L'Ancien President de la Republique, Cassam Uteem, au Maldives lors du Tsunami


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Parti le week-end de Noël pour l'archipel des Maldives en tant que chef de la délégation d'observateurs du Commonwealth pour les élections du 31 décembre, l'ancien président Cassam Uteem s'est retrouvé, dimanche dernier, au cœur du drame à dimension quasi-planétaire qui a secoué des pays limitrophes du bassin de l'océan Indien, du Nord au Sud et d'Est en Ouest. Ayant vécu en direct et comme tous les Maldiviens le gigantesque et mortel tsumani du tremblement de terre au large de Sumatra, Cassam Uteem ne peut s'empêcher de se transformer en véritable porte-parole de cet archipel, dont la survie a été remise en question. Il compte s'engager à fond aux côtés du MACOSS pour solliciter et canaliser la générosité des Mauriciens en vue de venir en aide aux victimes et aux sinistrés de l'Asie du Sud-Est et des pays de l'océan Indien touchés par le tsunami d'Andaman. De retour plus tôt que prévu des Maldives, vendredi, l'ancien président de la République a partagé ses réflexions autour de cette journée du Boxing Day hors du commun qu'il a vécue.

Pendant tout le long des échanges sur les événements qui ont littéralement secoué l'archipel des Maldives, l'expression "véritable sentiment d'impuissance" reviendra comme un leitmotiv dans la bouche de Cassam Uteem. "Nous étions paralysés par un véritable sentiment d'impuissance face à la colère des éléments de la nature qui s'étaient déchaînés. Nous ne pouvions ni avancer ni reculer. Nous étions bloqués. Les rues de la capitale des Maldives étaient transformées en des cours d'eau avec des embarcations et autres pirogues des pêcheurs, qui avaient rompu leurs amarres et qui circulaient dans les rues au gré du raz-de-marée. Personne se semblait comprendre ce qui se passait. Personne n'avait d'explications sur cette soudaine montée des eaux dans les îles de l'archipel. Véritablement du jamais vu pour les Maldiviens tout aussi impuissants que nous", fait ressortir Cassam Uteem en guise de rappel de ce qui s'est passé au moment crucial du raz-de-marée. L'ancien président de la République avouera, sans aucune fausse modestie, qu'il prendra conscience de l'ampleur du danger qui guettait les Maldives en cette matinée que bien après, même s'il avait ressenti des frissons "on the spot". En regagnant leur hôtel, le Hul-Hulé Hotel, après le passage du raz-de-marée, les membres de la délégation du Commonwealth devaient se rendre compte que l'eau était montée de plus d'un mètre dans le complexe hôtelier. "C'était déjà une première indication du danger potentiel. Puis, quand nous avions appris ce qui s'était passé presque au même moment en Indonésie, au Sri Lanka, en Thaïlande et en Inde, je dois dire que nous l'avions échappé belle. Cela, par la grâce de Dieu, car nous étions impuissants à faire quoi que ce soit face au déferlement des vagues", soulignera-t-il. Dès très tôt ce dimanche, des signes précurseurs d'une impending catastrophe s'étaient fait ressentir. Mais le décodage ne fut pas parfait. "C'était le lendemain de notre arrivée aux Maldives. Ce dimanche matin, je m'étais réveillé vers les 5h30. Vers les 6h20, soit 4h20 heure de Maurice, nous avions ressenti des secousses dans nos chambres d'hôtel. Tous les clients avaient quitté leurs chambres pour se rendre compte de ce qui s'était passé. Mais il n'y eu aucune suite à ces secousses, qui ont duré quelques secondes. Personnellement, j'avais cru qu'elles provenaient de travaux de construction quelque part dans l'île", se rappelle encore Cassam Uteem. Le premier rendez-vous de la mission d'observateurs du Commonwealth était prévu dans la matinée avec le commissaire électoral de l'archipel, Ibrahim Rashad, et son équipe. "Nous sommes arrivés à Malé vers les 9 heures. Malgré l'alerte tôt le matin, rien ne présageait les événements dramatiques qui allaient se dérouler dans les minutes qui suivirent. La réunion démarre à peine que le commissaire électoral est sollicité d'urgence par un officiel maldivien. Je ne sais alors pas la teneur de cette agitation. Mais je crois comprendre qu'il y a un problème. Les échanges reprennent, mais le commissaire électoral est de nouveau interrompu par le même officiel, qui affiche une mine encore plus préoccupée. Le commissaire électoral partage sa préoccupation en nous disant qu'il y a un raz-de-marée et que le niveau de la mer ne cesse de monter de manière rapide et dramatique. Nous mettons un terme à la réunion. Je dois faire ressortir que je n'avais rien ressenti", déclare Cassam Uteem. Mais en essayant de quitter l'immeuble de la commision électoral, les membres de l'équipe du Commonwealth, qui comprend également trois parlementaires - dont un de l'Inde, un du Bangladesh et un de Grande-Bretagne - et le commissaire électoral de l'Australie, Andy Becker, sont bloqués dans l'escalier. Ils ne peuvent avancer car l'eau avait déjà envahi les rues de la capitale. Un sentiment d'inquiétude commence à s'installer. "Quand l'eau s'est retirée graduellement, les habitants de Malé se sont mis à s'organiser pour assurer leur protection. Dans les rues recouvertes d'eau, nous avons vu des enfants qui se mettaient à installer des sacs remplis de sable à des points stratégiques pour essayer de retenir les inondations, alors que des bateaux de pêcheurs allaient dans tous les sens en ville. Après une bonne demi-heure, l'eau s'est complètement retirée", déclare Cassam Uteem même s'il n'arrive pas encore à maîtriser ce sentiment d'impuissance d'alors. "Sur le coup, c'était absolument terrifiant et effrayant. La seule question que l'on se posait était jusqu'à quel niveau la mer allait monter. Mais il n'y avait aucun élément de réponse à cette préoccupation, somme toute humaine, qui se pointait. Tout autour de nous, l'on s'activait à gauche et à droite sans pouvoir influer sur le cours des événements. Personne ne savait l'ampleur de la catastrophe ou encore la cause du raz-de-marée. Je demandais à mes interlocuteurs si cette affaire était un aspect typique de la vie aux Maldives. On m'a fait comprendre que le précédent événement du genre remontait à 1989", ajoute l'ancien président de la République, qui se souvient que la dernière fois qu'il avait vécu une telle expérience traumatisante remonte à plus de 44 ans, soit au moment du passage du cyclone Carol à Maurice. Graduellement, le poids du danger commence à se faire sentir sur les épaules de Cassam Uteem. À l'hôtel, le niveau d'eau était monté à plus d'un mètre à peine après le départ de la mission pour la réunion de la commission électorale. Le transfert à un autre hôtel, beaucoup plus sûr, rassure, mais n'estompe les appréhensions. "Que se serait-il passé si nous avions tardé quelques minutes de plus à l'hôtel dans la matinée ? Ou si nous étions encore en bateau regagnant l'île principale ?", se demande-t-il une bonne semaine après le raz-de-marée. Les premières images retransmises à la télévision sur les dégâts du tremblement de terre et du raz-de-marée en Indonésie, en Thaïlande, en Inde, au Sri Lanka dans un premier temps donnent des frissons à Cassam Uteem. L'ancien président de la République mesurera davantage l'ampleur de la catastrophe en début d'après-midi de dimanche dernier lors de sa rencontre avec le président Gayoom des Maldives. Il partagera les inquiétudes du président Gayoom devant le fait que bon nombre d'îles de l'archipel étaient complètement coupées du monde et de la capitale. Confirmation du premier bilan de perte en vies humaines. "Le but de cette réunion devait être les élections générales du 31 décembre. Dans la conjoncture, vous conviendrez qu'il était extrêmement déplacé et difficile d'aborder ce dossier. Les discussions ont porté sur la vulnérabilité des îles dans le monde entier et de la nouvelle importance accrue au sommet des Small Island Developing States de Maurice en janvier prochain", ajoute-t-il. En raison d'autres engagements officiels sur le plan international, le président Gayoom n'a pas été en mesure d'accepter une invitation de faire le déplacement à Maurice pour le sommet des SIDS. L'archipel des Maldives sera représenté par son ministre de l'Environnement à cet effet. "L'exemple des Maldives constitue une illustration parfaite de la vulnérabilité des petits États, dont l'économie s'écroule au tour de quart avec le passage d'un cyclone ici, d'une tornade là-bas, si ce n'est pas un tsunami. Qu'importent les grands concepts prêchés à l'Organisation mondiale du Commerce, le même traitement ne peut être réservé ou les mêmes exigences ne peuvent être imposées aux îles comme aux grands pays. Nous ne pouvons être en compétition avec les grands pays qui ne connaissent pas les mêmes problèmes et qui ont une capacité à se relever de n'importe quelle situation. Ce qui se passe aux Maldives depuis dimanche dernier, avec une économie à genoux, pas par la faute d'erreurs dans le choix de développement, doit nous pousser à réfléchir et à agir pour un traitement préférentiel et spécifique en faveur des États insulaires", commente l'ancien président de la République, qui se remet de ses émotions. Avant de rentrer et pour ne pas trahir l'engagement social qui a marqué son parcours à Maurice, Cassam Uteem a effectué une tournée des centres de refuge ouverts pour accueillir les sinistrés du tsunami et pour apporter un semblant de réconfort à ceux traumatisés par les événements. Pas moins de 10 000 Maldiviens des 280 000 ont été évacués pour des raisons de sécurité. "J'ai vu une profonde tristesse dans le regard des habitants de Malé, qui semblent perdus au milieu de l'océan Indien. Mais j'ai également vu des jeunes gens et jeunes filles qui, malgré l'adversité et l'absence de moyens, ont su faire preuve d'initiatives et d'engagement pour recommencer à reconstruire leur pays aujourd'hui à genoux", devait-il souligner. En guise de conclusion, Cassam Uteem appelle à la générosité spontanée des Mauriciens. "Revenant de l'enfer, je pense que qu'il ne serait pas trop de demander en cette période de festivités à mes compatriotes de faire la générosité d'une journée de leur paie en guise de solidarité aux victimes et aux sinistrés d'Asie du Sud-Est et de l'océan Indien. Les Mauriciens ont pu constater au cours de la semaine écoulée cette somme de souffrance humaine qui s'est propagée dans les pays autour du bassin de l'océan Indien. Si ces pays, plus particulièrement l'archipel des Maldives, ne reçoivent pas l'aide qu'il faut dans les meilleurs délais, il y aura des épidémies et d'autres drames humains. Il faut que nous soyons généreux et je fais un appel à la communauté internationale pour qu'elle fasse preuve de solidarité, sinon nous courons le risque de nous retrouver avec d'autres catastrophes de la même ampleur", devait-il renchérir.


  Les Maldives: un danger constant Cet archipel, situé à 800 km environ au sud-ouest du Sri Lanka, se retrouve en danger constant face à la mer. Les Maldives sont composées d'environ 1 200 îles coralliennes paradisiaques regroupées en 20 atolls. Pour la plupart inhabitées, ces perles délicatement posées sur l'océan Indien disposent d'un climat équatorial constant. La période idéale pour découvrir les îles est la saison hors mousson, de novembre à avril. Le tsunami a affecté l'archipel en période de pointe. Ce paradis des plongeurs bénéficie d'une variété extraordinaire d'espèces évoluant dans des eaux parmi les plus claires au monde. Les non plongeurs seront également comblés et succomberont au charme envoûtant des lagons turquoise ourlés de sable blanc et de végétation tropicale. Les activités sont nettement orientées vers la mer, mais la découverte de la culture et du mode de vie des habitants fait aussi partie du voyage et vous ne resterez pas insensible à la gentillesse des autochtones. Cet archipel paradisiaque, avec une population de 280 000 habitants, se retrouve à une période critique de son développement après le passage du tsunami. "We are the world's lowest-lying country. The average height of our islands is one metre. Our nation is in peril here. Life as we know it in this country is in some parts gone", rappelle un porte-parole du gouvernement des Maldives. Le coût de la reconstruction de l'économie de l'archipel, qui repose sur le tourisme, est estimé à plus de 850 millions de dollars, soit une somme nettement supérieure à son produit intérieur brut (PIB). La réhabilitation d'un des mulpiples resorts endommagés nécessitera des investissements de l'ordre de 512 millions de dollars alors que plus d'une dizaine des 80 tourists resorts ont été endommagés par le raz-de-marée. Au moins une quinzaine de Mauriciens se trouvaient dans la zone sinistrée du tremblement de terre au large de Sumatra et du tsunami d'Andaman de dimanche dernier. Jusqu'ici heureusement, aucune victime n'a été déplorée parmi les ressortissants mauriciens faisant du tourisme ou travaillant dans des établissements hôteliers de la région. Les premiers rapatriements sont intervenus, hier après-midi, avec le retour de quatre Gentils Organisateurs (GO) basés au Club-Med Kani des Maldives. D'autres opérations similaires sont à prévoir au cours de la semaine prochaine dans la mesure où des Mauriciens travaillaient au Club-Med Phuket au moment du gigantesque raz-de-marée du Boxing Day. Hier après-midi ont débarqué, du vol en provenance de Singapour, Thierry, André, Jacques et Moussa, tous des GO au Club-Med Kani des Maldives, qui ont vécu le traumatisant raz-de-marée de dimanche. Encore sous l'effet du choc, ils sont quelque peu réticents à faire un retour en arrière sur les événements de la journée de dimanche dernier. Ils préfèrent finir le plus rapidement possible les formalités d'usage à l'aéroport et échanger leurs coordonnées à Maurice pour garder le contact, avant de rentrer à la maison pour un repos bien mérité. Ils ont quitté les Maldives le 30 décembre. "Banne vague-là ti fer peur ! Mari peur ! Banne vagues de sept à huit mètres ine recouvert l'île. Club-Med ti rempli avek touris. Pour la zourné ek la nwit dimans, ti besoin met tou touris à l'étaz. Anbas, ti éna bann dégats. Le lendemain, ine besoin évacué tou touris. Pa ti fasil ditou. Lotel ine gagn problem. Pa koné ki pou arrivé. Kapav dire nou ine sappe loin ! Bien loin !", accepte de raconter l'un des quatre GO, alors que les autres écoutent, encore sous le coup de l'émotion de cette expérience qu'ils ne voudraient en aucun cas revivre in their wildest nightmare. Le Club-Med Kani a été secoué par le raz-de-marée parce qu'il se trouve à l'intérieur de l'atoll et à l'est des Maldives. Malgré toutes leurs difficultés, Thierry, André, Jacques et Moussa peuvent s'estimer heureux d'avoir pu regagner Maurice le jour du Nouvel An. Au moins trois autres ressortissants mauriciens, employés dans le département de maintenance du Club-Med Kani, sont toujours en poste dans l'archipel pour participer aux travaux de réparation à l'infrastructure du Club. Un porte-parole du Club-Med de Pointe aux Canonniers a confirmé en fin de semaine à Week-End qu'outre le groupe des Maldives, un autre contingent de Mauriciens travaille au Club Med-Phuket (Thaïlande). "Nous avons été en contact avec la direction du Club-Med Phuket. Les Mauriciens sont sains et saufs. Nous prenons des dispositions pour les faire rentrer à Maurice dans le meilleur délai. Mais ce n'est pas facile de trouver des places sur des avions au départ", a-t-il fait ressortir. Toujours dans le domaine hôtelier aux Maldives, la construction du One and Only Reephi-Rah Hotel, un complexe hôtelier de 130 chambres, sur une des îles se trouvant à 45 minutes par speedboat au nord de Malé, a été affectée par le raz-de-marée. Mais les dégâts ont été atténués avec la présence de la barrière corallienne qui protège l'hôtel. Le Mauricien Romilh Keetarat, un spécialiste en informatique du groupe One and Only, était dans l'île au moment du raz-de-marée. Contacté au téléphone par Week-End au cours de la semaine écoulée, il a raconté ces moments dramatiques en plein océan Indien. "En un clin d'œil, nous n'avons pu que constater que le niveau de la mer était monté d'un mètre. Cela s'est passé en moins de trente secondes. C'était incroyable de voir à quelle vitesse le niveau de l'eau montait. L'eau avait recouvert la totalité de l'île. Cela s'est passé vers 10h10, heure des Maldives. Puis, l'eau s'est retirée pour revenir avec plus de force. Ce mouvement s'est effectué en au moins trois occasions. Les ressortissants étrangers qui y travaillent avaient de graves appréhensions après avoir appris ce qui s'est passé en Inde, au Sri Lanka et en Indonésie, où ils ont de la famille", raconte encore Romilh Keetarat. Il ajoute que "la première chose que j'ai faite quand la situation s'était quelque peu calmée, c'était de téléphoner à ma famille à Maurice pour les rassurer quant à ma sécurité". Romilh Keetarat se trouve aux Maldives depuis une année dans le cadre du projet du démarrage prochain du One and Only Reephi-Rah Hotel. Il s'occupe de la supervision de l'installation du réseau informatique, de téléphonie, d'Internet, de messagerie et de la gestion des stocks.


Dimanche dernier

  Rodrigues: un phénomène naturel ahurissant ! Le raz-de-marée provoqué par le tremblement de terre, dont l'épicentre était situé au large de Sumatra, dimanche dernier, a pris par surprise les Rodriguais, en particulier les habitants de Port-Mathurin. En l'espace de quelques minutes, le front du chef-lieu avait changé de physionomie. Le niveau de la mer était monté de deux à trois mètres, inondant des magasins et immeubles, dont le complexe de l'Administration centrale. Pour une des rares fois, les rivières balisant Port-Mathurin ont connu des niveaux d'eau exceptionnels alors que l'unique station-service de l'île, complètement envahie par l'eau de mer, a dû interrompre la distribution de produits pétroliers, le temps de procéder à la vérification de tout le système de sécurité. Mais Birgit Ruidomph, copropriétaire du bateau de pêche au gros, le Sea-Line, est un des témoins privilégiés de ce raz-de-marée exceptionnel. Installée à Rodrigues, plus particulièrement à Mont-Fanal depuis plusieurs années, Birgit Rudoplh, une Allemande de naissance mais Rodriguaise d'adoption, gère avec son compagnon, Dirk, une compagnie de bateau de pêche au gros et de sorties en haute mer pour des touristes dans l'île. De ce fait, ce n'est pas le fruit d'un hasard qu'elle se trouvait en rade de Port-Mathurin ce dimanche matin. "Ce dimanche matin, j'étais sur le Sea-Line en compagnie de Dirk, mon compagnon. Il était occupé à de menus travaux sur le bateau. Le temps était très beau. L'azur du ciel était tentant. Nous nous sommes dit que nous n'allions pas travailler ce jour-là et que nous irions faire une tournée en mer. Une journée de détente bien méritée ! Vers les 10h30, j'ai quitté le Sea-Line pour rentrer à la maison en vue de préparer un gâteau pour cette sortie", raconte Birgit Rudolph à Week-End par téléphone, jeudi soir. "À peine rentrée à la maison, qui se trouve non loin du quai, je devais recevoir un message VHF de Dirk me demandant de rappliquer dans le port tout de suite car il y avait un problème. Il m'avait dit que le niveau de l'eau était anormalement monté et que le quai était inondé. Il avait besoin d'aide supplémentaire pour sécuriser le bateau. À peine sortie de la maison, je me suis rendue compte d'un phénomène extrêmement rare. Les rues de Port-Mathurin étaient recouvertes d'eau. Je me suis dit que quelque chose d'exceptionnel s'était passé. Arrivant au quai, j'ai vu que tous les bureaux de l'Administration Centrale étaient inondés", ajoute encore cette Allemande installée à Rodrigues. "Dirk m'a dit que quand la première vague était arrivée, il avait cru que c'était la marée montante. Mais le bateau était monté si haut qu'il a dû se raviser au sujet du phénomène naturel. À quai, j'étais inquiète et l'arrivée de Paul Draper à bicyclette n'avait rien de rassurant. Il m'avait dit que depuis 8 heures ce jour-là, CNN avait annoncé que les îles de l'océan Indien allaient être affectées par des raz-de-marée", ajoute-t-elle alors que la nouvelle du raz-de-marée avait déjà commencé à faire le tour de l'île. "Puis est venue la deuxième vague. C'était vraiment effrayant. Même scénario, le niveau de l'eau montait d'un seul coup avant que l'eau ne se retire à une vitesse vertigineuse. Nous avons pu voir le fond du bassin de Port-Mathurin. L'eau se retirait à une vitesse incroyable. Ce mouvement de vagues énormes a eu lieu en trois occasions alors qu'en une dizaine de fois, le mouvement était de proportion réduite. Je dois dire que Rodrigues a eu beaucoup de chance quand nous constatons comment les autres pays comme le Sri Lanka, l'archipel des Maldives ou encore l'Inde et la Thaïlande ont été affectés de façon dramatique et catastrophique. J'ai eu également peur pour les touristes qui auraient dû se trouver en visite sur l'île Cocos et pique-niquant sur les plages", devait conclure Birgit Rudolph. Mais Peter Raffaut, qui organise des sorties en mer pour touristes, notamment des visites à l'île Cocos, se trouvait au plus fort du raz-de-marée en pleine mer. Il affirme n'avoir rien remarqué d'anormal à l'exception de quelques vagues plus costaudes que d'habitude. "Mo pas ine senti narien dans bateau. Ti éna ène deux vagues ki ti inpé pli fort qui lezotte. Après, tout ti dans l'ordre. Nous ine quitte zil dans la journée sans problème", devait-il faire comprendre. Le chef-commissaire de la Rodrigues Regional Assembly, Serge Clair, a voulu être rassurant quant à l'état de l'île Cocos après le passage du raz-de-marée. Dressant le bilan du passage du tsunami à Rodrigues, il a affirmé qu'aucun dégât considérable n'avait été causé sur cette île. De nombreuses embarcations de pêcheurs ont été endommagées et une importante opération de nettoyage de Port-Mathurin a été engagée en début de semaine pour éliminer les traces de boue dans le chef-lieu…


  Un système de warning régional réclamé Le Premier ministre, Paul Bérenger, qui a présidé une réunion de travail post-tsunami, mardi dernier, a souhaité voir la mise en place d'un système régional d'avertissement pour l'océan Indien calqué sur le modèle en vigueur dans le Pacifique. De ce fait, il a institué un comité présidé par le secrétaire au Cabinet, Harry Ganoo, en vue de trouver la formule pour des consultations avec les autres pays de la région. Ce dossier fera partie des délibérations lors du prochain sommet des Small Island Developing States (SIDS) dès la semaine prochaine. Outre Maurice, l'archipel des Maldives et le Commonwealth Secretariat ont signifié leur intention d'aborder ce dossier lors de la conférence. La question qui reste d'actualité est de savoir si la base américaine de Diégo Garcia est dotée d'un tel système d'avertissement. Très peu de renseignements dans un sens comme dans l'autre. Il est confirmé que la partie est de l'archipel des Chagos a été affectée par le tsunami, mais aucune autre information quant à l'ampleur des dégâts.


Exclusif

  Les tsunamis inquiétaient les météorologues mauriciens depuis juillet 97… Depuis juillet 1997, la Station météorologique nationale, après avoir détecté des vagues géantes ("seiches") à Rodrigues et à Maurice dès 1994, avait recommandé effectivement dans un rapport "que des données bathymétriques fiables pour l'océan Indien soient établies afin de pouvoir informer à temps les populations contre les risques de tsunamis". Tous les gouvernements qui se sont succédé depuis la soumission de ce rapport aux constats effrayants ne s'en seraient pas préoccupés. Il n'aura suffi donc que de deux jours après la triste journée de dimanche dernier pour que la peur donne des ailes et que les autorités décident d'instituer un Tsunami Warning System à Maurice. En attendant qu'elles réalisent également que les îles situées au ras du niveau de la mer, comme Agaléga et St. Brandon, doivent être dotées d'une structure de protection civile en hauteur, prenons connaissance de ce rapport de météorologues ignoré… C'est en juillet 1997 que les services météorologiques de l'île Maurice, alors dirigés par M. Ranjeet Vaghjee, ont soumis au gouvernement ses recommandations concernant les tsunamis dans un rapport intitulé "Abnormal seiches in the Mascarenes region and the Tsunami off Java on 2/3 june 1994". Les auteurs étaient MM. Sachooda Ragoonaden (Divisional meteorologist spécialisé en Océanographie), Gonasilan Soopramania (Principal meteorologist technician responsable de l'informatisation) et Anil Ramburn (Senior meteorological technician). Ces derniers prirent toutefois la peine, en toute équité, de préciser que c'étaient leurs collègues, M. Daniel Mohamudally (Senior meteorological technician) et Mme P. Pyneeandee (Meteorological technician), qui furent les tous premiers à découvrir, lors d'une analyse de routine, la présence autour de Maurice le 3 juin 1994 de vagues d'une ampleur anormale pouvant indiquer qu'un tsunami s'était produit dans l'océan Indien. Effectivement, le 2 juin 1994, un tremblement de terre mesurant 5.7 points sur l'échelle de Richter fut enregistré dans l'océan Indien, soit sur les fonds marins dans le sud de la partie est de l'île de Java (Indonésie) vers 18h17. Cette secousse sismique, survenue à une profondeur de 1 500 mètres, avait généré un tsunami qui avait fait 206 morts, 399 blessés et 20 disparus. Six villages, 1 226 habitations, 426 bateaux et une quinzaine d'animaux avaient été détruits ou tués. La même région avait déjà fait l'expérience de ce genre de tremblements de terre en 1936, 1961,1982 et 1987. Des vagues supérieures à la normale par 22 à 25 cm dans le Port Selon le rapport des météorologues mauriciens, le tremblement de terre auprès de l'île de Java, le 2 juin 1994 (connu des scientifiques comme le Tsunami de Banyuwangi) généra une très grande énergie qui traversa le sud de l'océan Indien de toute sa longueur pour atteindre Maurice et Rodrigues. "In the early morning of 3 june 1994, the pattern of seiches underwent a complete change at both Rodrigues and Mauritius as a consequence of the superposition of the tsunami wave signals on the normal water - level fluctuations at both sea-level stations. The tide record at Rodrigues showed a greater normal rise of the seiches at about 0137 GMT on 3 June 1994 followed by an abnormal drop. Such abnormal seiches were observed until mid-night on 4 June. The range of these seiches was of the order of 18 - 20 cm and periodic time 12 - 15 minutes at the outset when the signal was more pronounced. The range and period decreased gradually to reach 9 cm and 15 minutes towards the end of the tsunami signal", révéla le rapport. L'appareil (tide gauge) qui sert à mesurer les fluctuations des vagues à Maurice est placé à Trou Fanfaron, dans un espace n'offrant qu'une seule entrée dans le Port. Ce 3 juin 1994, cet appareil enregistra une première montée anormale des vagues vers 02h45. Pendant des périodes de 10 à 12 minutes, la hauteur des vagues grimpa de 22 à 25 centimètres au-dessus de la normale et vers la fin, elle descendit de 8 cm. Les météorologues mauriciens notèrent que la hausse moyenne du niveau des vagues ce 3 juin 1994 n'était pas aussi prononcée comparée à celle enregistrée lors de passages des cyclones tropicaux tels Colina (18 - 19 janvier 93) Hollanda (8 février 94) et Daniella (8 décembre 96). Toutefois, ils tinrent en compte le fait que les conditions atmosphériques étaient différentes de celles des passages de cyclones. Lors des cyclones, des vents forts et la pression barométrique provoquent aussi de très fortes houles (storm surges) qui augmentent ainsi anormalement le niveau de la mer. Expérience inoubliable d'un pêcheur rodriguais Les conclusions du rapport météorologique furent effrayantes: l'île Maurice et les îles environnantes ne sont nullement à l'abri de tsunamis qui surviendraient dans une zone plus rapprochée de nous par rapport à la zone sismique sous-marine de l'île de Java. Par exemple, si un tremblement de terre encore plus puissant survenait sur le Carlberg Ridge/Central Indian Ocean Ridge où se rejoignent des plaques tectoniques et près desquels se trouvent les îles Chagos, Maurice et Rodrigues. Le rapport rappela qu'un tremblement de terre eut lieu à Diégo Garcia vers le milieu des années 70. Aussitôt que les services météorologiques mauriciens en furent avertis par l'ambassade des États-Unis à travers une communication personnelle adressée à l'époque au directeur, M. Padya, un avertissement avait été lancé au public en pleine nuit mais il n'y eut, heureusement, aucun dégât. Cependant, un pêcheur rodriguais qui se trouvait déjà en mer témoigna que sa pirogue "plongea subitement et heurta le fond de la mer avant d'être redressée par une vague…" Des tide gauges nécessaires dans l'est du pays Le temps que prend un tsunami pour se déplacer dépend de la bathymétrie et de la topographie du sol marin. Selon les estimations des météorologues mauriciens, du fait que la profondeur moyenne de l'océan Indien est de 3 800 mètres et celle de l'océan Pacifique de 4 200 mètres, la vitesse de déplacement est à peu près la même dans les deux océans, soit entre 692 et 740 kilomètres/heure. Ainsi, au cas où un tremblement de terre aurait lieu à 5 423 kilomètres de Rodrigues, un tsunami prendrait 7 heures et 20 minutes pour frapper la petite île. Toutefois, en tenant compte de la bathymétrie entre Maurice et Rodrigues, le Tsunami réduirait sa vitesse avant d'atteindre Maurice, mais la hauteur des vagues déviendrait encore plus dangereuse. Ces conclusions avaient mené les météorologues mauriciens à recommander "that a reliable bathymetric chart of the Indian Ocean be made available to estimate the travel time of a tsunami in the Indian Ocean (…)These charts would be useful for the prediction of propagation time of tsunami in the Indian Ocean", furent les derniers mots des météorologues. En fait, selon M. Gonasilan Soopramania, maintenant à la retraite tout comme son collègue M. Raghoonaden, pas plus tard que le dimanche 4 juin 2000, et Maurice et Rodrigues, à plus de 4 000 kilomètres plus loin, avaient enregistré d'autres vagues anormalement conséquentes lorsqu'un tremblement de terre (mesurant 7.9 sur l'échelle de Richter) avait secoué les fonds marins près de la côte de Bengkulu, toujours à Sumatra. Plus que jamais, selon M. Soopramania, maintenant retraité, l'île Maurice doit être sur ses gardes et gagnerait à placer des tide gauges également dans l'est du pays afin de mieux recueillir des données contre les tsunamis.


 

Comment se préparer à un tsunami Le Tsunami est, à l'origine, un terme japonais qui désigne un énorme raz-de-marée. Pendant longtemps, les scientifiques ont attribué la cause presque au seul fait du tremblement de terre sous-marin, mais ils ont fini par découvrir qu'il peut également être provoqué par un simple glissement du sol marin, par une éruption volcanique sous-marine et même par la chute d'une météorite dans la mer. Phénomène très dévastateur, le tsunami est assez récurrent dans l'Océan Pacifique en raison de l'activité sismique intense dans cette région aussi connue comme le Cercle de Feu (Ring of Fire) et ses pays volcaniques s'étendant de l'extrême sud du continent américain jusqu'à l'Alaska et du Kamkchatka jusqu'à la Nouvelle-Zélande en passant par le Japon et l'Indonésie. Par contre, le tsunami est moins dans l'Océan Indien. Le plus meurtrier qui avait frappé l'Océan Indien avant celui de dimanche dernier fut provoqué par l'éruption dantesque du volcan de l'île Krakatoa en 1883. Mais le tout dernier tsunami vraiment conséquent dans l'Océan Indien remonte au 2 juin 1994 au sud-est de l'île de Java, Indonésie, faisant 206 morts et 399 blessés en plus des dégâts matériels conséquents. Selon Survival Supply Co., un organisme américain qui a étudié le phénomène et qui a mis au point un système pouvant réduire ses effets sur la vie de l'homme, un tsunami se déplace à une vitesse moyenne de 450 milles à l'heure (celui de dimanche dernier se déplaçait à environ 800 kilomètres à l'heure), mais, reconnaît Survival Supply and Co., les tsunamis sont difficiles à détecter rapidement parce que leurs ondes peuvent s'étendre sur plusieurs centaines de milles de long. Il a ainsi été établi qu'un tsunami ralentit sa marche à mesure qu'il s'approche d'une terre ferme, mais, cependant, au fur et à mesure de cette approche de la terre ferme, son ampleur augmente. Toujours selon Survival Supply and Co. les tsunamis les plus larges enregistrés avant les événements tragiques de dimanche dernier avaient atteint une hauteur de 100 pieds. Habitations à éviter dans les zones côtières Les endroits les plus à risques durant un tsunami demeurent évidemment les régions côtières. C'est ainsi qu'au Japon, pays où l'homme a tant soit peu réussi à organiser sa défense contre le phénomène, il est déconseillé, sinon carrément interdit, de construire des habitations dans un rayon d'un mille de la côte particulièrement là où l'attitude ne dépasse pas 25 à 30 pieds. En prenant en considération la documentation et les conseils de Survival Supply Co. on réalise que si le gouvernement mauricien - qui a pris la décision de mettre sur pied dorénavant un Tsunami Warning System - veut sérieusement adresser le problème c'est tout une refonte de la politique d'aménagement du territoire mauricien qu'il lui faudrait revoir. Devrait alors être tenu en compte la hauteur des maisons et aux hôtels par rapport non seulement à leurs distances de la mer, mais également aux rivières, aux ruisseaux mais également aux digues. Il faut éviter d'habiter près des côtes, mais ceux qui y habitent déjà devraient considérer impérativement y ajouter d'autres paliers. Or, on sait que pour ne pas nuire à l'environnement côtier à Maurice les immeubles ne doivent pas dépasser trois étages… Les signes annonciateurs… Selon Survival Supply and Co. il faut aussi familiariser la population aux signes annonciateurs de tsunamis afin qu'elle y soit mieux préparée. Des tremblements de terre violents et prolongés signalés dans un même secteur sont des indications de possibles tsunamis alors qu'une montée ou une baisse rapide de la marée sont signes qu'un tsunami approche. Les gens doivent alors s'équiper de matériel de survie (aliments entre autres) pour plusieurs jours, mais toutefois suffisamment légers afin de les permettre de fuir rapidement devant le danger. Devant un tsunami il faut essayer de se réfugier le plus loin possible de la plage idéalement dans un rayon de deux milles sinon essayer de grimper sur une hauteur de 100 pieds du niveau de la mer. Il est recommandé d'avertir la famille au préalable de l'endroit où tous devraient se retrouver en cas de nécessité, donc de planifier bien à l'avancer un plan d'évacuation. Toujours selon Survival Supply and Co., durant un tsunami il faut rester à l'écoute des radios locales. Les plus équipés peuvent se brancher sur NOAA Weather Radio (que malheureusement l' île Maurice ne peut capter sauf sur l'ordinateur). C'est aux autorités qu'il revient ensuite le devoir d'orienter la population en mettant en garde contre les dangers que représenteraient les structures endommagées (pont et chaussées et bâtiments endommagés). Après un tsunami, en sus de secourir les blessés, il faut éviter les endroits inondés, les bâtiments endommagés, les fils électriques tombés à terre et les fuites de gaz. Il faut se débarrasser des aliments avariés et bouillir l'eau avant de la consommer.


Emilio Saldivar, ingénieur mexicain:

  "Bâtir pour résister aux tsunamis" En vacances à Maurice, Emilio Saldivar - ingénieur géotechnique mexicain spécialisé dans l'étude des sols, qui a étudié l'effet des tremblements de terre sur les constructions - a été sollicité par Week-End pour faire le point sur la construction dans des situations de risques de catastrophes comme les tsunamis. Maurice a déjà une expérience dans le domaine, avec la conception de bâtiments résistant aux vents cycloniques, relève-t-il. L'effet des tsunamis sur les bâtiments est surtout dû à l'impact direct des vagues, et les risques de glissement de terrain, selon lui. Les constructions en béton résistent assez bien aux tsunamis selon leur puissance, estime l'ingénieur mexicain, mais les maisons en matériaux plus légers sont exposées à la destruction. "Un bungalow, en bord de mer, sera toujours un bungalow", avec ses caractéristiques qui n'en font pas un bunker capable de résister à toutes les agressions, relève à ce propos Emilio Saldivar, en faisant référence aux tsunamis. Mais la planification de l'urbanisation et la mise en place d'un système d'alerte sont des éléments importants dans la réduction des dangers pour la population pendant un tel cataclysme, souligne-t-il. Des structures très résistantes pourraient ainsi être érigées pour abriter, en cas d'alerte - ce qui suppose aussi que ce système d'alerte existe - les habitants des côtes qui n'auraient pas le temps de fuir vers les terres en hauteur. Le Mexique connaît régulièrement des tremblements de terre, dont certains violents et meurtriers. Les Mexicains connaissent malheureusement les ravages que peut causer un tremblement de terre. La construction de bâtiments capables de résister au mieux aux tremblements de terre coûte très cher, relève Emilio Saldivar, et cette conception spéciale ne peut donc malheureusement être appliquée dans toutes les situations, notamment les constructions de particuliers qui ne disposent pas de grands moyens. Par contre, les buildings abritant des services essentiels devraient être construits pour résister aux tremblements de terre, et à d'autres cataclysmes: hôpitaux, centres de télécommunications, etc. Tous ces services qui sont indispensables pour limiter l'impact de la catastrophe après qu'elle a eu lieu, et pour coordonner et assurer les secours. Emilio Saldivar est spécialisé dans l'étude de la nature des sols, dans le cadre de projets de construction. Sa thèse de doctorat traitait de la réaction de buildings pendant les tremblements de terre, ce qui l'a aussi mené à étudier le phénomène des tremblements de terre et les effets qu'ils peuvent avoir, sans toutefois être un spécialiste de la question, précise-t-il. Week-End publie aussi un document plus élaboré de cet ingénieur mexicain.


Tsunami - aide aux victimes

  Don gouvernemental de US $ 300 000 Le gouvernement mauricien a décidé de faire un don global de US $ 300 000 (quelque Rs 8,5 millions) pour venir en aide aux victimes du tsunami qui a dévasté des pays du sud-est asiatique. Ce don sera versé équitablement à deux agences humanitaires - la Croix Rouge Internationale et l'UNICEF - et aux gouvernements de quatre pays amis affectés par le terrible sinistre - l'Inde, les Maldives, le Sri Lanka et les Seychelles. Par ailleurs, le Mauritius Council of Social Service (MACOSS) a décidé, avec l'aval du Bureau du Premier ministre, d'organiser une levée de fonds en faveur de ces mêmes victimes. Cette collecte s'étendra jusqu'au 4 février prochain. Les ONG et les membres du public sont invités à y contribuer en versant leurs dons au numéro de compte suivant: 620-101-000-789-36 (SBM Ltd). Les chèques doivent être tirés à l'ordre de MACOSS Tsunami Solidarity Fund. D'autres précisions peuvent être obtenues auprès de MM. Mahmud Jangeerkhan (254-4663) ou Ram Nookadee (257-6118) de la MACOSS. Le Lions Club de Port-Louis a aussi pris l'initiative de venir en aide aux victimes de cette catastrophe. Outre une collecte de fonds, ce club service a lancé l'opération "Les Conteneurs de l'Espoir" en vue de la collecte de vivres et de vêtements. Ces dons peuvent se faire au parking de l'hypermarché Jumbo à Phoenix. La mairie de Curepipe, en collaboration avec Radio Plus, a aussi pris l'initiative de lever des fonds pour les victimes du tsunami. Caritas-île Maurice s'apprête aussi à aider, alors que la Mauritius Tamil Temples Federation (MTTF) a appelé à la générosité de la population. De même que la Federation or Progressive Unions (FPU) qui, dans un communiqué, appelle ses syndicats affiliés à organiser des collectes. La Hindu House d'une part et Harish Boodhoo d'autre part ont également fait preuve d'initiative pour venir en aide aux victimes Avec la reprise des activités cette semaine, après les fêtes de fin d'année, on s'attend à ce que l'élan de solidarité s'amplifie.

Le Week End 2 janvier 2005