Le pays perd la moitié de sa réserve en eau...

 

 

LES perpétuelles fuites et coupures d’eau exaspèrent. Ce ne sont pas les quelques milliers de familles habitant les régions de Plaines Wilhems et du village de Kenya dans le sud, qui diront le contraire. Qu’il pleuve ou qu’il fasse beau, les coupures d’eau persistent.

Tantôt c’est la faute aux réservoirs, pas assez remplis, manque de pluie oblige, tantôt ce sont les fuites d’eau, dues aux problèmes de tuyauterie du réseau de la Central Water Authority ( CWA).

Par ailleurs, ces problèmes récurrents d’eau ont attiré l’attention du leader de l’opposition, Paul Bérenger lors de sa conférence de presse samedi 21 août. Ce dernier pointe du doigt les directions respectives de la CWA et de la Wastewater Management Authority ( WMA).

A noter que d’après les derniers chiffres officiels, les fuites d’eau sur le réseau de la CWA sont passées de 44,7% en 2005 à 49,6% en 2009.

« Malgré les investissements massifs de l’Etat, la situation est accablante. J’ai reçu ce matin une douzaine de coups de fils de la part des habitants de Rose- Hill, se plaignant des coupures d’eau. En étant objectif, je pense qu’il y a un gros problème de gestion et de management au sein de la CWA. Il faudrait à la tête d’une telle institution, un technicien ayant une vision moderne. Le système d’eau date de Mathusalem » , accuse Rajesh Bhagwan, député de l’opposition.

Du côté de la CWA, les problèmes de fuites et de coupures d’eau seraient dus à plusieurs paramètres, notamment le vieillissement des compteurs d’eau dont certains datent des années 60, le vol d’eau et le mauvais état des tuyaux. « Nous faisons des efforts afide remettre en état le réseau. Nous remplaçons progressivement la tuyauterie et nous procédons par régions.

Il faut aussi prendre en considération le niveau de remplissage des réservoirs, qui ne cesse de baisser. Par exemple, le réservoir de Mare aux Vacoas pour le mois d’août de cette année n’est rempli qu’à 77%, alors que l’année dernière à la même époque, il était rempli à plus de 90%. Je fais d’ailleurs un appel à la population pour éviter tout gaspillage d’eau, surtout dans les régions les plus touchées par les coupures. Nous ne coupons pas l’eau par plaisir, mais par obligation. Le problème de fuites d’eau disparaîtra dans quelques années. C’est un processus long et coûteux » , affirme un haut cadre de la CWA. Par ailleurs, une équipe du département de la Non Revenu Water Team , composée d’une trentaine de techniciens, vient de se former. Elle se charge de localiser à l’aide d’outils de dernières technologies, les fuites d’eau. Elle opère principalement la nuit avec un casque et un appareil sonore hypersensible.

Interrogé sur les problèmes récursifs liés à l’eau, le chairman de la CWA, Harry Boolauck, n’a pas souhaité faire de commentaire

 

23 AOUT 2010

 

L’Express

 

 

Cherté de l’énergie verte : Casser le mythe

Ces pauvres énergies renouvelables. Elles ont beau faire partie du «zeitgeist»,elles continuent de languir dans les limbes de l’indécision politique. La raison donnée est qu’elles sont trop dispendieuses. Notre cher Central Electricity Board (CEB) national n’a pas les moyens de s’offrir de l’énergie propre. 

Mais la question qui mérite d’être posée est : trop chère par rapport à quoi ? 

Eh oui, en l’absence de plus amples détails sur les contrats reliant l’Etat aux Independent Power Producers (IPP), il est quasiment impossible de mesurer la cherté des énergies renouvelables. On se retrouve donc dans une situation où on est supposé croire les autorités sur parole, ce qui n’est pas exactement propice à la probité. 

Dans une interview accordée à «Osmose » en novembre de l’année dernière, Emil Unger d’Electrawinds, le plus grand producteur d’énergie verte en Belgique, avait confié que sa firme souhaitait mettre sur pied une ferme éolienne de 23MW couplée d’un générateur de biomasse de 18 MW. Cette technique innovatrice permettrait de compenser les aléas du vent avec la bagasse. Mais le plus étonnant dans ce projet, c’est le prix de l’électricité que générerait la ferme : environ Rs 5/kWh. Apparemment, c’était trop demander. «La réaction qu’on a eue, c’est que Rs 4 est un ‘feed-in tariff’ acceptable. 

Le gouvernement n’a cependant pas encore publié de ‘feed-in tariff’ officiel», a expliqué Emil Unger

Quand on se souvient qu’il était question, à un moment, que le prix de revient de l’électricité que produira (ou non) l’incinérateur de Gamma-Covanta s’élève à plus de Rs 5.30 et que le gouvernement a défendu ce projet bec et ongles (pas d’exercice d’appel d’offres), on est en droit de s’interroger sur les vrais critères utilisés par les autorités. Et, puisque les conditions liant l’Etat aux IPP font l’objet d’une sorte d’omerta institutionnalisée, on est tenté de penser que les décisions sur les «feed-in tariffs» sont prises de manière quelque peu arbitraire. 

D’où l’importance d’un «feed-in tariff» officiel. Mais avant de nous aventurer en terrain inconnu, évaluons ce que nous savons déjà. L’électricité fabriquée par le CEB revient à environ Rs 3.57 par kWh. 

De l’aveu d’Abu Kasenally au Parlement l’année dernière, l’électricité produite par les IPP est bien supérieure à Rs 3.57. 

Pour sa part, le consultant danois retenu par le CEB pour élaborer un «grid code», Energianalyse, avait chiffré le prix de rachat de l’électricité générée par les petits producteurs indépendants (moins de 50 kW) entre Rs 6 et Rs 20. Naturellement, l’énergie produite par de grands projets jouissant d’économies d’échelle serait significativement moins chère. 

Il ne s’agit donc pas de clouer qui que ce soit au pilori, mais simplement de discréditer, une fois pour toutes, ce paradigme ô combien commode dictant que les énergies renouvelables sont trop chères pour être viables. 

Au niveau international, cet argument commence déjà à s’étioler. L’édition de «The Guardian» d’hier a par exemple fait état d’un rapport surprenant publié récemment par Bloomberg New Energy Finance. Selon ce document, les gouvernements de la planète auraient subventionné les énergies fossiles à hauteur de $557 milliards en 2009 comparé à seulement £46 milliards pour les énergies renouvelables. Cette comparaison met en exergue tout l’infondé de la réputation dont jouit l’énergie propre selon laquelle elle n’est rien de plus qu’un trou à fric. Mais voilà, les énergies fossiles sont une composante tellement importante de l’économie mondiale qu’on est arrivé à se persuader qu’elles sont relativement bon marché. De plus, cet argument fallacieux fait le bonheur de ceux voulant justifier l’impact néfaste des énergies sales sur la planète. 

«Une des raisons pour lesquelles le secteur des énergies propres manque de fonds est que les investisseurs ‘mainstream’ pensent que les énergies renouvelables seront rentables seulement si elles jouissent d’une assistance gouvernementale directe. Mis à part le fait que l’énergie propre comporte bon nombre d’avantages, cette analyse démontre que les subventions directes pour les énergies fossiles sont dix fois supérieures à celles destinées aux énergies renouvelables », a expliqué le directeur général de Bloomberg New Energy Finance, Michael Liebreich, à «The Guardian». 

Ce qui nous ramène à notre petit pays bien-aimé. Si les autorités veulent vraiment nous convaincre que les énergies renouvelables sont ruineuses, elles n’ont qu’à rendre publics les contrats les liant aux IPP et établir un «feed-in tariff » uniforme. Il est possible que la réalité soit très différente de la version officielle qu’on veut nous faire gober…

 

10 aout 2010

 

Nicolas Rainer

 

L’Express

 

L'Express 28/07/2010

Pas de restaurant à Mon- Choisy

Patrick ST PIERRE

LE State Law Office ( SLO) a donné gain de cause au ministère des Terres et du logement concernant la construction d’un restaurant sur la plage de Mon- Choisy.

Une source de ce ministère affirme qu’il n’est plus question de « dé proclamer » une partie de cette plage publique pour la construction de ce commerce. « Nous ne voulons pas créer un précédent dans le pays. Si nous autorisons un seul promoteur à prendre une partie de la plage publique pour y construire un restaurant, nous risquerons de nous trouver devant d’autres demandes » , déclare un officier du ministère.

L’affaire remonte au mois de mai quand la Beach Authority , qui est sous la responsabilité du ministère des Administrations régionales, avait autorisé un promoteur de Grand- Baie à transformer d’anciennes toilettes en restaurant à la plage de Mon- Choisy. Ce promoteur avait participé à un exercice d’appel d’offres.

Les forces vives se sont mises à protester contre ce projet, arguant que la plage de Mon- Choisy est publique et qu’y construire un restaurant n’était pas approprié.

De son côté, le conseil des districts du Nord et le ministère avaient estimé les travaux illégaux.

D’ailleurs, le ministre avait servi une « notice » au promoteur, qualifiant les travaux de squatting . Les officiers du ministére soutenaient que seul celui- ci a le droit de donner un permis de construction sur une plage publique, à condition qu’il la « dé proclame » publique.

Mais le ministère des Administrations régionales n’était pas de cet avis. D’où le jugement du SLO . Celui- ci a statué que seul le ministère des Terres et du logement a le droit de décréter une plage publique ou pas, même si celle- ci est sous la tutelle du ministère des Administrations régionales. De plus, aucun restaurant ne peut être construit sur une plage publique. Toutefois, l’Administration régionale a le droit d’y aménager des toilettes ou des douches, et d’y apporter des aménagements pour le bien du public.

 

Beebeejaun laisse entendre que le projet CT Power ira de l’avant

Deepa BHOOKHUN

L’Express

L’OPPOSITION et le gouvernement ont tous deux raté une occasion, hier au Parlement, de débattre du problème de production d’électricité et des risques d’un déficit dans le long terme.

Le Premier ministre par intérim, Rashid Beebeejaun, a déclaré, lors de la séance de Private Notice Question ( PNQ), que le gouvernement compte sur le projet CT Power pour assurer la production d’électricité pour le pays, jusqu’à 2016.

Or, CT Power n’a toujours pas obtenu son certificat d’ Environment Impact Assessment ( EIA). Le tout sur fond d’une politique - professée mais pas prouvée - de développement durable.

Le leader de l’opposition a pris comme prétexte le blackout du dimanche 18 juillet pour revenir sur la planifi cation de la production d’électricité pour le pays. Il faut savoir que les projets controversables CT Power et Gamma Covanta font partie de la planification du gouvernement en ce qui concerne la production d’électricité à long terme. Là où l’affaire se corse, c’est que le gouvernement se vante de vouloir faire du pays une « île durable » . Or, la production d’énergie à base d’huile lourde - CT Power - n’est pas en ligne avec cette politique.

Le projet Gamma Covanta - qui projette de produire de l’électricité en brûlant des déchets - est plus compliqué. Le débat sur la « propreté » d’un incinérateur est toujours ouvert.

Entre- temps, le certificat d’EIA des deux projets est dans les limbes. Autre décision qui fait sourciller : le gouvernement recherche un promoteur pour construire et opérer une centrale électrique de 100 mégawatts et estime – sur le conseil de son consultant – que la technologie la moins coûteuse serait le charbon ( pulverized coal plant ).

Le plus étonnant est que malgré le fait que les licences d’EIA des deux projets n’ont pas été obtenues ( et qu’il ne devrait y avoir aucune garantie qu’elles le soient) et qu’aucune décision n’a été prise en ce qui concerne la centrale de 100 MW - le ministre de l’Energie, Rashid Beebeejaun, semble considérer comme un fait acquis que ces deux centrales seront opérationnelles.

Il affirme, en effet, qu’ « avec la stratégie de planification actuelle du CEB, il n’y a aucun risque d’un manque d’électricité jusqu’en 2016.

Cela prend en considération les projets à Fort Victoria de même que CT Power » ! Le certificat EIA du premier projet, CT Power , n’était pas jugé acceptable dans un premier temps et le comité EIA du ministère de l’Environnement a demandé aux promoteurs d’effectuer des études plus détaillées sur l’impact d’un tel projet sur le plan socio- économique, sur le trafic routier et sur la mer, entre autres. Une décision à ce sujet est toujours en attente.

Gamma Covanta n’a pas non plus obtenu son permis d’EIA puisqu’il fait actuellement l’objet d’une contestation devant le tribunal d’appel de l’environnement. Cela va faire bientôt trois ans que l’objection a été logée et la prochaine séance du tribunal est prévue pour le 9 août prochain.

Le projet d’extension de Fort Victoria consiste en l’installation de quatre moteurs de diesel. Le projet a été approuvé par le CEB en 2009 et devrait – si tout va bien – pouvoir être opérationnel en 2012. Le gouvernement cherche, en outre, un promoteur pour opérer une centrale de 100 MW « à base de n’importe quelle technologie » . Il y a eu 25 réponses à cet appel d’offres international et les propositions varient : certains projets sont à base de charbon, d’autres de bagasse ou encore d’huile lourde, d’énergie éolienne ou solaire.

L’exercice de sélection du promoteur est tellement complexe, dit le vice- Premier ministre, qu’un « expert » a été recruté. Un expert qui vient du Pakistan et qui estime que produire de l’énergie à base de charbon serait l’option la moins coûteuse ; argument qui n’a pas semblé déranger le vice- Premier ministre.

Le leader de l’opposition n’a pas été en position d’interroger Rashid Beebeejaun sur la question. Car dés qu’il a commencé à parler des effets néfastes du charbon sur l’environnement, le ministre de l’Energie a brandi des photos agrandies montrant la cendre produite quand les producteurs d’énergie indépendants ( IPP) brûlent du charbon. « Le problème n’est pas la cendre mais ce qu’on en fait et je vais déposer ces documents pour montrer ce que les IPP en font ! » a- t- il dit.

Pour Rashid Beebeejaun, utiliser le maximum de bagasse voudrait dire utiliser encore plus de charbons. « Pour l’heure, nous brûlons déjà 600 000 tonnes de charbon pour complémenter la bagasse. » Puisque certains des contrats avec les IPP ont été signés quand Paul Bérenger était au pouvoir et que c’est en 2002 ( alors qu’il était encore au pouvoir) que le site de Pointe- aux- Caves avait été choisi pour la centrale à charbon, le leader de l’opposition n’aura pu pousser davantage.

Il s’est contenté de rappeler au PM par intérim que c’était la politique déclarée du gouvernement de soutenir le développement durable.

Ce terme n’est pas venu une fois à la bouche de Beebeejaun. Même quand Bérenger lui demande l’opinion du professeur Joël de Rosnay sur le projet Gamma Covanta , puisque Beebeejaun avait dit lors d’une précédente réponse à une PNQ que le gouvernement prendrait en considération l’opinion de celui- ci. « Il est le conseiller du Premier ministre » , réplique Beebeejaun, sousentendant qu’il ne sait pas quelle opinion a été émise par de Rosnay.