Le tri sélectif gagne du terrain

Patrick ST PIERRE

CERTAINS ont commencé, de manière isolée, à appliquer le concept de tri sélectif il y a trois ans, d’autres, il y a un an. Le but : protéger l’environnement en recyclant des produits au lieu de les jeter. Il semblerait que l’idée a fait son petit bout de chemin et a su séduire. Ainsi, nous apprenons que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, lancera officiellement le concept du tri des déchets dans une école, le 17 juin.

Elèves et personnel de l’école en question seront encouragés à utiliser trois couleurs de poubelles pour les différents types d’ordures.

« C’est la meilleure façon de réduire la pression sur le site d’enfouissement de Mare- Chicose. Les matériaux recyclables seront envoyés dans des usines.

Il est temps d’adopter ce concept à cause de la population grandissante et surtout avec le projet Maurice Ile Durable » , déclare- t- on du côté du ministère de l’Environnement.

Le gouvernement compte, dans un deuxième temps, étendre cette pratique aux administrations régionales. Ce sont, en effet, les principaux responsables de la collecte d’ordures à travers l’île. Il est à signaler toutefois que l’ancien maire de Curepipe, Michael Sik Yuen, avait introduit ce projet en juin 2009, mais que les autres mairies n’avaient pas suivi.

Pourtant, d’autres personnes ont tenté l’expérience et s’en félicitent aujourd’hui. Andrea Kux, directrice du Kuxville , un établissement touristique de Cap- Malheureux, fait partie de ces pionniers.

« Quand je suis venue m’installer à Maurice il y a 20 ans, j’avais du mal à me débarrasser de toutes mes ordures dans une seule poubelle » , se souvient- elle. Et d’ajouter qu’elle a remarqué que des Européens sont offusqués de voir qu’à Maurice, il n’y a qu’une poubelle pour les différents types de déchets. C’est ainsi qu’il y a trois ans, elle a introduit le concept de tri sélectif dans son établissement.

Elle récupère ainsi plastique, piles ou encore vieux téléphones portables qu’elle dépose chez des « recycleurs » ou à des points de ramassage.

Elle attend maintenant d’avoir un container dans lequel récupérer du papier et du verre.

L’organisation non gouvernementale Mission Verte s’est, elle, lancée dans le tri sélectif il y a un an. Elle a placé plusieurs containers à travers l’île pour le ramassage des différents types de déchets. Georgina Clarenc, membre du comité exécutif de l’ONG, explique que chaque produit peut avoir une nouvelle vie. « Nous ne faisons que distribuer gratuitement les déchets récupérés aux recycleurs. » Et d’ajouter que le tri sélectif diminue énormément la pollution.

Les personnes qui sillonnent l’île pour ramasser des bouteilles en plastique afin de les revendre œuvrent aussi, à leur manière, pour l’environnement. Mais nous apprenons que la compagnie Maxiclean aurait également un projet concernant le tri sélectif et le recyclage. Nous n’avons toutefois pas pu avoir confirmation auprès de la direction.

 

 

L’Express 10 juin 2010

 

 

P E N S E R L ’ A V E N I R XXI e siècle : vers la fin de la voiture individuelle

 

David BALME

 

Louis Armand, ancien président de l’Union internationale des chemins de fer affirmait : « Le chemin de fer sera le moyen de transport du XXI e siècle, s’il parvient à survivre au XX e siècle . » Sa vision, à l’optimisme relatif, montre à quel point elle brûle de vérité aujourd’hui encore. Car la mobilité du XXI e siècle doit faire face à trois enjeux majeurs : 1) adapter son offre à la répartition de la population sur le territoire d’une part et aux besoins en déplacements d’autre part ; 2) anticiper la crise énergétique et accompagner les mesures de compensation visant à atténuer le changement climatique ; 3) se mettre au service du développement durable en réduisant le coût kilométrique / voyageur, tous aspects confondus, que ce soit d’ordre environnemental ( CO2, NOx, etc...), social ( mortalité, morbidité routière), ou économique ( conversion de la filière automobile).

La mobilité du XX e siècle, de type « mono modale » avec plus de 80% d’usagers des transports utilisant une voiture individuelle, est le reflet de l’évolution de la société, entièrement tournée vers l’individu, à un moment où les classes moyennes ont bénéficié à la fois d’une hausse considérable de leur pouvoir d’achat et des congés payés, leur permettant de s’évader au volant d’un véhicule motorisé individuel.

Pourtant, cette mobilité prouve chaque jour ses limites avec la hausse constante de ses coûts induits : pollution, bruit, insécurité, encombrement de l’espace public, embouteillages, stress, etc. Les chiffres sont éloquents : 80% d’automobilistes dans des pays où seulement 20% de la population vit à la campagne. Par ailleurs, la surface occupée par un véhicule particulier en ville pour stationner et circuler est similaire à celle qu’occupe un citadin pour se loger, soit de l’ordre de 40 m 2 / individu en moyenne. Or, si l’habitat a été superposé sur 5 étages en général dans les cités européennes pour garantir à chacun un minimum d’espace vital, la circulation est rapidement devenue infernale pour les motifs évoqués ci- dessus et aussi notamment en raison du fait que, mathématiquement, il est impossible d’assurer à chacun une place de stationnement à son véhicule, sans quoi l’agglomération serait rapidement devenue un vaste espace de circulation à étages multiples, comme l’habitat ! Autrement dit, le concept : « à chacun sa voiture » a vécu et l’enjeu principal de la mobilité du XXI e siècle consiste précisément à tirer parti des atouts de la concentration urbaine pour canaliser les flux issus de pôles générateurs bien identifiés ( habitat, commerces, industries, services) au moyen d’un système de transports hiérarchisé en fonction de deux exigences clés : la capacité de transport garantie par le service utilisé et son coût sociétal.

Profitons ici de l’occasion pour briser le stéréotype selon lequel les voitures « propres » constituent une alternative sérieuse et de long terme : en premier lieu, elles n’améliorent en rien l’encombrement urbain, l’insécurité, le stress et le manque d’activité physique de leurs occupants, mais elles ne présentent aucun gain au plan environnemental, du fait que la seule technologie du moment est électrique dont l’origine est encore très largement fossile (80%).

Dés lors, l’orientation des transports devient simple : l’essentiel des flux doit être acheminé par train, tramway ou métro en interconnexion directe avec le réseau de bus d’une part pour desservir les zones en périphérie immédiate des axes les plus fréquentés, avec les itinéraires cyclables et piétonniers d’autre part, et enfin avec les parkings- relais ( P+ R) ( voir hors- texte ) quand le réseau de transports en commun n’est plus rentable.

Les avantages d’un système de transports multimodal de ce type sont légion : 1) Il libère l’emprise considérable des réseaux voituriers sur les zones urbaines en permettant de redéfinir les rues en espaces de vie plutôt qu’en espaces de circulation ; 2) Il réduit drastiquement la consommation par voyageur- kilomètre tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles ; 3) Il incite chacun à davantage d’exercice physique quotidien ( marche et/ ou bicyclette), si bénéfique à la santé ( voir les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé) ; 4) Il rationalise les coûts d’exploitation et de développement des infrastructures en proportion des personnes utilisatrices des services offerts en mutualisant au maximum l’exploitation des réseaux de transports en commun ; 5) Il augmente le niveau de sécurité par passager- kilomètre ; 6) Il réduit la pollution et embellit de cadre de vie urbain.

En conclusion, les premiers signes de l’évolution vers une mobilité apaisée et rationnelle sont déjà visibles avec la réhabilitation - parfois massive ! - du tramway urbain et des P+ R. Mais une large majorité d’usagers est encore très en faveur de la voiture particulière.

Les années à venir sont déterminantes pour montrer comment se déplacer selon les modes les plus durables sans entraver la liberté de déplacement.

Gageons que les élus et les spécialistes techniques de la mobilité sauront faire preuve de clairvoyance pour assurer un financement cohérent et continu des infrastructures nécessaires au bon développement durable de leurs régions.

Les voitures « propres » n’améliorent en rien l’encombrement urbain, l’insécurité, le stress (...), elles ne présentent aucun gain au plan environnemental

Consultant en mobilité durable Chronique d’abonnée © Le Monde

 

L'Express 10 juin 2010

 

 

Le chargé de cours à l’université de Maurice et spécialiste en énergie analyse nos habitudes de consommation en énergie et les relie au projet Maurice île durable (MID). Des propos qui ont le mérite d’éviter la langue de bois.

Quelle modification peut- on envisager à notre schéma de consommation d’énergie ?

Considérons les derniers chiffres disponibles. Ils confirment que le secteur commercial est devenu le plus gros consommateur d’électricité avec une croissance annuelle de 5%. Les données indiquent aussi que l’heure d’été n’avait pas réussi à baisser la pointe maximale qui était passée, au contraire, à un record de 389 MW en février 2009. D’ailleurs, c’est désormais pendant la matinée qu’on arrive à la pointe, cela en raison de l’utilisation de climatiseurs, entre autres, dans des bâtiments qui poussent un peu partout. Par contre, l’intensité énergétique est tombée de 1,53% à 1,43%. Cela implique que la croissance économique de + 2,5 % en 2009 a été alimentée par 4% d’énergie en moins.

Il faut ainsi conclure que notre consommation sera déterminée, significativement, par le développement dans le secteur des services, y compris le tourisme, le commerce, les technologies de l’information et de la communication et les constructions nouvelles. Sans oublier le transport où, par exemple, la consommation d’essence vient de grimper de 10%. Les pointes de consommation d’électricité seront modifiées en conséquence pour refléter une demande élevée qui s’étend sur un plateau de plusieurs heures.

Il faudra impérativement que les nouvelles villes, les centres commerciaux, les hôtels ou encore les bâtiments industriels et résidentiels respectent les normes d’efficacité énergétique.

Il faudra aussi que ces consommateurs puissent produire en masse de l’énergie à partir de sources renouvelables. Le secteur privé doit cesser de faire le greening de ses activités uniquement dans le but de se donner une image. Pour mettre fià ce marketing malhonnête qui se fait autour du thème de l’environnement, les autorités doivent introduire des obligations de performance en matière d’énergies propres et efficaces.

Qu’en est- il du dossier de l’énergie renouvelable ?

Encore une fois, les chiffres nous montrent qu’en 2009, on a produit presque 10% moins d’énergies renouvelables qu’en 2008. C’est regrettable pour le projet MID. Les initiatives comme la Nicoliére ne représentent qu’une goutte d’eau dans l’océan. C’est impératif d’optimiser le rendement d’électricité à partir de la bagasse. Alors que les installations modernes nous donnent plus de 200 kWh par tonne de canne, la plupart de nos usines sont très loin de cette norme. En outre, on ne fait rien concernant la biomasse des résidus de la canne.

Je crois fermement que le Cane Democratization Fund ( CDF) est une opportunité non seulement pour la bagasse, mais aussi pour l’éthanol, et même pour des éoliennes installées dans des champs de canne. Une approche holistique permettra de concilier l’avenir de l’industrie cannière, l’aménagement du territoire, l’environnement, l’énergie durable et le transport surtout lorsqu’on évoque de nouveau le métro- léger. Le CDF peut être économiquement viable, écologiquement propre et socialement équitable. D’ailleurs, les technologies de pointe qui sont requises sont là, parfaitement maitrisées par des Mauriciens.

Il suffi t d’y croire et d’avoir confiance en un avenir commun qui sera juste et durable. La coopération régionale doit être un atout additionnel dans ce domaine.

La consommation annuelle d’électricité par tête était 1,62 kWh en 2009. Qu’est- ce que cela révèle ?

C’est un chiffre qui est au moins dix fois plus élevé qu’à Madagascar, mais dix fois moins que dans certaines villes américaines.

Plus significativement, nous relevons que le prix de l’électricité, et de l’énergie en général, est le facteur qui a le plus d’impact sur le consommateur.

Il est grand temps de revoir la structure des tarifs, et aussi par souci de cohérence l’ Automatic Pricing Mechanism, afin d’atteindre deux objectifs. D’abord, promouvoir l’efficacité énergétique et, ensuite, introduire les renouvelables.

La marge de manœuvre de la State Trading Corporation et du Central Electricity Board , dont les rôles doivent être redéfinis et plus transparents, est loin d’être étroite.

En 2009, nous avons dépensé Rs 10 milliards, soit 40% de moins, en importation d’énergies comparé à 2008 ! Les consommateurs n’ont perçu qu’une baisse de 5% pour le gaz ménager ou de 10% pour le diesel, par exemple. Le prix de l’huile lourde a même augmenté alors que les dépenses à l’achat ont diminué de 20%. Il faut faire attention : je ne pense pas qu’il faille baisser les prix sur les énergies polluantes. Il faut une approche systémique. Ce qu’il faut, c’est une politique de prix, comprenant des taxes et des subventions afin de promouvoir les énergies durables locales au détriment des ressources fossiles que nous importons.

Comment parvenir à une réduction effective de la consommation d’énergie ?

Joël de Rosnay parle de 65% de renouvelables dans notre « mix énergétique » d’ici 2028. Afin d’y arriver, il faut réduire notre croissance de la demande en énergie, qui a été d’environ 5 % dans le passé, à 2 ou 3 % seulement. Ce défi, nous l’avons relevé en 2009 avec une stabilisation de la demande.

La sensibilisation, les prix élevés de l’énergie, les lampes économiques, les chauffe- eau solaires sont autant de raisons de croire que nous pouvons atteindre une plus grande sobriété énergétique.

Il faudra désormais une approche plus globale et un renforcement institutionnel. Tout particulièrement, nous attendons vivement l’introduction de l’ Energy Efficiency Bill , du Building Code , de l’ Energy Management Office ou encore l’octroi des facilités à des Petits producteurs indépendants. Les projets de chauffe- eau solaires et de lampes CFL ( Compact Fluorescent Lamp ) doivent se poursuivre tout en retenant les leçons du passé. Finalement, il faut un Business Framework qui permettra ce découplage définitif entre le Produit intérieur brut et les besoins énergétiques.

Où en est- on avec le projet MID ?

La création du ministère de l’Environnement et du Développement durable est stratégiquement très pertinente. A chaque fois qu’on parlait de MID, on revenait à l’énergie renouvelable.

De plus, lorsqu’on évoquait la politique énergétique, paradoxalement, ce sont des projets comme la centrale à charbon, les moteurs à huile lourde ou l’incinérateur qui venaient en priorité. J’espère que le nouveau ministère fera intégrer la dimension de durabilité dans tous les secteurs, y compris au niveau de la politique énergétique ou la gestion des déchets. Mais aussi, la biodiversité, le tourisme ou la sécurité alimentaire, par exemple.

Il y a des acquis depuis le début de MID en 2008, mais il y a un sentiment aussi que beaucoup reste à faire. La campagne électorale est passée à côté du projet MID. La vision n’est pas comprise parce que beaucoup pensent que le développement, c’est l’économie d’abord. Certains confondent le progrès avec la hauteur des bâtiments, le nombre de voitures sur nos routes, sinon les superficies de la nature qu’on exploite.

La consultation nationale menée par le Dr Odendaal doit maintenant être immédiatement complétée par un exercice de négociation directe entre s takeholders afin d’établir un plan d’action winwin pour MID. Avec une loi- cadre sur MID et une harmonisation des rôles des différentes institutions ( MID Fund , Steering Committee , ministére), la mise en chantier des grands projets ne saurait tarder. Je souhaite aussi que Joël de Rosnay soit présent à Maurice.

Rien ne changera aussi longtemps que nous n’acceptons pas de transformer nos habitudes.

C’est le vrai défi qui se pose à notre avenir énergétique, et aussi au projet MID. Or nous voyons, chaque jour, la surconsommation gagner du terrain, chacun cherchant à dépasser son voisin en matière de bien matériel. La durabilité comme critère de décision est rarement prise en compte. Les décideurs ne font que réagir aux crises financières, écologiques ou autres sans jamais aller jusqu’à remettre en cause notre modèle de développement dépassé. Notre égocentrisme est tout aussi incompatible avec MID. Le chemin sera très long…

L’Express 21 juin 2010

STRESS AND AGGRESSIVE BEHAVIOUR

 

Destroying nature in the name of development

Today development is synonymous with the construction of more houses, prisons, hospitals, roads and commercial buildings. This is considered as economic progress, though the disparity between the rich and the poor either remains the same or keeps on enlarging. Where once there was lush green vegetation or sugarcane fields enhancing the freshness of the environment and atmosphere and at the same time contributing to the ecosystem, now there are concrete jungles.

All this is being done in the name of progress - to create wealth and jobs. So far, so good. However, how many of us have time to think about the harm that is being done to the habitat of animals and us human beings? We want to have a good rainfall, fresh air to breathe, be less stressed, have enough space so as not to feel suffocated or overcrowded, be free from noise and other forms of pollution, don't we?. No, I don't think we do. With an ever-increasing population, we are losing something immensely precious - green space, pure air, silence, undisturbed ecological system.

Politicians and all those who are at the helm of power don't want to tell people that population growth is one among the major problems of our so-called modern society. Our earth has enough space for a certain number of people only. An increase in population has a domino effect. It leads to an increase in almost everything that does not help us live a sane life. For instance, there is an increase in CO2 because more fossil fuels are burnt, and its effect on global warming is not unknown. Our waste products are constantly increasing and these have a negative impact on our underground water flow, plants, animals and human beings. A gentleman wrote in one of the editions of Samedi Plus, "For the last 50 years, our population has been growing to such an extent that today we are among the most densely populated country in the world."

I would like to put one question to those who have power in their hands. To what extent and till when are they going to allow, encourage and supervise the destruction of our habitat in the name of development? What do they want to make of our paradise island - a Hong Kong, a New York or still a Singapore? Why do they want to make every part of the island like Port Louis or Dubai - concrete jungles? Don't you think it is absolutely important to have flowers and trees wherever we have concrete structures, be it in government, commercial or other public areas? Are we going to destroy nature at the same pace of an increasing population? Our island is tiny and the population is continuing to increase. Have we decided to convert the island into a concrete jungle?

Our environment is supposed to be predominated by green space, not by concrete structures, but what do we see? The exact opposite. Many people may not be aware, but scientists are working towards the robotisation of human beings. This is no exaggeration. Already robots as sexual partners have been conceived and built. Robots will not only have sexual, but also love relationships. To get an idea of what I am talking, just read David Levy's book, 'Love and Sex with Robots', and also 'The Singularity is Near' by Ray Kurzweil and 'Our Molecular Future' by Douglas Mulhall.

Surrounded by inert matter and engulfed by a dangerously evolving technology, man has lost his soul. I wonder whether we can still use the term human being. Yet it is not too late. I make an appeal to our government to remedy the situation soon. My proposal is that we plant as many trees and flower-plants in every nook and cranny where we have a little space. This will have positive impact on our brain and eyes, and thus reduce stress to some extent. The atmosphere will be more pleasant and healthy; therefore there will be a reduction in aggressive behaviour. I am of opinion that a too compact or compressed environment in terms of concrete leads to both stress and aggressive behaviour.

Finally, my hope is that material development does not jeopardize sane emotional, mental and spiritual development. Contemplation, meditation, music or poetry is triggered by nature, its beauty and wonders. Let us therefore give everyone a chance by creating a healthy atmosphere to develop those qualities.

SWAMI PARAMANANDA

Email: mystery@globalmindtransformation.org

Le Mauricien 23 juin 2010