PROJET HÔTELIER Nouvelle vague de colère à Bel-Ombre


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Un projet pour réaménager le lagon à Bel-Ombre perturbe les écologistes. Ces derniers y voient une atteinte à l’environnement doublée d’une menace à la sécurité publique. Ils haussent le ton, une fois encore.

Une nouvelle vague de colère risque de déferler sur Bel-Ombre. Les défenseurs de l’environnement s’élèvent contre un éventuel charcutage du lagon. On leur avait auparavant promis qu’on n’allait pas toucher à la mer. Puis, on leur a toutefois fait comprendre qu’il était nécessaire de redessiner le littoral à cet endroit pour permettre la réalisation du projet touristique intégré de Bel-Ombre-St-Félix. Manifestations et protestations n’y ont rien changé.

Depuis le début de ce mois , la section EIA (Environment Impact Assessment) du ministère de l’Environnement (MoE) examine une demande du groupe Bhunjun & Sons Ltd, commanditée par la firme Salt Lake Resorts Ltd, pour un second permis EIA. Ce promoteur hôtelier veut maintenant réaménager le lagon devant son hôtel pour permettre à ses éventuels clients la pratique des activités nautiques.

Dans sa demande, préparée par la firme Reef Watch Consultancy Ltd, Salt Lake Resorts Ltd justifie sa demande par sa stratégie de marketing qui ciblera des touristes amateurs de sports nautiques. « All resort hotels within this category have full-fledged boathouse and water sports facilities. »

Elle précise qu’il y a dans le lagon des roches basaltiques. D’autre part, poursuit-elle, le courant y est très fort, soit environ un mètre par seconde, ce qui ne favorise guère les baignades. Par conséquent, elle voudrait y faire aménager de zones de baignade protégée en y implantant des brise-lame. Elle y construira aussi une jetée et un pont flottant, d’où seront lancées des activités nautiques.

« Quand on commence à tripoter les fonds marins, on ne sait jamais où cela va s’arrêter ! », s’indigne le président de l’Institut d’études environnementales et légales (IELS), Karim Jaufeerally.

Un comité mis sur pied au ministère de l’Environnement spécifiquement sur cette affaire, le ICZM (Integrated Coastal Zone Management) sub committee on Bel-Ombre Coastal Developments, abonde dans le même sens. « The sub committee strongly opposes and firmly does not recommend the proposal of the EIA report for the construction of any breakwaters at the specified locations.»

En octobre 2003, Salt Lake Resorts Ltd. a obtenu un premier permis EIA pour la construction d’un hôtel de luxe de 190 chambres sur une superficie de 21 arpents, dans le cadre du projet intégré de Bel-Ombre. Actuellement terminé à plus de 60 %, cet hôtel, qui sera baptisé Voile D’Or, sera inauguré à la fin de novembre prochain.

Le Voile d’Or est un des quatre hôtels prévus pour Bel-Ombre. Une plage publique moderne et un parcours de golf seront également aménagés.

« Cette deuxième demande vient en fait violer les conditions imposées par le permis déjà accordé, car celui-ci a trait non seulement à la construction de l’hôtel, mais également à sa mise en service, qui n’a pas encore commencé », souligne Karim Jaufeerally.

Pour sa part, le sub committee, se fondant sur une étude de l’érosion côtière entreprise par la firme Baird And Associates faite en août 2003, soutient que la région de Bel-Ombre est sujette à une érosion que les rochers préviennent. « Ils jouent un rôle important pour l’équilibre écologique du lagon. » Par conséquent, le comité met en garde contre la création des zones de baignade, car elles seront dangereuses à cause du fort courant à cet endroit.

Le comité déconseille également la création de la jetée et du ponton qui risqueront de dégrader l’environnement marin. Il dénote en outre des manquements majeurs dans le rapport EIA.

« Ce projet de charcutage de la plage de Bel-Ombre risque non seulement de dégrader l’environnement, mais peut aussi mettre la vie des touristes en danger », avance Karim Jaufeerally.


22 aout 2004