Deva Virahsawmy sur la cimenterie : « Il y a des critéres à respecter »

 

 

Zubair HANSYE

« ON veille à l’intérêt de la population.

» C’est en ces termes que Deva Virahsawmy, ministre de l’Environnment et du développement durable, s’est défendu face aux déclarations de l’opposition concernant le projet de construction d’une cimenterie, dans la région du port, par la compagnie indienne Binani Cement Factory ( Mauritus) Ltd. C’était lors d’une conférence de presse, hier.

Ce projet avait, en effet, été évoqué par Paul Bérenger samedi dernier, lors d’une conférence de presse à la Flore Mauricienne. Le leader de l’opposition avait remis en cause la vitesse à laquelle avait été attribué le permis d’ Environment Impact Assessment ( EIA) au promoteur du projet. Une rapidité qu’il avait jugée « choquante » . Mais le ministére de l’Environnement a voulu apporter des « informations importantes » sur l’attribution dudit EIA licence . « Cela ne veut pas dire que les travaux commencent dés que l’EIA est accordé.

Il y a des conditions à respecter.

Dans le cas de Binani Cement , 25 conditions ont été imposées par le gouvernement et si ces conditions ne sont pas respectées, le projet ne peut pas démarrer » , affirme le ministre Virahsawmy. Et d’ajouter que la municipalité de Port- Louis ainsi que l’ Environment Tribunal ont également leur mot à dire sur l’avancement du projet.

La demande de permis pour ce projet avait été soumise le 8 mars et publiée le 13 et le 20 mars. Le public avait le droit de s’y opposer jusqu’au 2 avril. Le 30 avril, le projet a été approuvé et la licence octroyée le 3 mai.

Cela équivaut à un délai de 57 jours, qui est « normal » , sachant que le délai minimum serait de 45 jours. Pour soutenir ce point, Devanand Virahsawmy cite deux exemples de permis EIA accordés pendant que Paul Bérenger était à la tête du pays. Des permis accordés dans des délais semblables ou moins importants que dans le cas de Binani Cement . En ce qui concerne l’évaluation des risques autour de ce projet, le ministère de l’Environnement soutient que la Mauritius Ports Authority ( MPA) a demandé une Risk Assessment Study afin de rassurer les sociétés autour du site de construction, notamment la Fort George Power Station et les installations pour le stockage du pétrole. Cette étude et l’approbation de la MPA fait également partie des 25 conditions imposées.

Les conditions comprennent aussi les précautions à prendre contre le risque de déversement ( spillage) lors du transport clinker ( matière première pour la fabrication du ciment). De plus, toutes les composantes de la cimenterie devront être des zones couvertes. Ainsi, pour le ministère de l’Environnement, les conditions de l’ Environment Protection Act sont respectées.

L’EXPRESS 16 Juillet 2010

 

 

Projet de cimenterie à Port-Louis

Paul Bérenger juge "choquante" la "vitesse" à laquelle ce projet a été "considéré et approuvé"

Jugeante "choquante" la vitesse à laquelle le projet de cimenterie au coeur de la zone portuaire à Port-Louis a été, selon lui, "considéré et approuvé", Paul Bérenger, leader de l'opposition et du MMM appelle à la révocation de l'EIA License octroyée et demande à ce que les choses soient "refaites de manière acceptable, dans un esprit ouvert mais critique". Il souligne que la loi prévoit déjà que le ministre de tutelle peut "recall" une EIA LIcense. Au cas où les autorités ne reconsidèrent pas la question, le leader du MMM menace de faire de cette affaire de cimenterie dans la capitale l'un des principaux thèmes des prochaines municipales.

M. Bérenger souligne que, par le passé, de nombreuses objections ont été formulées contre tout projet de cimenterie à Port-Louis dont l'une émanant de nul autre que feu sir Gaëtan Duval en raison, dit-il, des risques de pollution que cela représente. Aussi, pour lui, un tel projet est, d'autant, plus "inacceptable à l'ère de la supposée Maurice, île dirable".

Dans le cas présent, le leader de l'opposition note que l'entreprise promotrice a soumis sa demande le 8 mars dernier; que le ministre de tutelle l'a approuvé le vendredi 30 avril suivant et que le projet a bénéficié d'une EIA License le lundi 3 mai, "deux jours avant les élections générales du 5 mai dernier". Il juge, ainsi, "choquante" la "vitesse" à laquelle le dossier a été considéré et approuvé de même que l'EIA License délivrée.

Paul Bérenger souligne le fait que pas moins de 25 conditions ont été attachées à l'EIA License, notamment, que le promoteur se devait d'entreprendre une "risks assessment study" des facilités proposées en tenant compte de la présence, dans le périmètre immédiat, de la station électrique de Fort George, des "petroleum storage facilities" de même que des conduits pétroliers. Pour lui, il est "inconcevable" que ce n'est qu'à ce stade que l'on évalue les risques du projet.

M. Bérenger explique qu'une autre condition porte sur la mise en place d'un "Contingency Plan" en vue de combattre les risques "d'accidental spillage" qui satisfait le Directeur de l'Environnement. Le leader de l'Opposition souligne, à ce propos, que si les Portlouisiens ont, de tout temps, protesté contre un tel projet de cimenterie dans la capitale c'est, précisément, en raison des "risques réels" de pollution rendus encore plus probables avec le vent du large.

M. Bérenger note que dans son EIA Report, le promoteur propose que les opérations de débarquement et de transport de la matière première se fassent "à ciel ouvert". "Selon nos informations, rien n'est prévu en cas de cyclone et de pollution marine", affirme-t-il. Tout cela fait que le leader de l'Opposition "met en garde" les Portlouisiens contre le "danger" qui, dit-il, menace leur bien-être.

Paul Bérenger place, parallèlement, le ministre de l'Environnement d'alors de même que le Directeur de l'Environnement et l'EIA Committee "devant leurs responsabilités". Assurant que, selon ses informations, la mairie de Port-Louis n'a pas encore octroyé à l'entreprise promotrice son permis de développement, il invite, tout aussi, "à la responsabilité" le lord-maire, les élus de la capitale de même que le secrétaire de la ville.

"Déjà, la MPA panique!"

"Les municipales arrivent! Nous comptons sur eux pour qu'ils assument leurs responsabilités", affirme le leader de l'opposition qui indique que la question sera, de nouveau, soulevée à l'Assemblée nationale. Soulignant le fait qu'un appel a déjà été interjeté devant l'Environment Tribunal contre l'EIA Report en question, Paul Bérenger explique que son parti envisage aussi de porter l'affaire devant la Justice. Il appelle ceux concernés "dont le Premier ministre" à révoquer (recall) l'EIA License octroyé et à "refaire les choses de manière acceptable" et "dans un esprit ouvert mais critique".

M. Bérenger qui souligne le fait que le projet en question est supposé se matérialiser "au coeur même de la zone portuaire, à côté d'Indian Oil" explique que, déjà, la Mauritius Ports Authority (MPA) "panique". Il explique que la loi prévoit déjà que le ministre de tutelle peut "recall" un EIA LIcense. Il évoque le "précédent MCFI" qui, explique-t-il, a dû, finalement, s'équiper comme il se doit en vue de limiter la pollution que ses installations occasionnaient, dans le temps. Le leader du MMM menace, enfin, de faire de cette affaire de cimenterie un thème central de campagne pour les municipales au cas où les autorités ne reconsidèrent pas la question.

Le leader de l'opposition revient, par ailleurs, sur le cas des ex-planteurs de légumes de Riche-Terre. Il souligne qu'après avoir, catégoriquement, pris l'engagement, à l'Assemblée nationale, le 23 mars dernier, de rendre éventuellement public le rapport Noël/Ramkissoon, le ministre de l'Agro-industrie, Satish Faugoo, est revenu, mardi dernier, sur cet engagement pris.

Il trouve "honteux" que le ministre ait, selon lui, usé d'un "mot ambigü" en déclarant que ce que le gouvernement a, finalement, proposé aux ex-planteurs est "in consonance" avec ce que propose le rapport Noël/Ramkissoon. Selon Paul Bérenger, ce serait cela qui expliquerait le fait que l'assesseur Alain Noël eut exprimé son "étonnement" dans L'Express du 7 juillet que le gouvernement n'ait pas rendu public le fameux rapport pour, par la suite, estimer dans Le Défi du 9 juillet que la rédaction du rapport n'aura été qu'une "perte de temps".

Alors que, note M. Bérenger, les ex-planteurs menacent de se remettre en grève de la faim, il renouvelle son "appel" au Premier ministre et à la Chine de "mettre fin à cette situation inacceptable et très triste".

Le leader de l'Opposition indique, d'autre part, qu'à vendredi, le rapport d'évaluation du "bâtiment inachevé" d'Infinity racheté par la State Investment Corporation (SIC) pour Rs 340 millions n'avait pas encore été déposé à la bibliothèque de l'Assemblée nationale malgré un engagement en ce sens pris par le ministre des Finances à l'Assemblée nationale le 22 juillet dernier. Il en est de même, dit-il, du procès verbal de la réunion du comité de direction de la SIC au cours de laquelle la décision de racheter le bâtiment avait été prise. M. Bérenger renouvelle, à cet effet, son appel pour que les deux documents soient déposés.

Le Week End 11 Juillet 2010

 

 

PÊCHE HAUTURIÈRE EN DANGER

2000 hameçons sur une "long line"

MAURICE JAUFFRET

Ayant eu le privilège d'être un des premiers membres de pêche sportive du Morne Angler's Club, j'ai suivi avec une certaine passion l'évolution de la pêche au gros à Maurice et ailleurs.

A part quelques apparitions sporadiques des thons et autres poissons pélagiques pendant les mois d'été autour de nos côtes, la diminution de poissons dans les eaux mauriciennes demeure inquiétante, voire alarmante. La raison en est toute simple : l'intensité de la pêche commerciale dans nos eaux surtout par les bateaux étrangers en est la cause principale.

Un protocole d'accord signé entre les autorités mauriciennes et la Communauté européenne fait état de 90 permis octroyés à ces bateaux les autorisant à pêcher à 15 milles nautiques de nos côtes entre le 3 décembre 2003 et le 2 décembre 2007. Ces licences comprenaient 41 permis senneurs et 49 permis "long liners"! Les accords secrètement gardés ont-ils été renouvelés?

Il faut savoir que les senneurs repèrent les bancs de poissons au moyen d'instruments hautement sophistiqués. L'utilisation de radeaux dérivants sur lesquels sont disposés des GPS et détecteurs de poissons déterminant à distance la concentration de poissons pélagiques en est une des dernières inventions.

Quant aux "long liners" il faut savoir que chaque ligne "lâchée" dans l'océan mesure en moyenne 100 kilomètres! Elle est munie d'un minimum de 2000 hameçons déjà appâtés.

D'autre part, la surveillance de notre zone territoriale a été totalement négligée ces dernières années. Il faut donc réagir rapidement et bannir les permis délivrés aux bateaux étrangers dans la mesure où l'on peut questionner de façon pertinente la politique qui consiste à monnayer ces permis de pêche de poissons pélagiques en transit dans nos eaux! Il faut aussi établir une étroite surveillance en instituant une collaboration entre pêcheurs amateurs, professionnels et autorités locales.

Il est encore temps d'arrêter le massacre à moins que l'on décide de rester indifférent comme tel a été le cas pour nos lagons....

Le Mauricien 13 juillet 2010