Développement immobilier Médine propose un " nouveau concept résidentiel " à Wolmar


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Médine Sugar Estate lance son projet de développement immobilier à Wolmar, dans l'Ouest. Des appartements, un centre commercial, des résidences de luxe mais aussi des hôtels et un parcours de golf, le tout au bord de la mer, au milieu d'espaces verts et au bout de larges avenues, accessibles aussi bien aux Mauriciens qu'aux riches étrangers. Médine affirme vouloir introduire un " nouveau concept résidentiel ".

Médine a soumis son Environment Impact Assessment (EIA) pour son projet à Wolmar le 22 mai dernier. Le projet de développement prévoit donc la construction de plus de mille logements et résidences sur toute la région de Wolmar comprise entre Flic-en-Flac et Tamarin. Bay-Side Village, l'une des composantes du projet, prévoit l'aménagement de maisons et d'appartements sur 600 portions de terrain, d'un centre commercial, d'une auberge, d'un restaurant, d'un yacht club sur la partie nord de la baie de Tamarin ainsi que l'aménagement d'une route entre Wolmar et Pont-Papayes.

" Nous voulons introduire un nouveau concept d'habitations caractérisé par de grands espaces ouverts ", soutiennent les responsables du projet à Médine. Ils affirment que les nouveaux logements seront accessibles, aussi bien aux étrangers qui sont prêts à investir Rs 15 millions (US $ 500 000) qu'aux Mauriciens qui veulent habiter au bord de la mer et prêts à y mettre le prix. " Nous ne voulons pas isoler les uns des autres ", assure-t-on encore à Médine. Si les logements pour les riches investisseurs seront fournis clés en main, les logements pour Mauriciens seront eux soumis à un cahier des charges.

Le projet comprend également l'aménagement de deux hôtels, de deux parcours de golf, de 500 résidences et d'une station de traitement des eaux usées. En tout, ce sont quelque 1 000 nouveaux logements qui devraient voir le jour, avec ce projet, dans une région encore vierge où se trouvent des terrains de chasse, qui est couverte d'arbres, qui est traversée par des cours d'eau et qui abrite également des zones marécageuses.

Dans le rapport EIA, la compagnie sucrière explique qu'elle veut " diversifier ses activités et valoriser ses terres conformément au Integrated Resort Scheme introduit par le gouvernement ". Elle veut surtout " créer une offre pour les résidences côtières à tous les Mauriciens " et augmenter le potentiel d'accueil pour la destination touristique. Bref, dans les grandes lignes, Médine souhaite faire de Wolmar un " pôle " avec le projet de développement intégré. La compagnie sucrière affirme, notamment, qu'elle a pris en considération l'équilibre écologique (environnement marin, faune et flore) d'une région et, surtout, d'une baie régulièrement visitée par les dauphins, entre autres considérations.

Le 20 mars dernier, le projet a été présenté une première fois aux habitants du Barachois, Tamarin, et aux hôteliers de la région, principalement, en présence de l'état-major de Médine. Certains habitants du Barachois (quartier isolé au fond de la baie) se sont déclarés préoccupés par la " destruction du littoral, l'un des derniers espaces encore inexploités et de la baie de Tamarin dans son ensemble " et réclament un " développement harmonieux qui ne menace pas l'environnement local ". D'autres ont exprimé leur " profonde inquiétude par rapport à la pollution de la baie, de la faune, de la flore " et même de la " pollution sonore ". Une habitante du Barachois a même fait remarquer qu'" il est anti-écologique de construire un centre commercial et autant d'appartements " dans cette région, ajoutant qu'elle souhaite que " la beauté des lieux " soit préservée.

De son côté, l'association des habitants du Barachois s'est déclaré inquiète de la question de fourniture d'eau, de l'accès routier et de " l'intrusion du public dans les propriétés privées " d'un quartier tout à la fois préservé et isolé. " J'émets une objection formelle au projet qui est néfaste à la quiétude et à la beauté des lieux ", avait même déclaré un habitant du Barachois.

Médine, pour sa part, affirme s'être appuyé sur " une équipe solide " pour monter son projet et " espère très vite obtenir les permis nécessaires ". Les promoteurs souhaitent que le projet se concrétise d'ici à la fin de l'année et qu'il soit déjà " sur le marché " à ce moment-là.

Le Mauricien 29 mai 2003