Protection des zones de pêche: Un nouveau mandat pour les gardes-pêche


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Le ministère de la Pêche veut donner un nouveau mandat aux Fisheries Protection Officers, les gardes-pêche. A travers un séminaire de deux jours, qui a débuté ce matin et qui s'achèvera jeudi après-midi, ce ministère veut surtout régler le problème relationnel qui existe entre le ministère et les pêcheurs.

" Le rôle du garde-pêche n'est pas seulement de confisquer les cartes de pêche mais il doit aussi aider les pêcheurs en difficulté ", a insisté Sylvio Michel, le ministre de la Pêche, lors de la cérémonie d'ouverture du séminaire, ce matin, au Domaine Les Pailles. " Il faut que les gardes-pêche fassent leur travail et qu'ils ne soient plus en train de chercher un cari ", a dit le ministre de la Pêche, à l'intention des gardes-pêche.

Pour Raj Mudhoo, secrétaire permanent du ministère de la Pêche, il faut surtout agir contre la pêche illégale et protéger les ressources marines. " Personne n'a le droit d'accaparer la mer ", a dit le secrétaire permanent du ministère de la Pêche. " La mer qui nous entoure appartient légalement à Maurice mais moralement à l'humanité. Elle doit être protégée et non pas soumise aux lois du marché ", a soutenu M. Mudhoo.

Les gardes-pêche seront donc amenés, pendant deux jours, à repenser leur rôle et leurs responsabilités envers les pêcheurs, à adopter un nouveau code de conduite et à améliorer l'intégrité des services de protection. Destiné essentiellement aux gardes-pêche de Maurice et de Rodrigues, ce séminaire accueille aussi des représentants d'associations de pêcheurs. " Ce séminaire s'inscrit dans la perspective des réformes administratives engagées au sein de la fonction publique ", précise M. Mudhoo.

Dhaneswar Goorah, Principal Fisheries Officer au ministère de la Pêche, rappelle que le département des gardes-pêche lutte contre la pêche illégale et exerce, depuis cette année, un contrôle sur la légine, ce poisson rare des mers du Sud, débarqué à Port-Louis. M. Goorah indique qu'il faut lutter contre la pêche sous-marine et la capture de poissons de petite taille. Le chef du département des gardes-pêche précise qu'il y aurait 500 à 600 fusils sous-marins, à Maurice. D'autre part, 44 gardes-pêche ont été recrutés cette année.

Pour Antonio Lamarque, président de la Fédération des Associations de Pêcheurs de Maurice (FAPIM), il faut promouvoir de meilleures relations entre les pêcheurs et les gardes-pêche. " Les pêcheurs ont parfois l'impression que le ministère de la Pêche est contre eux. On ne voit pas les officiers faire leur travail de contrôle de la pêche ", déplore M. Lamarque.

Pour la Bank Fisheries Operators Association (BFOA), la surveillance de nos zones de pêche est cruciale. " Il faut donc investir pour protéger les stocks ", insiste Guillaume Hugnin, l'un des membres de cette association. En réponse à cette attente, Sylvio Michel a profité de l'occasion pour annoncer que l'Etat dépensera Rs 500 millions dans l'achat d'un nouveau bateau et d'un nouvel avion de surveillance. " Il y a beaucoup de pirates dans nos eaux ", a reconnu M. Michel.

Rappelons que la zone économique exclusive de Maurice s'étend sur 1,9 millions de km2. D'autre part, Maurice compte 2 300 pêcheurs artisans enregistrés. A Rodrigues, ils sont 2 000 et 572 nouvelles demandes pour une carte de pêche ont été déposées cette année.


Pêche dans le lagon

La comestibilité du poisson pêché à Port-Louis préoccupe ministère et pêcheurs

Le poisson pêché dans le lagon, autour de la zone portuaire, est-il comestible ? C'est la question à laquelle tente de répondre un comité technique présidé par le ministère de l'Environnement, avec des membres du ministère de la Pêche. Cette question préoccupe également les pêcheurs de la région portuaire qui s'interrogent sur leur avenir.

" Combien de temps encore pour trouver une solution à nos problèmes ? " se demande Judex Rampaul, pêcheur de Bain-des-Dames. " Nous sommes préoccupés par cette question sur la qualité du poisson, soulevée il y a un moment déjà par des scientifiques, et nous voulons sensibiliser le public ", ajoute M. Rampaul. La situation de pollution en zone portuaire a, d'ailleurs, été prise sur le fonds par une commission présidée par l'ex-juge Jocelyn Forget. Cette commission a alors préconisé le versement d'une compensation aux quelque 300 pêcheurs de la région port-louisienne, depuis Pointe-aux-Sables jusqu'à Baie-du-Tombeau. Une région où la baignade a été interdite, depuis quelques semaines, par le ministère de l'Environnement, pour cause de pollution.

" Un comité technique va statuer sur la question de la qualité du poisson et sa réponse devrait tomber vers le mois d'octobre ", promet de son côté Sylvio Michel, ministre de la Pêche. Mais, pour M. Rampaul et ses amis, d'autres problèmes demeurent entiers. " Nous faisons face à beaucoup de problèmes et personne ne nous écoute ", indique le pêcheur de Bain-des-Dames. Pour l'instant, les pêcheurs ont touché une compensation de Rs 108 000 (pour certains). Mais ils s'interrogent : que va-t-on faire dans le cas de mortalités en mer ou encore pour la réhabilitation du lagon, les débarcadères, les cartes de pêche, la construction d'un centre, etc ?

M. Michel annonce, en premier lieu, qu'une " aide humanitaire " sera accordée à la famille d'un jeune pêcheur de Baie-du-Tombeau, disparu en mer, la semaine dernière. Le ministre de la Pêche veut aussi s'assurer qu'un slipway pourra être aménagé à Bain-des-Dames, pour la sécurité des pirogues. Mais, il veut aussi délocaliser le débarcadère de Fort-Georges qui, dans son état actuel, est " un passage pour les trafiquants ". D'autre part, à Fort-Georges, il y a, selon le ministère de la Pêche, treize pêcheurs enregistrés alors qu'une trentaine de pirogues sont au mouillage. " Nous voulons assainir la situation ", affirme M. Michel.

Pour le ministre de la Pêche, les pêcheurs de Port-Louis et ceux de Bain-des-Dames, notamment, ont été " bien compensés ". " Il faut les encourager à aller pêcher sur les DCP (dispositifs de concentration du poisson) ", insiste Sylvio Michel. Le ministre de la Pêche regrette également la contradiction qui existe dans la zone de pêche du port : des pêcheurs à la senne opèrent la nuit, en toute illégalité, dans une zone où il n'y a, aux dires de certains pêcheurs, pratiquement plus de poissons. " Nous allons renforcer le contrôle ", promet Sylvio Michel.

Le Mauricien 30 aout 2001