La société moderne et le déclin pétrolier, quelles perspectives pour la période 2010 à 2020 ?

 

De toutes les ressources que notre système économique boulimique requiert en perpétuelle abondance la ressource maitresse c’est le pétrole. Fantastique substance qu’est le pétrole, hautement énergétique, facilement transportable, d’utilisation simple dans des moteurs, le pétrole s’est imposé comme carburant incontournable dans les transports modernes. D’ailleurs 98% des moyens de transports modernes dépendent exclusivement sur le pétrole et 70% du pétrole est utilisé pour les transports. Et l’économie est totalement dépendante sur les transports.

 

De part la nature non-renouvelable et finie du pétrole, il s’en suit que chaque jour qui passe, les quantités disponibles se réduisent. Arrivera un jour où la ressource pétrolière restante sera insuffisante pour soutenir une production journalière donnée. Passer ce point de non retour (appeler le Pic de Production Pétrolier), la production ne peut que chuter, graduellement mais inexorablement. De nombreux pays ont passé ce point de non-retour et on vu leurs production journalière chuter à partir d’une année donnée, les Etats-Unis (1970), l’Indonésie (1978), l’Angleterre (1999), Australie (2000), la Norvège (2001), Oman (2001).

 

Il est donc évident que la production mondiale ne peut que faire de même à un certain moment. De nombreuses études géologiques ont placés le pic de production mondiale dans la fourchette 2000 – 2020. D’ailleurs depuis 2004 la production mondiale peine a se tenir aux alentours de 81.5 millions de barils par jour (Source : BP Statistical World Review of Energy 2009), tandis que les prix sont passés de US$ 40 par barils, atteignant US$ 138 en 2008 pour retomber à US$ 75 à l’heure actuelle.

 

Il se peut qu’en faite depuis 2004 la production ait atteint un plafond situé entre 80 et 85 millions de barils par jour et se maintiendra à ce niveau de production pendant quelques années encore avant de chuter inexorablement tant et si bien que vers 2030 la production serait entre 40 à 50 millions de barils par jour.

 

La situation pétrolière étant si tenue que finalement de plus en plus de dirigeants de compagnies pétrolières ou autres tirent la sonnette d’alarme. Ainsi M. de Margerie, PDG de Total affirme depuis 2008 que la production ne dépassera pas les 90 millions. En Angleterre, un consortium de compagnies privés s’est formée dont fait parti le group Virgin de Sir Richard Branson, le « The UK Industry Task Force on Peak Oil and Energy Security, ITPOES  www.peakoiltaskforce.net  ».

 

Dans l‘introduction de son rapport de février 2010, le consortium écrit : “As we reach maximum oil extraction rates, the era of cheap oil is behind us. We must plan for a world in which oil prices are likely to be both higher and more volatile and where oil price shocks have the potential to destabilise economic, political and social activity.”  

 

Et finalement ils recommandent “The next government will very likely need to steer the UK economy through a period of unusually high oil prices. Members therefore recommend that all political parties actively consider the consequences of this and prepare themselves to weather a change in the UK economy driven by volatile oil prices which increasingly sit in the range $120-150/b.”

 

On aurait pu remplacer “the UK economy” par « the Mauritius economy » que les conclusions en seraient exactement les mêmes. Maurice, comme tout autre pays d’ailleurs, peut choisir : faire face au pic de production et changer ou ignorer le pic et en subir les conséquences.

 

Quel sera ton choix Maurice ?

 

Karim Jaufeerally

IELS

http://iels.intnet.mu

 

22 février 2010

 

L’Express