SUR FRANCE-INTER: Gilles Clément dénonce la " dévastation écologique " de Maurice


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Le paysagiste français Gilles Clément qui avait, en 1999, rédigé un rapport sur le Jardin de Pamplemousses, a dénoncé ce qu’il a appelé la " dévastation écologique " de Maurice. C’était jeudi dernier, 20 juin, sur les ondes de France-Inter.

Gilles Clément était l’invité de Patricia Martin, présentatrice de l’émission " Alter Ego " qui passe tous les jours entre 12h et 13h (heure de Maurice). M. Clément est également écrivain et il sort, ces jours-ci, un livre intitulé : Eloge des plantes vagabondes. Il avait effectué, de janvier à mars 1999, une étude sur le jardin de Pamplemousses et avait remis un rapport au ministre de l’Agriculture. L’expertise du paysagiste français avait été sollicitée, en 1999, par l’association Art-Jonction qui militait pour la protection du célèbre jardin botanique.

Gilles Clément réagissait, ce jeudi, aux propos du photographe et écologiste mauricien Yves Pitchen, également président d’Art-Jonction. M. Pitchen qui passait en direct à l’antenne a déploré la " disparition du rêve et de l’enchantement du paysage mauricien ".

" Ce n’est pas seulement le Jardin de Pamplemousses qui est abîmé aujourd’hui, mais c’est tout le paysage mauricien qui est menacé par le développement de projets immobiliers anarchiques qui prennent la relève de la canne à sucre et par les projets hôteliers qui accaparent les plages et les îlots ", a lancé M. Pitchen sur France Inter. A l’antenne, il a fait un appel à Gilles Clément.

" Je n’ai pas le pouvoir d’influencer la politique mauricienne et il est extrêmement difficile d’enrayer un tel processus, mais je suis prêt à donner des orientations ", a rétorqué M. Clément. Il a estimé que " le paradis est en péril " et n’a pas hésité à qualifier certains projets, notamment celui de parcours de golf sur l’île-aux-Cerfs d’"idée folle(…) coûteuse et dangereuse". Rappelons que le groupe Sun International (bientôt rebaptisé Kerzner International) veut transformer la majeure partie des 87 hectares de l’îlot en un parcours de golf de dix-huit trous. " Cela fait partie de ces projets qui, avec le bétonnement, dévastent Maurice et sa richesse écologique ", a estimé M. Clément.

Thierry Chateau

Le Mauricien

24 juin 2002