Les Nouvelles du 27 Mars 2005

Le rapport final du consultant américain sur l'autoroute du Sud-Est: Création d'un "road toll" pour financer les "mitigating measures"

Glissement de terrain à Vallée des prêtres: 45 familles déclarent leurs maisons endommagées

Inondations: Bhagwan: "Aucun GM n'a jamais investi autant dans des drains"

Journée mondiale des droits des consommateurs: Mobilisation anti-OGM


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Le rapport final du consultant américain sur l'autoroute du Sud-Est

Création d'un "road toll" pour financer les "mitigating measures"

C'est fait, le rapport final du consultant américain NWFS sur l'impact environnemental de la construction de l'autoroute du Sud-Est qui passe par la vallée de Ferney a été soumis au gouvernement le 22 mars dernier comme annoncé. Ce rapport recommande des "mitigating measures" aux "many of the impacts" de ce projet et dont le coût se situe entre Rs 200 millions et Rs 500 millions sur 20 ans, et propose qu'un "road toll" - un péage - soit introduit pour le financement à court terme des mesures d'atténuation des dommages à l'environnement, celui couvrant les moyen et long termes pouvant aussi venir d'agences internationales de protection.

Ce sont en gros les conclusions du rapport du consultant américain vers lequel le gouvernement s'est tourné après des observations contradictoires sur l'impact environnemental de cette autoroute du Sud-Est sur la vallée de Ferney. Pour financer ces mesures, qui se situeront entre Rs 200 millions et Rs 500 millions sur 20 ans, ce consultant préconise donc un système de péage pour les mesures immédiates d'atténuation des effets néfastes sur l'environnement et une formule mixte de péage, mais aussi des contributions d'agences internationales de protection de l'environnement.

Autre mesure préconisée par le consultant, la création d'un monitoring body pour la mise en pratique et le suivi des "mitigating measures". Maintenant que le rapport a été soumis au gouvernement, ses recommandations seront, pour les aspects techniques, étudiées par le ministère de l'Environnement et la Road Development Unit du ministère des Infrastructures publiques, commanditaire et exécuteur du projet d'autoroute du Sud-Est, et par le ministère des Finances et du Développement économique pour ses implications financières.

Le conseil des ministres ne devant pas siéger vendredi de la semaine prochaine en raison de la visite au pays du Premier ministre indien le Dr Manmohan Singh, il n'est pas exclu, a appris Week-End, qu'il y ait une séance spéciale du conseil des ministres pour se pencher sur les implications et l'application du rapport du consultant américain NWFS.

 

Glissement de terrain à Vallée des prêtres: 45 familles déclarent leurs maisons endommagées

Les premières mesures ont été enclenchées en vue de soulager les familles, victimes de glissement de terrain et débordements à Chitrakoot, Vallée des Prêtres, au terme d'une site visite dirigée par le ministre de l'Environnement et de la NDU, Rajesh Bhagwan, et de son collègue du Logement et des Terres, Joe Lesjongard, hier matin. Selon les premières informations recueillies, 45 familles ont déjà consigné une déposition au poste de police d'Abercrombie pour soutenir que leurs maisons ont été endommagées. Un premier exercice d'évaluation sera effectué aujourd'hui par les experts du gouvernement et de la firme consultante Gibb (Mauritius) avant de soumettre une liste finale sur le nombre exact de maisons affectées. Entretemps, un Implementation Committee a été mis sur pied pour traiter les problèmes immédiats dans ce quartier qui, après les grosses pluies et le passage du cyclone Hennie, a été sérieusement affecté.

Murs lézardés, des fissures larges de plus de cinq centimètres dans des maisons, les routes méconnaissables et dans certaines places impraticables, maisons inondées… Le bilan est inquiétant à Chitrakoot. Et pour les habitants et pour les autorités. "Situation là bien grave", soutient Neermal Ramdin, président des Forces vives de la localité, "mais bann autorité pé fer efforts nécessaires pou aide nous. Nou pou collabore pleinement. Mais nou pou aussi bien vigilant pou assuré ki travay là faire correctement." Ce dernier a participé à la visite effectuée par la délégation, présente à Chitrakoot hier matin, pour constater de visu les dégâts causés par les glissements de terrain occasionné par les grosses pluies.

"Sa problem là existé depuis des années, mais actuellement li ine vine pire. De l'eau passe dans ou lacaz, ou lacour ek lor chemin kouma dire la rivière. Ena lacaz'total loss'", explique un autre habitant de la localité, en compagnie d'un groupe d'habitants, qui a tenu à exprimer leurs inquiétudes et surtout à interpeller les autorités quant aux problèmes qu'ils rencontrent ces derniers temps.

La délégation dirigée par le ministre Bhagwan a eu l'occasion de visiter plusieurs maisons, le système de drains et les dégâts causés aux infrastructures. Se disant conscient du problème, le ministre, qui était accompagné de ses officiers et techniciens, ainsi que de la police de l'Environnement, a mis sur pied un Implementation Committee pour "soulager les habitants". "Ce comité s'est déjà réuni (hier) et les premières mesures ont déjà été prises dès aujourd'hui pour essayer de régler les problèmes immédiats. J'ai demandé aux habitants de nous faire confiance. Le gouvernement compte traiter ce problème avec tout le sérieux voulu afin de trouver une solution durable pour les habitants de Chitrakoot", a-t-il déclaré.

Le président de l'Implementation Committee, Ananda Rajoo a indiqué hier après-midi que plusieurs équipes avaient été déployées sur place pour que les habitants puissent disposer des "besoins essentiels". La Waste Water Management, la Central Water Authority, le Central Electricity Board et les techniciens des ministères concernés avaient été mis à contribution pour mettre en place des mesures immédiates. "demain matin (aujourd'hui) nous avons rendez-vous avec les forces vives pour identifier les drains naturels existant et nous allons inspecter également les flans de la montagne pour essayer de mieux comprendre le problème et prendre des mesures en conséquence", a-t-il déclaré.

À ce jour, 45 familles victimes des glissements de terrain ont déjà informé officiellement la police des dégâts causés à leurs maisons. Les experts de Gibb (Mauritius) seront sur place ce matin pour procéder à un exercice d'évaluation et une liste des familles victimes des éboulements sera soumise aux autorités concernées.


Inondations: réunion élargie ce mardi

Initialement prévue pour jeudi dernier, la réunion convoquée par le ministère de l'Environnement et de la NDU pour passer en revue le problème d'inondation et de drains à travers l'île aura lieu ce mardi au Ken Lee Building. Seront présents à cette réunion, les ministres des Administrations régionales et celui des Infrastructures publiques, les Private Parliamentary Secretaries, les maires des villes, les présidents des Conseils de district et les représentants de la Road Developement Authority (RDA). L'objectif de cette réunion sera de passer en revue la situation et d'identifier les nouveaux "flood prone areas" après les pluies torrentielles et le nettoyage et l'entretien des drains. La réunion sera présidée par le ministre Rajesh Bhagwan.


Rs 1 million additionnel à Ruisseau Terre-Rouge

Les problèmes soulevés dans le rapport du Government Audit Office (GAO) ont refait surface avec les inondations qui affectent plusieurs régions de l'île. Les travaux non-complétés par le contracteur et dénoncés dans le rapport du GAO en 2001 ont fait l'objet d'une étude conduite par GIBB (Mauritius) avant que les observations ne soient soumises au ministère de l'Environnement. Ruisseau Terre-Rouge traverse une bonne partie des quartiers résidentiels à Le Hochet et les problèmes d'inondation pendant les grosses pluies ont, malgré les travaux, persistent. Le ministère de l'Environnement et de la National Developement Unit a ainsi débloqué une somme de Rs 1 million pour remédier à la situation. Or, ces mêmes travaux ont coûté Rs 16 millions au gouvernement qui était au pouvoir novembre 2000. Une des observations du GAO dans son rapport sur cette question était que des réclamations avaient été approuvées pour des travaux qui n'avaient pas été effectués.


Camp Carol, quartier pied dans l'eau

Les problèmes d'inondation à Camp Carol, quartier de Grand-Baie, ne date pas d'hier. Les habitants de ce quartier ont fait face à des situations très difficiles ces dernières semaines au point où le niveau d'eau avait atteint près d'un mètre dans certaines maisons. Le dernier rapport d'experts évoque le même problème que celui soulevé lors d'une étude effectuée en 2002: ce quartier a été construit sur un marécage. "Camp Carol being reclaimed wetland, almost at sea level, the problem of flooding is likely to occur at every heavy rain ", est-il indiqué. Le dernier rapport recommande ainsi la construction de drains et de murs de retention pour régler le problème d'inondation. Mais le principal obstacle reste les squatters qui, selon nos informations, doivent être relogés à Sottise et l'acquisition des terres pour pouvoir effectuer les travaux nécessaires. Pas moins de 45 familles de ces quartiers devraient être relogés si jamais le gouvernement se décident d'aller de l'avant avec ces travaux.


Mare Chicose, aucune odeur

Aucun problème d'odeur n'a été relevé à Mare Chicose à part un excès de "leacheate" dans le Centre d'enfouissement. C'est ce que note le premier constat effectué au après le passage du cyclone Hennie au large de la côte de l'île. Une visite conjointe a été effectuée sur place par le ministre de l'Environnement de et de la NDU, Rajesh Bhagwan, et celui des Administration régionales, Pradeep Roopun, jeudi après-midi. Les représentants des forces vives avaient également participé à cette visite. Il a aussi été observé que les infrastructures n'avaient subi aucun dégât. Les autorités concernées concertent actuellement leurs actions en vue d'éviter que l'excès de "leacheate" ne soit pas une source de problème et aussi pour que la population prenne les mesures nécessaires pour que séparer les déchets ménagers et organiques, qui seront acheminés vers le centre d'enfouissement.


Inondations

Bhagwan: "Aucun GM n'a jamais investi autant dans des drains"

Le ministre de l'Environnement et de la National Development Unit, Rajesh Bhagwan, estime qu'aucun gouvernement dans le passé n'a autant investi dans les drains pour régler le problème d'inondation à travers l'île. Sur un budget de Rs 1,5 milliard voté sur cinq ans, le ministre a indiqué à Week-End, hier matin que Rs 800 millions ont déjà été investis dans une cinquantaine de projets.

"Nous comprenons les problèmes des gens. Et je peux vous dire que ce gouvernement met tout en œuvre pour le combattre. Depuis que le Land Drainage Committee a été créé, de nombreuses zones d'inondation ont été éliminées pour améliorer le bien-être de la population", insiste le ministre en citant Tranquebar, Trianon, Barkly, Monseigneur Leen, Le Morne, Henrietta, Canot et Pailles entre autres. Il a ajouté que le gouvernement travaille à partir d'un Land Drainage Programme établi après une étude commanditée en 2002 pour la construction et la réfection des drains dans les zones à risque.

Avec les grosses pluies qui se sont abattues sur l'île ces dernières semaines, le Land Drainage Committee, a-t-il souligné, compte identifier les autres zones affectées par les problèmes de débordements ou d'inondations. Selon le ministre, ces problèmes ont été occasionnés pour diverses raisons. "D'après les études que nous avons réalisées, ces problèmes découlent de l'irresponsabilité d'une partie de la population, de l'absence de sérieux de la part des collectivités locales dans l'entretien des drains et dans l'octroi des permis de construction et des erreurs du passé comme les permis qui ont été donnés pour les morcellements ou les travaux qui n'ont pas été effectués correctement", soutient-il.


 

 

Journée mondiale des droits des consommateurs: Mobilisation anti-OGM

La Journée mondiale des droits des consommateurs a été marquée sur le plan national et international par une mobilisation contre l'introduction rapide des organismes génétiquement modifiés (OGM). Ce qu'ils réclament: des normes de sécurité internationales sur les OGM, un étiquetage approprié des produits contenant des organismes génétiquement modifiés et des mesures pour protéger les cultures sans OGM. Le 15 mars dernier, l'Association des Consommateurs de l'Ile Maurice (ACIM) a réitéré son souhait de voir un débat national sur les "vrais enjeux" de l'introduction d'OGM dans le circuit alimentaire et sur le sol mauricien "et son impact sur le commerce de sucre transgénique exporté sur l'Europe". L'association insiste aussi sur l'importance de l'institution d'un cadre légal approprié pour permettre la traçabilité des aliments. L'Institute for Consumer Protection réclame, pour sa part, la mise sur pied d'une agence nationale de coordination pour la sécurité alimentaire.

Même si le dossier des OGM ne semble pas, jusqu'à présent, enflammer les Mauriciens, les associations des consommateurs semblent déterminées à porter la question sur la place publique aussi souvent que possible. L'action de l'ACIM, explique un communiqué, se situe dans le cadre d'un mouvement mondial contre l'introduction rapide des OGM, "qui ne prend pas en considération, dans le long terme, la santé des consommateurs, la protection de l'environnement, et, dans l'immédiat, l'aspect de l'éthique". En plus du principe de précaution préalable - basée sur la nécessité de délaisser des pratiques commerciales si les risques pour la santé ne sont pas totalement écartés - qui n'est pas appliqué dans le cas des OGM, ce sont les lacunes en matière de traçabilité de ces produits qui inquiètent. "L'insuffisance dans l'étiquetage permet aux fabricants de commercialiser des produits alimentaires dont l'un ou l'autre ingrédient proviendrait du génie génétique. La commercialisation de ces produits prive les consommateurs de leurs droits à l'information et à un choix éclairé", écrit le secrétaire général de l'ACIM, Jayen Chellum.

Depuis l'épisode de la vache folle, les décideurs et les consommateurs ont pris conscience de la nécessité de retracer l'origine des aliments, rappelle-t-il. Or, bien que le Food Act fasse mention de l'étiquetage des OGM sur le label de produits alimentaires, cette provision de la loi n'est pas appliquée, relèvent les deux organisations de consommation. Quant au GMO Act, il offre surtout un encadrement pour la culture des OGM à Maurice et ne prend pas du tout en compte la question d'étiquetage, fait ressortir Mosadeq Sahebdin, de l'ICP. En effet, cette loi, adoptée à l'assemblée nationale l'an dernier, permet "surtout des essais sur le sol mauricien de produits transgéniques", souligne pour sa part l'ACIM dans son communiqué.

Sur le plan économique, "l'introduction des cultures OGM, pour un prétendu accroissement de la productivité, n'est pas non plus prouvée", note cette association. "Ce qui est sûr toutefois, c'est l'emprise qu'auront sur les activités agricoles du pays, les multinationales, telles que Monsanto, développeurs et distributeurs de semences transgéniques", ajoute-t-elle. Il existe enfin le risque que des plantes tolérantes à l'herbicide n'entraînent "l'utilisation de plus de pesticides, et par conséquent plus de résidus de pesticides sur les produits agricoles".

De son côté, l'ICP a indiqué qu'il comptait reprendre la question de la création d'une agence nationale de coordination pour la sécurité alimentaire avec le ministère de la Santé. Une requête a également été faite au ministère des Finances dans le cadre des consultations prébudgétaires, pour la provision d'un budget pour l'institution d'une telle instance.

Cette campagne anti-OGM "Consumers say NO to GMO's", lancée le 15 mars dernier, sera menée simultanément dans quelque 115 pays. Elle sera axée sur trois droits des consommateurs: les droits à la sécurité, à l'information et au choix. "We want to see all GM foods subjected to rigorous, independent safety testing and properly and clearly labelled. We want all consumers to be able to choose to buy non-GM foods if that is what they want", a soutenu le directeur général de Consumers International, Julian Edwards, dans son message de circonstance, à l'occasion de la Journée mondiale des Consommateurs. Il s'est dit convaincu que les consommateurs pourront remporter cette bataille, "maybe not this year, or next, but in the years ahead because we know that working together we have the power to make producers and governments listen".


Structure légale: Le National Biosafety Committee approuvé par le conseil des ministres

Cette instance sera chargée de conseiller le ministre de l'Agriculture sur les aspects liés notamment au développement, à l'exportation et à la vente de produits génétiquement modifiés

Le conseil des ministres a approuvé hier la mise sur pied d'un National Biosafety Committee, selon les provisions de la Section 4 du Genetically Modified Organisms Act 2004. Cette instance qui sera présidée par le Professeur Fagoonee, de l'Université de Maurice, conseillera le ministre de l'Agriculture sur tous les aspects liés à la mise en application, l'exportation, le développement, la recherche, la production, l'usage, et la vente de produits génétiquement modifiés.

L'une des premières tâches du National Biosafety Committee sera d'examiner le draft regulation sur l'étiquetage et l'identification des OGM avant que celui-ci ne soit envoyé au Parquet. Ce draft, avait déclaré le mois dernier, le ministre de l'Agriculture, en réponse à une question parlementaire du député Sylvio Michel, serait en voie d'être finalisé. Il a toutefois indiqué que des officiers du ministère avaient déjà été formés en matière de labelling requirements, en prévision du Food Technology Laboratory, "which is nearing completion".

Dans sa réponse parlementaire, Nando Bodha s'était voulu rassurant sur la question des OGM, en soutenant que le gouvernement n'avait, à ce jour, reçu aucune demande pour la production de plantes génétiquement modifiées à Maurice. Il n'y a pas eu non plus, à ce stade, de laboratoire spécialisé dans la production d'OGM, avait ajouté le ministre. "I am informed that facilities for producing genetically modified sugar cane varieties are available at the MSIRI but are not utilised presently. However, the MSIRI like any other institution will have to apply for and obtain the necessary permits before it can start production of any genetically modified crops".


Le Week End 27 mars 2005