, et de l'autre, vous avez le PM qui se montre en faveur du projet Gamma Covanta ", avance le porte-parole du mouvement.

Le projet d'incinérateur découragerait, selon Green World Initiative, des touristes à choisir Maurice comme destination. " Ce projet constitue une réelle menace pour les habitants de l'île, qu'ils habitent Triolet, Grand-Baie, Flacq, Mahébourg ou Bambous ", affirment des membres de cette plateforme. Et d'arguer : " Mem dan lanfer sa proze-la pa apropriye. "

 

 

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INTÉGRATION Right To Live

" Le droit au moins de survivre ! "

Dans le sillage des agitations notées en 2008 dans plusieurs domaines - politique, économique, social, syndical, etc. -, un groupe de jeunes de la région de Stanley/Trèfles a décidé de s'unir pour fonder Right To Live (R2L). Cette ONG regroupe des personnes individuelles et des représentants d'autres ONG, forces vives ou organisations sociales à travers l'île.

" Les discussions que nous avons eues nous ont permis de constater qu'il y a d'énormes ressources dans le pays, mais que malgré cela il y a des gens qui vivent dans une misère inacceptable. Trop de gens dans le besoin n'arrivent pas à prendre avantage de ces ressources, ne savent pas quelles démarches effectuer pour tirer profit de ce soutien que les diverses institutions proposent pour alléger la pauvreté ou les divers problèmes de société ", explique Rajen Valayden, porte-parole et PRO de l'organisation. " R2L recherche donc à être ce lien entre ces personnes qui ne demandent qu'à être soutenues - Empowered - et les autorités qui n'arrivent pas à les atteindre pour diverses raisons ", ajoute-t-il.

Rajen Valayden affirme que si la plupart des ONG sont spécialisées dans un domaine spécifique, R2P se propose d'avoir une approche globale aux problèmes de notre société à travers ses trois cellules : une cellule économique, une deuxième sociale et une troisième environnementale.

La cellule économique, par exemple, est en train d'encadrer un groupe d'anciens toxicomanes au chômage afin de les aider à lancer un petit élevage de poulets. " Avec l'aide de personnes compétentes en la matière, nous élaborons leur business plan, puis nous les mettons en contact avec les divers bailleurs de fonds disposés à les soutenir ".

Sur le plan social, R2L dit avoir compris que les femmes ont un rôle très important dans le développement. " Actuellement, nous encadrons environ 75 femmes pour les aider à devenir des entrepreneurs ".

La lutte en faveur de l'environnement occupe d'autre part une grande place dans les activités de R2L, car la plupart de ses membres résident dans une localité où l'on perçoit de graves menaces à l'environnement : le projet d'incinérateur de Gamma-Covanta et la station de transfert de St-Martin (l'ancien " Engrais ").

" Ce dépotoir est là depuis les années 1960. Et nous avons constaté que les gens vivant à proximité ont développé divers problèmes de santé avec le temps. Imaginez leur calvaire, une fois le projet d'incinérateur opérationnel et avec cette station de transfert, où vont certainement transiter tous les déchets de Maurice en attendant d'être brûlés ! ", s'indigne Rajen Valayden.

" Nos activités sont en ligne avec le nom que nous avons choisi, R2L, afin de donner à chacun le droit au moins de survivre ".

Comme projet, R2L compte élaborer un Green Plan (sorte de programme environnemental) et une campagne contre la prolifération des maisons de jeu à travers l'île. " C'est une véritable plaie sociale ", soutient Rajen Valayden.

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POLLUTION

 

Il y a l'incinérateur, mais aussi d'autres nuisances

On parle de Maurice Ile Durable depuis un certain temps déjà. Quelque chose est en train de bouger au niveau du public et aussi au niveau du gouvernement, même si ce dernier devait faire plus, à mon avis.

Faute de temps, à cause de mon travail, je n'ai pas pu participer à la marche pour faire entendre nos voix contre le projet d'incinérateur à La Chaumière. Au niveau mondial, on sait fort bien combien est dangereux un incinérateur pour la santé des personnes, surtout celles qui habitent dans les environs. C'est vrai aussi qu'à Maurice, les déchets sont un problème majeur, en ce qui concerne l'environnement. Il y a encore beaucoup de chemin à faire en ce domaine, surtout pour une mentalité de recyclage. Comme le dit fort bien l'écologiste et maire français Danny Dietmann (voir Le Mauricien du mercredi 27 mai 2009) : " Il n'y a pas de déchets des produits jusque-là non utilisés ". Il encourage fortement le recyclage, chose qu'il a expérimentée dans sa commune et qui est tellement rentable pour tous !

Si la construction d'un incinérateur pose de sérieux problèmes à la santé des citoyens, il faut aussi avoir le courage, tant au niveau du gouvernement qu'à travers des manifestations dans la rue, de regarder ailleurs. Combien de fois a-t-on déjà entendu parler de la pollution que crachent chaque jour les véhicules ? Il y a même une Police de l'environnement pour faire respecter cela.

Mais que voyons-nous tous les jours sur nos routes, même les plus éloignées des grands axes routiers ? Il suffirait de se rendre quelques minutes à la gare Victoria pour se rendre compte du danger pour notre santé. Les moteurs des bus à l'arrêt continuent à tourner et ce n'est pas de l'oxygène qu'ils crachent ! Mais personne ne dit et ne fait rien, parce que les gens ont besoin du transport et un contrôle sérieux ferait clouer au sol la plupart de ces véhicules. Il faut aussi mentionner les camions, les vans et les 4x4 qui sillonnent notre cher pays. Et quand vous êtes en train de suivre ou de croiser un tel véhicule, on pense tout de suite : il roule au charbon tellement la fumée qui émane des pots d'échappement est noire. Il suffit d'une petite montée comme la route Vandermeersch de Beau-Bassin à Rose-Hill et la fumée envahit l'air. Ou bien quand vous êtes à l'arrêt d'autobus, surtout en ville, pour attendre votre transport : personne ne réfléchit un seul instant à l'air pollué qu'on respire. Mais qui proteste ? Personne, parce que derrière il y a de gros intérêts économiques et quand on parle d'argent tout est possible, même au détriment de notre santé.

Donc, protester contre l'incinérateur, c'est bien, c'est notre devoir de citoyens, mais nous devons ouvrir les yeux même sur d'autres réalités qui nuisent à notre santé.

Gianni

L’Express 9 juin 2009

 

 

L'Express du 10-06-09

INDUSTRIE
Une usine de recyclage de
papier créera 200 emplois

Maurice a le vent en poupe. Des investisseurs chinois ont, une fois de plus choisi notre île pour un projet d’envergure. Cette usine spécialisée dans le recyclage permettra à des centaines de personnes de trouver de l’emploi.

UNE fois encore, les Chinois investissent chez nous. Après Tianli Spinning Mauritius Co Ltd et Huawei Technologies ( Mauritius) Co Ltd , c’est au tour de la compagnie Luo Fu De Enterprises Co Ltd ( LFDE) de s’implanter à Maurice. Elle compte investir quelque Rs 200 millions dans une usine de recyclage du papier.

Le gouvernement chinois encourage ses compagnies, surtout celles qui ont déjà fait leurs preuves, à s’implanter à l’étranger.

Pour la petite histoire, un des ingénieurs chinois engagé dans la construction de l’usine de LFDE a déjà contribué au démarrage de pas moins de 100 usines de recyclage de papier en Chine.

« L’entrée en opération de la ‘ Tianli Spinning Mauritius Ltd’ ayant été une réussite, le promoteur de LFDE a envisagé d’autres opportunités d’investissement à Maurice, notamment dans le domaine du recyclage. Une importance particulière sera attachée à la qualité des produits et à la protection de l’environnement. Les prix des produits seront très compétitifs. L’opération de l’usine de recyclage s’inscrit dans le cadre du projet de Maurice île durable. Ce sera la première usine de recyclage de papier à Maurice » , déclare Jean Noel Wong, partenaire de Kemp Chatteris Deloitte , consultants financiers de LFDE. Selon ce cabinet de consultants une tonne de 100 % du papier recyclé équivaut à au moins 17 arbres sauvés, 7000 gallons d’eau économisés, ou encore 4100 kilowatts/ heure d’énergie de gagnés – ce qui serait suffisant pour fournir l’électricité à une maison pendant six mois.

Environ 60 % du papier est recyclé au Japon et 50% aux Etats Unis. La construction de l’usine, confiée à une autre entreprise chinoise, a déjà démarré à La Tour Koenig.

Elle sera opérationnelle d’ici octobre. La production sera de 3600 tonnes de produits de papier recyclé par an, pendant la première phase d’opération.

Ainsi donc, du papier hygiénique – qui sera produit entièrement à partir du papier recyclé – et les mouchoirs en papier – qui seront fabriqués à partir de la pâte à papier importée de l’empire du Milieu – en seront les produits dérivés.

A noter que la production de l’usine représentera environ 50% des importations actuelles de papier hygiénique et de mouchoirs en papier.

Par ailleurs, pour la deuxième étape de son développement, prévue pour l’année prochaine, LFDE compte doubler sa production. Cela lui permettra de se lancer dans la production du papier gris ( qui pourrait facilement remplacer les sacs en plastic si nuisibles à l’environnement) et de boîtes en carton.

La superficie de l’usine en construction lui permettra par ailleurs de répondre à ses besoins pour la deuxième phase.

La production de LFDE sera essentiellement destinée au marché local, même si, dans un deuxième temps, l’exportation vers des pays de la région est envisagée.

Dans un premier temps, l’usine devrait permettre à une centaine de personnes de trouver un emploi. Ce chiffre devrait doubler après lors de la seconde phase du projet.

Des tractations seront entreprises auprès des supermarchés et des groupes de presse, qui sont des demandeurs de la matière première produite par LFDE. La mise en opération de la compagnie devrait représenter environ Rs 300 millions par an en termes d’économie de devises.

Zhang Ying Man, promoteur de LFDE, est à Maurice depuis 1999. Il a été étroitement impliqué dans l’installation de la Tianli Spinning Mauritius Ltd à Quartier Militaire. Cette filature a déjà connu deux phases d’extension depuis son implantation.

Une troisième est même envisagée. Luo Fu De Enterprises Co Ltd devrait connaître le même succès.

 

Le Mauricien du 10-06-09

DÉCHETS Le ministre David ce matin à l'UTM :

" Pas de monopole sur nos sources d'énergie ! "

Sans jamais citer nommément le projet d'incinérateur de Gamma-Energy, le ministre des Administrations régionales, de Rodrigues et des Îles, James Burty David, a néanmoins clairement laissé comprendre qu'il est (et à travers lui, le gouvernement) en faveur du projet Waste-to-Energy. Il a situé sa prise de position dans le cadre de la démocratisation de nos sources d'énergie. Le ministre intervenait, ce matin, à l'University of Technology, Mauritius, à La Tour-Kœnig, à l'ouverture d'un atelier de six jours sur la gestion des déchets à Maurice.

" Ce qui est important, c'est de tirer un maximum de nos déchets, de démocratiser l'accès à nos énergies. Et ce qui est bien clair dans notre tête, c'est que nous ne devons permettre à aucun monopole d'avoir une mainmise sur nos sources d'énergie. Sinon, ce serait la catastrophe ", a averti, en substance, M. David, devant un parterre de participants à cet atelier, dont des responsables de la University of Technology Mauritius (UTM), des techniciens du ministère des Administrations régionales, responsable de la gestion des déchets, les maires et les Chiefs Executives des différentes villes, ainsi que des présidents de Conseils de districts du pays. " Nous ne voulons être à la merci de personne... Nous voulons démocratiser, diversifier... Nous voulons que chacun ait une part équitable et par-dessus tout, nous voulons que chacun vive dans un environnement propre, sain et sauf ", a-t-il affirmé. " C'est une politique à long terme, une politique bien réfléchie et le gouvernement sait très bien dans quelle direction aller en ce qui concerne la gestion des déchets ", a-t-il poursuivi.

Le ministre avait auparavant affirmé que c'était " la vision " du gouvernement de produire du gaz du centre d'enfouissement de Mare-Chicose et de transformer nos déchets en énergie. " Il y a de l'or dans les déchets ", devait-il lancer. " Nous voulons voir des investisseurs venir et nous aider à trouver les moyens pour transformer et réutiliser nos déchets ", a-t-il ajouté.

" Par rapport au projet Waste-to-Energy, je peux comprendre qu'il y ait des débats passionnés autour C'est dans le cadre de la démocratie... Mais je n'ai rien entendu, il y a quelques années de cela, quand une grosse propriété sucrière voulait transformer les déchets en énergie. Personne n'a protesté. Je n'ai vu personne écrire (contre ce projet), le contestant... Comme si c'était normal ", s'est également écrié le ministre des Administrations régionales. " Laissez-moi le répéter ici : la production d'énergie est une priorité du gouvernement (is high on our agenda) ; les déchets peuvent être transformés en énergie et nous prendrons toutes les précautions nécessaires pour que personne n'ait à souffrir de cette entreprise ", a-t-il promis.

James Burty David s'est, d'autre part, félicité que la campagne de nettoyage national, initié par son ministère avec l'aide des collectivités locales, est en avance sur l'échéance. " Mais nous ne voulons pas que les lieux redeviennent insalubres comme avant, d'où notre appelle à nos concitoyens pour qu'ils se sentent eux aussi concernés ", a-t-il plaidé.

Le directeur général de l'UTM, Dharam Fokeer, a situé la tenue de cet atelier de formation dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l'Environnement. Il n'a pas manqué de féliciter la municipalité de Curepipe (dont le maire Michaël Sik Yuen et le Chief Executive, Krishnanan Isram, étaient présents) pour son initiative d'introduire le tri des déchets à travers la ville.