ENVIRONNEMENT ET TOURISME


Return to: Local Env News

Vers la fin de l’anarchie à l’Ile-aux-Cerfs

Après un nettoyage de l’îlot de fond en comble les 5 et 6 février, les autorités introduiront des règlements pour y faire respecter l’ordre.

Visiteurs et opérateurs ont trop longtemps négligé l’environnement avec leurs grillades en plein air et les déchets en plastique qu’ils laissent derrière eux.

L’île-aux-Cerfs, joyau du tourisme mauricien, aura bientôt oublié ses années d’anarchie. C’est du moins ce qu’il est permis d’espérer au vu de l’initiative conjointe des ministères du Tourisme et de l’Environnement. Ceux-ci promettent des mesures draconiennes - tout sauf l’interdiction de l’île aux visiteurs - pour restaurer l’ordre dans l’îlot.

L’îlot sera fermé aux visiteurs les 5 et 6 février pour un nettoyage complet. Ensuite, des dispositions seront prises pour assurer que l’environnement de l’îlot soit préservé : panneaux signalant les règles générales gouvernant l’utilisation de l’île, poubelles, service de voirie régulier, toilettes et autres facilités pour les vacanciers...

Les autorités se donneront les moyens pour faire respecter l’ordre établi. La coopération du public et des opérateurs touristiques est sollicitée pour le succès de l’entreprise. Nando Bodha et Rajesh Bhagwan, ministres du Tourisme et de l’Environnement respectivement, rencontrent toutes les parties concernées vendredi prochain. La police, la National Coast Guard, les opérateurs de bateaux de plaisance ainsi que le groupe Sun, qui détient le bail de l’Ile-aux-Cerfs, participeront à cette réunion. Les mesures définitives seront arrêtées au cours de cette rencontre.

Nando Bodha a rencontré les opérateurs de bateaux de plaisance travaillant sur l’île-aux-Cerfs, jeudi dernier. Les autorités en ont répertorié 142 mais ils n’étaient qu’une vingtaine à assister à la réunion.

Aucun nouveau permis aux bateaux de plaisance

Le ministère les a confrontés aux reproches qui leur sont faits. Photos et témoignages à l’appui, il a été établi que ces opérateurs violent les règles gouvernant l’îlot, indique un porte-parole.

Ainsi, ils n’hésiteraient pas à allumer des feux de camp ou encore à organiser des barbecues sur place alors qu’il est strictement interdit d’allumer un feu à l’Ile-aux-Cerfs. Non-respect des normes de sécurité à bord et violation des limites de vitesse dans le lagon figurent aussi parmi leurs torts.

Les opérateurs ont souligné qu’on ne peut les tenir responsables de tout ce qui va mal à l’Ile-aux- Cerfs. Ils ont évoqué leurs contraintes qui se résument en un mot : compétition. D’abord entre opérateurs basés à Trou-d’Eau-Douce et ceux basés à l’îlot. Ensuite entre l’hôtel Touessrok et les opérateurs individuels. Ceux-ci se disent contraints de recourir à toute sorte d’astuces pour survivre.

Les opérateurs de bateaux de plaisance ont sollicité le soutien des autorités. Ils demandent des facilités hors taxes sur les pièces de rechange de leurs embarcations ainsi qu’une réduction du trader’s licence qui s’élève à Rs 3 500. Ils proposent également qu’un coin grillade soit amenagé sur l’îlot. Ils souhaiteraient aussi des facilités pour débarquer, c’est-à-dire un port de plaisance.

Les autorités se sont engagées à prendre ces demandes en considération. "Nous ne cherchons pas à faire partir les opérateurs. Tout le monde doit gagner sa vie. Tout ce que nous leur demandons, c’est d’opérer à l’intérieur du cadre établi," souligne un porte-parole du ministère du Tourisme.

Face à la crainte des opérateurs qui pensent que cette mise en règle cacherait une stratégie visant à les bannir de l’îlot, le ministère du Tourisme affirme que telle n’est pas son intention. Au contraire, il a été convenu qu’aucun nouveau permis d’opération sur l’Ile-aux-Cerfs ne serait accordé aux opérateurs de bateaux de plaisance pendant cinq ans.

Le bail de l’Ile-aux-Cerfs à Sun International arrive à expiration dans quatre ans. Touessrok, hôtel du groupe, prévoit d’aménager un terrain de golf sur l’îlot. Le permis EIA (Environnement Impact Assessment) a déjà été obtenu, mais le projet n’a pu démarrer jusqu’ici. Il fait face à une action judiciaire menée par des opposants. Le litige est actuellement devant le tribunal d’appel du ministère de l’Environnement.

De ce côté, on fait remarquer que Sun International n’a aucun pouvoir quand il s’agit de faire respecter les règlements sur l’îlot. "On n’a rien contre les opérateurs de bateaux de plaisance. Nous estimons simplement que leurs opérations peuvent être structurées et organisées", indique Dinesh Burrenchobay, directeur des ressources humaines du groupe.

L'express du 27 Janvier 2001