Dans L'Express de ce jour – 26 aout 2010

Constructions illégales
La Beach Authority en eaux troubles

Son projet de restaurant sur les toilettes publiques à Mon- Choisy avait fait grand bruit. La Beach Authority fait à nouveau parler d’elle avec, cette fois, la construction de bâtiments commerciaux sur la plage publique de Flic- en- Flac et de La Preneuse en lieu et place des toilettes. Des constructions illégales, la Beach Authority n’ayant pas sollicité l’avis du ministére des Terres. D’ailleurs, un Stop Work a été émis à l’encontre de toutes les constructions entreprises par la Beach Authority, hier, par le ministére de tutelle.

Une audience a également eu lieu hier devant le Planning Committee du district de Riviére- Noire. La Plate- forme Sauver les Plages de l’île Maurice, menée par Georges Ah- Yan, présente à cette réunion, est montée au créneau, dénonçant la construction de bâtiments commerciaux à la place d’anciennes toilettes sur plusieurs plages publiques par la Beach Authority . Selon Georges Ah- Yan, les travaux ont été entrepris à Flic- en- Flac et à La Preneuse sans l’approbation du ministére des Terres et sont donc illégales. Une demande pour un land use permit n’aurait été faite qu’une fois que la construction des bâtiments à Flic- en- Flac a été complété à 60 % ! « On a soulevé plusieurs questions en relation avec la construction à Flic en Flac et cela donne des clarifications quant à l’illégalité des travaux entrepris » , souligne Georges Ah- Yan.

Le représentant de la plate- forme de dénoncer le fait que la Beach Authority entreprend à la fois la construction, loue les bâtiments, octroie les permis d’opération et récolte les frais de location. « Où voyez- vous la justice dans tout cela ? » fulmine Georges Ah- Yan.

Et d’ajouter : « Le probléme est similaire à Blue- Bay, Trou- d’Eau- Douce, La Preneuse et le Morne.

Dans ces endroits, les toilettes ont été converties en bâtiments commerciaux.

La Beach Authority a entrepris les travaux sans aucune permission. » Présent à l’audience, hier, le directeur de la Beach Authority , Soobash Seeruttun, a fait preuve d’une grande arrogance. « Son body language était grossier. Il s’est exprimé avec beaucoup d’ironie et de prétention et même avec provocation. Il s’est permis de quitter la salle avant la fin de l’audience » , commente Georges Ah- Yan, ajoutant que la défense de Soobash Seeruttun était loin d’être convaincante.

Le directeur de la Beach Authority , lui, rejette la faute sur la Beach Authority Act de 2002. « Il n’est pas dit dans la loi que la Beach Authority n’a pas le droit de construire et de louer. Mais, la décision de construire est une décision du board , pas la mienne » , soutient- il. Et, concernant la location et l’octroi de permis, il affirme que « se Beach Authority ki ger laplaz ki sanla ou oule fer tou sa la ? Nou gayn 4 millions ar location batiment lor laplaz » . Et de préciser qu’avant 2002, c’étaient les collectivités locales qui avaient à charge la gestion et la location des bâtiments. « Se enn heritaz li ti tou le temp coumsa. Nou finn zis poursuiv tradition. An plis, la loi la ena fay. Travaux inn arete nou pe travay avek minister de Terres pou trouv enn solution » , indique Soobash Seeruttun.

« An plis, mo pa oule diskite avek bann dimoun coumsa » , ajoutet- il faisant référence à la plate- forme menée par Georges Ah- Yan.

A noter que le ministre des Terres et du Logement, Abu Kasenally, a émis un Stop Work concernant tous les travaux de la Beach Authority sur les plages publiques. Selon un haut responsable du ministére, les constructions sont illégales car entreprises sans l’autorisation du ministére. De plus, il se trouve que les bâtiments ont été érigés sur les Pas Géométriques.

« Les travaux n’ont pas été suspendus, mais stoppés. Toutefois, le ministre interviendra plus tard concernant cette issue » , tient à préciser notre interlocuteur.

Contacté, le ministre Hervé Aimé a, quant à lui, affirmé que la Beach Authority a à charge la gestion des plages. Toutefois, ditil, s’il y a des malentendus ou des problémes « ce n’est pas la faute du ministére des Collectivités locales, mais de la loi » . A quoi, Georges Ah- Yan répond que les articles 4 et 5 de la Beach Authority Act de 2002 stipule que l’organisme n’est pas un « commercial concern » . Et au représentant de la plate- forme de conclure : « Je demande le démantélement de la Beach Authority et que les collectivités locales reprennent le contrôle des plages. »

 

Dans Le Mauricien du 25/08

 

APRÈS MON-CHOISY

La Beach Authority récidive à Flic-en-Flac

Malgré l'échec retentissant du projet de restaurant sur les toilettes publiques à Mon-Choisy, la Beach Authority persiste et signe avec des projets quasi similaires sur la plage publique de Flic-en-Flac et de La Preneuse. Mais avec les travaux déjà en cours, les animateurs du Forum des Citoyens Libres sont montés au créneau pour formuler des objections devant les instances compétentes en vue de geler le projet à Flic-en-Flac, qui consiste, selon les premières indications, en un food court et un general retailer. Ainsi, le conseil de district de Rivière-Noire a pris l'initiative d'organiser cet après-midi à Bambous un hearing entre toutes les parties concernées.

Le Forum des Citoyen Libres, dont la secrétaire est Mireille Cornelle et l'un des principaux animateurs Georges Ah-Yan, se dit prêt à défendre son point de vue visant à bloquer la conversion des existing buildings, en particulier les toilettes publiques, en un general retailer. " Nous maintenons que ce projet de la Beach Authority est une aberration et porte atteinte à l'intérêt public. D'abord, les travaux ont été initiés en catimini. C'est à la suite de nos démarches que les autorités ont confirmé la véritable intention des promoteurs des travaux de construction. Aujourd'hui, nous voyons que tout cela fait partie d'un programme en vue de réduire l'accès du public aux plages. Nous ne comptons pas rester les bras croisés ", a déclaré au Mauricien Georges Ah-Yan à la mi-journée.

L'une des principales objections formulées par le Forum des Citoyens Libres est que la Beach Authority est en contravention flagrante avec les dispositions de la loi au sujet de la protection de l'environnement. " Sur cette question, la loi est très claire. Toute construction à l'intérieur de la limite d'un kilomètre du High Water Mark doit faire l'objet d'une demande de permis d'EIA. Or, jusqu'ici, nous n'avons rien vu de ce genre venant de la Beach Authority. De ce fait, la construction est illégale. Nous allons nous battre pour que la loi soit respectée à la lettre ", fait ressortir Georges Ah-Yan.

Le problème survenu dans la région de la plage publique de La Preneuse sera aussi évoqué lors de la séance de travaux de cet après-midi au siège du conseil de district de Rivière-Noire. Le président de cette instance, Dhoorgadessen Singaravelloo, a aussi été informé des objections logées contre les Buildind and Land Use Permits allocated on the various public beaches/Pas Géométriques under the authority of Black River District Council. Les animateurs du Forum des Citoyens Libres, qui se sont exprimés pour des délibérations publiques au lieu de séance In Camera du Permits and Business Monitoring Committee, comptent animer un point de presse en fin de journée sur le déroulement de la séance.

Avec la collaboration de la Plate-forme Sauver les Plages de l'île Maurice, ils se disent confiants de pouvoir faire renverser la décision d'aménager un food court sur l'emplacement des toilettes publiques de Flic-en-Flac. Ils s'appuient sur le succès obtenu avec le blocage du projet de restaurant à Mon-Choisy. Lors d'une récente rencontre avec le ministre des Terres et du Logement, Abu Kasenally, Georges Ah-Yan et ses plus proches collaborateurs ont réclamé que la construction sur la plage publique de Mon-Choisy ne soit pas démolie. " Nous proposons de convertir cette construction en une First Aid Post sur cette plage publique très prisée des Mauriciens. Le ministre s'est montré sensible à cette suggestion. Nous attendons voir ", a-t-il conclu.

Le Mauricien 25 aout 2010