The Rape of Flat Island

 

 

by Nicholas RAINER – L’Express 22 September 2009

 

 

The government fancies itself as an environmental champion.

It has planted pretty little trees along the highway. What it doesn’t want you to know, however, is that it’s angling to transform Flat Island’s lighthouse into a hotel. There’s only one problem, though.

The islet is a designated nature reserve, a status which protects it from “ developers”. Until now, that is. The authorities have overcome this hiccup by furtively having the ministry of Agro- industry deregulate a part of Flat Island’s nature reserve status.

A lot more than the fate of a few endemic lizards and shrubs is at stake here. This episode is part of a growing body of evidence showing that the government is turning Mauritius into a quasi- corporatist State controlled by the political and financial elites. Private investors are snapping up public land ( our land) at an alarming rate. Deregulating Flat Island will set a dangerous precedent. The Black River Gorges National Park could be next.

According to the Islet National Strategic Plan, Flat Island’s status should in fact be upgraded. “This group of islets, as a whole, including the surrounding sea area, should be declared part of the Islets National Park.” Unless I missed something, this hardly means slapping a bloody hotel on the largest Northern islet. And if the government has no intention of ever heeding recommendations made by well- paid international consultants, then why employ them in the first place? Do we do it just to line the pockets of consultancy firms? The true question though is: how much longer will we lie down while our so- called leaders do their damnedest to ruin everything that makes this country great? If we allow this subterfuge to occur, future generations of Mauritians will only be able to enjoy a fraction of this country’s treasures. I’ll eat my woolly hat if that’s democratization! That’s why it’s time for civic society to mobilize.

Dust off your protest signs. Create petitions on social networking sites. The revolution will not be televised ( not by the MBC, that’s for sure) but it is vital that civic society rise to the occasion. Most importantly, peaceful street protests beckon because they’re the only thing that politicians understand. Time is of the essence though. According to the ministry of Agro- industry, the deregulation should be made official in the coming weeks.

Expect Navin Ramgoolam to accuse opponents of being beholden to certain interests as he did when people protested against leasing Gabriel Island to a Labour crony. Not only is this “ tactic” politically expedient, but it also shows that politicians are incapable of fathoming that citizens can actually fight for what is right for their country rather than for their base little interests.

In the long term, the only hope of permanently staving off greedy “developers” will be to get the Northern islets on UNESCO’s list of World Heritage sites. If the government has its way this will never happen. "The era of procrastination, of half measures, of soothing and baffling expedients, of delays, is coming to a close. In its place, we are entering a period of consequences", Winston Churchill once said. These consequences threaten to overwhelm us. Unless, of course, we act now.

 

 

L’Express 22 septembre 2009

Le ministére de l’Agro- industrie devrait partiellement déréguler le statut de l’île Plate pour laisser le champ libre à un éventuel projet touristique. Cette réserve naturelle a pourtant le potentiel pour accueillir une belle forêt indigéne.

C’ EST l’un de nos joyaux les plus étincelants. L’île Plate, pierre angulaire du chapelet d’îlots qui se trouve au large de la côte nord du pays, est autant connue pour sa beauté naturelle que pour sa richesse historique. Des plages de sable blanc et des falaises abruptes entourent des collines ondulantes caressées par un vent chaud, les vestiges d’une ancienne forêt native et un vieux phare culte. Il faut se rendre à l’évidence, cette île a tout pour plaire aux touristes en quête d’une expérience nouvelle. Et c’est justement son attrait inclassable qui la rend si vulnérable aux attentions intéressées des promoteurs.

Depuis quelques années, des experts en tout genre ont planché sur le sort de l’île Plate. Ils sont tous arrivés à la même conclusion: il faut renforcer la protection de ce trésor national. Dans le Plan stratégique pour le parc national des îlots, un rapport volumineux soumis en 2004 par la firme belge Agrer, avait jeté les bases d’une gestion intégrée de l’île Plate et l’îlot Gabriel.

« Idéalement, ce groupement d’îlots, dans son entiéreté [ avec Pigeon Rock ], incluant la zone maritime alentour, devrait faire partie du Islets National Park , ce qui permettrait non seulement une restriction sur le nombre de visiteurs mais aussi le zoning des îlots afin de protéger les zones vulnérables. » Ce document faisait suite aux recommandations faites trois ans plus tôt par la Task force on islets . En sus de suggérer la « mise en oeuvre immédiate » de mesures pour atténuer la dégradation environnementale et le développement d’un plan de gestion à long terme pour les îlots, celle- ci avait justement suggéré la mise sur pied d’un Islets National Park . Au total, 16 îlots – sept se trouvent dans le Nord et neuf dans le lagon de Mahebourg – avaient été proposés pour en faire partie en raison de leur valeur écologique. Si l’île Plate et l’îlot Gabriel avaient bien sûr été inclus dans ce petit club select, cet égard ne les a pas forcément servis.

En effet, Jayraj Woochit a obtenu le bail de l’îlot Gabriel en 2007 et la gestion de l’île Plate fut confiée à Discover Mauritius . Dans les deux cas de figure, la conservation des îlots ne fut pas vraiment la motivation premiére des promoteurs.

Le statut de réserve naturelle de l’île Plate lui procure des considérations spéciales. De fait, aucune construction permanente ne peut y être érigée et tous les matériaux transportés sur l’îlot doivent transiter par la quarantaine pour prévenir l’introduction d’espéces exotiques.

En réalité, un kiosque a été construit sur place et, selon ceux qui connaissent bien le dossier, les conditions de quarantaine n’ont pas été suivies à la lettre non plus. Ce laxisme n’est pas sans risque.

Une introduction accidentelle de couleuvres, par exemple, pourrait engendrer un déclin irrémédiable de la population des scinques. Cette île abrite plusieurs espéces de scinques et de geckos, ainsi que les vestiges d’une forêt native. C’est aussi l’un des derniers endroits de la région où les tortues marines vont pour pondre leurs oeufs. De son côté, l’îlot Gabriel recéle la plus grande quantité d’espéces de plantes indigénes et ce malgré son attrait touristique.

Servir nos intérêts court- termistes

En sus de cela, l’île Plate et l’îlot Gabriel ont une importance « historique et culturelle » , de par leur statut d’anciennes stations de quarantaine pour les victimes de la petite vérole.

« Il y a un vieux cimetiére et divers bâtiments en ruines sur l’îlot Gabriel. L’île Plate posséde un vieux phare en état de marche » , explique le rapport d’Agrer.

De fait, l’île Plate subit des dégâts liés à l’activité humane depuis longtemps déjà : au 18 e siécle, la tortue géante disparaît, au début du 19 e le déboisement commence et les espéces de plantes exotiques sont introduites, suivies de prés par les lapins, souris et chévres un peu plus tard avec des résultats prévisibles. Mais, malgré ces attaques répétées, certaines biotopes ont survécu.

D’où le besoin de redoubler les efforts de conservation. Aménager l’île pour y installer un hôtel ne ferait qu’augmenter les pressions que subissent déjà sa flore et sa faune. Il existe aussi un argument moral contre l’exploitation touristique non seulement de l’île Plate mais des îlots en général : avons- nous le droit de défigurer à jamais ces trésors uniques pour servir nos intérêts court- termistes? Un plan de gestion spécifique pour l’île Plate et l’îlot Gabriel a d’ailleurs déjà été soumis aux autorités mais il semblerait que ceux- ci rechignent à rendre officiel ce document qui permettrait à la stratégie de conservation des îlots de passer à la vitesse supérieure.

Cet oubli calculé est affligeant car l’île mérite mieux.

Une personne qui connaît bien l’île Plate parle de son potentiel pour faire de « l’écologie restauratrice » . « Elle est suffisamment grande et posséde un niveau hydrostatique pour accueillir une forêt complexe » , conclut- elle . Juste parce que Maurice fait les frais du développement foncier effréné, devons- nous également sacrifier nos îlots au progrés ? Où devons nous plutôt leur rendre leur gloire ancienne? Les autorités ont tranché...

 

 

 

Dans le deuxiéme volet de son article sur les moult facettes de l’histoire de Maurice, Pamela Bapoo- Dundoo lance un plaidoyer emphatique en faveur du « bon choix » , notamment en ce qui concerne le respect de la planéte.

L’île Maurice peut certes aujourd’hui s’enorgueillir d’une formidable réussite économique et sociale mais qu’en est- il de son environnement ? S’il est effectivement trop tard pour certaines espéces à jamais disparues, il est urgent de conserver et de préserver ce qui reste.

Conscients du danger, certaines organisations gouvernementales et non gouvernementales s’activent depuis des années à restaurer le peu de forêt endémique qui subsiste et à y réintroduire et protéger des espéces menacées pour qu’elles ne finissent pas comme le tristement célébre dodo.

Cette épopée d’une île née de volcans surgis des eaux et abritant une nature exubérante décimée par les hommes au nom d’une soif de conquête et de développement aurait pu être différente. S’il est difficile d’imaginer qu’une sagesse quelconque aurait pu stopper le pillage de nos îles par les marins écumant les mers à la recherche de trésors et de conquêtes pour épater leurs souverains et épancher leur soif de possession, ceux qui ont présidé à la destinée de l’île Maurice aprés son indépendance comme ceux qui ont dirigé le reste du monde auraient épargné cette planéte de ses épreuves s’ils avaient pris le temps de réfléchir aux propositions d’une économie basée sur les principes du respect de la nature et de l’univers. Pourtant des civilisations lointaines l’avaient comprises et appliquées mais elles furent aussi décimées par l’ignorance et l’intolérance.

En effet, les modéles économiques et les théories prévalant aux siécles précédents ont mené le monde dans un chaos quasi irrémédiable. L’économiste Friedrich Schumacher a été parmi les premiers à arguer que l’économie de production se fait au détriment de l’environnement et des ressources non renouvelables. Il avait été plus loin en prévoyant il y a des décennies que la production et la consommation excessive – c’est- à- dire le matérialisme, la fondation de l’économie moderne – ne sont pas durables. Il préconisa une économie basée sur le bouddhisme et le respect de la nature. Bien entendu, ses critiques et ses propositions furent l’objet de railleries. De même, le philosophe et prix Nobel de la paix, Albert Schweitzer, eut subitement un éclair de lucidité en dérangeant un troupeau de rhinocéros lors d’un de ses voyages en Afrique noire. Pourtant son éthique du respect de la vie et de la responsabilité envers tout ce qui vit a le mérite de raccorder l’homme à l’univers et de considérer sa place dans le cosmos. « La pensée écologique » , disait- il , « remet en question cette modernité, qui dissout toutes les traditions, se moque de toutes les formes de piété, ne respecte rien, et elle refuse cette fureur économique qui sans vergogne rompt les équilibres anciens, épuisent les ressources de la planéte et détruisent la nature » . De nombreux défis assiégent notre petite île. La polémique sur la gestion des déchets par recyclage et compostage – c’est- à- dire un retour des ressources à la terre – ou par incinération nous démontre que rien n’a été compris. Espérons que, dans un sursaut d’humilité, le bon choix sera fait et les ressources de cette planéte seront enfin respectées à leur juste valeur.

Car une autre épreuve menace aujourd’hui l’ile, celui du rehaussement du niveau de la mer à cause du changement climatique, résultat du même parcours des hommes et de la même course au développement économique et social irrespectueux de ce que les forces de la nature et l’alchimie ont crée partout sur cette planéte.

L’île Maurice ne produit que trés peu de gaz à effet de serre et pourtant, elle se trouve menacée par le réchauffement climatique. Il y a urgence pour tous les petits états insulaires de la planéte, urgence pour toutes les formes de vie que les éléments ont créées… Et si la tendance se confirme et qu’aucune puissance au monde ne peut arrêter le cataclysme qui nous attend avec le réchauffement de la planéte, il est une chose qui est sure : la nature prendra le temps qu’il faut, 5 à 10 millions d’années ou plus, pour se refaire comme avant ou en s’adaptant aux conditions prévalent, car LA NATURE A TOUJOURS RAISON ! Elle le peut… le temps ne compte pas pour elle ! Les perdants c’es NOUS car il n’y aura plus d’enfants ou de petits- enfants, plus de générations futures !

 

Battle of the barachois

by Nicholas Rainer

The fun and games never stop, do they? Not content with having reclaimed a hefty part of a lagoon next to a marine park and attempting to bulldozer a passage through its coral reefs, Lateral Holdings, the company that owns the land and buildings currently managed by the Intercontinental Hotel in Balaclava, intends to go one better via its sister company Globe Prism Ltd. This time it’s cast its beady eyes on a series of barachois in Calodyne where it plans to build a “ five- star eco- resort consisting of 141 rooms”. One has to wonder what the eco- prefix stands for, certainly not ecology. A cursory perusal of the project’s Environmental Impact Assessment ( EIA) report makes that quite evident. “ The project’s site comprises of three interconnected barachois, directly linked to the lagoon in the northern and linked to the sea in the south- western side across four barachois, not included in the project site”, states the report. In fact, the majority of the site stands on barachois area”, as if its proximity to water makes it inherently eco- friendly. A lot of people would beg to differ. And rightly so.

In the three- page “ Project particulars” absolutely no mention is made of what exactly qualifies this project as an “ ecoresort”. There’s a lot of guff about the project being a “ tropical and water experience” and a “ positive response” to the Prime minister’s ridiculous “ two million tourists by 2015” mantra.

The non- technical summary is similarly devoid of even the most glancing ecological reference. It does, however, contain delightful promises of “ beach upgrading”, “ re- profiling” of the barachois’ and “ inducing better seawater circulation”, none of which will alter the site’s natural integrity, obviously. Mother Nature is doubtless immensely grateful for these considerations.

A group of inhabitants and fishermen has compiled a damning document in which it savages the project’s EIA report. Admittedly, this task was rendered easy by the shabbiness of the report. “ We have examined the EIA report carefully and have noted a number of gross errors, omissions, distortions of facts and non- compliance with the laws of Mauritius.” The group reserves the right to take legal action if “ deemed necessary”. It’d do well to hurry up though. Globe Prism intends to begin construction in January 2010.

Its EIA report even contains an “ appeal” to the Department of Environment to grant the license within the company’s schedule.

Given its sister company’s recent environmental track record, the myriad holes in its EIA report and the “ unique ecology” of the site ( let alone the fact that its eco- prefix seems willfully misleading), let’s hope that the EIA Committee will be particularly strict in its evaluation of the project. One thing seems certain, though. The project’s opponents will not go down without a fight. This is proof that civil society has learnt an invaluable lesson: in the battle to protect the country’s natural resources, its only weapons are conviction and solidarity. A fortunate thing too. They’re going to need oodles of both.

(Check out the project’s EIA report for yourself: http://www.gov.mu/portal/goc/menv/files/eco-resort/toc.pdf)