Incinérateur à La Chaumière Partenariat Gamma-Covanta

Covanta Energy, un partenaire au passé controversé!

Selon le National Labour Relations Board, la même entreprise aurait violé la federal labor law américaine en imposant à ses employés des "illegal rules" couplées de menaces de licenciement dans un employees' handbook.

Covanta Energy ne roule pas des fermes éoliennes, pas plus qu'il n'exploite des parcs photovoltaïque pour produire de l'énergie. Cette société américaine, présentée comme un des leader mondiaux dans la transformation des déchets en énergie, est le partenaire de Gamma dans le projet d'opérer une incinérateur de déchets à La Chaumière. Reste que le passé de cette entreprise continue à susciter interrogations, ici et ailleurs, en raison de son "track record" aux Etats-Unis. Condamnée à payer à maintes reprises des amendes pour pollution de la qualité de l'air et émission aggravée de polluants toxiques aux Etats-Unis, Covanta Energy, a été épinglée le mois dernier dans une affaire de violation des lois du travail et des droits des travaileurs. Aux Etats-Unis comme en Europe, la nouvelle fait beaucoup de bruits actuellement, au point où les populations se montrent de plus en plus réticentes contre la mise en opération de ces installations dans leur voisinage, comme le partenariat Gamma-Covanta, avec l'appui du gouvernement, projette de le faire à La Chaumière. Eclairage sur cette entreprise américaine pesant plus de 50 milliards de roupies.

Aux Etats-Unis, Covanta Energy gère une trentaine d'installations, dont l'appelation varie souvent entre waste-to-energy plant et energy-from-waste plant. "They're trying to change the name, but in the end it's still incineration", disent les écologistes qui militent contre ce procédé dans les programmes de traitement et d'élimination de déchets à travers le monde. Avec les problèmes énergétiques et les changements climatiques, Covanta a conforté sa position sur le marché puisque, dans de nombreux pays, l'incinération des déchets est la solution la plus facile, mais pas forcément la mieux adaptée, pour venir à bout des déchets et en même temps l'utiliser comme une source d'énergie renouvelable.

Certains pays incluent cette filière dans leurs stratégies de gestion de déchets - avec une politique des 3-R à la base (réduire, recyler et réutiliser), d'autres, qui ont tiré leçons et enseignements d'une politique basée sur l'incinération, ont décidé de l'abandonner. Pour des raisons économiques, aussi bien qu'écologiques et sanitaires.

Mais Covanta Energy, cotée en bourse, a depuis des années franchi les frontières américaines pour s'implanter dans tous les coins de la planète. Avec la demande d'énergie qui augmente, la montée en flèche du coût de l'électricité et les nouveaux enjeux environnementaux, l'entreprise américaine a su saisir les nouvelles perspectives dans son créneau de prédilection.

Pertes de milliers de dollars à Lake County, résistence à Middlewich

Son argumentaire est séduisant, surtout en période de crise. "We can be a part of the energy solution. We solve two problems at once," mettent en avant ses porte-parole, qui ne manquent jamais de faire leurs propres éloges par rapport aux décharges ou les techniques d'enfouissement de déchets, leur capacité de réduire le dioxyde de carbone et de diminuer la dépendance sur les combustibles fossiles. Tout en ignorant ou ométtant subtilement qu'il est tout aussi possible de capturer le méthane dans les décharges pour produire de l'électricité ou que cette technique, déjà très répandue, coûte nettement moins chère. Ou qu'ils ont un "track record" pas très élogieux sur le plan environnemental. Ou encore que le contrat qu'ils signent avec autorités gouvernementales ou locales, notamment en Europe, pèse finalement très lourds sur les fonds publics.

A Lake County, par exemple, l'incapacité des autorités de respecter le tonnage de déchets au Covanta Energy, qui y opère un incinérateur, risque de coûter des milliers de dollars. "The county stands to lose as much as $544,000 every month in electric revenues if it falls far short of that tonnage requirement", est-il indiqué sur le journal on-line, Orlando Sentivel.

"It's a disastrous way of dealing with waste"

Ailleurs, comme en Angleterre, à Middlewich plus précisément, Covanta Energy a formulé sa demande pour opérer une unité de "'Energy-from-waste" ayant la capacité de brûler jusqu'à 370 000 tonnes par an. Convanta indique qu'elle approvisionnera 50 000 foyers avec un tarif réduit - ce qui n'est pas le cas à Maurice concernant le tarif réduit!.

La résistence s'organise magré tout à Middlewich. "It's a disastrous way of dealing with waste," disent ceux qui sont contre dans les colonnes de Middlewich Guardian, alors que Jonathan Guy, secrétaire du Cheshire Anti Incinerator Network (CHAIN) déclare: "It's not something we're taking lying down and we'll be fighting Covanta tooth and nail." Les incinérateurs de Covanta rencontrent la même opposition, si ce n'est les mêmes craintes des populations là où la compagnie veut s'implanter.

Ce qui est le cas au pays des Galles où le promoteur veut construire un gigantesque incinérateur capable de brûler 750 000 tonnes de déchets. Ce qui préoccupe non seulement les populations, mais également les décideurs politiques, ainsi que les dirigeants syndicaux qui ont appris Covanta Energy fait l'objet d'une plainte pour non respect des lois relatives aux relations industrielles. Le journal on-line, Entreprise News.com, confirme cette information en ces termes: "The National Labor Relations Board's regional director has decided that a handbook given to employees by the operator of the SEMASS incinerator in Rochester violated a federal labor law aimed at protecting unionized workers."

Cette affaire répercutée dans la presse aux Etats-Unis suscite intérêt à Wales, d'autant que la plainte porte sur des rèlements internes estimés illégaux et comprend des menaces de licenciement contre tout travailleur qui fournirait des informations sur l'entreprise au gouvernement, les enquêteurs et autre les médias, sans compter d'autres interdictions jugées abusives par les employés. "If we can persuade them to voluntarily correct the violations and post a notice, that would effectively settle the matter. If the employer disagrees with our conclusion, they are entitled to have a trial and it's the obligation of the government to prove there has been a violation of the law", explique un porte-parole du NLRB.

Les employés regroupés au sein d'une organisation syndicale soulignent leur décision "to bring a nationwide complaint against Covanta en vue de confirmer "our charge that this renegade company runs roughshod over workers' rights."

Au Pays des Galles:"Comment avoir confiance dans une société qui a enfreint la loi..."

Covanta affirme toutefois avoir amendé et enlevé les règlements estimés illégaux par le NLRB. Dans un autre article de Wales news, un porte-parole de la société américaine devait pour sa part déclarer que "we recognise and respect the rights of our employees throughout the world and require that all are treated with dignity and respect."

Les bonnes intentions de la compagnie américaine ne convainquent pas pour autant à Wales. Un des membres du Labour Assembly de Methyret Rhymney, Huw Lewis, commente les "black marks" du projet d'incinérateur: "It would be unfair to come to any final decision about these proposals until I am in possession of all the facts, but let's say that this is already the third black mark against the Covanta waste incinerator. First, there was no prior warning to local people that this development was being actively pursued by elements of Government. Secondly, the poor environmental record of Covanta Energy has rightly got local people worried and finally the news about disregarding workers' rights at American waste plants is also unacceptable", déclare-t-il.

Le premier argument de Huw Lewis semble ressemble de près aux griefs de la population locale à Maurice, qui reprochent au gouvernement et le promoteur le manque de consultation et de discussion qui a prévalu lorsque le projet avait été soumis par Gamma-Covanta. Quoi que dira le promoteur, la première réunion entre les habitants d'Albion et Gamma a eu lieu en mars 2008, après la soumission de son rapport EIA en janvier 2008 et les articles de presse soulignant les risques sanitaires et environnementaux liés à ce projet. Or, Gamma-Covanta a obtenu sa Letter of Intent du Board of Investment (BOI) en mai 2007!

De plus, les démêlées de Covanta Energy avec les autorités evironnementales des Etats-Unis ne font qu'exacerber les préoccupations locales. Le mois dernier, le Western Mail revèle comment Covanta a reçu une amende de plusieurs centaines de milliers de livres aux États-Unis après avoir dépassé les limites d'émissions relatives aux produits chimiques provoquant le cancer.

"Comment peut-on s'attendre à avoir confiance dans une société qui a enfreint la loi à de nombreuses reprises en Amérique?", s'interrogent les habitants de Merthyr (Pays des Galles), aussi bien que ceux de La Chaumière, qui protestent contre le projet. En effet, la liste de contraventions servies au promoteur d'incinérateurs de déchets est loin d'être exhaustive.

En 2003, Covanta a reçu une amende de EUR14, 695 en Virginie pour l'émission de quantités excessives de monoxyde de carbone et pour avoir omis de soumettre des rapports sur l'environnement en 2001 et 2002. Au New Jersey, elle a été maintes fois condamnée à des amendes pour avoir libéré des quantités excessives de dioxine et autres émissions de substances toxiques. En 2006, la société a reçu des amendes totalisant près de 150 000 US dollars pour des infractions enregistrées dans ses trois usines.

Emission de dioxines et furannes 3 fois supérieure à la limite autorisée à Pittsfield

En Septembre 2008, le Massachusetts Department of Environmental Protection (DEP) a émis une ordonnance administrative constatant que Covanta a dépassé le taux autorisé d'émission de dioxines et de furannes à son incinérateur à Pittsfield de près de 350%! "The DEP also found that Covanta had illegally failed to report these excess emissions to the state", est-il indiqué.

En octobre de la même année, le DEP de Pennsylvanie a pris Covanta Delaware Valley une contravention de 45,600 US Dollars (Rs 1,5 million) pour avoir dépassé les limites admissibles pour les émissions de toxiques et de composés de nickel qui, selon l'Agence Internationale de Recherche sur le Cancer (CIRC), sont cancérigènes pour l'homme.

Cette entreprise a en effet été condamnée pour une série de violations des lois environnementales, d'autant que nombre de ses installations sont situées non loin des habitations. Comme l'a d'ailleurs mentionné le professeur Joël De Rosney concernant les risques qui y sont associés. En France, la polémique sur le futur éco-quartier Docks de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, qui abritera un incinérateur de déchets, fait actuellement débat. L'Institut national de veille sanitaire a publié deux études qui démontrent l'augmentation du risque de cancers et de leucémies autour de ces installations, alors que l'éminent cancérologue, le professeur Belpomme déclare que "construire des logements à proximité d'un incinérateur est une aberration, une hérésie du point de vue de la santé publique..."

Ici, ces mises en garde, légitimement basées sur le principe de précaution, semblent être banalisées par les professionnels de la santé, parlementaires ou membres du gouvernement, sauf les habitants de la région, qui ont finalement choisi de prendre leur sort en main en constituant la Plate-forme anti-pollution (PAP). Le promoteur, lui, continue sa campagne à coups de communiqués payants pour rappeler que le projet de La Chaumière fait appel "spécialistes mondiaux" misent sur une "state of the art technology" cadrant avec le projet Maurice île durable. Nous souhaiterions que ce soit le cas. Mais comment faire confiance quand on a un aussi lourd track record?

 

 

Environnement

Massacre à la tronconneuse

Le CEB " déboise" les fôrets du Morne

Depuis quinze jours, une équipe de contracteurs employée par le CEB installe des pylônes électriques entre la Mivoie et le village du Morne, dans le sud du pays. Pour installer les colonnes, elle coupe tous les arbres qui la gêne dont ceux qui font partie des fôrets protégées du Morne inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Lorsqu'elle a été informée de ce massacre à la tronçonneuse sur son territoire, la présidente du Morne Heritage Trust Fund a obtenu l'arrêt des travaux. Momentanément.

C'est avec une certaine discrétion que le CEB a fait procéder à l'installation des nouveaux pylônes en ciment de la Mivoie jusqu'après le village du Morne. Pour procéder à l'installation, le CEB a fait abattre tous les arbres se trouvant sur son tracé. Cette installation est particulièrement visible dans la région de la Prairie où le paysage a radicalement changé les pylônes électriques remplacant les grands eucalyptus tronçonnés. Les badamiers qui bordent la route des villages situés après le Morne en allant vers le sud vont probablement subir le même sort. En effet, des pylônes ont déja été installés et, vu la hauteur des arbres, on va probablement vers une déforestation de cette route dont une partie du charme réside juste dans cette longue allée ombragée. Mais le pire de l'opération se situe autour de la montée du Morne où des dizaines d'arbres, principalement des eucalyptus, ont été coupés. Le problème est que ces arbres font partie du " buffer zone" du Morne qui a été inscrit sur la liste des sites mondial de l'UNESCO. Informé de cet abattage, Stéphanie Anquetil, la présidente du Morne Heritage, a sommé le CEB d'arrêter immédiatement les travaux, en lui rappelant que les travaux dans ce périmètre ne peuvent être effectués sans les autorisations nécessaires. Suite à ce coup de téléphone, les travaux ont été suspendus et une réunion d'explications avec les représentants des différentes autoritées concernées a eu lieu vendredi au siège du CEB, à Curepipe en l'absence du président du CEB qui s'est fait excuser. Selon nos informations, une " site visit" avec les représentants de toutes les autorités concernées aura lieu au milieu de la semaine prochaine. Affaire à suivre.

La communication du CEB

Pour essayer d'obtenir des détails sur l'installation des pylônes et l'abattage des arbres, nous avons appellé le siège du CEB mercredi. Apres une halte téléphonique à Souillac, nous sommes finalement arrivés au bureau du CEB de la Mivoie, responsable de l'opération. Là, le chef de la section nous a déclaré qu'il ne pouvait faire de déclaration et nous a retourné à Curepipe, plus précisément au responsable de la communication du CEB. Ce dernier nous a déclaré qu'il ne pouvait pas communiquer et nous dirigé vers la secrétaire du directeur général. Cette dernière nous a fort aimablement demandé de lui envoyer une liste de questions qu'elle transmettrait au DG. La liste demandée a été envoyée et reçue jeudi après-midi mais est restée sans réponse.

Stéphanie Anquetil: "Nous n'avons été ni consultés ni informés"

La président du Morne Heritage Trust Fund nous a fait la déclaration suivante vendredi après midi. " J'ai été consternée quand j'ai découvert ce qui avait été fait sur la route du Morne. Lors de la réunion au CEB de vendredi, on m'a expliqué que le but était de remplacer les vieux pylônes par de nouveaux en vue d'améliorer la fourniture d'électricité dans la région. Je ne suis pas pas contre le progrès et le développement mais je ne suis pas d'accord avec la façon dont les choses ont été faites. Nous n'avons été ni consultés ni informés. Et je rappelle qu'il existe des procédures, concernant plusieurs autorités, comme les Bois et Forêts, l'Environnement entre autres qui n'ont pas été respectées."

 

Maurice île durable

Initiative 175, un plan en faveur de l'environnement

Le Groupe MCB a lancé depuis le 6 mars dernier, "Initiative 175", un plan d'action en faveur de l'environnement, de l'économie et de la production d'énergie renouvelable. Ces initiatives, qui seront étalées sur plus de quatre ans, culmineront le 1er septembre 2013, date du 175ème anniversaire de la MCB.

L'objectif "d'initiative 175" a pour but de sensibiliser les gens face à la situation alarmante que connaît l'écosystème. En effet, les nombreuses études ne cessent de démontrer l'urgence et il est grand temps de réduire le gaspillage d'énergie et la pollution tout en migrant vers des ressources renouvelables. La première phase démarre immédiatement avec l'annonce d'une douzaine d'actions. Aux premiers abords, 'Motiver les clients': A partir de ce mois-ci, les clients pourront aider à réduire le volume de papier utilisé en optant pour "un balance certificate" semestriel au lieu d'un relevé de compte trimestriel ou mensuel.

Il existe, annuellement, 6,5 millions de mini statements et plus de 7 millions de relevés de solde sont imprimés aux 145 guichets de la MCB. Pour éviter que l'on ne gaspille les statements à la poubelle, l'impression de chaque mini-statements sera facturée à deux roupies au-délà des deux premières impressions gratuites offertes. En ce qu'il s'agit, des relevés de solde, le client sera invité à l'écran et une copie lui coûtera une roupie.

Des entreprises ou des particuliers désirant financer des projets liés au développement durable en général, la MCB, offre une ligne de credit suite à une convention signée avec l'Agence Française de Développement. Le bénéfice de cette ligne se traduira essentiellement dans un "cash back" de 12% sur tout projet approuvé.

Les projets "verts" sont également invités à se faire connaître. Chaque semestre, la MCB, choisira un ou plusieurs projets qu'elle patronnera grâce à un montage financier subventionné approprié. Notons, que l'avis d'un panel d'experts sera recherché pour établir la pertinence des projets choisis. Depuis le 2 mars, les frais des lettres de crédit ont été réduits de 50% pour toutes les importations de véhicules éléctriques ou hyrides, de climatiseurs solaires et d'autres items permettant l'économie d'énergie. Ces importations seront aussi exceptionnellement assorties de facilités de credit à l'importation (jusqu'à 120 jours, à un taux d'intérêt subventionné (savings rate + 2%)

A partir d'avril, chaque client ouvrant un compte ou prenant un "Personal Loan" d'une valeur maximale de Rs 500,000 recevra gratuitement trois ampoules économiques de la marque Phillips.

La MCB compte également conscientiser le public en général. En effet, une émission télé sera prochainement diffusée sur les chaînes de la MBC. La MCB parrainement également le premier annuaire vert de Maurice. Le Groupe MCB, compte aussi donner le bon exemple en construisant une succursale à Ebène. Le bâtiment sera un bijou architectural et écologique qui consommera 32 % moins d'énergie qu'un bâtiment conventionnel de la même envergure.

 

 

Le Week End 15 mars 2009