AFFAIRE MONTAGNE-JACQUOT Les pêcheurs réclament une autre zone de pêche


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Avant de reprendre leurs embarcations saisies par la police, les opérateurs exigent des conditions précises. Ils demandent aussi un autre emplacement de travail le temps que durent les travaux de dragage, soit jusqu’en 2005.

Ils étaient une cinquantaine de pêcheurs réunis hier au Jardin de la Compagnie.

Les pêcheurs qui opèrent au large de Montagne-Jacquot ne baissent pas les bras. Rassemblés hier matin au Jardin de la Compagnie, ils étaient une cinquantaine à demander à rencontrer les autorités afin de parvenir à un consensus entre les parties concernées.

Ils ont réclamé une solution d’urgence afin de pouvoir reprendre leur activité et des conditions bien établies avant de récupérer leurs embarcations. Ils ont, en effet, sollicité qu’une autre zone de pêche leur soit assignée durant le déroulement des travaux au large de Montagne-Jacquot, soit jusqu’à août 2005.

Protestant contre les travaux de la drague suceuse, Jerommeke, dans le cadre du projet du tout-à-l’égout, ils ont fait savoir leur mécontentement de n’avoir pas été prévenus du début des opérations d’excavation. Les pêcheurs ont de nouveau affirmé qu’ils logeront une Plaint with summons afin d’obtenir des compensations pour les préjudices dont ils s’estiment victimes.

Silvio Michel, le ministre de la Pêche, a été vivement critiqué. «Il fait la sourde oreille depuis une semaine, argue Judex Ramphul, le porte-parole des pêcheurs. C’est à lui de trouver une solution pour aider la communauté des pêcheurs mais il est quasi inexistant.» Ils ont également déploré le mutisme des députés de la circonscription n° 1 qui, selon leurs dires, n’ont pas «levé le petit doigt pour agir en leur faveur».

Certains pêcheurs ont exprimé leur inquiétude sur l’état de leurs bateaux actuellement amarrés à Les Salines. «Une dizaine de moteurs hors-bord ont du être enlevés et si la situation perdure, nos embarcations risquent de subir de plus graves dommages», laissent-ils entendre. Munis de pancartes, ils ont ensuite marché en silence dans le jardin.

Lundi, ils avaient commencé à manifester, entravant ainsi les travaux de dragage. Ils avaient été escortés par la National Coast Guard. Arrêtés dans un premier temps, ils devaient être relâchés mais leurs bateaux saisis. Les pêcheurs ont toutefois été autorisés à récupérer leurs embarcations jeudi.

Ils ont retenu les services de Me Madan Dulloo pour réclamer une compensation de Rs200 000 à la place de l’allocation mensuelle de Rs 4 000 dont ils devaient bénéficier durant toute la durée des travaux de dragage. Mercredi, ils ont également fait servir une mise en demeure au Premier ministre, Paul Bérenger, à l’Etat et au commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh par l’entremise de leur avoué, Manoj Appado.

CABINET

Les pêcheurs à l’agenda

Les ministres ont hier évoqué les problèmes des pêcheurs d’Albion et de Pointe-aux-Sables opérant au large de Montagne-Jacquot. Le ministère de la Pêche et le «Wastewater Management Authority» assurent avoir eu au moins trois réunions avec ces pêcheurs pour leur parler du projet de tout-à-l’égout. Le projet avait de nouveau été abordé les 11 et 12 octobre derniers lors de la première réunion de l’«Artisanal Fisheries Consultative Committee» ainsi qu’au centre de pêche d’Albion. Le Conseil des ministres a aussi noté une nette amélioration de la qualité du lagon à Baie-du-Tombeau à la suite de la construction d’un émissaire.



L'Express 23 octobre 2004