EN COUR SUPRÊME: L’hôtel Legends sommé de rouvrir l’accès à la plage.


Retour: Nouvelles Locales

L’ex-Le Grand Gaube a été racheté et rénové par Naïade Resorts. À Grand-Gaube, l’hôtel Legends ne peut avoir un accès exclusif à la plage de Belle-Vue-Cugnet. Le juge Matadeen a ordonné hier au groupe Naïade Resorts de rouvrir la route permettant au public de s'y rendre.

Une route piétonne longe l’hôtel jusqu’à la plage de Belle-Vue. Le maintien en opération de cet accès était une des conditions imposées par le gouvernement pour l’octroi, en 1989, du permis de développement à l’ancien hôtel Le Grand Gaube. Une clôture sépare alors l’hôtel de la route.

Naïade Resorts rachète l’hôtel il y a deux ans puis le rénove totalement et le rebaptise Legends. La notoriété du groupe n’est alors pas des meilleures avec les habitants de la localité dont une vingtaine de voisins de l’hôtel à qui l’établissement refuse (aussi bien qu’au public en général) l’accès à la plage publique. Legends évoque alors des raisons de sécurité et la quiétude de ses clients.

Mais ces voisins mécontents ne restent pas les bras croisés. Six d’entre eux entament des poursuites légales contre l’hôtel et contre l’administration. Ce sont les couples Sooresh Jitsing et Alain Chung Fat et Babita Platz. Dans leur plainte rédigée par Me Sivakumaren Mardemoooo, ils font ressortir qu’ils ont investi dans une propriété en comptant sur la proximité de la plage publique et sur la facilité d’accès. Ils dénoncent les tentatives de Legends de les empêcher d’utiliser cette route et imputent à l’hôtel l’intention de réserver la plage publique à l’usage exclusif de ses clients.

En décembre 2002, Legends entreprend de fermer la route. Les plaignants sollicitent et obtiennent une injonction de la Cour suprême. Cependant, cet ordre est déclaré caduc en raison d’un simple vice de forme, une erreur dans l’appellation de la compagnie propriétaire de Legends, la Holiday and Leisure Resorts. Legends poursuit alors les travaux pour fermer la route et poste un vigile pour décourager les usagers.

L’affaire a été entendue sur le fond la semaine dernière. Le juge Matadeen a donné gain de cause aux plaignants et a émis un ordre interlocutoire demandant à Naïade de ne pas s’immiscer dans la jouissance paisible de la route d’accès par les membres du public.

L'Express 23 mai 2003