Les Nouvelles du 20 mars

Gestion des déchets: Option pour l'extension de Mare Chicose

Vallée de Ferney: Le rapport environnemental pas encore prêt

Congestion routière: Nouvelles mesures et nouvelle étude à l'agenda

Catastrophes naturelles: Les scientifiques craignent un autre puissant tremblement de terre dans l'océan Indien


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Gestion des déchets

Option pour l'extension de Mare Chicose

Le rapport de la firme consultante Carl Bro chargée de conduire une étude de faisabilité sur la gestion des déchets à Maurice a opté, en ordre de priorité, le site de Mare Chicose pour abriter un Mega Landfill. Le rapport du consultant danois recommande ainsi le gouvernement d'axer sa nouvelle stratégie sur deux sites, celui de Mare Chicose pour le traitement et l'enfouissement des déchets et celui de La Chaumière pour le stockage des déchets dangereux. Selon les informations recueillies, ces deux sites offrent en fait les meilleurs caractéristiques pour assurer une stratégie basée sur le long terme. Le gouvernement compte par ailleurs remettre une copie de l'Executive Summary du document aux forces vives du village de Mare Chicose lors d'une rencontre prévue pour cette semaine. Il ressort également que le projet de relogement ou d'accompagnement financier des habitants sera tributaire des conclusions de l'etude de L'Environment Impact Assessment (EIA), attendues en août de cette année.

Mare Chicose reste la meilleure option pour mettre au point une stratégie en matière de gestion des déchets sur le long terme. Hormis le projet d'extension dont l'appel d'offres a déjà été lancé, ce site est considéré comme le plus viable, géologiquement et économiquement, pour assurer les activités de traitement et d'enfouissement des déchets. Selon les sources officielles, le consultant Carl Bro a recommandé au gouvernement de le placer en ordre prioritaire dans sa quête de développer de nouveau centres d'enfouissement dans le pays. Il ressort en effet que trois sites, identifiés par les experts, disposeraient du potentiel nécessaire pour abriter un land fill.

Selon les évaluations multicritères, celui de la Chaumière figurerait également en bonne place. Le site pourrait également abriter un Waste Complex si jamais l'option Mare Chicose n'est pas retenue. "Le consultant estime qu'une combinaison des deux est possible", nous a-t-on déclaré à la Solid Waste Management Unit (SWMU). Le ministre des Administrations régionales, a dans une déclaration à Week-End, abondé dans le même sens. "Nous avons deux options. D'une part, nous pouvons agrandir le centre de Mare Chicose et d'autre part développer un complexe à La Chaumière pour les déchets dangereux. Nous allons explorer ces possibilités. Mais, il faudrait tenir en compte le côté social et le projet d'accompagnement financier des habitants de Mare Chicose si nous nous décidions d'agrandir le centre", fait-il ressortir.

Le gouvernement préfère toutefois attendre les conclusions de l'étude EIA, qui a été lancée, avant de se prononcer formellement sur la nouvelle orientation qu'il donnera à sa stratégie de gestion des déchets. En attendant, comme annoncé par le Premier ministre, Paul Bérenger, une copie du résumé du rapport Carl Bro sera remise aux forces vives du village. Une rencontre entre le Premier ministre et les représentants des forces vives devrait avoir lieu cette semaine.

Le rapport d'étude, selon les éléments recueillis, invite le gouvernement à entamer des négociations avec les propriétaires fonciers dans l'éventualité d'une extension du centre d'enfouissement technique de Mare Chicose. Selon les projections des experts, le projet d'extension déjà approuvé par le gouvernement devrait accorder une durée de vie additionnelle de 5 ans au centre d'enfouissement actuellement en opération. Sur la base des chiffres avancés par le SWMU relativement au volume de déchets produit annuellement, le landfill ne pourrait continuer à opérer au-delà de 2010 et c'est dans cette perspective que, indique-t-on, le consultant danois a recommandé au gouvernement de définir au plus tard sa stratégie de gestion des déchets. C'est-à-dire, la création d'un landfill pouvant opérer pendant ces trente prochaines années, la création d'une interim storage facility pour les déchets dangereux et la construction d'un incinérateur après 2010.


Vallée de Ferney

Le rapport environnemental pas encore prêt

Il faudra encore attendre quelques jours pour prendre connaissance des conclusions du rapport des deux experts environnementaux sollicités par le gouvernement par rapport au projet d'autoroute du sud-est et son impact sur la Vallée de Ferney. Si la date du 17 mars avait initialement été avancée pour la soumission de ce rapport, il ressort qu'il ne serait prêt que cette semaine, autour du 22 mars. Nos derniers renseignements indiquent toutefois que la mission confiée à ces experts porte uniquement sur les mitigation measures à être apportées dans le cadre du passage de l'autoroute dans la vallée, et sur le coût de ces mesures. En fonction de cela, le gouvernement compte décider laquelle des deux options de la Road Development Authority il adoptera.

Après le départ des trois experts de la Banque Africaine de Développement, dont la mission à Maurice n'a manifestement pas changé grand-chose par rapport à la question de la Vallée de Ferney dans le cadre du projet d'autoroute du sud-est, tous les regards sont maintenant tournés vers les deux experts environnementaux nommés par le gouvernement. Ceux-ci étaient en effet supposés soumettre leur rapport jeudi dernier, 17 mars, au terme de plus de trois semaines de travaux. Mais cette soumission a finalement été reportée au début de la semaine prochaine, vraisemblablement le 22 mars.

Reste que ceux qui espèrent que ce rapport pourrait aider à sauver la Vallée de Ferney du passage de l'autoroute risquent d'être déçus. Il ressort en effet de nos renseignements que ces deux experts n'ont pas pour mission de se prononcer sur l'opportunité ou non de faire passer l'autoroute du sud-est par cette vallée. Les terms of reference sur la base desquels leurs services ont été retenus indiqueraient clairement que leur travail consiste à se pencher sur les deux tracés proposés par la Road Development Authority (qui passent tous les deux à des niveaux divers dans la forêt), de dire quelles sont les mitigation measures (mesures palliatives) qui peuvent être prises pour limiter les effets négatifs, et de chiffrer le coût de ces mesures. En fonction de cela, le gouvernement devrait décider s'il choisit la première ou la deuxième option de la RDA. Ce qui va dans le sens de ce qui a été déclaré par le Premier ministre lors de sa site visit il y a trois semaines, à l'effet que l'autoroute passerait de toute façon par la Vallée de Ferney.

Pour rappel, ces tracés de la RDA sont tous deux fortement contestés par l'association Nature Watch, qui se base sur les deux rapports soumis par le comité présidé par le Secrétaire Permanent du ministère de l'Environnement, M. Seebaluck. Rapports qui soulignent que les deux tracés porteront gravement atteinte à la biodiversité unique au monde qu'abrite la forêt de la Vallée de Ferney. Nature Watch, qui a proposé un tracé alternatif, a d'ailleurs intensifié sa lutte contre ce projet en créant un Front Commun qui a mené une manifestation pacifique dimanche dernier dans les rues de Mahébourg. Ralliant notamment les voix du Mahébourg Citizens Welfare Organisation (MCWO) et de l'association Eco-Sud, ce Front commun a fait entendre son rejet de la destruction de cette forêt et a proposé un deuxième tracé alternatif selon une ancienne route connue des habitants de la région. Tracé qui, à la différence de ceux de la RDA, ne nécessiterait ni ponts, ni tunnel, ni atteinte à la forêt, et qui offrirait plus de réels avantages aux habitants de la région.

Pour poursuivre sa lutte, ce Front compte organiser une deuxième marche d'ici deux semaines à Port-Louis, occasion également de remettre au Premier ministre une pétition ayant recueilli plus de 6 000 signatures contre la destruction de la forêt de la Vallée de Ferney

 

 

 

 

 

Congestion routière

Nouvelles mesures et nouvelle étude à l'agenda

Le problème de congestion aux heures de pointe vers Port-Louis devrait faire l'objet d'une nouvelle étude en mai prochain. Le ministère des Infrastructures publiques et du Transport intérieur, à travers la Traffic Management and Road Safety Unit (TMRSU), envisage de commanditer une deuxième étude d'Origin Destination Survey après celle réalisée l'année dernière et dont les résultats ont été connus en janvier. En attendant, de nouvelles mesures seront également mises en application à l'intérieur de Port-Louis en vue de rendre le trafic plus fluide aux heures de pointe, notamment à la Place d'Armes, à la rue sir William Newton et à la rue Desforges. Par ailleurs, les "traffic wardens" veillent au grain. 1 653 "notices" ont été servies pour parking illégal ou frauduleux en février.

Un deuxième OD-Survey sera en effet conduit en mai prochain en vue d'obtenir des informations plus détaillées sur l'évolution du trafic vers la capitale. Le dernier exercice effectué avait été réalisé en novembre dernier pendant les vacances scolaires. Selon les experts, la prochaine étude devrait donner des indications plus claires sur le volume de trafic se dirigeant vers Port-Louis ou celui utilisant la capitale pour atteindre d'autres destinations. La dernière étude avait révélé que le nombre de véhicules empruntant le couloir Rond-point Quai D - rond-point Caudan pour se diriger vers une destination en dehors de la capitale, "through traffic", est de 42 000 sur 92 000. Soit, presque la moitié du trafic quotidien. Le rapport Luxeconsult avait également recommandé au gouvernement de trouver une route alternative pour réduire au moins 40% du trafic.

Dans l'immédiat, les autorités se penchent sur les nouvelles possibilités susceptibles de faciliter les entrées à l'intérieur de Port-Louis aux heures de pointe. Les experts ont identifié trois points stratégiques où la circulation pourrait gagner en fluidité une fois à l'intérieur de Port-Louis. Les principales modifications devraient intervenir au niveau de la Place d'Armes, où le taxi stand pourrait être déplacé pour faire de la place à un couloir additionnel et où seront aménagés des feux de signalisation au niveau du passage clouté en face de la State Bank. "Avec un lane additionnel et des feux de signalisation, l'accès aux principales artères de la capitale pourrait être plus rapide. Cette possibilité est à l'étude. Mais il nous faudra apporter des changements pour faciliter le passage des véhicules vers la rue sir William Newton et à la rue Desforges", indique-t-on à la TMRSU.

D'autre part, les derniers chiffres disponibles à la NTA indiquent que les contraventions pour parking illégal sont nettement plus élevées depuis que l'amende pour ce même délit est passée de Rs 500 à Rs 1 000. Pour le mois de février, les "traffic wardens" ont servi 1 653 notices dans les quatre villes où le stationnement est payant, alors qu'en moyenne, un millier de contrevenants sont sanctionnés chaque mois. Port-Louis compte le plus grand nombre de contrevenants pour le mois de février. 1 075 cas ont été recensés dans la capitale, 281 à Curepipe, 150 à Rose-Hill et 147 à Quatre-Bornes. Dans la majorité des cas, les automobilistes n'avaient pas affiché leurs coupons dans les zones de stationnement. Cependant, la majoration des tarifs de parking et la révision à la hausse des amendes n'ont pas eu une grande incidence sur la circulation routière à Port-Louis. Selon les chiffres recueillis, la demande pour les coupons est restée presque la même. Il n'y aurait pas de grands changements également dans la vente des coupons, contrairement à ce que les autorités avaient espéré en adoptant ces nouvelles mesures.

 

 

Catastrophes naturelles

Les scientifiques craignent un autre puissant tremblement de terre dans l'océan Indien

Les scientifiques qui ont étudié les conséquences du tremblement de terre du 26 décembre dernier (qui avait provoqué le tsunami meurtrier que l'on sait) ont averti, jeudi dernier, qu'une autre secousse sismique aussi dévastatrice pourrait affecter l'océan Indien, et cela beaucoup plus vite qu'on ne le pense. Sur la base du constat qu'il y a actuellement de dangereuses pressions exercées sur le sous-sol de l'océan, ils prévoient même que ce deuxième tremblement de terre pourrait survenir d'ici une année.

Les inquiétudes des scientifiques les poussent à recommander la mise en place du système d'alerte précoce beaucoup plus rapidement que prévu. À leur avis, le délai fixé pour l'installation de ce système avant la fin de l'année prochaine - comme envisagé par les experts réunis à Paris, la semaine dernière - pourrait être trop long…

Selon les scientifiques qui ont mené les recherches post-26 décembre, "il est maintenant plus que probable que qu'un autre tremblement de terre désastreux va frapper la région de l'océan Indien". Ils ont découvert que le glissement de la zone sismique auprès des côtes de l'île de Sumatra, qui avait causé le tsunami, a provoqué des pressions dangereuses sur au moins deux parties vulnérables, augmentant ainsi dangereusement les chances qu'un tremblement de terre d'une magnitude de 7,5 (soit seulement 1,5 inférieure à celle du 26 décembre) ne se déclenche. Les scientifiques ne peuvent pas prédire avec exactitude l'imminence d'un tel tremblement de terre. Mais ils ont souligné que des exemples précédents ont démontré que les tremblements de terre couplés ont toujours eu lieu à intervalles d'une année.

Pour John McClosley, de l'Université d'Ulter in Coleraine, qui a dirigé l'étude, "beaucoup d'entre nous ont grandi avec la compréhension qu'une fois qu'on a eu la malchance d'être affecté par une catastrophe naturelle de ce genre, cela ne vous arrive pas une deuxième fois. C'est la théorie qui veut que la foudre ne frappe jamais deux fois à la même place. Mais un des plus grands signes qui indiquent que vous allez devoir faire l'expérience d'un tremblement de terre est justement lorsque vous venez d'un vivre un !". Toujours selon McClosley, "il y a depuis le 26 décembre dernier des pressions sismiques significatives et croissantes dans l'océan Indien. Nous ne pouvons dire avec certitude que cela va résulter en un tremblement de terre, mais ces pressions sismiques sont les plus fortes sur une large partie du sous-sol marin que nous ayons pu mesurer depuis que nous avons commencé l'étude".

M. McClosley a confirmé que mercredi dernier, un puissant tremblement de terre sous-marin a secoué la zone sismique près des côtes de Sumatra sans qu'on n'ait toutefois rapporté de dégâts ou de blessés. Ce tremblement, de magnitude 6 sur l'échelle de Richter, a frappé à environ 19 milles sous le lit de la mer en dehors de la province déjà ravagée de Aceh, en Indonésie, sans générer de tsunami.

L'étude des scientifiques a démontré qu'une des régions de l'océan Indien exposées à un tremblement de terre plus puissant que celui du 26 décembre s'étend sur 31 milles sous la faille de Sunda, dans les environs de la zone de 745 milles qui avait cédé le jour du Boxing Day. Or, des tremblements de terre sous-marins répétés dans cette faille de Sunda avaient causé des tsunamis mortels en 1833 et en 1861. Les scientifiques ont estimé avec inquiétude que les pressions sismiques dans la faille de Sunda ont augmenté de 5 barres sur l'échelle de mesure, tandis que celles exercées sur la faille de Sumatra ont grimpé par plus de 9 barres. Une deuxième zone à très hauts risques qui inquiète les scientifiques s'étend sur une distance de 185 milles sur une faille pénétrant directement sous l'île de Sumatra, soit très près de la cité de Banda Aceh, déjà détruite le 26 décembre et où les travaux de reconstruction ont à peine commencé.

Soucieux de ne pas créer de panique inutile, les scientifiques ont souligné que tous les tremblements de terre sous-marins puissants ne provoquent pas nécessairement des tsunamis. Mais ils ont néanmoins averti que les résultats de leurs études ont mené à la conclusion que plus que jamais la mise en place du système d'alerte précoce dans l'océan Indien doit être accélérée. En attendant que le réseau de marégraphes et de seabed sensors soit opérationnel d'ici une année, comme l'ont envisagé les experts des Nations unies et ceux des pays de la région, il faudra aux pays de l'océan Indien dépendre énormément sur le Japon et les États-Unis, qui se sont engagés à déclencher les alertes d'activités sismiques dans la région.

 

Le Week End 20 mars 2005