Suivant le projet Anahita, du groupe CIEL, à Beau Champ: Les pêcheurs de l'Est réclament une compensation de Rs 300 000


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Les pêcheurs de Grande Rivière Sud Est (GRSE), Deux Frères, Quatre Surs et Trou D'eau Douce se sont regroupés en un front commun de pêcheurs pour tenir tête au groupe CIEL Properties et le projet IRS (Integrated Resort Scheme) Anahita. Mécontents de l'étendue des travaux sur le site, ils campent toute la journée sur l'île aux Chats, le site même des travaux du projet Anahita, depuis mercredi. Ces pêcheurs affirment qu'ils ne sont pas contre le projet IRS du groupe CIEL, mais souhaitent que le groupe considère leurs doléances et leur accorde une compensation de Rs 300 000 chacun (pour 227 pêcheurs), car "sa travay la se destriksyon peser sa". Ces pêcheurs menacent de prolonger leur manifestation, accompagnés de leurs femmes et enfants, si leurs récriminations tombent dans l'oreille des sourds.

Les travaux de construction dans le cadre du projet Anahita ont récemment démarré. Ce projet échelonné sur 7 ans, au coût de Rs 15 milliards, est en phase de construction sur un site d'une superficie de 213 arpents faisant partie intégrante d'un terrain en toute propriété de 3 200 hectares. Anahita comprendra un hôtel de 90 suites, 30 villages sous l'IRS et dix villas privées, ne faisant pas partie intégrante de l'hôtel. Parallèlement, il y aura 215 autres villas, 40 golf lodges et 70 marina appartements.

"Nou pa kont sa prozé l'hôtel-la nou. Mé travay ki pe fer, se destriksyon peser sa", fait ressortir Michael Andy, l'un des porte-parole des pêcheurs. Ces derniers dénoncent l'étendue des travaux de comblement dans le lagon en face de l'île aux Chats et au sein du barachois, limitant leurs ressources et leur arrachant leur gagne-pain. "Ena ti rouz, ti kordonye, ki pou mor. Kot nou pou gagn nou lavi", s'interroge Michael Andy, pêcheur de Trou D'eau Douce.

Selon ces pêcheurs de l'Est, l'île aux Chats et l'île aux Martins seraient les derniers sites emplis de ressources, après la disparition des ressources marines qui relèverait du projet d'extension de l'hôtel Touessrok. Indiquant une réserve naturelle, Michaël Andy raconte que "sa landrwa la, sa mem nou apel magazin. Tou peser vinn la. Ki li so peser kazié, la lign, piker ourit, nou tou nou vinn la pou gagn nou bann apa. Pou nou gagn nou lavi". Il souligne qu'avec ces travaux de comblement et les lumières des hôtels, tout sera endommagé, et ce sera la perte des pêcheurs.

Alain Andy, président de la Fédération des pêcheurs à la senne de Maurice, indique pour sa part qu'il y a deux semaines, suivant une manifestation des pêcheurs dans l'île, le promoteur d'Anahita leur avait assuré qu'il n'y aurait pas de travaux de comblement dans le lagon. "De semenn apré nou vini, manglier finn arasé. Plis ki 2 arpan ross finn konblé", avance-t-il. Et d'autres pêcheurs de s'insurger: "Si nou nou rass enn manglier, gard vinn pran nou. Zot zot pé rass par arpan".

Une compensation pour acheter de bons bateaux pour pêcher en dehors du lagon

Comme le fait ressortir un pêcheur de Trou d'Eau Douce, Willel Moutou, "Misié la pe pran tou nou la mer. Li dir li gagn so permi. Me kifer li aret so travay kan nou vinn la. Li pe pran partou. Li pe met so baraz, li pé fer ravaz". Ils disent qu'avec le comblement du lagon, "Map Moris pé sanzé. Zot pé konblé zot pé alé mem". Ces pêcheurs s'interrogent sur l'attitude de l'actuel gouvernement par rapport à leurs doléances. "Nou koné ki sé ansyin gouvernma ki finn donn permi EIA, (Environmental Impact Assessment) en 2004. Me ki gouvernma actuel pou fer pou nou ?", se demandent-ils. C'est dans cette optique qu'ils réclament une indemnité de Rs 300 000 chacun pour les 227 pêcheurs du front commun.

Ces pêcheurs des localités précitées soulignent qu'il n'y a pas eu de négociation avec les promoteurs. "Nou finn gagn selman rényon ar zot kot zot finn explik nou zot prozé. Kan nou sey koz larzan ar zot, zot vir kozé, zot dir zot pou donn nou travay", déclare Vidianand Baichun, président de l'Association des pêcheurs de GRSE. La compensation de Rs 300 000 par tête réclamée n'est que justice envers cette communauté des travailleurs de la mer, estime-t-il.

Selon les pêcheurs, avec la mise sur pied d'Anahita, ils devront tous chercher à gagner leur vie hors du lagon. "Si nou gagn enn konpansasion, sa pou permet nou regroup nou, 3-4 peser, pou asté enn bon bato pou nou al lapess en dehors lagon. Nou ena zanfan. Nou bizin pans zot lavenir", souligne Alain Andy. Pour les pêcheurs de Grande Rivière Sud Est (GRSE), Deux Frères, Quatre Surs et Trou D'eau Douce, il faut que le promoteur revoie ses actions et considère leurs récriminations, sinon "nou pu kontinye asiz lor ross. Pa tous nou la mer. Dan 3 zour, nou pou amenn nou fam, nou zanfan pou vinn asize isi si nanien pa fer pou nou", disent-ils.

"Il ne peut y avoir aucun dialogue dans ce genre de situation"

Nicolas Vaudin, General Manager de CIEL Properties, promoteur du projet Anahita, estime "regrettable que quelques pêcheurs utilisent ces moyens d'intimidation". Il indique qu'une ligne de communication est constamment ouverte avec les représentants officiels des pêcheurs des localités précitées ainsi qu'avec les membres des conseils de village. Selon M. Vaudin, CIEL Properties a pris contact avec les pêcheurs pour leur expliquer le projet de développement Anahita. Il ajoute que depuis deux semaines, CIEL Properties tient des réunions régulières avec les représentants des pêcheurs et leurs conseillers juridiques. "Nous avons même organisé, mercredi dernier, une visite de site pour qu'ils prennent connaissance de la nature des travaux, ainsi que l'ensemble des mesures qui sont prises pour protéger l'environnement naturel autour du site", soutient M. Vaudin.

"Nous avons proposé à leurs conseillers juridiques de nous soumettre un document faisant part de leurs revendications, que nous examinerons en toute bonne foi. Nous souhaitons que les représentants des pêcheurs et leurs conseillers juridiques fassent comprendre à ces quelques pêcheurs - car, selon nos renseignements, les pêcheurs de GRSE, Quatre Surs et Deux Frères ne faisaient pas partie des manifestants. Ils ne sont absolument pas solidaires de ce mouvement de contestation - qu'il ne peut y avoir aucun dialogue dans ce genre de situation", ajoute-t-il. Se disant disponible pour une rencontre autour d'une table pour répondre aux questions des pêcheurs, M. Vaudin indique néanmoins que "nous ne céderons pas face à ces débordements".

Confiant qu'effectivement CIEL Properties procède actuellement à la consolidation du terrain sur "la partie rocheuse de l'île immergée à marée haute, mais visible à marée basse en vue de la construction de l'hôtel qui doit s'y trouver", le General Manager de CIEL Properties n'a pu toutefois indiquer la superficie du lagon en face de l'île aux Chats qui doit être comblé par des roches et pierres. En ce qui concerne le barachois qui doit être comblé, M. Vaudin indique qu'il s'agit d'un barachois privé, "géré par Deep River Beau Champ. En aucun cas, celui-ci ne pouvait autrefois être utilisé par les pêcheurs".

En réponse à ces pêcheurs aux casiers et d'ourite qui déplorent la menace contre leur gagne-pain, les promoteurs déclarent "réaffirmer notre volonté que ce projet profite à l'ensemble de la région. Nous avons commandé une étude socio-économique qui permettra de répondre aux besoins de la région et nous allons employer prioritairement les habitants de la région. Il n'est pas juste qu'un petit groupe vienne perturber les relations que nous avons avec tous les villages".

"Nous avons tout fait pour que les travaux soient ecology friendly"

Nicolas Vaudin ajoute que CIEL Properties a toujours eu la ferme intention de faire de Anahita un projet de développement durable, respectueux de l'environnement et permettant l'essor socio-économique de la région. Il précise que les impacts des travaux sur l'environnement ont été mûrement réfléchis, et que le groupe a pris de nombreuses mesures pour protéger le lagon. "Nous avons présenté aux autorités concernées notre rapport EIA qui a été avalisé par les experts du ministère. Nous avons donc tout fait pour que les travaux soient ecology friendly car le respect de l'environnement est pour nous une priorité", fait-il ressortir.

En ce qui concerne la superficie exacte sous culture de mangliers devant être affectée par le projet Anahita, M. Vaudin souligne que "plus de 94% des mangliers qui sont sur ce site seront préservés, car la vision de CIEL Properties et que le projet Anahita soit intégré dans la nature". Il ajoute que le groupe s'est engagé auprès du gouvernement afin que pour chaque manglier enlevé, un autre soit replanté.

S'agissant de la somme de Rs 300 000 à chacun des 227 pêcheurs en guise de compensations réclamée par les pêcheurs, le General Manager indique que "nous n'avons, jusqu'à présent, reçu aucune demande officielle des représentants des pêcheurs ni de leurs conseillers légaux sur un montant de compensation, ni entendu des arguments qui soutiendraient cette demande". Nicolas Vaudin estime qu'avant de parler de compensation, il faudrait recevoir et analyser les revendications des pêcheurs, "dans le but de voir quelles peuvent être les meilleures actions à mener dans l'intérêt de tous". Le General Manager de CIEL Properties souhaite rencontrer les représentants des pêcheurs pour que ces derniers lui exposent leurs griefs.

 

Le Week End 26 fevrier 2006

 

 

Projet Anahita

Ciel Properties satisfait de cette deuxième réunion au ministère de la Pêche

Les promoteurs du projet Anahita (CIEL Properties) sur l'île aux chats, ainsi que les pêcheurs de Grande Rivière Sud Est (GRSE), Deux Frères, Quatre Surs et Trou d'Eau Douce ont pris connaissance, lundi dernier, du rapport du comité technique institué par le ministère de l'Agro-Industrie et de la Pêche la semaine dernière en vue d'analyser l'impact sur l'écosystème marin de ce projet. Selon nos informations, le rapport soutiendrait que le projet du groupe Ciel n'a aucune incidence sur l'activité des pêcheurs de l'Est. Contestant ce rapport, ces derniers, ont souhaité l'analyser et ont demandé une deuxième réunion prévue pour vendredi. La réunion n'a toutefois pas eu lieu, pour des raisons qui demeurent floues.

Les travaux du groupe Ciel autour de son projet IRS sur l'île aux Chats continueront. Ceci après la soumission du rapport du comité technique (comprenant les techniciens du ministère de l'Environnement, du ministère de la Pêche, et du Centre de Recherche d'Albion), lundi dernier, aux promoteurs du projet ainsi qu'aux pêcheurs de l'Est. Selon nos informations, ce rapport, indiquant que le projet Anahita ne fait pas obstacle à l'activité des pêcheurs, serait en faveur du Groupe Ciel. Les membres du comité technique ont ainsi établi que le projet ne nuit pas à l'écosystème marin et que la qualité de l'eau est aussi bonne. Le rapport démontre que du Four à chaux à l'endroit appelé Magasin (une réserve naturelle où les pêcheurs puisent leurs appâts), le courant n'est pas assez fort pour nuire à l'activité des pêcheurs, apprend-t-on. Pour les promoteurs du projet Anahita, "cette deuxième rencontre au ministère de la pêche est satisfaisante. Nous avons pris connaissance du rapport, et pour nous, l'étude des techniciens du ministère de l'Environnement, du ministère de la Pêche, et du Centre de Recherche d'Albion vient démontrer que nous avons fait les choses comme il faut en ce qui concerne les travaux".

Les pêcheurs contestent ce rapport

Les pêcheurs de l'Est contestent pour leur part ce rapport qui ne reflète pas la réalité. "Nous étions présents quand les membres du comité technique sont venus sur le site pour faire leurs études. Ils n'ont pas pris en considération tout le site, et surtout les doléances des pêcheurs. Par exemple, les plongeurs du ministère ont effectué une plongée sur 3 ou 4 mètres carrés, alors que le rapport fait état de centaines de mètres carrés", indique un des pêcheurs de l'Est. Avec leur avocat, ils ont analysé le rapport qu'ils comptaient contester lors de la réunion qui été prévue vendredi au ministère. Toutefois, leur avocat leur a appris que la réunion a été annulée pour des raisons floues, explique notre interlocuteur. Déçus, ces pêcheurs qui espéraient exprimer une nouvelle fois leur mécontentement, et soumettre un rapport qu'ils ont constitué, attendent qu'ils soient convoqués par le ministère de la pêche. Ils espèrent que justice sera bientôt faite dans cette affaire.

Rappelons que les pêcheurs de l'Est, qui se sont regroupés en un front commun pour débattre de leur situation, avaient manifesté pendant une semaine leur mécontentement face à l'étendue des travaux de comblements du lagon. Affirmant qu'ils ne sont pas contre le projet IRS du groupe Ciel, les pêcheurs de l'Est souhaitaient que leurs revendications soient prises en considération, d'où la décision d'instituer un comité technique. Ainsi, au cas où les pêcheurs décident d'entamer d'autres actions pour contester ce projet de comblement de lagon, et réclament une indemnité de Rs 300 000 chacun pour les 227 pêcheurs du front commun, David Martial, communication manager du groupe Ciel avance que "la position de Ciel Properties est claire. Nous ne pensons pas en termes de compensation directe, mais notre projet comprend des propositions de contributions sociales pour ces villages et ce sur le long terme". Il ajoute par ailleurs qu'à la réunion de lundi, le general manager de Ciel Properties, Nicolas Vaudin, a procédé à la lecture d'une première ébauche de projets sociaux. Ciel Properties attend maintenant le "feedback des pêcheurs sur le rapport du comité technique pour trouver un terrain d'entente".


Le Week End 12 mars 2006

 

Conflit autour du projet Anahita

"Pas touss nu lamer," disent les pêcheurs

M. Winell Moutou, Président du mouvement de solidarité des pêcheurs de Trou d'Eau Douce a consigné, au nom des pêcheurs de Quatre Surs, Deux Frères, Grande Rivière Sud Est et Trou D'Eau Douce, une déposition à la police de Bel Air, hier après-midi, contre Ciel Properties, les promoteurs du projet Anahita. Ils estiment que Ciel Propreties a outrepassé l'EIA Licence (ENV/12/1108) qui leur a été octroyée en novembre 2004, en effectuant un "land reclaimation" autour de l'île aux Chats. "Pa touss nu lamer", disent-ils. Ces pêcheurs, qui se sont regroupés en un front commun ne céderont pas devant l'acte qu'ils estiment illégal des promoteurs d'Anahita. Ils procéderont ce midi à une descente des lieux à l'île aux chats, en présence des officiers de police, et de leurs avocats, pour constater les dégâts faits à cet environnement à la suite des travaux de remplissage par Ciel Properties.

"Seki missié la pé fer pa bon. Li pe pran nu lamer. Li pa gagnn droit comblé tousa la. Perna sa dan so permi. Li pe rod rass nu gagn pain", s'insurgent les pêcheurs de l'Est. Après une semaine de manifestation sur l'île aux chats, ces derniers, déçus par la proposition du ministre de la Pêche, vendredi dernier, sont allés de l'avant en consignant une déposition à la police de Bel Air à l'encontre des promoteurs du projet IRS Anahita. Ils estiment qu'outre le fait de nuire à leurs activités, le comblement effectué "sur plusieurs arpents" autour de l'île aux Chats est illégal, car le EIA Licence octroyé au groupe Ciel par l'ancien gouvernement ne fait pas mention de remplissage. Les pêcheurs revendiquent ainsi leurs droits sur la mer et demandent aux promoteurs de ne pas toucher à leur gagne-pain. Ils contestent de même le rapport du comité technique qui souligne entre autres que "except for the presence of a few small colonies of sponges, there were no life forms; and Visual examination of the deposit did not show the presence of any live flora or fauna".

Selon les pêcheurs, les experts du Centre de Recherche d'Albion ont effectué des analyses de l'eau de mer à des endroits où il existe des déverses de l'usine Beau Champ. "Nous contestons ce rapport qui contient trop de loop holes", indique un des avocats des pêchers de l'Est, Me Girish Baboolall. Ce dernier ajoute qu'il s'agit d'un des points que les pêcheurs souhaitaient éclaircir lors de la réunion de vendredi avec le ministre de la Pêche, mais qu'ils ont été rabroués. "J'ai commencé à soulever certains points, et lorsque France Andy, un des représentants des pêcheurs a voulu prendre la parole, cela lui a été interdit par l'un des conseillers légaux de Ciel Properties", indique Me Girish Baboolall. Il ajoute que dans la déposition consignée par Winell Moutou au nom des pêcheurs de l'Est, mention est faite que les promoteurs ont, à travers un remplissage illégal, rejoint l'île aux Chats, à un îlet, Park Lavoui, agrandissant ainsi la superficie de l'île aux Chats. Suivant cette déposition et la descente des lieux qui sera effectuée aujourd'hui, les pêcheurs de l'Est espèrent que les policiers prendront des actions légales contre Ciel Group et contre M.Vaudin pour être allé à l'encontre de leur permis EIA.

Aucune proposition formelle

Par ailleurs, concernant la proposition du ministre Boolell à l'effet que le groupe Ciel augmente la somme de Rs 2M à Rs 3M pour la pêche hauturière et également d'instituer un fonds de soutien et de développement d'une valeur de Rs 2M, l'avocat des pêcheurs estime qu'il n'y a pas eu de proposition formelle. "Le ministre est venu brièvement proposer d'augmenter la somme de Rs 2M et d'instituer un fonds de soutien pour les pêcheurs mais jusqu'aujourd'hui, les pêcheurs n'ont reçu aucune proposition formelle. Qui fournira la somme pour le fonds de soutien. Est-ce l'État, ou le groupe Ciel ?", se demandent les pêcheurs. Me Girish Baboolall avance également que cette réunion de vendredi n'est aucunement à la satisfaction des pêcheurs car ces derniers n'ont pas eu l'occasion de s'exprimer et qu'ils estiment que le ministre Boolell a effectué un walk-out. Selon les pêcheurs, le ministre a déclaré que si nécessaire des mesures légales seront prises contre ceux qui font des actions illégales sur le site d'Anahita. Dans cette optique, avance Me Girish Baboolall, "que des mesures légales soient également prises à l'encontre des promoteurs qui outrepassent leur EIA Licence".

Ils avancent également que d'après le EIA Licence, le ministère de l'environnement fait mention que "the owners of adressing any impact of the undertaking on the environment shall lie solely on the proponent. Any adverse impact on the environment including erosion on site or offsite, shall be made good by the proponent at his own cost". De même ajoute Me Girish Baboolall, selon le EIA Licence en date du 19 avril 2004, il est indiqué que "there shall be no deviation from the above condition and from the mitigating mesures mentionned in the EIA report. Any deviation shall have the prior approval of the department of the environment,n ministry of the environment, and other competent authorities, failing which this EIA Licence may be revoked". C'est dans cette optique que les pêcheurs recherchaient une négociation avec les promoteurs avance leur avocat. Girish Baboolall fait ressortir qu'"au moment où nous allions venir de l'avant avec des propositions de négociations avec le groupe Ciel, il a été décidé d'instituer un comité technique. Le ministère a décidé d'arbitrer le conflit qui oppose Ciel Properties et les pêcheurs. Nous n'avons pu alors objecter car les avocats n'étaient pas au courant de cette première réunion avec le ministère. Les pêcheurs sont partis seuls". Selon l'avocat des pêcheurs, les choses ont pris une autre tournure et les négociations avec les promoteurs du projet Anahita ont cessé.

A la suite de la soumission du rapport du comité technique, les pêcheurs ont entamé des actions pour contrer l'illégalité selon laquelle se déroulent les travaux du Groupe Ciel sur le site de l'île aux Chats. Soulignant qu'il est indiqué dans l'EIA Licence que "if during the implementation of this project, any environmental problem or negative impact ensures, the proponent shall inform this ministry and the ministry of fisheries immmediately, and shall redress the harm caused at its own cost and to the satisfaction of this ministry and the ministry of fisheries", Girish Baboolall fait également ressortir que c'est le ministère de l'Environnement qui aurait dû instituer un comité technique. "C'est le ministère de l'Environnement qui a octroyé le EIA Licence. C'est à ce ministère de venir de l'avant, car Ciel Properties va à l'encontre de ce que leur permet leur licence", estime Me Girish Baboolall. Lundi matin, les pêcheurs comptent une nouvelle fois se rendent sur le site Anahita, où le lagon a été comblé. Ils se rendront également au ministère de l'Environnement pour contester l'EIA Licence de Ciel Properties.

"Ciel Properties n'a pas d'oppositions de principe par rapport à ce que le ministre a proposé."

De leur côté, les promoteurs du projet Anahita estiment que lors de la réunion de vendredi dernier, la proposition faite par le ministre Boolell concerne les deux parties en conflits. Selon le Communication Manager de Ciel Properties, David Martial, "nous n'avons pas d'oppositions de principe par rapport à ce que le ministre a proposé. Même si le montant proposé est extrêmement élevé, CIEL Properties respecte les conclusions et les propositions formulées par le comité et va maintenant voir si une somme aussi conséquente peut être débloquée. Nous souhaitons également mieux comprendre quelles seront les modalités de fonctionnement de ce fond de soutien aux pêcheurs". Notant avec satisfaction que les scientifiques du Ministère de l'Environnement et du Centre de Recherche d'Albion ont à nouveau réitéré le fait que les travaux d'Anahita n'ont pas d'incidence négative sur l'écosystème marin et l'activité des pêcheurs, David Martial ajoute que "maintenant la balle est dans le camp des pêcheurs. Le ministre a été très clair en avertissant les pêcheurs que des actions seront prises contre ceux qui seront en illégalité sur l'île aux Chats. S'ils continuent à faire des entraves, la loi sera appliquée". Ciel Properties avance de même que les pêcheurs ne soient jamais venus de l'avant avec des propositions fermes. David Martial fait ressortir que les pêcheurs ont laissé savoir leur position dans la presse. "Ils ont dit des choses dans la presse qu'ils n'ont jamais évoqué lors des rencontres qu'on a eu et encore moins lors de réunions du comité", laisse-t-il entendre. Se disant très déçu par la prise de position des pêcheurs "qui sont en train de défoncer une porte ouverte", le Communication Manager de Ciel Properties avance par ailleurs que dans la mesure où les pêcheurs estiment qu'ils n'ont pas pu s'exprimer, il y a toujours espace au dialogue. "Nous sommes prêts à écouter leurs propositions", a laissé entendre David Martial.

La section 2.0 du rapport du comité technique institué par le ministère de la Pêche, mentionne les faits suivants:

"An EIA Licence was granted to CIEL Properties Co. Ltd (the promoter) on the 26 november 2004, for the rehabilitation works at Île aux Chats which comprise the following:

i) Removal of charred bagasse, silt, mud and decomposed organic deposits from the lagoon at "Four à Chaux";

ii) Desilting and derocking of the disued barachois at Île aux Chats;

iii) Derocking of the seabed and creation of bathing areas;

iv) Creation of artificial sandy beaches; and

v) Placing of rock revetments around Île aux Chats"


L'aval du ministère de l'Environnement à travers le permis EIA
Dans un communiqué envoyé à la presse, Ciel Properties a souhaité "apporter plusieurs précisions" quant aux travaux du projet Anahita. Ils avancent entre autres que "les conclusions du rapport du comité technique sont que les travaux n'ont aucune incidence ni sur l'écosystème marin, ni sur l'activité des pêcheurs". Ainsi concernant le comblement du lagon, Ciel Properties a tenu à "confirmer qu'il n'est pas prévu de comblements massifs dans le lagon. Les pierres qui sont emmenées sur l'île aux Chats sont destinées à deux choses: le rehaussement et la consolidation de l'île aux Chats. Le comblement d'un barachois dans lequel les pêcheurs n'ont, de toute évidence, jamais eu accès. Ces deux travaux ont reçu un aval du ministère de l'Environnement à travers le permis EIA." Ciel Properties fait également ressortir qu'il "a planifié le développement d'Anahita de façon à conserver la très grande majorité des mangroves existantes. Seul un petit pourcentage de ces mangroves (environ 5%) situées au niveau de l'île aux Chats sera effectivement enlevé. Mais en accord avec le ministère de l'Environnement, Ciel Properties s'est engagé formellement à replanter le même nombre de mangliers qui seront enlevés". Le communiqué de presse fait également mention d'une série de propositions concrètes avancées lors de la dernière réunion avec le comité technique, concernant les développements que comptent mettre en place le groupe Ciel pour les pêcheurs et la région dans sa globalité.

Le Week End 19 mars 2006

 

 

Conflit entre les pêcheurs de l'Est et Ciel Properties

Les conclusions du rapport du comité technique attendues

Le ministère de l'Agro-Industrie et de la Pêche a institué un comité technique visant à conduire une étude sur l'île aux Chats, site où devrait voir émerger le projet de Ciel Properties, Anahita. Suivant cette étude, le comité technique soumettra un rapport, et les initiatives seront prises pour trouver une solution au conflit opposant les pêcheurs de Grande Rivière Sud Est (GRSE), Deux Frères, Quatre Surs et Trou d'Eau Douce et CIEL Properties, concernant les travaux de comblement du projet Anahita. Si au niveau de CIEL Properties, on pense que l'issue de cette réunion est satisfaisante, il en est de même du côté des pêcheurs qui espèrent que le rapport sera en leur faveur.

Suivant la manifestation sur l'île aux chats, (le site même des travaux du projet Anahita), la semaine dernière, des pêcheurs des régions précitées, une réunion a eu lieu en début de semaine avec le ministre de l'Agro-Industrie et de la Pêche, les techniciens du département de la Pêche et de l'Environnement, les promoteurs d'Anahita, ainsi que des représentants des pêcheurs de l'Est. Cette réunion visait à engager des consultations concernant le mécontentement des pêcheurs, et a donné lieu à l'institution d'un comité technique. Les représentants des pêcheurs de l'Est qui se sont regroupés en un front commun pour débattre de leur situation, ont eu l'occasion d'exprimer leur griefs face à l'étendue des travaux de comblements du lagon. Ils ont affirmé qu'ils ne sont pas contre le projet IRS du groupe Ciel et ont souhaité que leurs revendications soient prises en considération. "Nous avons parlé des problèmes d'utilités qu'encourront les pêcheurs à l'avenir si le lagon continue à être comblé. L'endroit que nous surnommons "magasin" ne sera plus accessible et nous n'aurons plus d'appâts pour aller pêcher. Comment gagnerons-nous notre vie ?", indique Alain Andy, un des porte-parole du front commun des pêcheurs de l'Est. Il avance que les doléances des pêcheurs ont été prises en compte, d'où la décision d'instituer un comité technique.

Un comité technique institué

Le comité technique, comprenant les techniciens du ministère de l'Environnement, du ministère de la Pêche, et du Centre de Recherche d'Albion, s'est rendu sur le site mercredi dernier pour analyser la situation par rapport aux pêcheurs et l'impact sur l'écosystème marin de ce projet. Le comité technique devrait dans les jours à venir soumettre son rapport. Les pêcheurs aussi bien que les promoteurs du projet Anahita espèrent qu'ils seront tenus au courant des conclusions de ce rapport, lors de leur rencontre prévue pour demain matin, avec les membres du comité technique. Alain Andy estime que cette rencontre avec les parties concernées et la mise en place du comité technique, relèvent d'une bonne initiative qui permettra rapidement aux pêcheurs d'éclaircir les zones d'ombres autour de leur situation professionnelle pour laquelle ils craignent. "Nous avons assisté au site visit du comité technique sur le site de l'île aux Chats. Nous espérons qu'ils nous soumettront leurs conclusions lors de la réunion prévue lundi. Nous espérons que le rapport sera positif", indique Alain Andy. Il ajoute par ailleurs qu'en cas de conclusions en faveur de Ciel Properties, les pêcheurs iront de l'avant avec leurs revendications.

Ciel Properties affiche la satisfaction quant à la mise sur pied de ce comité technique, et espère que les conclusions du rapport seront vite annoncées. Le Communication Manager du Groupe Ciel, David Martial fait ressortir que "la rencontre de mardi a été très satisfaisante. Elle va dans le sens du dialogue que prône notre entreprise et la mise sur pied d'un comité technique pour effectuer une étude scientifique relève d'une bonne initiative qui permettra d'analyser les appréhensions des pêcheurs". Ajoutant que Ciel Properties s'est assurée de prendre toutes les mesures pour que le projet Anahita soit conforme aux normes environnementales, le Communication Manager du Groupe Ciel souligne que le groupe a pris en considération l'intégration sociale des habitants de l'Est avant l'implémentation de son projet. En vue de poursuivre rapidement les travaux sur le site de l'île aux Chats, Ciel Properties espère que les conclusions du rapport leur seront communiquées au cours de la réunion de demain matin avec les techniciens du comité technique.

Le Week End 19 mars 2006