L'Est à l'ombre du béton… 


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Longtemps connue pour la beauté de ses plages et ses rivages presque "sauvages", la plage de Palmar, partie de la côte est qui était restée jusqu'ici loin d'un développement touristique à outrance, n'offre plus le même panorama. Entre les hôtels déjà implantés, Le Tropical et Le Palmar, de nouvelles "Résidences" aux architectures modernes, avec une forte dose de béton séparent désormais la route côtière et les plages et la végétation que l'on pouvait contempler lors d'une promenade sur cette partie du littoral, à l'ombre de badamiers, cocotiers ou filaos…

Si l'on passe par le petit village de Trou d'Eau Douce, destination incontournable pour une escapade sur l'île aux Cerfs, les changements qui s'opèrent sur cette partie de la côte ne passent pas inaperçus. Nouveaux bâtiments, bungalows, restaurants… La gamme d'activités, touristiques ou de loisir, s'est nettement élargie. Mais en s "éloignant du village, à un kilomètre plus loin, le paysage change radicalement.

Cette partie de la route côtière, qui était jadis bordée par des plantations de légumes d'une part, et de l'autre, de filaos, cocotiers, badamiers et bougainvillées multicolores n'offre plus la même fraîcheur. Le béton commence à y prendre place. Les vastes pelouses à l'état sauvage se sont transformées en chantiers. La seule partie qui, manifestement, devrait être épargnée reste le cimetière de Trou d'Eau Douce; véritable havre où les morts reposent à l'ombre de badamiers, cocotiers et filaos.

Une fois ce cimetière aux allures de jardin traversé, le décor laisse la place à un grand chantier, où une douzaine de bungalows ont été érigés sur deux côtés, au centre une allée donnant l'impression qu'elle termine sa course sur un bleu turquoise du lagon, qui se confond subtilement avec le ciel. Ici c'est La Résidence Le Maho. Les travaux semblent avoir atteint un stade avancé. Les bungalows ont fière allure. Mais point de verdure. À part un jeune badamier au centre de l'allée. L'on ne peut s'empêcher de penser à cette végétation qui s'y trouvait…

Le promoteur, nous a-t-on fait comprendre, ne serait pas trop enclin à prendre des photos de ce nouveau complexe. Les bungalows auraient déjà été vendus. Mais à côté, fort heureusement, le sentier menant à la plage a été conservé. Le panneau indiquant "accès à la plage" s'y trouve toujours. Contrairement à certaines régions côtières du pays, les routes d'accès à la plage n'ont pas été supprimées au profit des projets de développement.

Sur cette même route, à mi-chemin de la plage publique de Palmar, l'on retrouve deux hôtels, implantés depuis des années, Silver Beach Resorts et son voisin Bougainvillier Hotel. Sur ce trajet, des "petits" bungalows ont été érigés sans trop agresser la végétation. Mais un peu plus loin, un nouveau complexe est en construction. Nous sommes à La Pelouse. Le décor est presque le même : des amas de sables, des restes de construction et une poignée de filaos… Les six bungalows en construction sont, ici, plus imposants. L'architecture propose un style colonial version moderne. Un mélange de béton massif aux formes coloniales, teintées de couleurs contrastantes et vives. Les façades donnent toutefois le dos à la mer. Ces mastodontes coupent la vue donnant sur le lagon. Le promoteur serait une société crée par la famille Moosun. "C'est pas à vendre", fait comprendre le responsable du chantier.

Un peu plus loin, la plage publique de Palmar. Cette paisible plage, loin des tumultes touristiques et peu fréquentée en jour de semaine, permet de renouer - de manière visuelle - avec un paysage naturel de nos plages. Mais pas pour longtemps. Un kilomètre plus loin, un nouveau chantier de construction a été ouvert sur cette même "plage publique". Une quinzaine de bungalows jumelés, répartis en trois blocs et sous forme semi-circulaire. Ici, ce sont des bungalows "pieds dans l'eau". Les travaux sont mois avancés. Le promoteur est une agence immobilière très connue à Quatre-Bornes.

Une fois la plage publique de Palmar traversée, l'on retrouve le Surcouf Hotel. Un peu mois d'un kilomètre plus loin, sur la route s'éloignant légèrement de la côte, l'on peut apercevoir sans peine le nouveau venu du circuit touristique dans l'Est de l'île. Il s'agit du Vera Club. Un établissement hôtelier surplombant la mer et doté de 49 chambres. Pour y accéder, il faut emprunter un sentier coupant une plantation de légumes. Le Vera Club a ouvert ses portes le 12 août dernier. L'hôtel est géré par un tour opérateur italien et basé à Rome. Vera Tour s'est également implanté dans une vingtaine de pays, dont l'Egypte, la Grèce, Zanzibar, Cuba, Maldives ou encore Tunisie. "C'est une destination exclusivement italienne", indique le directeur de l'hôtel, Andrea Bee.

Sur cette même lignée, à part les routes d'accès menant à la plage, toute l'espace offrant une vue sur la mer - ou pieds dans l'eau - a été "bouclée". Bungalows, Résidence Thalassa, le Palmar Beach Resorts Hotel, Beau Rivage Hotel, Résidence Hotel… Il faut parcourir deux à trois bons kilomètres pour se retrouver enfin à une nouvelle plage publique, celle de Belle-Mare.

Le week end 28 septembre 2003